Nébuleuse incontrôlée

Le dernier mot revient au Conseil constitutionnel
Le siège du Conseil constitutionnel. New Press

Par Kamel Moulfi En attendant la validation par le Conseil constitutionnel des résultats, les élections locales du 23 novembre conservent presque intact tout leur suspense. Les changements s’annoncent substantiels au vu des recours et protestations qui sont, d’ailleurs, les mots les plus récurrents dans les comptes rendus et commentaires des médias, en référence aux cas de fraude, réels ou supposés, mais suffisamment nombreux pour dessiner une tendance.

Les observations faites par des journalistes spécialisés et par des responsables politiques conduisent à penser que la fraude électorale a pris cette fois les allures d’une nébuleuse incontrôlée qui a produit des impacts dans toutes les directions, au gré de circonstances diverses, même si, selon les mêmes observateurs, la résultante continue de profiter principalement aux deux formations politiques, FLN et RND, qui se sont offert les plus grandes parts du gâteau distribué à travers le renouvellement des APC et des APW.

Les dispositions de la nouvelle Constitution et la création de la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), ont-elles eu pour effet de redistribuer les «bénéfices» de la fraude à certaines listes, traditionnellement non privilégiées par le système ? Ont-elles réussi à réduire les nuisances des pratiques de bourrage des urnes ? Pour la première fois, des partis de la majorité se plaignent de «dépassements» et introduisent des recours. Ce fait accrédite l’idée que le mécanisme de la fraude, qui semblait bien rodé et piloté selon une logique centrale, dont on dit qu’elle fonctionnait sur la base des quotas, a éclaté pour donner naissance à des processus autonomes, «de proximité», qui ont le défaut d’être plus visibles et moins protégés.

Au centre des soupçons, on trouve invariablement l’Administration, censée être neutre, mais dont les agents pourraient, selon les observateurs, actionner des processus locaux de fraude. On verra plus clair à la lumière des conclusions qui seront tirées par le Conseil constitutionnel.

K. M.

Comment (4)

    Anonyme
    28 novembre 2017 - 19 h 43 min

    on vous rabâche les yeux avec toujours l administration (wali,chefs de daira ……..) qui est au service du pouvoir pour frauder éternellement ! la réalité est la !




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    Felfel Har
    28 novembre 2017 - 16 h 55 min

    Je vais être un peu sarcastique en posant cette question: Pourquoi voulez-vous que le pouvoir s’arrête de truquer à son avantage toutes les élections? Ma réponse est malheureusement dure à digérer: parce que nous, le peuple, n’arrêtons pas de râler, mais nous n’agissons pas, nous acceptons toutes les dérives autoritaires. Nous avons cru bien faire en nous abstenant de voter et les spin doctors du gouvernement ont trouvé la parade pour manipuler même le taux de participation qu’ils exhibent comme un trophée (50%), alors que moins de 20% des électeurs se sont présentés aux urnes. « Qui ne dit rien, consent », telle est la triste réalité! Ailleurs, les citoyens déclenchent des grêves ou manifestent dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol. Chez nous, tout est calme!




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    Anonyme
    28 novembre 2017 - 16 h 38 min

    Le vote en Algérie est pire que celui de la Corée du Nord. C’est de l’argent jeté par la fenêtre et une insulte pour les algériens qui ont encore une once de démocratie culturelle .




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    Anonyme
    28 novembre 2017 - 15 h 31 min

    Cette nebuleuse reste le terrain d’evolution , ou le lit sur lequel ce systeme politique inique evolue. Tous les elements, de cette nebuleuse vieille d’autant d’annees que celles de l’independance, font partie d’un mecanisme rode’ et exploite’ judicieusement , y compris lors de ces elections de Mai 1990 (APC-APW) et Decembre 1991 ((APN) qui ont permis au parti dissou de raffler la majorite’ ecrasante et subir ensuite le retour de mannivelle. Cette nebuleuse n’est en fait que cette administration au service d’un pouvoir qui ne veut pas lacher les renes de la gestion de la rente.




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