Nihilisme syndical

Cnes grève
Sit-in du Conseil national des enseignants du supérieur en mai 2017. New Press

Par R. Mahmoudi – Au nom de la défense des droits légitimes des travailleurs, certaines organisations syndicales chez nous usent et abusent du droit à la grève et font, malheureusement, chaque année, des émules. Dans le corps enseignant particulièrement, une grève «illimitée» peut être décrétée pour le moindre motif et sans même avoir déjà essayé d’autres moyens de protestation, moins radicales et, surtout, moins coûteux et moins néfastes pour l’avenir des élèves dont on oublie très souvent qu’ils sont les seuls à en payer le prix. Les gens sont tellement excédés par cette irresponsabilité chez certains syndicats qu’ils commencent à approuver le désir émis par Benghabrit d’interdire les grèves dans les écoles.

C’est le cas du Cnapeste, dont les dirigeants font apparemment plus de politique que de syndicalisme. Sinon, comment interpréter leur appel à une grève illimitée dans certaines wilayas, et notamment en Kabylie, dans une conjoncture aussi chaude sur le plan social et propice à de nouvelles dérives ? Laisser les collégiens et les lycéens pendant longtemps dehors, c’est prendre le risque de les voir revenir eux-mêmes à la rue et à la protestation, et les pousser ainsi à la violence. Ces syndicalistes semblent avoir vite oublié les périls que nous avons frôlés, il y a quelques semaines, à cause de ces débordements. Aussi, en prenant une décision aussi grave sans même consulter les parents d’élèves, prouvent-ils l’étroitesse, l’irrationalité et le caractère purement nihiliste de leur démarche.

A moins que leur objectif soit, justement, de maintenir un climat de tension dans le pays, le plus longtemps possible et quel qu’en soit le prix. Là encore, l’histoire récente de notre pays nous enseigne que dès lors que le syndicalisme se confond avec politique et lutte des appareils, le résultat est toujours désastreux.

R. M.

Comment (3)

    Horizon
    18 janvier 2018 - 23 h 49 min

    Quand j’entends les déclarations à la télé d’un secrétaire d’un syndicat quelconque au niveau d’un pays européen et que je les compare à celles d’un secrétaire de nos syndicats …Mon Dieu, la différence se mesure en années lumiere. Trop facile de lister une plateforme revendicative et profiter des textes pour en faire du chantage.




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    صالح/ الجزائر
    18 janvier 2018 - 9 h 24 min

    Si l’ UGTA de sidhoum Said faisait moins de politique que de syndicalisme , les enseignants universitaires , les enseignants des collégiens et les lycéens … et le reste des travailleurs ( خدام حزام ) n’aurait pas besoin de céer autant de CNES , de CNAPESTE et autres syndicats .
    toutes les régions du pays ont compris et depuis bien longtemps que les autorités politiques et administratives ne respectent et ne prennent en considération que le chantage et l’illustration de la force , mais il n’y a généralement que la Kabylie qui utilisent et profite de cette qualité du pouvoir en place .
    si le travail politique de la Cnapeste pousse les collégiens et les lycéens , principalement de la Kabylie , vers la rue et la violence , le travail de la «mafia politico-financière» et la politique anarchique et catastrophique des autorités politique , dont la maladie et la maladresse sont devenues chroniques , pousse tous les Algériens vers la rue et la violence .
    l’ utilisation abusives des grèves «illimitée»s n’est pas à exclure des luttes entre clans , mais il ne faut pas oublier la distribution inéquitable et irrégulière des richesses du pays ( la rente pétrolière ) entre bandes de voleurs et de vaut rien , qui ne sont ici que pour sucer et transférer là-bas , et le reste des Algériens qui n’ont que l’Algérie pour toujours et leur travail méprise et non coté par les décideurs .
    les grèves sont devenues chroniques depuis l’augmentation injustifiée des salaires , et autres avantages , des «députés» qui ne maitrisent que «oui» .




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    Zaatar
    18 janvier 2018 - 8 h 11 min

    La loi de la nature est ainsi faite et nous l’avons mentionné à plusieurs reprises ici même sur AP et sur d’autres sites. Chacun cherche ses intérêts d’abord, puis ceux de sa famille proche, puis ceux de sa grande famille, puis ceux de son quartier, ensuite sa ville, sa région, après ceux de son pays pour finir par ceux de l’humanité. Et c’est dans cet ordre en fonction de la situation qui se présente. L’égoïsme humain est naturel et il est vérifié chaque jour que dieu fait. C’est pour cette raison que le système que nous avons qui règne sur le pays depuis près de 60 ans maintenant n’est pas près de quitter son statut de dominateur du pays et pour longtemps encore. Et toutes les gesticulations ci et là de toute personne physique, ou association, ou parti, ou institution n’est faite que dans un objectif d’intérêts particuliers personnel ou pour son voisinage tel que énuméré précédemment. Les conjonctures, les environnements, les terrains ainsi créés par les diverses antagonistes cherchant leurs intérêts chacun provoquent des contraintes sur chacun d’eux jusqu’à instauration d’une situation. La plus viable (pas nécessairement la plus forte) sera celle qui s’imposera. Ainsi va la nature.




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