Lettre à un ami chef de parti d’opposition

Jil Jadid ami
Sofiane Djilali, président de Jil Jadid. New Press

Par Aziz Ghedia – Cher ami, lors de la dernière réunion du conseil politique de Jil Jadid, j’étais moins bavard que d’habitude. Je ne suis intervenu qu’une ou deux fois pour ne dire que peu de choses et sans aucun intérêt, me semble-t-il, a postériori, sur le débat qui portait pourtant sur une question cruciale pour l’avenir du parti. En fait, pendant tout le temps qu’a duré cette réunion, j’avais la tête ailleurs ; je pensais à un article que j’avais lu dans le quotidien Le Soir d’Algérie. Cet article est d’un certain Badreddine Mili, journaliste et écrivain.

Sa parution dans le journal remonte au mois d’avril dernier, c’est-à-dire juste quelques jours avant les élections législatives du 4 mai dernier, législatives qui avaient été boycottées par une bonne partie des Algériennes et des Algériens. Comme nous l’avions prédit.

Un trou de mémoire (le nom du journaliste), ce jour-là, a fait que je ne pouvais que garder cette information pour moi. Comme un secret de famille. Je ne voulais pas la divulguer de peur de porter un préjudice au moral de la troupe, les militants et les sympathisants de Jil Jadid. En effet, l’auteur en question de ce «brûlot» – si j’ose dire – est connu dans le milieu journalistique et universitaire algérien comme étant un bon analyste politique. L’analyse qu’il avait faite des différents partis politiques algériens semblait tenir la route.

Il nous appartient, à nous donc, de lui apporter la contradiction quant aux prédictions concernant notre parti qu’il voyait voué à la disparition pure et simple, à brève échéance. «L’avenir de Jil Jadid semble, à ce stade-là – à moins d’un renversement de situation spectaculaire – quelque peu incertain et les observateurs se demandent comment il pourra rebondir, même s’il donne l’illusion de se préparer à des échéances lointaines, en nommant, récemment, un vice-président et un secrétaire général appelés à seconder le président du parti», ajoutait-il à la fin de son commentaire.

Aujourd’hui, Jil Jadid, en apportant son soutien conditionnel au nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune en l’occurrence, se trouve, de facto, dans cette «situation spectaculaire» qui va lui permettre, espérons-le, de rebondir et d’occuper, pour longtemps encore, le devant de la scène politique, ne serait-ce que sur le plan médiatique. En tous les cas, c’est encourageant comme perspective.

Cette décision est sage. Elle dénote, par ailleurs, du sérieux et de l’esprit vraiment nationaliste et patriotique de toute l’équipe dirigeante de Jil Jadid qui, au conseil politique, ne s’est pas du tout montrée hostile au fait de délaisser, momentanément peut-être, son habit d’opposition au pouvoir actuel pour endosser celui du compromis – et non de la compromission – vis-à-vis d’un nouveau Premier ministre. Ce dernier vient avec de belles paroles et de belles promesses annoncer son intention de s’attaquer à la corruption sous toutes ses formes, en commençant d’abord par nettoyer les écuries d’Augias qui se trouvent près du premier cercle du pouvoir.

Le nettoyage des écuries d’Augias fait, pour eux qui ne le connaissent pas, partie des douze travaux confiés à Héraclès, dans la mythologie grecque bien sûr, par son cousin Eurysthée. Héraclès a pu arriver, en fin de compte, à bout de ces travaux. Mais non sans grand-peine. Il lui avait fallu beaucoup de souffrance et beaucoup de courage pour y arriver.

La sortie médiatique de notre parti Jil Jadid sous forme de conférence de presse donnée par son chef est, en quelque sorte, une mise au pied du mur de notre Premier ministre qui doit, lui aussi, pouvoir réussir le travail dont il est chargé et qui relève bien de ses prérogatives. Dans le cas contraire, il perdra et de sa crédibilité et, par conséquent, de notre soutien en tant que, pourtant, parti politique d’opposition.

A. G.
Membre fondateur de Jil Jadid

Comment (4)

    zaouali.dz
    1 août 2017 - 15 h 02 min

    Une opposition qui crie au chaos imminent, et elle n’a pads tord, mais qui n’arrive pas à s’entendre sur un smig républicain est vouée à disparaître et ne mérite même pas qu’on en parle.




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    Anonyme
    1 août 2017 - 13 h 43 min

    LOUIZA HANNOUN S’EST PLANTÉE LA PREMIÈRE EN SOUTENANT TEBOUNNE ET C’EST AU TOUR DE DJILLALI SOFIANE; ET POURTANT AVEC DES ANNÉES D’EXPÉRIENCE POLITIQUE ON SE JETTE LA TÊTE DANS L’EAU C’EST ALLER RAPIDEMENT EN BESOGNE! SEULS LES 90/00 D’ABSTENTIONNISTES ONT FAIT UNE ANALYSE SEREINE SUR LE POUVOIR EN ALGÉRIE; ET EUX SEULS SONT CAPABLE DE LIQUIDER CE POUVOIR QUELQUES SOIT LES CONSÉQUENCES!




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    MELLO
    31 juillet 2017 - 20 h 42 min

    Loin de toute considération politicienne, loin de tirer sur une ambulance, mais le jeu actuel de certains politiciens masque une réalité amère de ce qu’est une certaine opposition. Si on doit revoir ce jeu là, allons revisiter l’une des positions de Hocine AIT AHMED en 1962. En effet, Hocine AIT AHMED , lors d’une intervention, de grande envergure, au sein de cette Assemblée Nationale Constituante, dont il était membre élu de Beni Ouerthilen, , attira l’attention de ses pairs sur une usurpation des institutions du pays. Il déclara le 7 décembre 1962, dans une intervention fort applaudie. « Dans tous les pays, sous tous les régimes, il y a séparation entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Il y a des pouvoirs qui s’opposent, d’autres qui coexistent dans le respect mutuel, d’autres enfin qui coopèrent », ceci en réponse à la déclaration de Ferhat Abbas, président de cette ANC, pour lequel : l’assemblée constituante est solidaire du gouvernement. Fort de son potentiel politique , Hocine AIT AHMED ajouta : pour permettre à l’Assemblée de jouer son rôle historique: » je demande à Monsieur le président de prendre quelques précautions lors de ces déclarations, parce que nous défendons la souveraineté de notre Assemblée » .Plus visionnaire que jamais, Hocine AIT AHMED enfonça le clou en déclarant :  » le pouvoir personnel ou oligarchique conduit à la paresse, au laisser-aller et à la passivité. Il nous est impossible, quelles que soient nos décisions, quels que soient les moyens mis à notre disposition : capitaux, assistance technique, culturelle d’édifier notre pays si l’enthousiasme populaire fait défaut, si le peuple ne participe pas à cette édification avec ferveur et si nous ne créons pas les conditions psychologiques d’un renouvellement d’auto mobilisation.

    Nous sommes en 2017 , soit cinquante cinq ans après, malgré sa disparition , Hocine AIT AHMED avait vu juste , ce que nous vivons aujourd’hui est une réalité de ce qu’il avait déclaré en 1962.




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    lhadi
    31 juillet 2017 - 14 h 09 min

    L’opposition algérienne est orpheline de tout fondement philosophique et pratique. Elle manque d’enseignement politique pour se poser les questions préalables à tout changement telles que : le monde dans lequel nous vivons, comment sommes nous gouvernés et la nécessité d’une alternative.

    C’est à travers analyses et réflexions sur la dynamique du bourreau, le vécu de la victime et le traitement thérapeutique adéquat que la question de la stratégie la plus idoine à adopter se pose.

    Quel enseignement pouvons nous tirer des dernières élections (présidentielles et législatives) si ce n’est, qu’au jour d’aujourd’hui, le plus grand Parti d’Algérie est celui des abstentionnistes.

    Par son boycott, cette majorité silencieuse s’affranchit de toute caution donnée à cette république de copains et de coquins qui tend vers l’économie palatiale dont la production ne repose sur aucune production. Elle ne veut plus de cette petite ploutocratie autoritaire d’un autre âge qui met aux jachères une politique à l’écoute du peuple : donc, ne peut être capable de donner une voie de développement de la société issue de l’entendement général.

    L’ l’heure est venue pour oeuvrer à l’édification d’un mouvement citoyen qui représente les grandes idées de liberté, d’équité et de démocratie dans cette société qui déshonore les vertus ; un mouvement qui puisse mener, avec la santé mentale, une action vigoureuse, passionnante et déterminée afin que le droit jaillisse comme l’eau et la justice comme un torrent intarissable ; un mouvement qui réunit les espoirs et les rêves d’un peuple altier dont la raison est bien plus ancienne que celle de Descartes ; un mouvement qui ne se détourne pas de la seule tache qui mérite adhésion de la nation : oeuvrer pour l’architecture d’un Etat fort, d’une république solide et d’une Algérie moderne, apaisée : condition sine qua non pour faire face à ce monde de globalisation politiquement et économiquement injuste.

    Le moment est venu pour se mettre en ordre discipliné pour déraciner ce système grabataire qui délaisse la société algérienne confrontée aux sarcomes inhérents au sous développement et à ses cercles vicieux.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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