1968-2018 : il y aura cinquante ans, le Barrage vert d’Algérie

barrage vert
Vue aérienne du Barrage vert à Hassi Bahbah (Djelfa). D. R.

Par S. Grim(*) – En juin 1968, la mise en application d’un plan d’aménagement forestier sur des contrées dénuées de tradition sylvicole, mais cependant avec les finalités classiques de production, de protection et de loisir entre dans sa phase de concrétisation dans la forêt domaniale de Senalba Chergui. En parallèle et compte tenu de la dégradation – d’origine anthropique – déjà très nettement perceptible dans cette région des Monts des Ouled Naïl, il apparaissait urgent d’étendre la superficie forestière naturelle de ces territoires par de vastes plantations de part et d’autre de l’Atlas saharien central.

En septembre 1969, à l’occasion de l’élaboration du plan spécial de développement pour la wilaya du Titteri, une partie du gouvernement de l’Algérie avec à sa tête le chef de l’Etat d’alors se déplace à Djelfa pour une visite d’information et de travail.

Dans la forêt de Senalba Chergui toujours, a été exposé aux dirigeants de l’Algérie un programme d’interventions intéressant la totalité des territoires comprenant la chaîne atlasique méridionale et les espaces steppiques y attenant. Le chef de l’Etat et ses collaborateurs accueillirent très favorablement la démarche exposée.

Ce ne sera qu’en juin 1972 que la partie reboisement du programme portera le nom de «Barrage vert».

En septembre 1973, le projet Barrage vert est transmis à la présidence de la République (service d’Ahmed Houhat, conseiller). Il semble que le volumineux document ait disparu dans sa totalité.

A partir de 1974 et suite à la mise à l’écart soudaine de son concepteur, le plan Barrage vert perdra de sa cohérence, et sa perception comme sa réalisation relèveront de l’initiative de chaque responsable local.

En dépit d’une absence de rigueur, des réussites impressionnantes existent et tout un chacun dispose de la possibilité de le constater à la fois sur le terrain, sur les photographies Panoramio de Google Earth et sur toute image satellitaire de la région concernée.

S. G.
(*) Ingénieur civil des eaux et forêts, concepteur du projet Barrage vert d’Algérie

Comment (14)

    selecto
    19 novembre 2017 - 20 h 22 min

    L’Algérie avait un grand Président à savoir Houari Boumedienne et un autre grand homme qui veillait sur sa sécurité à savoir Kasdi Merbah.




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    mouatène
    19 novembre 2017 - 18 h 37 min

    actuellement notre algérie manque d’hommes et de femmes qui, à l’intonation de KASSAMEN, ont les larmes aux yeux !!! et c’est la raison majeur qui reflète la situation actuelle. à l’époque c’était  » ezzalte oua t’frériine, ouala élmale ouat’hin « . gloire aux martyrs de la révolution algérienne qui nous ont libéré du joug coloniale français, et aux hommes qui ont commencer à batir la nouvelle algérie et qui nous ont quitté sans la terminé. y aura t’il un sursaut à l’avenir ? espéront le.




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    Anonyme
    18 novembre 2017 - 13 h 59 min

    1968-2018 : il y aura cinquante ans, le Barrage vert d’Algérie
    Et cinquante ans d’avancement des millions de tonnes de sable sur des dizaines de milliers d’hectares de terres du nord de l’Atlas Saharien, De la Steppe, et des Hauts Plateaux ravagés par le sable, les rendant désertiques et désolantes à cause d’un pastoralisme ravageur (surpaturage)
    A Djelfa, Aflou, El Bayadh, Naama, M’sila, Tébessa, l’environnement et le barrage vert sont les derniers de leurs soucis
    Le Barrage vert comme les « 1000 villages socialistes », comme « la révolution agraire » et autres « réalisations socialistes » Démagogiques, utopiques, surréalistes sont restés, malheureusement, à l’état de vestiges.
    – personne ne croit au socialisme administratif,hyper bureaucratique, irréaliste, et démagogique imposé par la force
    – personne ne croit à la supercherie, à l’hypocrisie et aux contradictions entre les discours et les actes
    Malheureusement, avec l’inconscience, l’insouciance, le cancer de la bureaucratie lourde, demain l’Algérie sera engloutie par le désert comme la Mauritanie, le Niger, le Tchad, Darfour à l’Ouest du Soudan, la Somalie….
    Alors qui sera responsable de cette catastrophe écologique rampante et silencieuse ?




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    Hocine-Nasser BOUABSA
    18 novembre 2017 - 11 h 44 min

    Le barrage vert est mort avec feu HOUARI BOUMEDIENE (Allah yarhmou). Cet dernier fait partie des grands HOMMES que l’Algérie ait enfantés. Cette réalisation est aussi une des très grandes prouesses réalisées par l’ANP et particulièrement les jeunes appelés du Service National (une appelation qui mérite son nom et qui contraste avec l’appelation « service militaire »). Le Barrage vert, malgré son délaissement criminel, reste un symbole immortel de la politique de développement (…) Il est temps de renouer avec l’esprit révolutionnaire. Notre jeunesse attend qu’on lui montre le bon sentier. Le Service National obligatoire (une année suffit) doit être rétabli pour tous les jeunes Algériens et ouvert àtoutes les jeunes Algériennes qui le souhaitent.
    Le désert rampe vert le Nord. Pour y faire face, il est temps de réactiver les études et plans mentionnés par Mr. GRIM.
    Chaque Algérien doit au moins planter 10 arbres pendant sa vie. C’est le minimum de ce que nous devons aux générations futures, surtout qu’on abuse des richesses hydrocarbures. Il ne faut seulement prendre mais aussi donner!
    (…)




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    MDAMAR
    18 novembre 2017 - 10 h 04 min

    en lisant cet article et la belle image qui le « coiffe », j’ai eu les larmes aux yeux,messieurs les responsables des forêts et de l’agriculture ! sauvez ce joyau de la nature, sauvez notre flore! sauvez notre histoire! sauvez nos mémoires! sauvez nos belles années.




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      lina
      18 novembre 2017 - 17 h 56 min

      ça donne vraiment les larmes aux yeux, de repenser aux réalisations du grand hommes qu ‘était Houari boumedienne, IL était en avance sur son temps, bien avant que lONU, ne pense à la désertification et aux changements climatique,il était écologiste de 1ère heure, avant même que des ONG actuellement braillantes, ne parlent d’éco systeme, Boumedienne avait même pensé aux énergies renouvelables, «  » il faut se préparer à l’après pétrole  » ne cessait il de répéter…il était derrière la décision de la création en 1969, du haut commissariat aux énergies nouvelles..du temps du feu, Mohamed Essadik Benyahia, voila l’Algérie de Boumedienne, l’Algérie des grands défi du sicele..malheureusement son successeur, sans envergure, a tout gâché…




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    Abdallah
    18 novembre 2017 - 1 h 24 min

    J’ai eu souvent de la chance de me promener auprès de ce magnifique barrage vert , simplement je déplore énormément le manque d’entretien de ce joyau chef d’oeuvre contre la désertification et le maintien du climat, j’ai constater que presque tous les arbres sont attaques par la chenille , dommage que nos services forestiers concernés ne intéressent pas beaucoup a la sauvegarde .




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    Grim
    18 novembre 2017 - 1 h 03 min

    Monsieur Khaldoun,
    Les informations que vous communiquez à vos lecteurs au sujet du Barrage vert d’Algérie ne sont disponibles que sur Algérie Patriotique ou sur mon site.En prenant la responsabilité de publier mon court texte vous contribuerez à n’en pas douter à la résolution d’une des énigmes les plus opaques de l’Algérie post 1962. Dans les années 1990 j’avais fait paraître dans le journal El Watan un entrefilet avec pour intitulé  »Barrage vert/ L’Arlésienne ». En effet, beaucoup de gens évoquent le Barrage vert mais pratiquement personne ne sait de quoi il retourne y compris au niveau du ministère de l’agriculture ou de l’administration forestière.Pour quelle raison ? Du fait que son concepteur a été mis en demeure durant un très long temps de garder le silence.
    Si vous m’y autorisez, Monsieur Khaldoun, je vous communiquerai d’autres informations inédites sur le même sujet, au moyen de courts textes toujours, et à une périodicité d’une à deux fois par mois.
    Je vais à présent tenter de satisfaire la saine curiosité des trois premiers commentateurs bien que je répugne à engager le débat avec des personnes intervenant sous couvert de l’anonymat.
    Certaines des questions posées sont d’une pertinence éclatante, preuve que les habitants de l’Algérie ne sont pas tous impassibles face au désastre environnemental qui menace leur pays avec par exemple une steppe désertifiée à un peu plus d’une centaine de kilomètres à vol d’oiseau de la mer Méditerranée.
    Les réponses, dans un premier temps seront brèves même s’il est possible de revenir plus longuement sur certains points par la suite.
    1 – Impact du Barrage vert sur le climat et la nature.
    – Les arbres constituent ce qu’on appelle depuis quelque temps maintenant des puits de carbone,
    – Obstacles à l’érosion tant hydrique qu’éolienne,
    – Légère amélioration de la pluviosité,
    – Pédogenèse,
    – Abris pour la faune sauvage…
    2 – Apport économique
    – Source d’emploi productif,
    – Production de bois
    – Papeterie,
    – Chauffage,
    – Pannellerie,
    – Aboutage,
    – Menuiserie d’intérieur…
    – Infrastructures de loisirs…
    3 – Programme de plantations élaboré en 1969 et reconduit en 1973
    – 2 478 000 ha au 31 décembre 2016 dont:
    – 850 000 ha pour la partie centrale du projet,
    – 1 040 000 ha pour la partie occidentale,
    – 588 000 ha pour la partie orientale.
    4 – Photographie illustrant l’article
    Il s’agit d’une photographie de l’écologiste Yann Arthus-Bertrand datant probablement de la fin des années 1900-début des années 2000. L’image représente le reboisement d’un canton dégradé de la forêt domaniale du Djebel Sahari Guebli, Monts des Ouled Naïl, à proximité de la localité d’Aïn Maabed.
    On remarquera la qualité du travail de compartimentage (parcellaire) réalisé par un personnel exclusivement autochtone perpétuant le sérieux et la compétence du chef de district des forêts Abdelhamid Bérini, cheville ouvrière des travaux d’aménagement forestier et du Barrage vert à la fin des années 1960.




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    Anonyme
    18 novembre 2017 - 0 h 41 min

    C’était l’époque d’une Algérie heureuse, travail titanesque réalisée par les seuls vaillants djounoud de l’ANP de l’époque
    Pensée à feu HOUARI BOUMEDIENE qui manque terriblement au pays
    Pensée à Mr Grim qui a participé à ce projet




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    Anonyme
    17 novembre 2017 - 23 h 13 min

    Chapeau M Grim. G fait partie de ceux qui ont planté quelques arbres. C’était l’époque des grands,boumediene chabou abdeslam .. Les jeunes étudiants et du service national en général étaient motivés volontaires,car guidés par des gommes d’état qui donnaient l’exemple,simplicité,honnêteté sobriété,justice sociale. Exemple entre autres: le club des pins érigé par BOUM était ouvert au public. Et dire qu’il ya des gens qui critiquent ce grand chef d’état.




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    A3zrine
    17 novembre 2017 - 21 h 46 min

    Quelqu’un pourrait nous dire l’impact de ce barrage vert sur le climat et la nature? Quel a été l’apport économique ? J’ai lu qu’il a été abandonné , pourquoi alors ne le relance t on pas aujourd’hui quand tous ne jurent que par l’équilibre climatique ?




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    Yeoman
    17 novembre 2017 - 20 h 01 min

    Si les algériens avaient continué à voir dans l’ Algérie un rêve fou à réaliser et non une vache à lait dont il faut profiter sans même se donner la peine de la traire avec respect, ce barrage aurait maintenant recouvert une bonne portion du territoire national et aurait été un précédent dans la lutte mondiale contre le réchauffement climatique. Mais une certaine mentalité, importée de là où l’on sait et encouragée par qui l’on sait, a fait en sorte que l’on perde même les quelques forêts dont la nature a agrémenté notre pays.




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    LOUCIF
    17 novembre 2017 - 19 h 43 min

    Magnifique ce barrage vert ! Je souhaite simplement que quelqu’un me dise à quelle date remonte cette photo (récente ou très ancienne ???°) !




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      Lyes Oukane
      18 novembre 2017 - 3 h 13 min

      @ Loucif . Si je ne me trompe pas ,cette photo est récente et nous la devons à Yann Arthus Bertrand . Surement prise lors de son voyage au-dessus de notre pays en 2015 pour réaliser son film  » l’Algérie vue du ciel  » . Anecdote : un soir de ramadan , des copains et moi avions proposé le visionnage de ce film à des jeunes franco-algériens ( 3ème /4 ème génération ) qui ne connaissaient pas le pays de leurs grands-parents . D’habitude si bruyants ,nos jeunes téléspectateurs n’avaient jamais été aussi sages que ce soir là . Nous avions d’abord cru que la présence des chibanis en plus de la période de jeun sacré les avait obligés à plus de retenue . Nous nous trompions .Ils avaient été subjugués par la beauté de l’Algérie  » wala ,on savait pas que c’était comme ça .On savait pas qu’il y avait des ruines romaines et des trucs de ouf au bled . Votre film c’est de la balle ,demain je le montre à mes potes …  » . Les plus âgés ,pour certains ,avaient eu la larme à l’œil . Entre deux gorgées de thé à la menthe ,chacun y allait de son anecdote , de ses souvenirs ,de son humour … belle soirée .




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