Ouyahia : «L’instruction présidentielle a permis de rétablir la quiétude dans le pays»

Ouyahia
Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND. D. R.

Le secrétaire général du Parti du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia a affirmé, samedi à Alger, qu’il a tenu, depuis sa nomination au poste de premier ministre il y a cinq mois, à «dire la vérité au peuple algérien sur la situation financière difficile que traverse le pays sans volonté d’intimidation». Lors d’une conférence de presse animée au terme des travaux de la 4e session ordinaire du conseil national du parti, M. Ouyahia a déclaré «j’ai dit la vérité au peuple algérien qui a le droit d’être au fait de la situation et cela n’était pas pour intimider», ajoutant «si l’on ne me reconnait pas une quelconque réalisation durant ces cinq mois à la tête du gouvernement, j’ai au moins pu sortir le peuple algérien de l’illusion de l’aisance financière et lui révéler la situation financière difficile que traverse le pays».

«Je démens catégoriquement l’existence d’un quelconque rapport des services de sécurité sur la nature de mes propos et leur impact sur les citoyens», a-t-il dit. Répondant à ceux qui nient l’existence d’une crise, M. Ouyahia a révélé que l’aggravation de la situation a engendré «l’accumulation de 700 milliards de dinars de factures impayées par l’Etat, la faillite de sociétés, le gel de plus de 3 000 projets publics dont des écoles». M. Ouyahia a indiqué que l’Etat a «recouru à des mesures qui ont permis de payer toutes les redevances et de lever le gel sur 1500 projets publics».

Commentant les dernières déclarations de l’ancien ministre Chakib Khelil concernant la gestion de la crise actuelle par le gouvernement, le SG du RND a déclaré que «Chakib Khelil est un citoyen et est responsable de ses propos. Je l’ai défendu par le passé comme personne ne l’a fait en Algérie et tout le monde en est témoin», ajoutant qu’il a fait preuve d’«ingratitude». M. Ouyahia a appelé «tout un chacun à dire la vérité au peuple et à affirmer que l’Etat ne hait pas son peuple», indiquant que les propos faisant état d’une effervescence au front social émane de parties qui «tentent de faire bouger ce front en dépit du fait que la Loi de Finances 2018 ne prévoit pas de nouveaux impôts». Les dernières augmentations des prix du carburant sont incomparables aux subventions de l’Etat, a-t-il précisé, indiquant que «l’essence Super est importé au prix de 88 DA/litre et est vendu à 42 DA, soit une subvention à hauteur de 46 DA/litre d’essence, alors que la subvention du litre de lait ne dépasse pas 4 da/litre. Le mazout est importé à 81 DA et est vendu à 21 DA», a-t-il.

A une question sur l’interdiction des marches dans la capitale, M. Ouyahia a indiqué qu’«au moins 10 blessés sont enregistrés quotidiennement dans les rangs de la Gendarmerie et de la police dans l’exercice de leur mission de maintien de l’ordre public», saluant le travail de ces agents qui appartiennent, a-t-il dit, à des «corps qui représentent l’autorité de l’Etat». Il a, en outre, affirmé que «les marches resteront interdites dans la capitale tant que nous ne saurons pas organiser des manifestations pacifiques».

«Les pouvoirs publics sont responsables de la sécurité de tous et nous sommes contre l’anarchie car nous en avons payé un lourd tribut», a-t-il ajouté.

Abordant la Charte de partenariat sociétaire privé-public, le SG du RND a souligné qu’elle «restera en vigueur». «Les membres de la tripartite ont convenu en 2016 de promouvoir le partenariat entre les secteurs public et privé, après quoi le gouvernement s’est attelé à la préparation d’un projet de loi relatif à ce partenariat, mais après ma nomination en tant que Premier ministre, nous avons étudié le dossier avec les partenaires et conclu qu’il ne nécessitait pas de loi car qu’il s’agisse de privatisation ou d’investissement, des lois y afférentes sont déjà en place», a-t-il expliqué.

«L’Algérie a adopté une première loi sur la privatisation en 1995 et en 2001 a été promulguée la loi toujours en vigueur prévoyant la privatisation 100%», a rappelé M. Ouyahia, ajoutant que «la donne ayant changé, une loi de finances complémentaire a été élaborée en 2009 sur décision du président de la République, prévoyant plusieurs mesures, dont la règle 51/49 lorsqu’il s’agit d’un partenaire étranger et la règle 66/34 lorsqu’il s’agit d’un partenaire algérien».

«En 2016, un changement d’appellation est intervenu, la privatisation devenant le partenariat», a-t-il poursuivi.

«Tout dossier de privatisation ou de partenariat dans le cadre d’un programme adopté par le Conseil des ministres et toute privatisation soumise à des offres sont évalués par la partie concernée qui retient les meilleurs afin de les soumettre au Conseil des participations de l’Etat qui comprend 14 ministres avant de les présenter au président de la République pour trancher», a fait savoir M. Ouyahia. Répondant aux «appréhensions» de certains concernant les sociétés stratégiques, M. Ouyahia a indiqué que la charte de partenariat «ne concerne pas les sociétés stratégiques», saluant «la sagesse du président de la République qui a instruit de subordonner tout processus de privatisation à son accord». Cette instruction a «permis de rétablir la quiétude dans le pays, c’est le plus important», a-t-il dit.

Dans ce sens, M. Ouyahia a indiqué que «le gouvernement a fait preuve de sagesse en établissant un prix référentiel de 60 dollars pour le baril de pétrole», ajoutant que «le prix actuel qui est de 70 dollars n’est pas garanti». Il a indiqué par ailleurs que «près de 90 dossiers de montage de véhicules ont été déposés, un chiffre que le marché algérien ne peut absorber».

Quant au financement il est assuré par la loi de finances, a-t-il précisé. Concernant son absence à la rencontre d’orientation nationale des présidents des Assemblées populaires communales et de wilayas (APC-APW), M. Ouyahia a souligné qu’en sa qualité de Premier ministre «il n’est pas tenu d’assister à l’ensemble des rencontres sectorielles», expliquant qu’il devait recevoir «le secrétaire général de l’Organisation arabe pour l’Education, la Culture et les Sciences (Alesco), à la place du président de la République». A une question sur les migrants clandestins qui se trouvent dans les prisons espagnoles, il a indiqué que «leur détention est conforme à la législation espagnole et nous sommes en négociation avec les autorités espagnoles pour rapatrier nos émigrés en situation irrégulière», s’interrogeant sur les motifs qui poussent nos jeunes à traverser la mer en dépit des opportunités d’emploi et des bonnes conditions de vie offertes.

R. N.

Commentaires

    Goeland
    21 janvier 2018 - 16 h 31 min

    Tant que la rente est là
    Aucune vision

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