Tamazight : l’académie aura pour mission de filtrer les travaux réalisés sur la langue amazighe

L'académie algérienne de la langue amazighe aura pour tâche de «filtrer» tous les travaux réalisés autour de cette langue
Abderrezak Dourari, professeur des sciences du langage et de traductologie et directeur du CNPLET. D. R.

L’académie algérienne de la langue amazighe aura pour tâche de «filtrer» tous les travaux réalisés autour de cette langue en les «réorientant», a indiqué jeudi Abderrezak Dourari, professeur des sciences du langage et de traductologie et directeur du Centre national pédagogique et linguistique de l’enseignement de tamazight (CNPLET).

Intervenant sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne, l’universitaire a estimé que l’académie algérienne de la langue amazighe «aura pour tâche de filtrer tous les travaux accomplis jusque-là et de réorienter cet acquis dans le sens où tamazight est passée au rang de langue officielle».

Sur le caractère de l’enseignement de la langue amazighe, M. Dourari a soutenu, à partir du postulat attestant une diversité culturelle et linguistique des différentes régions du pays, qu’on «ne peut pas forcer des gens à une graphie bien déterminée», estimant que l’académie de la langue amazighe «est sensée normaliser dans les trois graphies (latin, arabe, tifinagh)».

Pour M. Dourari, cette académie «doit fonctionner sur les principes de la linguistique qui reconnaît et décrit la différence avant de passer à la normalisation de chacune des variétés et de savoir, par la suite, s’il y a un besoin d’une langue unifiée», estimant qu’il était «nécessaire de constituer un corpus général de la langue amazighe par variétés et de constituer une base lexicale spécialisée pour chacune des variétés ».

Sur un autre registre, il a indiqué qu’avec l’institutionnalisation de Yennayer journée chômée et payée, c’est «un symbole très fort qu’on envoie à la société pour son unité et sa survie», estimant qu’à travers cette décision, «l’Etat algérien a revêtu le costume de l’algérianité de son histoire et de sa véritable identité».

S’agissant de l’enseignement de la langue amazighe, assuré jusqu’à présent dans 38 wilayas du pays, le linguiste a salué la méthode suivie par le ministère de l’Education nationale qui «fait beaucoup attention à la pédagogie et à la science et non pas à l’idéologie et à la politique».

Pour rappel, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a réuni lundi un conseil interministériel consacré à la dynamisation de l’enseignement de tamazight et à la préparation du projet de loi organique portant création de l’académie algérienne de la langue amazighe, en application des directives émises par le président de la République devant le Conseil des ministres, le 27 décembre dernier.

Par ailleurs, un groupe de travail interministériel sera installé auprès des services du Premier ministre pour s’atteler à la préparation d’un avant-projet de loi portant création de l’académie de la langue amazighe.

R. N.

Comment (4)

    Chaoui Ou Zien
    11 janvier 2018 - 17 h 02 min

    Notre langue ne peut s’epanouir que sous une seule forme commencant avec un denominateur commun a toutes ses varietes dans notre pays. Il est essential d’avoir au plus vite une caravane itinerante qui sillonera tout le pays dans le but de l’enregistrer sous toutes ses formes et varietes avant que ceux qui la maitrisent (nos vieux) ne disparaissent a jamais. Comme example, mon pere etait connu pour sa grande maitrise de la langue chaoui et ses contemporains le consultaient souvent pour retrouver les mots perdus ou certaines tournures de phrases. Le jour de son deces, certains ont meme fait l’analogie avec un « kamous » ferme a jamais. Meme chose pour ma mere qui elle est aussi s’est eteinte recemment. Les gens de calibre similaire existent toujours mais ils se font de plus en plus rare. Il est urgent qu’ils soient enregistres avant qu’il ne soit trop tard. Dans le cas de ma mere, je la faisai souvent parler en chaoui tout en enregistrant nos conversations durant mes visites en Algerie. Ca m’a permis aussi de beaucoup mieux la connaitre en tant que (moi) adulte. Malheureusement, je n’avais pas ces moyens du vivant de mon pere. J’encourage tous mes concitoyens qui ne font pas preuve de cynisme a l’egard de notre vraie langue de faire de meme avec leurs aines, qu’ils soient parents ou voisins, a Tamanrasset, Arris, Tizi Ouzou, Ghardaia et partout ailleurs ou on parle encore Tamazight. Nos enregistrements pourraient s’averer tres precieux pour ceux qui sont charges de faire ce travail de fond.




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    Algérien Nationaliste
    11 janvier 2018 - 16 h 07 min

    Oui il faut une langue une et indivisible qui remplacera l’arabe islamique à long terme, bravo continuez ainsi.




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    Anti Khafafich ⴰⵎⴳⵉⵍⵍ ⵜⵉⵢⵉⵍⵍⵉ
    11 janvier 2018 - 16 h 04 min

    je l’ai dit hier et voilà que le reponsbale de la question le confirme: tamazight en 3 graphies, une vision perspicace que j’approuve. c’est de cette façon que nous allons lui donner de l’élan pour qu’elle se généralise à vitesse grand v, évitons tout ce qui divise




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      linguistique
      11 janvier 2018 - 17 h 32 min

      tu te contredis là, chauve-souris: il semble que tu aies précédé l’évènement et opté pour la graphie la plus ridicule.




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