Le chef d’état-major de l’armée française met sa menace à exécution

Pierre de Villiers, Emmanuel Macron, armée, France
Le général Pierre de Villiers avec Emmanuel Macron lors du défilé du 14 Juillet. D. R.

Le chef d’état-major de l’armée française vient de claquer la porte après avoir dénoncé les restrictions budgétaires que le gouvernement lui a imposées. Cette démission de l’homme fort de l’institution militaire traduit le malaise profond qui règne au sein de l’armée française, engagée dans des opérations hors des frontières pour, argue-t-on, combattre le terrorisme islamiste.

L’attitude à adopter face aux sérieuses menaces d’attentat qui pèsent sur la France n’est pas perçue de la même façon par les professionnels de la sécurité et les responsables politiques. Alors que l’armée et la police réclament plus de moyens humains et matériels, Emmanuel Macron, fraîchement élu et contraint de gérer les finances publiques au compte-gouttes, a dû réviser certaines dépenses à la baisse. Le nouveau locataire de l’Elysée veut, en effet, éviter d’aggraver la situation très fragile héritée de ses prédécesseurs de gauche comme de droite.

Cet épisode tourne la page d’une relation qui paraissait symbiotique entre la «grande muette» et les décideurs politiques. La démission du général Pierre de Villiers, ce matin, augure d’une nouvelle étape dans ce rapport entre la puissance de feu et les centres de décision, dans un contexte marqué par une exacerbation du danger terroriste dans le monde et l’enlisement de nombreux conflits dans la provocation desquels la France a joué un rôle-clé, aux côtés de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de certains Etats du Golfe.

Il sera difficile pour Emmanuel Macron de convaincre l’état-major de son armée de la justesse de sa décision. Si, tradition démocratique oblige, les militaires français s’abstiendront de se rebeller contre le pouvoir central, il n’en demeure pas moins que le départ fracassant du premier responsable de cette institution, au lendemain du défilé du 14 Juillet, a révélé la colère qui gagne de plus en plus de soldats et de policiers face à l’inadéquation de la politique sécuritaire prônée par les gouvernements successifs avec les besoins du moment en matière de lutte antiterroriste. Les militaires croyant même déceler dans les choix des décideurs politiques une approche machiavélique visant à assurer leur survie politique au détriment des intérêts de la France.

M. Aït Amara

Comment (15)

    Rayés Al Bahriya
    19 juillet 2017 - 17 h 48 min

    Nous exigeons la poursuite du processus démocratique.

    Nous suivons avec un intérêt inquiétant l’évolution de la situation.

    Nous nous imissons pas dans les affaires internenes des états. …

    L’armée est là garantie de l’ordre républicain et de la pérennité des

    Institutions de l’état. ..

    Advitam AETERNAM




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      MELLO
      20 juillet 2017 - 17 h 12 min

      De toute évidence, en notre cher pays, les institutions , si institution il y a, sont façonnées de sorte que les chefs aient tous les pouvoirs. Et paradoxal que cela puisse paraître, les chefs inamovibles ne se font pas de mal entre eux. Ils cherchent avant tout à trouver l’homme susceptible de garantir la pérennité du système, assimilé d’ailleurs à tort à la stabilité de l’Algérie. Pour assurer le contrôle du pouvoir, il arrive que des clans se disputent les rôles. Étant d’accord sur la mise à l’écart du peuple, ils parviennent souvent à des compromis. Dans les pays qui se respectent, un président ou un chef des services secrets sont des simples citoyens vivant grâce au salaire payé par les contribuables. Partant, ils doivent rendre des comptes.




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    MELLO
    19 juillet 2017 - 17 h 05 min

    Pour vous dire qu’un chef d’Etat major reste , tout de même, une personne comme toutes les personnes que le Président Français nomment aux hautes fonctions. Dans une démocratie, le Chef d’Etat Major peut démissionner ou être démis de ses fonctions, il n’est pas indéboulonnable. Selon l’article 13 de la Constitution de 1958, oui, de 1958 «le Président de la République signe les ordonnances et les décrets délibérés en Conseil des ministres. Il nomme aux emplois civils et militaires de l’État.» Le général de Villiers avait ainsi été nommé par un décret du 16 janvier 2014, qui stipulait: «Le Président de la République, sur le rapport du premier ministre et du ministre de la Défense, vu la Constitution, notamment son article 13 ; le conseil des ministres entendu, décrète: M. le général d’armée Le Jolis de Villiers de Saintignon (Pierre, François, Marie) est nommé chef d’état-major des armées à compter du 15 février 2014.». Maintenant que le budget de l’armée, l’une des plus puissante au monde, a subit une restriction , le général de Villiers a jugé bon de déposer son képi. Quant notre armée républicaine, l’offre financière reste la plus importante du Budget de l’Etat, donc aucune démission est en vue.




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    ALGERIE-UNIS
    19 juillet 2017 - 16 h 09 min

    Ce très bon général, a été remplacer par un autre que je ne sens pas trop le général  » François Lecointre  » une tête qui fait peur et qui m’inspire pas confiance vu les opérations qu’il a fait et qui va refaire au MALI proche de l’ALGERIE.
    (Mission de formation de l’Union Européenne au Mali (EUTM) en 2013.)
    De plus il avait rejoint Matignon en septembre 2016, où il avait été chef du cabinet militaire de ( Manuel Valls ).
    Bref méfiance dans le SUD ALGERIEN !!!!!!!




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    Otto
    19 juillet 2017 - 15 h 23 min

    Pourquoi nous parler de la cuisine française !!!
    On s’en fou royalement de qui démissionne chez eux. C’est leur politique pas la nôtre, parlez nous plutôt des officiers supérieurs de l’armée, de leur travail, de leurs formations, parlez nous des mutations de l’armée, de sa professionnalisation.
    Arrêtez de nous parler des français, On s’en fou complètement.




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      algériensansletre
      8 août 2017 - 13 h 31 min

      le seule danger qui guette le peuple algérien et la seule menace qui pourra l’anéantir c’est le pouvoir sioniste depuis Boumediene le maudit à Bouteflika le sioniste et ami de sionistes BARAK et ROGER HANIN. les algériens ont été spolié de leurs droits et de leur richesse et assassinés par ce pouvoir absolu (…).




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    Nasser
    19 juillet 2017 - 14 h 52 min

    c’ est une affaire franco-française et avec du recul à vouloir sauvegarder sauv leur zone d’influence qu’ est l’ Afrique ils se sont enlisé et tout cela à un cout qu il faut régler. mais le pire dans tout ça c’ est que pour alléger cette facture ils ont décrété que notre pays serait le « gendarme de la région » afin de nous impliquer militairement!! pour moi c’est non seulement de l’INGERENcE mais aussi de l’INFLUENCE. notre Armée doit rester fidèle à sa doctrine




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    Mouloud
    19 juillet 2017 - 13 h 23 min

    La Grande muette Algérienne qui a oublié de l’être étant donné qu’elle s’affiche dans les médias, appuis des politiques,… devrait prendre exemple sur l’Armée française. 1/ Le politique prime sur le militaire 2/ le budget miliaire doit être revue à la baisse 3/ Redevenir muette 4/ se focaliser sur exclusivement sur la sécurité intérieur et extérieur du pays et rien d’autre 5 / Accepter que le budget de la Défense soit contrôler par le politique 6 / Accepter un Ministre de la Défense qui soit un civil.




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    HANNIBAL
    19 juillet 2017 - 11 h 55 min

    C’est la Bérézina! Mac-Rond en président et fossoyeur de la grande muette… Pierre de Villiers préfère démissionner, laissant la France orpheline!!! on aura tout vu dans cette république d’un nouveau genre. le moment est bien tombé pour affaiblir ce pays qui descend en puissance d’année en année et veut régenter l’Afrique (…) Napoléon est bien passé par là en laissant pour souvenir, la Bérézina, dont ils semblent avoir oublié 2 siècles apres et qu’une armée forte se fait avec des moyens.
    Macron a réussi a créer une cassure avec l’institution militaire, la dernière resistance au sionisme ambiant qui règne en gaule (…) ce président qui se prend pour l’empereur (recevoir a Versailles) pour sortir de ce guêpier. Mais notre ami Donald doit y etre pour quelque chose: sa dernière venue du 14 juillet n’est pas anodine. la France colonie du sionisme, ce pays des droits de l’homme passe sous le giron Américain qui en fera son 51e état…




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    Tataouine Les Bains
    19 juillet 2017 - 10 h 47 min

    Cher compatriote @algérienamazigh , merci de nous avoir fait ce rappel historique qui explique en quelque sorte le rôle et la place de l’armée française par rapport au pouvoir , mais il faut ajouter quand même que ce Général Pierre de Villiers, chef d’état-major, est un vrai « darguèze » comme disent les berbères ! Il n’a pas été d’accord avec la feuille de route de Macron , notamment sur les restrictions budgétaire, il a eu le courage de démissionner séance tenante comme on dit !
    Pour prendre l’exemple contraire des décideurs algériens, par exemple notre armée qui joue un rôle de défense du territoire et en sus un rôle de première force politique du pays, on sait qu’il existe en son sein quelques généraux , minoritaires, qui veulent que le pays avance vers sa démocratisation et le changement de gouvernance mais malgré le « niet catégorique » ou le « chut, retourne à ta place » de leurs autres collègues décideurs, ils n’optent pas pour la démission afin de rester constamment auprès de la mangeoire ! Cet absence d’acte courageux de démission on le retrouve aussi chez « nos » Ministres, députés, sénateurs, walis, chefs de daira, membres du comité central du FLN etc… etc… oua hiya raîhaa , oua akhirihi !!




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    Abou Stroff
    19 juillet 2017 - 10 h 18 min

    « Le chef d’état-major de l’armée française met sa menace à exécution » titre M. A. A.. moua, je dirai que le bonhomme a du nif, contrairement à d’autres qui se collent au koursi jusqu’à ce qu’ils commencent à dégager les odeurs nauséabondes caractéristiques de la mort




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      offf
      19 juillet 2017 - 19 h 24 min

      Ben voyons, on va bientôt en faire l’un de nos héros !

      Eux ils ont plusieurs centenaires d’emprises sur les Peuples faibles militairement. Nous avons quelques décennies de sortie des jougs les plus barbare soient-ils. Nous ne sommes de loin pas les seuls. Doit-on continuer à pleurer sur notre sort ou devenir fort ?

      Notre Président que vous meprisez: comme les turcs, moi pour le moment j’en ai pas d’autre.
      Si vous voulez jouer la Pseudo-Démocratie Occidentale, alors soyez plus convaincant. Moi je n’échangerais jamais Mr Boutéflika et tous ceux que vous fantasmez contre aucun de n’importe lequel soit-il même le plus meilleur des bests of the world occidental de m….e




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    algérienamazigh
    19 juillet 2017 - 9 h 34 min

    La dernière fois où les militaires se sont rebeller c’était en avril 1961, quand les 4 généraux de l’armée française partisans farouches de  » l’Algérie française  » qui menaient une guerre à outrance en Algérie contre les nationalistes algériens, ont désobéi à de Gaulle, ce dernier a voulu négocier avec le FLN sur l’indépendance du pays, l’armée a pris le pouvoir en Algérie, les 4 généraux ont décidé d’envoyer en métropole (France) les milliers de parachutistes français stationnés en Algérie, l’objectif dégommer de Gaulle et prendre l’Elysée, de Gaulle panique, mais il a reçu le soutient de tous les français dans leur écrasante majorité, le coup d’État militaire a échoué..

    Il faut le rappeler que ces même généraux enlisés dans le bourbier algérien depuis 4 ans à la recherche d’une légitimité ont ramené de Gaulle au pouvoir en 1958 pour redorer les blasons de l’armée entachés par le sang algérien.. mais comme il est malin, de Gaulle s’est fait taillé une nouvelle constitution sur mesure en sa faveur ce qui lui a permis de s’offrir un régime présidentiel fort avec les pleins pouvoir sur le civil comme sur le militaire, il a changé de fond en comble son service de sécurité, l’armée a perdu son pouvoir en Algérie, c’est 3 ans après que les généraux se sont rendu compte des ses objectifs dont l’indépendance de l’Algérie mais c’était trop tard pour eux…. d’où l’origine du coup d’État militaire d’avril 1961.. et la création de l’OAS avec sa terreur de terre brulée qui a voulu désespérément assassiner de Gaulle dont il a échappé plusieurs fois aux attentas meurtriers…et depuis cet épisode, les civiles ont juré que l’armée n’aura aucun pouvoir en France




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      Point de vue
      19 juillet 2017 - 12 h 47 min

      «et depuis cet épisode (le coup d’État avorté des militaires d’avril 1961) les civils ont juré que l’armée n’aura aucun pouvoir en France», dites-vous !!! Vous faites erreur, Monsieur, en France les militaires n’ont pas de pouvoir politique et cela non pas depuis 1961, mais d’une façon nette et précise depuis la Constitution du 04 octobre 1958 !!!!
      Article 15 de cette Constitution : «Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la Défense nationale.» !!!
      Cela n’a rien à voir avoir l’histoire franco-algérienne et le coup d’état manqué des Généraux !!!! Par contre, ce qui est exact, c’est que de Gaulle est à l’origine de la création de la Constitution de 1958, qui constitue «la 5ème République Française».




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        Raselkhit
        19 juillet 2017 - 15 h 05 min

        Juste que De Gaulle à deux reprises est arrivé au pouvoir grace à l’armée en 1944 aidé par les anglais et les américains et Staline qui a fermé les yeux En 1958 par Massu et les généraux qui faisaient la guerre en Algérie Plus tard en 1968 quand il décida de fuir la France encore une fois Massu l’a ramené C’est le pays qui a connu le plus grand nombre de coup dee force dans son histoire




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