Des intellectuels appellent à la poursuite de la lutte pacifique pour tamazight

Ces personnalités se félicitent de la mobilisation citoyenne pacifique
L'appel souligne le caractère national de la cause amazighe. D. R.

Par Hani Abdi Un appel vient d’être lancé par une soixantaine d’intellectuels, de personnalités, d’hommes et militants politiques pour la promotion sans tarder de la langue amazighe. Signé par 65 personnes, cet appel souligne le caractère national de la cause amazighe, sans laquelle «la grande famille Algérie» ne peut se rassembler.

Se félicitant de la mobilisation citoyenne pacifique qu’ont connue plusieurs villes du pays en faveur de la promotion de cette langue maternelle, ces intellectuels invitent et encouragent «les parties prenantes du mouvement à travailler en concertation permanente sans exclusion aucune pour faire valoir les revendications légitimes de la population». «Tout en refusant d’éventuelles récupérations quels que soient leurs natures et objectifs, nous exhortons les acteurs politiques et sociaux, le mouvement associatif et syndical, les artistes, les hommes et les femmes de culture à accompagner cette dynamique citoyenne en marche pour la liberté, la justice sociale et l’égalité républicaine, à capitaliser la mobilisation et à canaliser les énergies le composant», lit-on dans cet appel signé à la fois par des universitaires, des syndicalistes et des militants politiques qui s’élèvent contre l’instrumentalisation de cette cause par le pouvoir et par des entités radicales qui sont animées par d’autres considérations que celle de faire avancer la cause amazighe.

«Entre un pouvoir qui gagne du temps pour assister à son extinction graduelle et ceux qui en font un registre de commerce sans jamais se soucier réellement de son développement, notre culture a toujours triomphé de ses bourreaux et détracteurs grâce au génie populaire d’un peuple plusieurs fois millénaire», ajoute-t-on dans le même appel dont les signataires estiment que «malgré toutes les campagnes de diabolisation et d’acculturation engagées par les colonialismes, mais aussi par les pouvoirs successifs depuis l’indépendance à l’encontre de cette culture ancestrale, tamazight dans toutes ses dimensions demeure et demeurera une cause commune, sans laquelle la grande famille Algérie ne peut se rassembler et s’unifier pour un destin commun et un avenir meilleur».

Les auteurs de cet appel précisent que le combat pour tamazight est intimement lié aux combats pour le pluralisme, la démocratie, les libertés et les droits humains. «Tamazight n’est pas seulement une revendication identitaire et linguistique, mais elle est également une revendication politique et démocratique. Elle ne peut être promue comme culture de liberté que sous un Etat de droit», affirment-ils, exprimant dans ce sens leur plein engagement «en faveur de la lutte pacifique».

H. A.

Comment (15)

    Mohand
    20 mai 2018 - 2 h 29 min

    L’intellectuel et le faiseur d’idéologie. Un intellectuel est celui qui a appris à lire le monde et à l’expliquer aux autres et un faiseur d’idéologie est un répétiteur de l’idéologie dominante de son époque. En résumé, il est quelqu’un qui a intériorisé son état d’esclave idéologique et devient serviteur de ses maitres ou de ceux qui détiennent le pouvoir plus particulièrement économique.
    En étant dans un monde à l’économie mondialisée, ce n’est pas les Algériens qui détiennent le pouvoir économique de ce monde, mais les grandes puissances. Alors pour un pays comme l’Algérie, son problème est celui de se disputer une place qui peut lui permettre de défendre ses intérêts. Toute faille dans son système sera exploité pour l’affaiblir. C’est vrai que les problèmes et les défis qui se posent au monde entier sont énormes pourvu qu’ils ne débouchent pas sur une troisième guerre mondiale, comme ils le sont aussi pour l’Algérie. Les droits ne sont respectés nulle part, et les premiers à les violer sont les puissances occidentales. La culture, c’est le pain. Pas de pain, pas de culture. Ces gens qui cherchent un retour à des langues vernaculaires, tant qu’ils y sont, pourquoi ne pas retourner à une société tribaliste, Ainsi, on les mettra dans des réserves comme les Amérindiens.

    Vox Populi
    26 décembre 2017 - 16 h 35 min

    Mes antécédents sont des montagnards de pure souche Berbère, dont je suis immensément fier, je parle Berbère, Kabyle, derja algérien, l’arabe classique, Français,Anglais, Américain, Russe et Espagnol. J’ai côtoyé plusieurs nationalités de pars mon parcours professionnel, mais d’AUCUN de ceux et celles que j’ai côtoyé, n’a exhibé le CHAUVINISME AVEUGLE, dont font épreuve certains Kabyles. Et sont nombreux pourtant, les Kabyles qui figurent parmi mes meilleurs amis!

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    Vox Populi
    26 décembre 2017 - 15 h 45 min

    Allô les  » 11 pouces inversés », vous devriez envoyer vos oiseaux à la même école que celle que fréquente mon perroquet. Elle est remarquable! Mon volatile parle le Tamazight mieux que moi même, moi qui suis issu d’ antécédents de montagnards de pure souche Berbère,et fier de l’être ! Mais je n’est aucun complexe à ce que mon oiseau soit plus doué que moi!Au contraire, c fou ce qu’il me motive ce drôle d’oiseau ! Prochaine étape : English!

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    anonyme
    26 décembre 2017 - 15 h 31 min

    Ces droles « d’intellectuels » et leurs acolytes profitent de la situation actuelle: danger sur nos fontières, émigration clandestine, baisse drastique des recettes et profiter pour nous faire avaler leur pilule amère et amener l’état à céder à leurs exigences farfelues
    L’état doit être ferme car après leur dialecte ils demanderont plus et encore plus jusqu’à renier l’autre
    Un complot ourdi se trame contre le pays si on n’y prend pas garde
    MEFIANCE
    VOUS VOULEZ ENFLAMMER LE PAYS MAIS CA NE PASSERA PAS

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    Carrera
    26 décembre 2017 - 12 h 06 min

    J’ai une bonne idée. Transférer la capitale algérienne du côté de Akbou, obligatoire de rajouter les noms des villes , des villages, et tout autres panneaux de signalisation en Tifinagh, obligatoire les fonctionnaires de l’ État de parlé , d’ écrire la langue Tamazight, mais laisser le libre choix des élèves des écoles primaires, secondaires, faire des échanges interwillayas socio-culturels, essor économique des villes et communes kabyles. Donnez plus autonomie regionales administratives aux kabyles . Mais pas d’indépendance ou d’autodétermination de facto pour la région kabyle.

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    Vox Populi
    26 décembre 2017 - 3 h 38 min

    Vous savez quoi? Je pense qu’il est grand temps de songer à algérianiser en dialecte derja et à kabyliser le solfège et tout le corpus des notes musicales. Du coup tous nos problèmes trouveront une solution , à savoir notre crise financière ,sociale et même le chômage grandissant. Cette idée géniale fera de notre pays une grande nation.Personnellent, j’ai même songé à donner des cours de langues à mon oiseau.De sus sa langue maternelle d’oiseau, il est capable de chanter en Arabe classique, en dialecte algérien, en Kabyle et en français, vu que je maîtrise parfaitement ces 4 langues. Avec les temps qui courent, on ne sait jamais !

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    Zenaty
    25 décembre 2017 - 22 h 39 min

    De la DÉMOCRATIE de la Liberté..et un État de Droit …et surtout L UNITÉ …Dénominateur Commun de L ALGÉRIE…

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    Droits Humains
    25 décembre 2017 - 16 h 51 min

    Rien que l’appel en lui même est politique et tendancieux. Comment peut on parler de la nation si l’on évacue le moyen de la rassembler par la langue ? Allons-nos créer ne une société d’anarchie pour disloquer ce qui nous reste comme outil de rassemblement ? Allons créer des langue dans chaque patelin ? Si la promotion culturelle est un impératif pour nous, elle ne doit participer à la mise en place de fractures encore plus profondes. Cet appel aurait du s’inscrire, s’il émanait vraiment d’intellectuels, dans une logique de pluralisme, en mettant l’accent sur le ciment commun. C’est ainsi que l’on peut concevoir une Algérie plurielle, tolérante et ouverte.

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      anonyme
      25 décembre 2017 - 22 h 27 min

      Droits Humains
      25 décembre 2017 – 16 h 51 min

      ya sahbi ils ont d’autres visées en tête, leur dialecte n’est qu’une toute petite étape et l’appétit vient en mangeant ils ont d’autres buts
      Méfiance et alerte maxi.
      Drôles d’intellectuels

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        Mlaoua
        26 décembre 2017 - 9 h 05 min

        @Anonyme 25 décembre 2017 – 22 h 27 min; Tu dis « qu’ils ont d’autres visées en tête » et que « leur dialecte n’est qu’une petite étape ».Pauvre monsieur, dis moi alors ces « visées » toi qui penses autrement? Tu es censé de le savoir que Tamazight n’est pas une création d’un groupuscule d’humains ou d’un pays étranger mais c’est une langue qui existe encore(puisqu’elle est parlée par des millions d’Algériens) et avait existé en Afrique du nord, dont l’alphabet avait existé avant que l’alphabet de la langue arabe n’est pris naissance en Arabie, cette dernière qui est en réalité qu’un mélange de l’hébreu, du syriaque et de l’araméen.La langue Tamazight est partiellement enseignée malgré des blocages qui viennent de certaines mentalité comme la tienne, mais elle fait ces premiers pas pour conquérir sa place dans son pays parmi ses enfants.Cette langue est une langue qui unira tous ses enfants, c’est à dire de l’est à l’ouest et du sud jusqu’au nord.Cette langue qui est persécutée depuis l’invasion des romains et d’autres pays étrangers mérite aujourd’hui son retour parmi les siens pour unir notre peuple.Dans tous les pays du monde(à quelques petites exceptions) on parle et on étudie avec plusieurs langues maternelles; et pourquoi pas nous?

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          anonyme
          26 décembre 2017 - 15 h 15 min

          ya si mlaoua
          je t’ai répondu avec des preuves irréfutables
          …, sauf que vous n’arriverez pas à vos desseins macabres

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    lhadi
    25 décembre 2017 - 16 h 46 min

    Bien que j’oeuvre, avec la santé morale, pour la libération de l’Algérie adamantine des griffes des tailleurs de pierres qui obèrent tout développement d’un Etat fort, d’une république solide que j’affectionne particulièrement, mon patriotisme me pousse aussi à lutter contre tout ce qui est contraire à l’édification d’une société d’hommes et de femmes convaincus de la destinée commune.

    Par conséquent, quand souffle l’esprit anti national, avivé par certains groupuscules qui se révèlent porteurs, de manières plus ou moins ouvertes, une idéologie séparatiste alors l’esprit de vigilance qui nous habite doit se manifester avec plus de force que jamais. A ce propos, si machiavel, le prince de la ruse, était algérien, il serait un enfant de choeur devant ces « Erostrates » qui usent d’une arme des plus tranchantes que l’on appelle séparatisme, fédéralisme, autonomie, régionalisme qui sont, sans aucun doute, une morgue que l’on peine à imaginer.

    Mais quand c’est un brasier de la colère d’ordre social, la responsabilité qui nous anime doit être à l’écoute pour rendre effective une politique de décentralisation ou de déconcentration, ô combien nécessaire pour l’édification d’une Algérie apaisée.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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      Tikjda10
      25 décembre 2017 - 23 h 22 min

      @Lhadi 25 décembre 2017 – 16 h 46 min / Monsieur Lhadi, Il y a bien une pétition qui lancée et en plus est signée par plus de 65 intellectuels qui demandent unanimement la promotion de la langue Tamazight. Ce qui veut dire que l’affaire est sérieuse. Ces intellectuels ne sont pas et ne peuvent pas être ni des « séparatistes », ni des « Erostrates » et ni des « autonomistes » comme ne le sont pas non plus tous ceux qui sont mobilisés, ces derniers jours pour demander d’une manière pacifique, la promotion de notre langue millénaire, c’est-à-dire Tamazight. Celle que parlaient nos ancêtres depuis plus de 10000, mais qui était marginalisée suite à l’invasion des puissances étrangères. Ces intellectuels voient très loin. Ils cherchent l’unité de notre peuple, contrairement à vous. La langue Tamazight est persécutée chez elle. Elle n’a pas été importée mais parlée par ses enfants depuis des siècles. Pourquoi alors traitez-vous de « séparatistes » ou « d’autonomistes » tous ceux qui revendiquent d’une manière pacifique l’enseignement de notre langue? Pourquoi qualifiez vous les Algériens qui cherchent la promotion de notre langue « d’Erostrate »?… Vos propos sont durs, en plus de quelques contradictions quand vous prétendez chercher à « libérer le pays des griffes des tailleurs de pierres » mais en même temps vous vous en prenez à des Algériens comme vous en usant des qualificatifs plus séparatistes, plus violents, plus haineux. Pour terminer, je dois dire qu’il est temps de penser à réconcilier notre peuple avec son histoire, sa culture et sa langue. Ca sera l’unique façon de combattre le « séparatisme », « l’autonomisme » et les Erostrates(pour user des mêmes qualificatifs que ceux que vous avez utilisés plus haut).

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        lhadi
        26 décembre 2017 - 14 h 52 min

        Que demandent les jeunes de toutes les régions d’Algérie si n’est que de vivre leur temps, bâtir leur avenir tout en bâtissant celui de la jeune nation algérienne qui est une entité politique déterminée par un territoire propre.

        Voilà un noble combat qui mérite adhésion et que l’urgence rend nécessaire.

        Fraternellement lhadi
        ([email protected])

      AÏT Chaalal
      26 décembre 2017 - 3 h 07 min

      Ya si Al hadi . une Algérie apaisée à besoin de faire un come-back sur ces origines et sa véritable identité culturelle Amazighe ..Personnellement je considère les
      erostrates de Baathisme ,de l’arabisme et de l’islamisme encore pire que leur confères erostrates séparatistes , fédéralistes, autonomistes, régionalistes..ect

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