Roland Rappaport : l’homme des indignations devant toutes les injustices

Roland Rappaport Guerre de libération
Roland Rappaport. D. R.

Un ami de l’Algérie, l’avocat français Roland Rappaport, qui s’était engagé dans la défense des militants du Front de libération nationale (FLN) durant la Guerre de libération nationale, est décédé lundi 26 juin à Paris, à l’âge de 83 ans.

Dans un hommage publié sur son site, le Syndicat des avocats français (SAF) décrit Roland Rappaport comme «l’homme des indignations devant toutes les formes d’injustice ou de discrimination, des passions et des combats de toujours, depuis son engagement contre la torture en Algérie et sa défense de Josette Audin et de ses enfants pour que la vérité soit faite sur les conditions et la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin». Il avait rencontré, en janvier 2016, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, lors de sa visite en France, qui l’avait invité en Algérie.

Maître Roland Rappaport a adhéré à l’âge de 16 ans au Parti communiste français (de 1949 à 1979). Devenu avocat en 1956, il a commencé sa carrière en soutenant la Guerre de libération du peuple algérien par la dénonciation de la torture. Il fut le plus jeune membre du collectif d’avocats constitué par le PCF pour défendre les combattants algériens devant les tribunaux français. Il est à l’origine de la publication du livre témoignage La Question écrit en prison par Henri Alleg, qui fit connaître au monde entier la pratique de la torture en Algérie.

Maître Roland Rappaport est connu pour avoir été l’avocat de la famille de Maurice Audin, jeune mathématicien membre du Parti communiste algérien (PCA) qui fut enlevé à Alger le 11 juin 1957, torturé puis assassiné par les parachutistes français à cause de sa participation à la Guerre de libération nationale.

Maître Roland Rappaport avait pris part, dans un large panel d’orateurs, à un colloque à Paris, le 22 juin 2012, en compagnie d’autres personnalités amies de l’Algérie et engagées d’une façon ou d’une autre dans le travail de mémoire sur notre lutte de libération nationale – comme Raphaëlle Branche, Henri Alleg, Jean-Luc Einaudi, Nathalie Funès, Gilles Manceron – pour exiger qu’une réponse satisfaisante soit apportée par François Hollande, alors président de la République, à l’exigence de vérité sur l’assassinat de Maurice Audin.

Sa déclaration et celles des autres intervenants ont été incluses dans une vidéo pour interpeller le président français, François Hollande, avant son voyage en Algérie en décembre 2012. L’Etat français, malgré les promesses, n’avait alors fait aucun geste concret pour que la vérité fasse l’objet de recherches officielles.

Tout dernièrement, le 19 juin, peu avant sa mort, maître Roland Rappaport, en tant que conseiller de Josette Audin, a adressé une lettre au président de la République, Emmanuel Macron, pour renouveler l’exigence de vérité sur l’assassinat de Maurice Audin.

Maître Roland Rappaport a été président du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) de 1988 à 1989. Il a défendu, entre autres, au procès Klaus Barbie (mai à juillet 1987 à Lyon) Sabine Zlatin, fondatrice de la colonie d’Izieu dans laquelle des enfants juifs trouvèrent refuge pendant l’occupation nazie en France. Il a également défendu des pilotes de ligne et leurs familles au procès du crash du Concorde qui s’était écrasé le 25 juillet 2000 sur un hôtel à Gonesse, près de Paris, peu après son décollage de l’aéroport de Roissy, tuant 113 personnes.

Les obsèques de maître Rappaport ont eu lieu lundi 3 juillet au cimetière Montparnasse, à Paris.

Houari Achouri

Comment (4)

    salim samai
    9 juillet 2017 - 10 h 23 min

    Allah Yarhamou! Allah Yarham tous « les Peacemakers, Enfants de Dieu »
    « Le Meilleur des Croyants est leur Serviteur! »

    Dieu Merci il y a des Justes/Sadikin de cette valeur. Quel fossé! Quel abime quand on les compare aux Ould Texas, les Ouled Kansas, Shia, Sunna, ma tribu contre ta tribu et n´importe quoi! Le monde serait encore á l´age de pierre sans les Rappaport et M.Audin, Alah Yarhamhoum!




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    BEKADDOUR
    8 juillet 2017 - 21 h 42 min

    UN JUSTE a vécu, son portrait évoque Roger Garaudy, cette France là existe, anonyme ou connue, son existence est poignante, c’est Garaudy, lui aussi du PCF, qui tint à citer Anatole le bien nommé France, qui dit écrivit que le jour où Charles Martel avait « battu », (Sans bataille, précisent certains historiens), les « Arabes » à Poitiers ce jour là la barbarie avait triomphé, 1830 et suite l’ont illustré, la question de l’anti barbarie reste entière, de la civilisation telle que l’ont comprises ces Justes de France ETC




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    Rayés El BÂHRIYA
    8 juillet 2017 - 10 h 15 min

    Allah yarham les hommes et les femmes justes parmis les nations et les peuples opprimées.
    Il doit être élevé au statut de chahid.
    UN nom de boulevard doit porter son nom posthume .
    Dieu d’accueil au paradis.
    Ton combat continue encore.
    Mille merci Me Roland Rappaport.
    Kassaman. ..




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    Anonyme
    7 juillet 2017 - 19 h 38 min

    Gloire à tous les justes et que leur mémoire soit honorée à jamais ! il faut faire un effort du coté de l’éducation nationale qui pourrait inclure un chapitre dans les programmes d’études de chaque les cycle sur tous ces hommes et femmes d’exception, ne les oublions jamais ! Reposez en paix maitre Roland Rappaport!




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