Elle est politique !

tripartite
Elaboration de la Charte sur le partenariat sociétaire, le 23 décembre dernier. New Press

Par Kamel Moulfi – L’année 2018 sera-t-elle celle des turbulences ou celle des consensus ? Il y a, en définitive, autant d’indices pour chacune des deux hypothèses, sans même exclure l’éventualité que les deux alternent selon que la conjoncture du moment impose les vicissitudes qui divisent ou les conditions favorables à la convergence des efforts des acteurs politiques. On en saura plus à la lecture du communiqué qui sanctionnera la «tripartite» qui réunira aujourd’hui le FLN, dans les habits de l’organe du pouvoir, et deux des principaux partenaires du gouvernement, l’UGTA et le FCE, censés être représentatifs des travailleurs et du patronat.

Les observateurs ont compris que la réunion, qui se tient à l’initiative du FLN, est de nature politique en dépit des apparences qui montrent une double dimension économique et sociale.

Il reste que les préoccupations dominantes qui marquent le début de l’année concernent plutôt la sphère économique et son prolongement social dans la vie de tous les jours.

Les premières interventions officielles du gouvernement ont été faites par les ministres du Commerce et des Finances. C’est significatif. Tout va se jouer dans ces secteurs. Les objectifs que se sont fixés les deux ministères seront-ils atteints ? De leurs résultats dépend ce que sera l’année 2018 : bonne ou mauvaise. Or, elle précède l’échéance de l’élection présidentielle de 2019. Personne ne perd de vue cette perspective.

Aucun faux pas n’est permis au gouvernement. Le tour de vis décidé pour les importations, s’il entraîne un sursaut de la production nationale combiné à la bonne tenue du cours du brent sur le marché international – s’il se maintient – peuvent alléger l’impact de la crise financière que traverse l’Algérie depuis le deuxième semestre 2014, quand les prix du pétrole ont connu une chute brutale. L’insistance sur le cap social de l’action du gouvernement indique que l’enjeu est bien identifié : la stabilité du pays.

Nul doute qu’il en sera question dans les discussions entre les dirigeants de la tripartite, aujourd’hui.

K. M.

Comment (3)

    Chaoui Ou Zien
    3 janvier 2018 - 23 h 31 min

    Moussa el Hadj, el Hadj Moussa. Ils se valent tous. Pour moi, tant qu’ ils tiennent le pouvoir, il n’y aura pas de changement. 2018 ne sera qu’ une continuite pour notre pays dans un long tunnel noir. Helas.




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    MELLO
    3 janvier 2018 - 16 h 30 min

    Tripartite politique ? Mais évidemment , au vu du musellement de la structure syndicale depuis 1962. La première organisation à qui on veut faire payer chèrement ses atermoiements lors de la crise de l’été 1962, c’est immanquablement l’UGTA. Bien qu’elle ne se positionne pas contre les usurpateurs du pouvoir, le fait que la centrale syndicale veuille rester autonome est en soi une déclaration de guerre aux yeux du groupe d’Oujda. Ainsi, à trois jours de la proclamation du bureau politique, à Tlemcen, l’UGTA a déclaré, dans communiqué, que « son autonomie dans la politique est indispensable. Il est important que le mouvement syndical se développe librement. ». Hélas, voilà un langage que les nouveaux maîtres de l’Algérie indépendante ne veulent pas entendre.
    Avant même la tenue des élections à l’Assemblée nationale constituante, le 20 septembre 1962, Ahmed Ben Bella a répondu sèchement à la centrale syndicale. « l’UGTA a pris des positions que l’on ne peut admettre. Des gens se posent déjà en successeurs du pouvoir, nous ne leur passerons pas la main… L’UGTA a joué un rôle des plus négatifs depuis l’indépendance », déclare la tête d’affiche du groupe de Tlemcen au journal « Le Monde », le 14 septembre 1962. Cela dure jusqu’à nos jours. Et ce n’est pas l’alliance Sidi Saïd-Ali Haddad (dans aucun pays au monde, la centrale syndicale ouvrière ne collabore avec le patronat) qui démentira cette faillite de l’UGTA. Du coup, depuis 1962, aucune succession ne s’est passée dans le respect de la volonté populaire. Bien que le chef de l’État claironne que nos institutions garantissent le libre choix du peuple, il n’en reste pas moins que sa propre succession ne devrait pas échapper à la règle prévalant jusque-là.
    Or, tant qu’il y a le déni de justice, le FLN actuel –qui n’a rien à voir avec le FLN historique qui garde des grandes sympathies dans l’opinion –se placera toujours en défenseur de la mémoire des martyrs tout en continuant à faire des affaires condamnables sur tous les plans.




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    AL HANIF
    3 janvier 2018 - 12 h 41 min

    Agglutinés sur une fragile coque
    Appelée nouvelle année d’un vieux monde
    L’humanité se prépare au choc
    qui n’oublie aucun arpent de la mapemonde




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