Agir à la source de la crise urbaine du logement

La déferlante de la crise financière qui touche l’Algérie s’arrête devant les chantiers de construction de logements. La convention-cadre  signée jeudi entre le ministère de l’Habitat, le Crédit populaire d’Algérie et la Caisse nationale du logement pour débloquer l’argent destiné aux entreprises en est la preuve. C’est là le critère de vérité qui permet d’affirmer que le programme de logement prévu pour être bouclé en 2019 est bien une priorité nationale. Ce programme ne peut en aucun cas être concerné par les mesures d’austérité mises en application ou celles qui seront prises si la situation des finances publiques s’aggrave. Abdelmadjid Tebboune l’avait laissé entendre et sa nomination au poste de Premier ministre le confirme. Il dispose maintenant de tous les leviers de commande – à commencer par les cordons de la bourse – pour qu’il en soit ainsi.

Les informations en cascade, fortement médiatisées, sur la distribution de logements et les annonces faites aux «demandeurs» qui n’ont pas eu encore leur clé que «tout le monde sera servi», visent à démentir les «rumeurs»  sur l’arrêt de ce programme» et, de toute évidence, à maintenir une paix sociale constamment menacée sur ce front. Le logement construit et distribué par l’Etat reste le seul accessible, au plan financier, aux Algériens qui sont confrontés à ce besoin. Le «marché» de la location répond à la motivation du profit propre au secteur privé, qui exclut, de fait, les catégories aux revenus modestes et oblige les couches moyennes à des sacrifices insupportables sur le moyen terme.

Le double défi de l’éradication des bidonvilles et le dépassement de la crise du logement ne sera donc pas alourdi par des considérations financières, mais pour atteindre le point non-retour et stabiliser durablement la situation dans ce domaine, d’autres mesures doivent être engagées. Il faut maîtriser à son origine la pression exercée sur l’Etat par la demande urbaine en logement. C’est, visiblement, une lacune majeure dans toutes les démarches du gouvernement : agir à la source.

Kamel Moulfi

Comment (7)

    Anonymous
    20 juin 2017 - 9 h 16 min

    Un article paru récemment
    Un article paru récemment dans la presse nous informe que TEBBOUNE veut lancer 3 programmes de recherche, dont l’un concernera «la sécurité énergétique». Voila que l’Algérie entre dans la catégorie des pays européens importateurs d’énergies fossiles préoccupés de sécurité de leurs approvisionnements!?!? On comprendrait un peu mieux s’il s’agissait plutôt «d’efficacité énergétique» même s’il s’agit d’un domaine que le nouveau premier ministre avait toujours traité par dessus de la jambe quand il était ministre de l’Habitat. Quand on pense qu’il a montré le plus profond mépris à l’égard du programme d’efficacité énergétique Eco-bât qu’il a laissé entre les mains de prédateurs sans foi ni loi qui ont fait de ce programme tout sauf un moyen rentable de réaliser des économies d’énergie dans le secteur de l’Habitat, en dépit de sa part prépondérante (40%) dans la consommation d’énergie au niveau national.




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    Anonymous
    19 juin 2017 - 16 h 23 min

    TEBBOUNE veut lancer à court terme un programme national de « sécurité énergétique». Que contient cette expression employée pour la première fois par nos bureaucrates ???? Ne serait-ce pas pour faire oublier leurs turpitudes perpétrées lors de la réalisation du programme d’efficacité énergétique » intitulé Eco-bât ? Il est fort à parier que, dans le nouveau programme annoncé par le Premier ministre, l’on retrouvera les mêmes responsables qui furent chargés de la réalisation du programme Eco-bât. Pour rappel, celui-ci était composé de 11 projets pilotes censés devoir expérimenter de nouveaux matériaux qui puissent dépasser les performances thermiques des matériaux disponibles sur le marché. En guise de nouveaux matériaux susceptibles de jouer ce rôle, ce programme n’a abouti qu’à la conclusion selon laquelle les isolants thermiques seraient « concluants ». Comment peut-on ignorer qu’on n’avait nullement besoin de lancer un programme de 300 logements qui a dû coûter très cher à l’Etat pour finalement se résoudre à une telle conclusion dès lors que ces produits sont archi-connus et employés de longue date dans notre pays et de surcroît qu’ils sont importés pour la plupart ???? Et que dire de la subvention de l’Etat de 20 % du coût nominatif des logements qui a profité aux multinationales ayant livré les panneaux isolants en PSE ???? Autrement dit, la seule solution possible pour améliorer l’efficacité énergétique dans le cadre des futurs programmes d’efficacité énergétique résiderait dans l’importation massive de panneaux isolants en PSE !!!!! …… Voila du « bon » pain sur la planche comme dirait certains. !!! ….. Et on ne sait toujours pas les raisons pour lesquelles des études architecturales fondées sur l’emploi de matériaux locaux à fort pouvoir isolant ont été systématiquement écartées au stade des concours d’architecture sur l’ensemble des 11 projets pilotes, au mépris du Cahier des charges en vigueur. Il est regrettable que ces voyous puissent agir en toute impunité, car les matériaux proposés auraient pu permettre à l’Etat de faire l’économie d’une bonne part du surcoût inhérent à l’utilisation des isolants importés!!!! Et il est fort à craindre qu’ils vont récidiver pour des programmes dont les coûts seront bien plus élevés que l’éco-bât, à moins que….




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    Anonymous
    18 juin 2017 - 19 h 01 min

    Demandez à un prescripteur du
    Demandez à un prescripteur du ministère de l’Habitat ce qu’il entend par « matériaux locaux », une condition systématiquement incluse dans les cahiers des charges, mais sans jamais qu’elle ne soit complétée par la moindre définition. Il vous répondra : « Ce sont les matériaux disponibles localement ». Sans aucune autre explication d’aucune sorte, ni d’ordre technique et encore moins d’ordre économique ou financier. En fait, non seulement cette contrainte ne fait qu’enrichir indument les revendeurs les plus proches des chantiers concernés, sans oublier les bureaucrates corrompus qui en gardent la haute main, mais aussi et surtout, elle nuit gravement à l’innovation et au développement de la recherche de nouveaux matériaux qui soient PLUS RENTABLES, en termes de simplification de la technologie, de création d’emplois, de coût d’investissement, de transport, de mise en oeuvre, de maintenance, d’efficacité énergétique, de protection de l’environnement, etc.. Dieu merci, nous disposons à présent de suffisamment d’ingénieurs compétents pour élaborer les ETUDES TECHNICO-ECONOMIQUES nécessaires pour l’analyse de tous ces paramètres et conduire de véritables projets pilotes destinés à confirmer par l’expérience les conclusions de telles études. C’est pourquoi il importe que des mesures soient prises sans plus tarder, afin que PLUS JAMAIS d’autres pseudo projets-pilotes ne voient le jour, comme ceux regroupés sous le nom de « programme Eco-bât » qui n’ont rien trouvé de « concluants » que les isolants thermiques archi-connus de longue date et importés pour la plupart. Souhaitons malgré tout et même si cela n’est qu’un rêve, que nos gouvernants se décident enfin à comprendre que l’argent facile d’une manne pétrolière volatile par essence même est loin de suffire pour gagner la paix de manière durable…….




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    Thidhet
    18 juin 2017 - 5 h 20 min

    Les partis
    Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi les partis politiques, même pendant ce qu’ils appellent leur campagne électorale, n’abordent presque jamais ce problème. Ils parlent, ils parlent, ils insultent, critiquent, rabaissent, dénigrent… mais pour évoquer des problèmes, comme celui du logement, qui concernent directement la vie des citoyens et proposer leurs solutions, NIET!




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    benchikh
    17 juin 2017 - 22 h 09 min

    argent ramène argent
    L’état Algérien se transforme à un état intelligent (la forme pragmatique) le logement ce n’est pas un droit gratuit mais un droit payant.L’état a ses matériaux de construction (ciment,brique,fer,gravier, foncier,l’électricité,l’eau,gaz …,même la main d’oeuvre des sociétés nationales qui travaillent en détachement dans les chantiers du logement ) l’état vend les logements par facilité dans le cadre sociale .A mon avis l’état ne fait pas grand effort tout les matériaux sont à sa disposition et ça ,qui a fait de notre état un état qui voit loin .




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    Anonymous
    17 juin 2017 - 19 h 28 min

    La non-mobilisation des
    La non-mobilisation des moyens nationaux d’études et de réalisation est aussi une source de ralentissement de notre économie et non des moindres. A aucun moment les responsables du ministère de l’Habitat n’ont cherché à rendre ces moyens plus efficaces en termes de délais, de coûts et de qualité. Les exemples ne manquent pas : Ciment qui continue d’être en sacs, alors que la technique du ciment en vrac stocké dans des silos est devenue très courante même dans les pays voisins, ce qui aurait permis d’améliorer la qualité et de réduire les délais et les coûts. Absence de diversification des matériaux et des techniques de construction. Il en est ainsi des briques creuses qui continuent d’être fabriquées selon un modèle complètement dépassé en Europe, alors que les techniques de fabrication on évolué dans le sens d’une réduction des coûts et des délais ainsi que dans une réduction sensible des consommations d’énergie, etc…… N’on-ils pas compté principalement sur les entreprises étrangères, y compris sur une main d’oeuvre qui aurait pu aisément être formée localement ???? Ne se sont-ils pas contenté de d’investir massivement dans du matériel importé, en grande partie inutilisé et destiné à engraisser les bureaucrates véreux qui pullulent au sein de ce Secteur ????? Et quid des études qui auraient permis de développer de nouveaux matériaux locaux comme celle réalisée par l’université suédoise de Lund et qui continue de moisir dans les archives du CNERIB depuis plus de 20 ans ???????. Et que dire des structures maintes fois chamboulées, pour des raisons qui n’eurent rien à voir avec la recherche de l’efficacité ????? A la vérité, l’effondrement des réserves en devises finira bien par contraindre nos gouvernants de recourir, – avec un plus de sérieux -, aux moyens nationaux d’études et de réalisation. Mais pourvu qu’il ne sera pas trop tard ……….




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    Mello
    17 juin 2017 - 12 h 46 min

    Agir a la source.
    Oui, entierement d’accord pour agir a la source, mais de quelle source il s’agit ? Les regles dans le domaine de l’habitat ne sont pas suffisament claire. La dilution des responsabilites en est le principal facteur, avec toutes ces interferences organisationnelles en matiere de prise en charge des projets de construction et de gestion. Peut etre que La veritable source reste cette politique du logement qui emane du Ministere de l’habitat, sans se soucier de ces pouvoirs locaux qui sont au contact directe du terrain. Ne fallait il pas aller chercher ce deficit en logements du cote de tous ces appartements inoccupes ou occupes par toutes ces professions liberales qui s’offrent le droit de transformer un logement a usage d’habitation en cabinet professionnel, avec tout ce que cela engendre comme problemes aux autres co-locataires ou co-proprietaires. Pourtant des textes de lois existent qui definissent le contrat: logements , exclusivement reserves a usage d’habitation . Voila l’une des sources du probleme de logement en Algerie.




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