Merkel à Edogan : «Je te fermerai la porte de l’Europe au nez !»

Angela Merkel assume un changement de ligne politique vis-à-vis d'Ankara. D. R.

La question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE) a fait irruption dans le débat électoral allemand, dimanche soir. A trois semaines du scrutin, le candidat du SPD, Martin Schulz, a tenté de prendre Angela Merkel de revers en réclamant la fin des discussions avec la Turquie. La chancelière a paru surprise par le revirement de son rival, qui avait soutenu le processus d’adhésion ouvert en 2005. Puis, pour ne lui laisser aucun espace, elle a ajouté qu’elle chercherait «une position commune» avec ses partenaires européens afin de «mettre un terme» aux négociations avec Ankara.

La chancelière «se soumet au populisme», a sèchement répondu sur place Ibrahim Kalin, le porte-parole de Recep Tayyip Erdogan. «Nous espérons que cette atmosphère problématique va se terminer», a-t-il ajouté, en regrettant, sans craindre le paradoxe, que la relation germano-turque «soit la victime d’un horizon politique». Ankara, qui avait multiplié les provocations pendant des mois, accusant tour à tour l’Allemagne «de pratiques nazies», de «défendre des terroristes» ou appelant purement et simplement les électeurs allemands d’origine turque à voter «contre Merkel et le SPD», se retrouve pris à son propre piège.

Economiquement, une rupture avec les Vingt-Sept serait catastrophique pour la péninsule. A Ankara, on refuse de l’envisager. «C’est un affront aux principes de base de l’Europe», a assuré Omer Celik, le ministre turc des Affaires européennes, en tentant une approche positive. Puis le chef de la diplomatie Mevlüt Çavusoglu a renoué avec le parallèle nazi. L’Europe «se tourne vers les valeurs de l’ère ayant précédé la Seconde Guerre mondiale… barbarie, fascisme, violence, intolérance», a-t-il accusé, en estimant que les politiques allemands faisaient le jeu «de l’islamophobie».

Le gouvernement allemand n’avait pourtant pas manqué d’avertir la Turquie, engagée depuis le putsch avorté du 15 juillet 2016 dans une dérive autoritaire : présidentialisation du régime, poursuite des opposants, arrestation de journalistes, fermeture de la base de la Bundeswehr d’Incirlik… «Nous voudrions avoir de meilleures relations avec la Turquie, mais il faut voir la réalité en face», avait expliqué Angela Merkel, fin août. Depuis cet été, son gouvernement assume donc «un changement de ligne politique» vis-à-vis d’Ankara, impliquant des pressions économiques et politiques. Les discussions sur l’élargissement d’accords douaniers sont, par exemple, suspendues de fait. L’accord conclu pour fermer la frontière aux migrants n’est, en revanche, pas remis en cause.

Personne n’avait osé jusqu’à présent évoquer la fin des négociations d’adhésion. Dans son programme adopté en juin, le SPD assurait encore «que l’isolement de la Turquie n’est pas dans l’intérêt de l’Europe». Mais aux yeux de Martin Schulz, Recep Tayyip Erdogan est allé trop loin et l’Allemagne doit siffler la fin de la partie. Angela Merkel, qui n’a jamais été favorable à l’adhésion de la Turquie à l’UE et qui a toujours défendu l’idée d’un «partenariat», rechigne à élever la voix. Elle craint que la Turquie ne se tourne vers la Russie. Elle négocie, par ailleurs, la libération des ressortissants allemands emprisonnés en Turquie. Lundi, l’un d’eux a été relâché. Onze Allemands se trouvent toujours enfermés «pour des raisons politiques».

S. S. et agences

Comment (12)

    Akli Boughzer
    6 septembre 2017 - 8 h 10 min

    Bravo Mme Merkel de fermer la porte de l’Europe à ce dangereux intégriste rétrograde qui rêve de conquête et d’expansion sous couvert de la religion.




    2



    0
    umeri
    5 septembre 2017 - 14 h 04 min

    Mme Merkel connait trop bien Erdogan, c’est un homme politique dangereux pour l’Europe, lui ouvrir les portes de l’ U E, consiste a introduire « un loup dans la bergerie » Celui qui a organisé un coup d’Etat a blanc, réussit a mettre plus de 50.000 fonctionnaires en prison, en un laps de temps,ayant pour seul objectif, de mettre fin au régime laïc de l’Etat turc et de le remplacer par un califat islamique, pourrait dés son entrée dans l ‘ U E, contaminer tous les autres pays, ce qui aboutirait sans aucun doute a l’éclatement de cette organisation régionale.




    8



    4
    Amitou
    5 septembre 2017 - 9 h 30 min

    Erdogan et ses sbyres ont detruit l heritage avangardiste du pere de la nation Turque Kamel Ataturc,et replonge la Turquie dans les tenebres du fanatisme religieux de la confrerie des freres musulmans,Erdogan est l allie des sombres Emirs retrogrades du Golfe persique et le protecteur du moyen ageux cheikh Tunisien Ghannouchi et de la coalition contre nature des 2 partis Ennahdha et Nidaa Tounis.Dieu preserve notre pays de ces primitifs reveurs d un autre age revolu.Madame Merkel tres habile tente de gagner des voix de l extreme droite pour garantir son maintien au pouvoir sans recours a une grande coalition avec le parti socialiste.
    Notre pays doit rester neutre et defendre en premier lieu nos interets vitaux dont le principal est l autosuffisance dans tous les domaines en favorisant l utilisation des energies renouvelables et la desalinisation de l eau de mer pour moderniser et developper davantage l agriculture et les industries agroalimentaires……avec des partenaires du Brics pour atteindre leurs marches.




    14



    2
      Krimo
      5 septembre 2017 - 17 h 00 min

      Amitou,

      Vous dites «Erdogan et ses sbyres ont detruit l heritage avangardiste du pere de la nation Turque Kamel Ataturc»

      L’avant-gardisme de Mustapha Kamel n’est nul autre que de la « prostitution politique » si pour se placer avant-gardiste il suffisait d’interdire le fez (chachia stamboul) et le remplacer par le port du chapeau ou de la casquette, juste pour paraitre, et finir mort d’une cirrhose. C’est beau l’avant-gardisme. L’influence des Lumières et la révolution française ont ravage la cervelle d’Atatürk. C’est dans cet esprit et seulement celui-ci qu’il entreprit son « œuvre »
      Pour sur l’héritage de l’empire Ottoman était lourd à porter en ce temps-là, il ne l’a jamais assumé et il s’est contenté d’une fuite en avant pour ériger « sa nation » pour assouvir une fascination …… et les conséquences, indirectement c’est l’Islam qui les paye aujourd’hui.




      3



      5
        Akli Boughzer
        6 septembre 2017 - 8 h 20 min

        Que vous le voulez ou non,la Turquie n’est devenue un Etat moderne et…prospère que grâce à la thérapie de choc de Mustapha Kamel.Malheureusement cet héritage est entrain d’être dilapidé par le sinistre Erdogan…pour revenir à la case départ c’est à dire le tristement célèbre khalifa.Le dernier coup d’Etat est l’oeuvre de ce sinistre personnage pour se débarrasser de ceux qui s’opposent à sa mégalomanie.




        3



        0
        Amitou
        6 septembre 2017 - 13 h 13 min

        @Krimou avec tout mon respect:

        J aimerais bien voir un Mostapha Kamel Ataturk Algerien pour faire occuper notre pays la place qu il merite dans le cercle des nations.
        Je pense que vous ignorez completement la valeur et l importance du role politique qu a joue ce grand hero de la reunification et la sauvegarde de la liberte et l independance de la Turquie.L histoire et les historiens lui reconnaissent ce grand role civilisationnel et avangardiste de ce grand homme d Etat.Tout ce que vous avez retenu de l histoire de la Turquie Kameliste c est le fez et le chapeau….ce qui nous renseigne de votre niveau intellectuel.La Turquie de Kamel Ataturk,c est ni le fez ni le chapeau,mais le modernisme ,la tolerance ,le developpement harmonieux et le patriotisme hors de tout fanatisme religieux:La religion est pour Dieu mais la Patrie est pour tous ses citoyens dans toute leur diversite.point barre.




        3



        0
          Krimo
          6 septembre 2017 - 17 h 03 min

          Amitou,
          «La Turquie de Kamel Ataturk,c est ni le fez ni le chapeau,mais le modernisme ,la tolerance ,le developpement harmonieux et le patriotisme hors de tout fanatisme religieux »

          Puisque vous le dites avec cette conviction matinée de relents de et de …… surtout hors de tout fanatisme religieux mais le peuple turc a été soumis à un culte de la personnalité sans égal. Si vous y voyez une différence, expliquez-moi c’est quoi le «père des turcs»

          Dans cette harmonie Kemaliste, un exemple, Nazim Hikmet s’est tape 15 ans de taule et a crevé en Pologne pour ses idées qui ne flattaient pas l’ego et le fanatisme occidental instauré en nouvelle religion par le papa des turcs. Parti unique, pensée unique, pouvoir absolu, renoncer a sa dignité, se déprécier, « faire le singe » par ambition pour plaire a la norme occidentale, voilà le juste prix pour être un état moderne. Si c’est cela votre conception.

          D’où vient Mustapha KemalɁ Si je lui attribue des origines généalogiques ottomanes, ce n’est pas flatteur. 5 siècles de présence en Algérie …… ou khalli el bir bi ghtah.

          Voilà ce qu’a dit le « papa des turcs ottomans » pour convaincre son cénacle d’admirateurs : «Vous venez me parler des avantages que nous a valu notre conversion à l’Islam, et moi je vous dis : regardez ce qu’elle nous a coutée !»

          Ce qu’elle lui a coutée, c’est le fait de ses aïeux …… mais il ignore ce qu’elle lui a apportée : être d’abord et ensuite prétendre devenir.

          Le Kemalisme qui vous sublime tant a produit sans le vouloir, toute une chaine de réactions ……. tout ce que vous abhorrez aujourd’hui …….. a votre sagacite de les identifiez.

          Encore un autre exemple, de la fuite en avant du Kemalisme, le problème arménien qu’il a réglé en s’exclamant «ce n’est pas moi, c’est l’autre» mais cet autre il ne l’identifiera jamais en temps et lieu, il laisse le temps au temps pour s’en charger. Conséquence, la pensée franchouillarde qui fait vitrine aujourd’hui, sans aucune gêne elle l’attribue a l’Islam alors que c’était un acte purement politique initié par le mouvement « Les Jeunes Turcs ». Encore un autre fonds de commerce que l’on sort a loisir pour chier sur autrui. Merci Atatürk.

          Tout récemment, madame la France reconnait le génocide arménien et faut rappeler que dans un passe pas lointain être arménien n’était pas bien vu en «douce France» Aznavourian pour l’exemple. Dois-je vous rappeler la bassesse de la réponse turque au pouvoir sarkoziste ….. je la résumerai « Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît. »




          4



          2
        Akli Boughzer
        7 septembre 2017 - 8 h 14 min

        Que tu le veuilles ou non Ataturk a sauvé son pays de la déchéance,cette déchéance où veut le replonger Endogan.On aimerait bien avoir un Mustapha Kamel algérien pour sortir ce pays de la mouise où l’on plongé les gourous irresponsables de l’islam politique qui se reconnaitront.Ces gourous traîtres à la Nation qui continuent leur oeuvre destructrice après avoir pris soins d’abrutir ce pauvre peuple à l’école,les mosquées et certains médias à leur solde.Ouvrez les yeux et regardez l’état désastreux du pays livré aux fanatiques religieux et aux affairistes égoïstes sans foi ni loi.




        1



        0
          Krimo
          7 septembre 2017 - 15 h 48 min

          Akli Boughzer,

          Non ya si Akli, pour sortir de la mouise ce ne sera jamais par la volonté d’un homme mais seulement par la volonté d’un peuple, de tout un peuple uni autour d’un même idéal. Le troupeau de mouton et le berger sauce Atatürk, le 20eme siècle en regorge aux 4 coins du monde, et l’histoire est têtu.

          Il n’y a pas de modèle en la matière. Le modèle ne s’invente pas, il se construit sur ses propres valeurs, sa propre histoire (qui doit être assumée, bonne ou mauvaise), ce modèle fait d’abord son lit à l’horizontal et de la émergera naturellement un (ou des) leader(s) aux qualités requises pour diriger et ramener les quelques égarés a la raison commune, celle de l’aspiration de tout un peuple.




          3



          0
    anti abou lahya
    4 septembre 2017 - 23 h 16 min

    merdog… n’a rien à faire en europe vu qu’il n’accepte pas les règles de la démocratie , il tient (lui aussi) à creuver sur son trône …




    24



    0
    Rayés Al Bahriya
    4 septembre 2017 - 23 h 14 min

    Bravo Mere Herkule ….

    Bottez lui le cul à ce voyou qui a créé Daech et détruit la Syrie laïque…..

    Ces fanatiques fous d’Allah vont ramener le malheur en Turquie…

    Les fous… d’Allah sont aux portes de l’occident…

    L’islam séculier a été détruit par ces fanatiques alliés d’Israël et des évangélistes américains…

    Halte à l’hydre islamo terroriste….

    Eich Bin Berliner ….




    43



    1
    Nasser
    4 septembre 2017 - 22 h 57 min

    Elle n’a rien dit d’exceptionnel! La porte était déjà fermée depuis longtemps! Erdogan le sait!




    18



    0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.