La lutte contre la corruption : une ligne de démarcation

Tebboune oligarques
Tebboune défait, où les oligarques mèneront-ils la nation ? New Press

Par Houria Aït Kaci – La démarche du nouveau Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune, visant à la «séparation entre le pouvoir politique et les forces de l’argent» illustrée par un tour de vis contre des patrons qui ont bénéficié de marchés publics de complaisance, dont Ali Haddad, propriétaire d’un groupe de construction et néanmoins président du Forum des chefs d’entreprise (patronat), a défrayé la chronique cet été 2017. L’opinion publique a bien accueilli cette démarche en espérant qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. La lutte contre la corruption est une ligne de démarcation pour tous les Algériens.

Cette campagne «mains propres» menée en relation avec la nouvelle politique de croissance économique adoptée par la Présidence a été et mise en route par le gouvernement pour faire face à la crise pétrolière qui a entraîné la chute des revenus du pays. Elle vise à substituer à une économie distributive de rente une économie productrice de richesses, provoquant une réaction hostile des forces de l’argent qui ont largement bénéficié des largesses du gouvernement. L’Etat, qui a besoin aujourd’hui de renflouer ses caisses, a mis en demeure ces patrons «choyés» pour rembourser leurs dettes et achever les projets pour lesquels ils ont été payés.

Tour de vis contre les compradores et les parasites

Cependant, cette question de séparation du pouvoir politique des affaires est également liée, selon les observateurs, à des luttes au sommet en vue de l’échéance présidentielle 2019. L’intrusion des «oligarques» (caste de milliardaires enrichis par l’argent public) pour tenter de s’accaparer du pouvoir politique, après avoir été assez proches des cercles décisionnels, aurait été rejetée par Bouteflika, qui voudrait être seul à contrôler le processus de succession, qu’il soit candidat pour un 5e mandat ou qu’il soutienne une autre candidature pour lui succéder.

La campagne «mains propres» serait également dictée par la nécessité de crédibiliser la politique d’austérité et de rigueur budgétaire suite à la baisse des revenus pétroliers qui n’est pas sans risque pour la stabilité du régime. Cette opération de moralisation de la vie publique permettra de baliser le terrain pour regagner la confiance des citoyens, qui ont désavoué l’équipe politique en place par l’abstention massive aux législatives du 4 mai dernier, une élection à laquelle l’argent sale a été de nouveau mêlé.

Il faut, en effet, rappeler que cette lutte contre l’intrusion de «l’argent sale» (chkara) devait être menée au sein du parti dirigeant, le FLN, mis sous la coupe des compradores et des parasites ramenés par Saïdani au détriment des nationalistes et des patriotes qui en ont été chassés. (Note * in article «Emeutes, bourgeoisie compradore, post-mondialisation in Algérie»). Mais Ould-Abbès a échoué dans cette entreprise et les Tliba et compagnie ont été réélus, mais le parti y a laissé des plumes. Cette fois, avec l’élection présidentielle, les choses semblent être prises plus au sérieux.

«Le bras de fer» entre Ali Haddad et le Premier ministre ne relève pas d’une attaque contre des hommes d’affaires par Tebboune et, encore moins, contre le secteur privé dans son ensemble, mais de luttes liées aux contradictions entre la bourgeoisie bureaucratique – qui détient les appareils de l’Etat – et la bourgeoisie compradore et parasitaire qui veut s’accaparer du pouvoir politique. Les deux ayant largement profité de la rente. La confrontation se fait autour de choix politiques, économiques et sociaux dans un nouveau contexte de crise financière qui nécessite un nouveau pacte social, une gestion plus «rationnelle» des deniers publics, impliquant un tour de vis dans les largesses accordées à ces patrons et affairistes, sans contrepartie probante pour l’économie nationale.

Paradoxalement, des investisseurs et des entrepreneurs nationaux, privés, honnêtes –mais qui n’ont pas leur entrée au Palais – et même des entreprises nationales ont vu leurs projets bloqués et sabotés, sans raison apparente, ou carrément bradés à des sociétés étrangères, parfois à de simples sociétés écran, faisant perdre beaucoup d’argent et d’emplois à la collectivité. Des enquêtes de presse ont fait des révélations sur ces pratiques de «dépeçage» touchant des entreprises nationales dans le secteur des phosphates, de la sidérurgie (complexe El-Hadjar), de l’industrie (complexe de véhicules industriels de Rouiba, du machinisme agricole de Sidi Bel Abbès et de Constantine).

Dans tous les cas de figure, quels que soient les dessous et les non-dits de cette campagne de séparation du pouvoir politique des forces de l’argent, la lutte contre la corruption, le trafic d’influence, les passe-droits, le népotisme font œuvre de salubrité publique et ne peuvent qu’avoir le soutien des forces politiques démocratiques et progressistes qui ont toujours appelé à les combattre, tout en rejetant les fausses solutions. Les citoyens, surtout de modeste condition qui sont les premiers à souffrir de ces pratiques, ont applaudi à ces mesures que les «compradores» de l’import-import, les «oligarques» tentent de présenter comme un crime de lèse-majesté.

«L’Algérie n’est pas une poubelle !»

Il convient de rappeler que Tebboune a commencé à appliquer la nouvelle feuille de route tracée par le Président lorsqu’il était ministre par intérim au Commerce où il avait pris des mesures pour limiter la facture des importations et dénoncer les importateurs véreux qui importent n’importe quoi. «L’Algérie n’est pas une poubelle !» s’est-il écrié, réclamant la mise en place «de normes algériennes qui préserveraient nos enfants des maladies et de l’obésité», ajoutant : «Le pays qui ne respecte pas ces normes, on aura le droit de refuser sa marchandise !»

Ce changement de cap a été confirmé par la suite dans les secteurs du commerce, de l’industrie, des finances, du foncier agricole, de la gestion des ressources publiques et par le rejet de l’emprunt extérieur. «Il est hors de question de recourir à l’endettement extérieur, et nous ne voulons même pas y penser. Nous refusons d’hypothéquer notre souveraineté quelle que soit la situation, et ce sont là les instructions du Président de la République», a souligné Tebboune le 30 juillet devant les membres de la tripartite (gouvernement-patronat-UGTA), qui tiendra sa prochaine réunion le 23 septembre à Ghardaïa.

«Face aux déséquilibres macroéconomiques dans le contexte du recul des recettes pétrolières, nous allons compter sur nos capacités, petites ou grandes, soient elles.» En dépit de la «situation tendue», l’Etat dispose de moyens matériels lui permettant de continuer à financer les projets de développement prioritaires, notamment en matière de logement, de santé, d’enseignement, à payer les salaires et à importer à hauteur de 35 milliards de dollars par an, a soutenu le Premier ministre.

Le choix de cette région, qui a été secouée par des violences ces dernières années et où le calme n’est revenu que grâce à l’armée, n’est peut-être pas anodin. Si ces troubles que certaines lectures ont présentés sous un faux angle de conflits identitaires et ethniques opposant les Mozabites (Berbères) aux Châambas (Arabes) n’ont pas dérapé, c’est aussi grâce à la sagesse des Mozabites et de leur esprit patriotique.

Les litiges entre Mozabites et Châambas ont toujours été gérés de façon pacifique grâce aux «sages» des deux communautés, avant que «la mafia», «la drogue», «le trafic d’armes», l’appât du gain facile, les compradores, les «barons de l’import», les réseaux islamistes salafistes ne s’installent et ne polluent cette magnifique oasis construite des mains des Mozabites. Ceux-ci sont des gens besogneux, travailleurs mais aussi sages, modérés, respectant le travail autant que la religion, la science autant que la tradition. Est-ce en hommage à cet esprit que s’est fait le choix de Ghardaïa qui dispose, selon Tebboune, d’investisseurs «nombreux» et «très honnêtes» et qui constitue une zone stratégique (porte d’entrée du Sud algérien) pour recentrer le développement économique de la région ?

Le gouvernement va-t-il mettre fin au système rentier ?

Mais la rencontre de Ghardaïa arrivera-t-elle à trouver ce consensus recherché par Tebboune pour faire face à la crise et lancer une économie productive alternative à l’économie rentière afin de mettre l’Algérie, «le plus rapidement possible, au diapason des pays émergents par la mise en place d’une économie intégrée», comme il le souhaite ? Ce projet a été à chaque fois différé malgré les promesses des gouvernements qui se sont succédé car la mafia politico-financière, la corruption, les détournements ont fait en sorte que l’argent public, au lieu de servir au développement du pays, de la collectivité, soit capté au profit d’intérêts privés algériens et étrangers.

Différentes enquêtes de la presse algérienne et les scandales de corruption traités par la justice ont, en effet, révélé comment des sommes colossales ont été «siphonnées» et des projets entiers bloqués au détriment de l’intérêt général. Ce qui s’est répercuté négativement sur le niveau de développement économique et social du pays où une minorité s’est rapidement enrichie (l’Algérie comptait 35 milliardaires en 2012 et 4 500 millionnaires en 2016, selon le cabinet d’études britannique New World Wealth) pendant que la majorité s’est scandaleusement appauvrie. Même les couches moyennes ont été laminées. Les élites ont été marginalisées, poussées à l’exil, alors qu’elles sont indispensables au bon fonctionnement de la société.

Le choix du capitalisme libéral fait sous le président Chadli et poursuivi par le président Bouteflika n’a pas engendré le développement, ni la démocratie, comme promis par les chantres du libéralisme. L’économiste et ancien ministre de l’Economie Mourad Benachenhou a écrit à ce sujet dans une interview au Quotidien d’Oran du 2 août : la «libéralisation» de l’économie (…) a «rendu l’Algérie, encore plus dépendante des hydrocarbures et des importations de biens de consommation(…). Elle a abouti à la “pillardisation” de l’économie qui a été livrée à des pillards imaginatifs, sans aucun doute bénéficiant d’appuis plus ou moins occultes, dans le système de pouvoir, et qui commencent même à s’essayer à la politique étrangère pour défendre leur fortune mal acquise».

L’accaparement de la plus grosse portion de la rente pétrolière s’est fait au détriment de la majorité des Algériens à qui cet argent aurait dû revenir sous différentes formes (investissements, emplois, santé, éducation, loisirs). Ce siphonage organisé a été effectué par les classes de la bourgeoisie bureaucratique (détenant les appareils de l’Etat) et de la bourgeoisie compradore (représentants de sociétés étrangères), qui sont des couches parasitaires, ayant intérêt à ce que l’Algérie continue de dépendre de ses importations et du système rentier, à l’inverse de la bourgeoisie nationale et des travailleurs.

Pour Omar Aktouf, professeur d’économie et enseignant à HEC Montréal, «l’Algérie n’est toujours pas dans la bonne voie» pour «sortir de la crise», car elle veut «résoudre des problèmes issus du modèle néolibéral appliqué jusqu’ici, avec des méthodes toujours néolibérales». Ce modèle économique n’a fait que «saccager le niveau de vie général, l’entreprise, le système social, l’éducation, etc.», selon une déclaration faite en marge d’une conférence à Alger, cité par Liberté du 23 juillet. Il préconise un «développement autoconcentré qui ne compte sur aucune recette magique», sans recourir aux modèles capitalistes, citant le cas de «la Malaisie qui a refusé le programme proposé par le FMI et a réussi, après plusieurs années de crise, à retrouver le chemin du développement, sans aide extérieure».

Quel dialogue et quelle issue pour la crise ?

La corruption a toujours existé, partout dans le monde et pas seulement en Algérie. Avec la mondialisation, cette pratique a pris une allure plus massive et plus dangereuse. Elle est largement utilisée par des multinationales et des grands groupes industriels pour s’accaparer les marchés, s’en servir comme moyen de pression et de chantage contre des personnalités et des Etats. Elle est plus sournoise car elle se pratique à travers des circuits et des réseaux financiers occultes, interconnectés, difficilement identifiables, tels les comptes offshore et les sociétés écrans. C’est une véritable arme dans la guerre économique qui se mène à l’échelle mondiale.

Cette hausse du phénomène, ses coûts directs et indirects sur l’économie mondiale inquiètent même le FMI, l’une des institutions financières symbole du capitalisme libéral et qui ne peut être soupçonné de sympathie pour le socialisme. Dans son rapport sur «La gouvernance et la lutte contre la corruption dans le monde» (juin 2017), on peut lire : «Il est de plus en plus reconnu – aussi bien au sein du FMI qu’à l’extérieur de l’institution – qu’une corruption systémique peut nuire de maintes façons à la capacité d’un Etat à assurer une croissance durable et inclusive», «porter atteinte à la confiance dans l’Etat et provoquer des dissensions et des conflits sociaux dont les conséquences humanitaires et économiques peuvent être catastrophiques».

C’est pour cela que la lutte contre «l’argent sale» intéresse tous les Algériens pour qui la lutte contre la corruption reste une ligne de démarcation. Cette ligne trace la frontière entre les partisans de l’intérêt national et les parasites qui ne produisent rien, dépouillent le pays, vident les caisses de l’Etat, organisent la fuite des capitaux à l’étranger, sous-traitent en sous-main les contrats avec les sociétés étrangères. Cette frontière doit être étanche entre ceux qui font passer leurs intérêts au détriment de celui du pays, entre les compradores et les parasites qui ne créent rien et les travailleurs, les cadres, les entrepreneurs nationaux qui créent de la richesse.

Est-ce avec ces derniers que le Premier ministre va dialoguer pour tenir son pari de trouver «un consensus national pour gérer la crise économique en vue de préserver l’indépendance et la souveraineté nationale dans la prise de décision» ? Ouvrira-t-il la discussion sur toutes les questions ou reconduira-t-il les anciennes formes de «dialogue de sourd» avec des personnes acquises au régime et généreusement «rétribuées».

Les jeunes, sans travail, sans avenir, – eux qui sont pourtant l’avenir de la nation – mais aussi les travailleurs, les cadres, les retraités ont mené des luttes pacifiques toutes ces dernières années pour défendre leurs droits à l’emploi, à des salaires décents, au respect de leur dignité. Seront-ils invités à ce dialogue ? Des intellectuels, des chercheurs algériens ont exprimé leurs idées pour une Algérie développée, moderne, démocratique, seront-ils écoutés et leurs avis pris en considération ?

Les représentants authentiques des ouvriers de la SNVI Rouiba, du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, qui se sont battus contre le sabotage organisé de leurs entreprises, le comité des chômeurs du Sud, le comité de soutien aux travailleurs de Cevital de Béjaïa, les Syndicats autonomes de la santé, de l’enseignement et d’autres, qui représentent le pays profond, réel, seront-ils conviés à ce dialogue ? Si oui, l’Algérie sera sauvée. La crise pétrolière aura alors permis au gouvernement de tenir son pari et aux Algériens de retrouver leur place dans le débat public dont ils ont été exclus. Alors ce sera la fin de la crise. Dans ce cas, vive la crise !

H. A.-K.

Notes : Voir article «Emeutes, bourgeoisie compradore, post-mondialisation» in Algeriepatriotique.com des 12 et 13 janvier.

Note * «Selon les observateurs, Ould-Abbès a été instruit par le président Bouteflika (également président d’honneur du FLN) pour pousser vers la porte de sortie ces milliardaires ramenés par Saïdani. Pour le FLN, «il n’est plus question de mélanger l’argent et la politique» au risque de se voir complètement discrédité et de perdre les législatives du printemps 2017. En décidant de s’attaquer à la bourgeoisie compradore, Bouteflika cherche-t-il à préserver son fauteuil ou les intérêts nationaux menacés par une classe de nouveaux riches à la fortune douteuse, devenue dangereuse du fait de ses liens avec des intérêts étrangers» ?

Note ** En Algérie, comme dans le reste des pays du Sud, la présence des classes bourgeoises compradore et bureaucratique, dont les intérêts sont liés à ceux du système capitaliste mondial financiarisé dominant, représente un facteur de blocage du développement de l’économie nationale. La bourgeoisie compradore, du terme portugais «comprador» qui signifie «acheteur», recouvre «les commerçants, les acheteurs, les intermédiaires entre le monde dominant impérialiste et le monde local, notamment de producteurs paysans», selon l’économiste du Tiers-Monde Samir Amin.

«Nos classes dominantes sont des classes compradores. Et je pourrai dire même des bureaucraties d’Etat, qui ne sont pas des classes d’entrepreneurs et qui ne sont pas toujours des propriétaires au sens capitaliste du terme, qu’elles sont des bureaucraties largement compradore. Donc, l’obstacle, il est chez nous effectivement, il est dans la nature des classes dominantes et du pouvoir politique. Mais le déploiement du mouvement social peut modifier la donne et créer ainsi les conditions d’une sortie de l’impasse», soutient-t-il.

Comment (15)

    102
    17 août 2017 - 8 h 07 min

    @Mello, Rien ne l’empêche de se représenter. Mr Tebboune a acquis une certaine notoriété et le respect même si le peuple n’est pas dupe.




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    No102
    14 août 2017 - 18 h 25 min

    Mr Tebboune Président 2019!




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      MELLO
      16 août 2017 - 16 h 16 min

      Surement , après son limogeage .




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    jair57
    14 août 2017 - 9 h 32 min

    Il n’a jamais ete question pour le locataire d’el mouradia de s’attaquer a l’argent sale bien au contraire toutes les lois initiees depuis 1999 vont dans le sens du siphonnage.
    Lorsqu’il est accule il fait semblant de s’attaquer a ce fleau, histoire de se redorer le blason ni plus ni moins!!!




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    BERKANI
    13 août 2017 - 14 h 07 min

    Le défaitisme ne mène à rien de bon. La Défense Nationale dispose d’une importante élite composée d’officiers diplômés des plus grandes écoles militaires du monde : West Point, Saint Cyr, etc… et dont leur propre conscience leur dictera de réagir pour sauver ce pays, sans compter les Toufik et autres officiers supérieurs mis à la retraite à leur corps défendant, qu’on ne peut imaginer en train de se rouler les pouces …..




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      Prédator.dz
      13 août 2017 - 14 h 31 min

      nous avons une armée républicaine, composée d’hommes et de femmes républicains, laisses les faire le travail pour lequel ils se sont engagés, dont ils s’acquittent d’ailleurs à merveille! c’est à vous les politiques d’élever votre niveau et non pas l’inverse.




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    anonyme
    13 août 2017 - 13 h 03 min

     » le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple » d’Emile ZOLA




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    zaatar
    13 août 2017 - 10 h 49 min

    Actuellement le système en place depuis l’indépendance dit ceci: Nous sommes en place depuis la guerre de libération. Vous pouvez aboyer comme bon vous semble, on y restera autant que l’on voudra. Vous pouvez remuer ciel et terre, vous ne ferez que du vent…




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    BERKANI
    12 août 2017 - 21 h 02 min

    A mon humble avis, le vrai problème se situe au niveau du système politique mis en place dès l’avènement de l’indépendance de notre pays, car les autres problèmes tels que la grande corruption, l’impunité, la fraude ou autre fléau social, n’en sont que les corollaires.
    En vérité, nous avons un besoin URGENT de débarrasser notre pays du système militaro-civil en place, pour le remplacer par un autre système un peu plus démocratique et qui puisse accorder à l’intérêt général la place qu’il mérite – ou mieux encore à l’intérêt du plus grand nombre, pour ne pas tomber dans le piège de l’égalitarisme simpliste.
    URGENT car le système en place a fini par mettre le peuple Algérien dans une situation qui dépasse son seuil de tolérance et risque ainsi, à tous moments, d’engendrer un chaos incontrôlable et propice à une ingérence étrangère dans nos propres affaires. Il suffit de s’enquérir de ce qui se passe à nos frontières pour s’en convaincre …..
    Aussi est-il grand temps que les responsables de l’institution chargée de garantir la sécurité du territoire réagissent vigoureusement pour que soit proclamé l’état d’exception et la mise en place d’une Assemblée constituante chargée de préparer une nouvelle Constitution qui puisse répondre aux intérêts du peuple.
    En boycottant les dernières élections présidentielles, le peuple n’a t-il pas montré son ardent désir de changement, tout en sachant pertinemment que celui-ci ne pourrait venir que des responsables chargés de la Défense Nationale non impliqués dans le système en place ?????




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    Gavroche
    12 août 2017 - 17 h 42 min

    #articleconstitutionnelno102! Le Peuple est souverain, application de la constitution.




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    prédator.dz
    12 août 2017 - 6 h 54 min

     » L’opinion publique a bien accueilli cette démarche en espérant qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin. La lutte contre la corruption est une ligne de démarcation pour tous les Algériens ».A bien étudier cette entrée en matière, il apparaîtrait que la démarche de Mr Tebboune s’inspire d’une lutte avantgardiste, contre un phénomène naissant qu’est la CORRUPTION.
    Ma suggestion, afin de mesurer la profondeur de ce mal au sein de notre société, c’est de faire une enquête journalistique sur le phénomène de la TCHIPA. On s’en rendrait alors compte que la Tchipa n’est que la petite Sœur de la CHKARA. Qui d’entre nous n’a pas été confronté à cette pratique dans notre vie quotidienne. Pour régler la moindre situation, du coup on se trouve dans une posture de corrupteur potentiel ou celui de corrompu. Du coup, à l’exception de rares, je dis bien rares, personnes qui défendent leurs principes, hélas à leurs torts exclusifs d’ailleurs, « L’OPINION » est composée de GRANDS CORROMPUS et de PETITS CORROMPUS d’un côté et de l’autre de GRANDS CORRUPTEURS et de PETITS CORRUPTEURS, LES UNS ET LES AUTRES SONT POTENTIELLEMENT LES DEUX EN MÊME TEMPS. Ce qui m’amène à la conclusion que la corruption est vraiment un SPORT NATIONAL. je risquerais même à dire qu’il est devenu génétique c’est à dire héréditaire.




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    MELLO
    11 août 2017 - 20 h 19 min

    Lutte contre la corruption ? Comment et pourquoi, Puisque vous dites  » La corruption a toujours existé, partout dans le monde et pas seulement en Algérie. » Alors pourquoi lutter un domaine universellement connu ? Le vrai problème est connu de tous, y compris de ceux qui sont à la tête de ce pays.
    L’Algérie est orpheline de son indépendance incomplète, voila le véritable problème . Il importe de rompre avec les fausses solutions, et en finir avec les faux dialogues. De toute évidence et en vertu des normes internationales, le droit à l’autodétermination, le premier et le plus fondamental des droits de l’Homme est également indissociable du droit du peuple à disposer librement de ses richesses économiques et culturelles. Réduire la démocratie à l’aspect institutionnel et l’amputer de ses dimensions sociale, économique et culturelle serait condamner notre pays à la déstabilisation permanente. À l’approche du scrutin présidentiel qui, du reste, ne mobilise que le pouvoir et ses clientèles, les inquiétudes s’aiguisent et la perspective du chaos se précise. La résurgence de toutes sortes d’archaïsmes et l’encouragement des tensions à bases régionalistes, tribales ou familiales, sur fond d’impasse politique intégrale, met plus que jamais notre Nation au bord de la décomposition. Les prémisses d’une dégradation accélérée de la situation sont là. Instamment, il s’agit en premier lieu de l’ouverture de l’Algérie vers elle-même, vers les citoyens et cela, sans paternalisme et sans manœuvres politiciennes ; elle implique évidemment une rupture visible et lisible avec les pratiques de la hogra mensongère, des manipulations et de la peur.
    Pas très loin de ce que nous vivons aujourd’hui, les émeutes d’octobre 1988 ont mis à nu un système en rupture avec les aspirations de la jeunesse. A partir de 1992, nous avons connu une crise profonde qui a culminé avec une sale guerre qui a coûté la vie à deux cent mille Algériens. La gestion brutale des manifestations de Kabylie est venue réveiller volontairement des archaïsmes destructeurs : il s’agissait là d’une véritable entreprise de destruction politique et économique de cette région où l’on a délibérément installé l’insécurité par groupes politiques ou armés interposés. La glorification de l’action militaire, le refus du politique et son remplacement par des manipulations de toutes sortes, la méfiance à l’égard de la population et sa gestion par une propagande infantilisante et une répression brutale sont le fil conducteur des dirigeants algériens. Les autorités, elles, ne s’y trompent pas. Elles savent que si la société est épuisée, exsangue après la guerre civile, si la détresse sociale amène chacun à chercher avant tout à survivre, si on assiste à un repli sur la sphère privée au détriment de l’action collective, si la course à l’argent devient un sport national, les émeutes récurrentes leur rappellent aussi que la situation est infiniment plus complexe et explosive. Surtout quand la moitié de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté dans un pays qui se targue de réserves en devises faramineuses et affiche une prolifération indécente de nouveaux riches.
    La force de ce régime a toujours été d’entretenir des mythes. Les conditions dans lesquelles « l’empire Khalifa » – qui a ruiné des centaines de milliers d’Algériens – a pu émerger et celles qui ont provoqué son effondrement ne sont pas seulement extravagantes. Elles sont à l’image des faux- semblants du régime : les arrestations régulières de cadres sont là pour accréditer l’existence d’une justice indépendante et d’un refus de l’impunité. Inutile de revenir sur le décor Potemkine chaque fois ravalé au goût du jour, donc sur tous les faux dialogues, les fausses élections, les fausses initiatives qui ont fait de la fausse promesse la seule stratégie de gestion de crise dont est capable un régime aveugle et sourd à tous les appels d’une population éreintée par la crise. Plus que jamais, la mobilisation des consciences vives du pays est impérative. Plus que jamais, l’Algérie devra apprendre à sortir de la politique des slogans creux pour investir la voie du dialogue et des choix stratégiques mutuellement bénéfiques. Le danger dans notre pays, c’est la dépolitisation, c’est une espèce de démobilisation de la conscience et de l’intelligence, la vérité est flagrante. Les gouvernements se sont appropriés le monopole de la vie politique, les administrés en sont exclus comme ils sont exclus du pouvoir de décision, de gestion et de contrôle concernant les options économiques, culturelles et internationales. Inu




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    A3zrine
    11 août 2017 - 19 h 09 min

    On parle d’une certaine couche qui a poussé comme une plante, a ramassé beaucoup d’argent en un laps de temps, mais moi je pose la question de savoir où étaient nos services de sécurité ? Le pays, son avenir sa stabilité, tout allait droit dans le mur, mais nos valeureux services de sécurité n’ont rien vu venir, on a préféré voir le risque venant de la pauvre population que de mettre le nez dans les affaires de ces compradores.
    OK, on peut admettre qu’on combattait le terrorisme destructeur, et à un certain moment de l’histoire il faut choisir son ennemi, mais maintenant, dieu merci la paix est revenue qu’est-ce qui les empêche de procéder à un nettoyage au karcher ?




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    lhadi
    11 août 2017 - 16 h 40 min

    Pour ne pas se pincer le nez des remugles du pouvoir : cet égout des passions humaines, il suffit de ne pas se perdre dans la digression.

    Que faire alors ?

    Agir sur les actions adverses. Mais pour cela, il faut de la vertu, cette vertu politique qui est en même temps une raison pratique.

    Il n’est plus temps de s’abandonner au balancement apaisant « des vies parallèles » de Plutarque. Aussi, j’en appelle à l’insurrection des consciences qui saura délivrer l’Algérie de la puanteur de cette domination gérontocratique qui tient fermement les rênes du pays.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    Nasser
    11 août 2017 - 16 h 39 min

    tant qu’il y aura des corrupteurs io y aura des corrompus et c’ est une race qui ne risque pas de s’ éteindre malheureusement, la prochaine élection présidentielle sonnera l’heure de vérité et nous devons tout faire pour que l’ Algérie ne sombre pas dans le chaos car nous ne devons pas laisser ces mafieux commettre un nouvel holdup, il faut que des hommes et des femmes de TALENTS se jette corps et âmes dans cette bataille pour servir notre pays , sinon il ne restera plus qu’ a l’armée de faire le ménage (attention il ne s’ agit pas d’ un coup d’ état) puisqu’ à ce jour le législateur est resté aux abonnés absents pour réclamer l’ application de la construction en raison de l’ éternelle indisponibilité de notre président de la scène nationale et internationale et ce n’ est pas ses apparitions épisodiques qui me laisseraient penser le contraire .




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