Fronde : Bouteflika va-t-il sacrifier ses ministres ou la paix sociale ?

Médecins sit-in Président
Rassemblement des médecins ce mardi à Alger. New Press

Par Karim B. – Le président de la République est face à un dilemme. Les grèves des enseignants et des médecins persistent et risquent de se propager à d’autres secteurs et, dans le même temps, les ministres en charge des secteurs concernés ne peuvent être tenus pour responsables dans cette situation conflictuelle qui risque de dégénérer.

Deux faits nouveaux sont intervenus hier, qui montrent clairement que les débrayages de ces deux catégories professionnelles débordent de leur cadre strictement professionnel : le communiqué de cinq groupes parlementaires qui apportent leur soutien au gouvernement et l’audience accordée par la ministre de l’Education à un imam, ancien membre fondateur du FIS.

Par ailleurs, la décision des médecins de quitter l’enceinte de l’hôpital Mustapha et de battre le pavé dans les rues d’Alger ainsi que l’escalade décidée par les syndicats de l’éducation – les élèves ont été priés de ne pas se rendre à l’école aujourd’hui mercredi – augurent une aggravation de la crise et éloignent tout espoir d’un retour à la normale dans les jours à venir.

Devant ce blocage, que va faire le président Bouteflika ? Aussi bien le chef de l’Etat que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, se murent dans un silence qui intrigue l’opinion publique, tandis que la situation se dirige vers le pourrissement sur fond de contestations – étouffées pour le moment – en raison de la cherté de la vie et de l’absence de perspectives. Les membres du gouvernement brandissent les difficultés financières du pays comme un épouvantail, au lieu d’encourager le citoyen à consommer plus pour produire plus et créer ainsi une dynamique économique à même de sortir le pays de sa dépendance quasi totale des recettes pétrolières.

Bouteflika sacrifiera-t-il ses ministres ou laissera-t-il le mouvement de grève perdurer et s’élargir, au risque de faire voler en éclats sa politique de sauvegarde de la paix sociale qu’il a achetée à coup de dépenses faramineuses dont on constate aujourd’hui qu’elles n’ont fait qu’exciter les appétits et s’amplifier la fronde ?

K. B.

 

Comment (23)

    Parole algerienne
    15 février 2018 - 2 h 29 min

    Vaincu, l’Emir Abdelader les avaient laissés au Maroc et se fit proposer un exil doré, avec sa famille élargie, environs une centaine de personnes, au château de Pau. Homme pieux, il choisit la Syrie comme second exil la Syrie où il participa à la vie politique et religieuse. Il y fonda une communauté grande de quelques centaine d’âmes et des madrsas. Le reste de sa zmala s’installa à l’est du Maroc en pensant qu’un jour le colonisateur s’en ira et qu’ils reviendront alors en Algérie. La France les appela les ouastis car ils étaient devenus dans leur exil les l’intermédiaires entre l’administration française et les autochtones marocains. Ils avaient certes plus de droits que ces derniers mais ils n’étaient devenus ni algérien ni marocains. Ils étaient devenus des ouastis. En quelque sorte, des sans patrie avant de devenir les maitres de l’ouest algérien et de l’Algérie aujourd’hui. Tout cela était secret, comme l’est une société secrète avant l’avènement des réseaux sociaux et la démocratisation du savoir, de l’information. Pourquoi ce ce sentiment si grandement partagé en Algérie et qui nous met toujours dans cet éat que l’on pense être une normalité, que notre sort dépend toujours des autres. Ça vient d’où tout ce sentiment sui nous met si mal à l’aise pendant toute une vie. Bâtir une vraie identité qui nous donnerait des ailes car deviendrait maitre de son destin, c’est d’abord se débarrasser de ce sentiment, d’être un ouasti, un redevable à un système, un groupe de personne, à une force obscure toujours maléfique. Un système mafieux qui essaye de devenir une norme et qui grâce à une intelligence globale, celle de nous tous, celle du bon sens, n’arrive pas à le devenir car ses représentants restent le visage hideux de la société, ceux que l‘on achète avec des cacahuètes et même ceux-là, par peur de représailles ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment d’eux. Demain, ils seront les premiers couteaux qui les chasseraient.
    Le résultat de tout cela et la partie la plus dangereuse est que l’Algérie a commencé être vendue à la découpe juste après l’indépendance avant qu’une administration se forme. Pendant la guerre civile qui opposa les islamistes devenus ainsi par absence d’identié algerienne et de volontés qui la preserverait et la nourrirait, jamais l’Algérie ne fut vendu à une telle vitesse. On fait encore comme on a fait à la Palestine après la 1ere guerre mondiale. On l‘a vendu à a découpe et la transaction s’est faite entre quelques familles syriennes et turques installées à Damas avant l’accord secret Sykes Picot.
    L’Algérie se vend à l’étranger à la découpe. La plupart des transactions se sont faite le lendemain de l‘indépendance mais surtout et pour la plupart pendant la guerre civile, quand l’état algérien était alors occupé par le problème sécuritaire.
    Je suis parti à la recherche de cette histoire qui nous concerne tous comme un archéologue qui réunit les pièces d’une civilisation perdue.

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    karimdz
    14 février 2018 - 19 h 11 min

    Dans ce bras de fer entre grévistes et pouvoir, il faut que chacun fasse des efforts et que les deux parties s accordent un un minimum.

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    nabil
    14 février 2018 - 18 h 52 min

    ca sert a rien de sacrifier les ministres,des dizaines de ministres sont passe mais le Resultat eat toujours le meme!il faut regler le Probleme une fois pour toute,sinon il va revenir et rebelotte!!!!

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    Anonyme
    14 février 2018 - 15 h 11 min

    Même si un ministre est sacrifié, il aura toujours le bénéficie d’un salaire alléchant, à défaut d’une retraite plus que douillette, et d’un passeport diplomatique.
    A ce jour, c’est toujours le peuple qui a payé le plus lourd tribut,dans sa chair,dans son sang,et dans ses acquis. Pour l’heure, c’est bien le peuple qui continue à se sacrifier, et qui est sacrifié devant ces nombreux ministres complices et indifférents à ses causes, sur l’autel de l’incompétence, de l’ignorance et de l’inculture de ces minables bourricots de « deputis »( le terme députés étant réservé aux gens éduqués, cultivés et civilisés qui le méritent).

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    Zaatar
    14 février 2018 - 14 h 31 min

    La solution? il faut un partage équitable des richesses car personne ne travaille et tout le monde ne fout rien du tout du moment que tout le monde vit de la rente pétrolière grassement distribuée à tous par le pouvoir mais inégalement et c’est là le problème. Donc, pour résoudre le problème Algérie il faut revoir le modèle de la distribution de la rente…et comme maintenant elle ne suffit plus à tout le monde car le prix du baril à beaucoup chuté et que l’égoïsme aidant du pouvoir à vouloir se sucrer toujours plus donc ne voudra rien céder de sa part toujours de plus en plus grande, alors il naît naturellement un conflit d’avidité à vouloir se remplir les poches chez tout le monde…et bien sur cela va se propager un peu partout avec de plus en plus d’acuité. Ainsi on va vers un problème de plus en plus aiguë et c’est cela ce que le pouvoir cherche à résoudre de différentes façons en usant d’abord la répression faute de moyens financiers suffisants. Cependant, la démonstration de force des résidents dans le fait d’avoir pu marcher à Alger citadelle imprenable pour le pouvoir a contrecarré les plans de ce dernier. reste à savoir dans ces manèges comment le pouvoir va poursuivre et surtout quels sont les fusibles qui vont sauter pour pouvoir sauvegarder la face et tenter de se stabiliser dans l’optique du maintien des rennes du pouvoir et des commandes du pays.

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    MELLO
    14 février 2018 - 13 h 45 min

    Pour faire face à la crise, force est d’admettre que le régime s’en passe de l’outil le plus essentiel en vue de résoudre la crise : Le dialogue politique. Et tant que l’action politique ne prime pas dans le processus de prise de décision, l’Algérie ne verrait pas le bout du tunnel. Tant que le régime privilégie le passage en force, à travers des mesures « prises unilatéralement », comme c’est le cas de toutes les lois des finances , depuis l’arrivée de Bouteflika, il n’y aura pas de solution à la crise algérienne. Car, le principal problème, c’est le manque de confiance entre gouvernants et gouvernés. Il faudrait savoir que pour que les citoyens puissent accompagner un plan économique, dont l’austérité y est souvent comprise, il faudrait que toutes les forces politiques soient associées. Et c’est là que la proposition du FFS pour la tenue de la conférence nationale de consensus aurait pu être le cadre idoine. Pour le FFS « Le projet de consensus national constitue désormais l’unique perspective de sortie de crise. Le contrôle de la société par la désinformation, la neutralisation du mouvement associatif et le discrédit de l’opposition véritable a montré ses limites».
    Les citoyens sont persuadés que le système ne pourra pas régler leurs problèmes. Il ne l’avait pas fait avant quand le budget dégageait des surplus. Il ne le fera pas aujourd’hui avec les déficits annoncés. Ils ( les citoyens) considèrent que la seule issue pour le pays est de faire tomber ce système d’une manière ou d’une autre, ou qu’il se retire par la force de l’armée, car il est lui-même le problème et non la solution.

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    Anonyme
    14 février 2018 - 13 h 28 min

    La solution: L’Algérie a besoin d’un président visible non intégriste.

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      Amine
      14 février 2018 - 18 h 32 min

      Espérons nationaliste !!!

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    Algérien Nationaliste
    14 février 2018 - 12 h 53 min

    Il faut que ça se fasse démocratiquement sans guerre ni effusion de sang, le pouvoir en 2019 ne doit pas se représenter et doit laisser la place à de jeunes partis politiques intègres. C’est ça où la guerre civile et la fuite des algériens vers l’Europe, je ne pense pas que ce gouvernement prenne le risque de faire imploser le pays. Donc s’il est intelligent il s’en va tranquillement, laisse les partis d’oppositions émerger, les algériens doivent choisir leurs élites, il faut laisser le peuple choisir et arrêter de leur imposer tous les cinq ans un parti qu’ils ne veulent plus.

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    Anonyme
    14 février 2018 - 11 h 22 min

    Force doit rester à la loi. ça coûtera ce que cela coûtera. Mais le message doit rester clair et lisible par tous. Autrement ça peut déboucher sur n’importe quoi.

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    RasElHanout
    14 février 2018 - 11 h 22 min

    Comme par hasard il paraît que la majorité de ces médecins résidents sont issus de la nouvelle bourgeoisie arriviste (…) et certains des meneurs de ce mouvement comme des responsables du Cnapest sont des sympathisants du MAK.
    pauvre Algérie si la majorité silencieuse ne décide pas de s’impliquer pour sauver notre cher pays.

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      Personne
      14 février 2018 - 13 h 17 min

      C faux. la bourgoisie arriviste, c les alliés des politiques du régime que tu défends.

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      Anonyme
      14 février 2018 - 14 h 46 min

      RAS EL HANOUT / TU EST NUL EN ANALYSE OU SOIT TU EST UN BALTAGI DU SYSTÈME ! LE CHANGEMENT EST INÉLUCTABLE § LES MEDECINS ONT DONNE L EXEMPLE A SUIVRE !

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    lhadi
    14 février 2018 - 10 h 40 min

    J’invite le Président de la république à méditer sur la citation de JOHN LOCKE ( philosophe anglais défenseur du libéralisme) :
    « Quand on plonge un peuple dans la misère et qu’il se trouve exposé aux sévices du pouvoir arbitraire… vous pouvez faire passer les gouvernants pour ce que vous voudrez, vous arriverez toujours au même résultat. Le peuple qu’on maltraite d’une manière illégale saisira la première occasion de se libérer d’un fardeau qui lui pèse lourdement. Il appellera de ses voeux le moment opportun et il guettera : les affaires humaines sont sujettes à tant de fluctuations, de faiblesses et d’accidents, qu’il est rare que l’occasion tarde à se présenter d’elle-même »
    Fraternellement lhadi

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      Anone
      14 février 2018 - 22 h 15 min

      Il faut savoir quitter la table quand l amour est desservi!!!!!
      Une bonne majorité d algériens influents se rendent a l évidence et admettent la necessite de l alternance pour le redressement de la situation .

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    Anonyme
    14 février 2018 - 9 h 49 min

    SACRIFIER SES MINISTRES ? ET LES REMPLACER PAR QUI ? NAIMA SALHI ? OULD ABBES ? TLIBA ? LE POUVOIR N A PAS DES GENS CRÉDIBLES CAR LES INTELLECTUELS SONT ABSTENTIONNISTES LORS DES ÉLECTIONS OU ONT DÉJÀ QUITTE LE PAYS!! ET LE RESTE DES MÉDECINS SUIVRA!!!

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    SAHITOU
    14 février 2018 - 9 h 04 min

    Le vrai problème en Algérie est que personne ne sait si le pays a quelqu’un aux commandes et cela depuis une decennie. Nous sommes comme un navire sans commandant.
    La seule solution est que l’armée fasse de l’ordre une bonne fois pour toutes et arbitre un gouvernement d’union nationale de transition pour 3 ans pour aller aux urnes propres a la fin et surtout deraciner le wahhabisme qui a pris racine depuis 10 ans. Il faudrait etre sur, que cette fois ci, celui qui nous guidera ne sera pas le « moins mauvais »…

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    didouche
    14 février 2018 - 9 h 00 min

    La solution commence justement par ce président et son entourage qui doivent comprendre qu’il est urgent de se retirer car son état de santé ne lui permet pas d’assurer 1/1000 de ses responsabilités présidentielles. Même les rois se retirent dans de pareilles situations.
    à ma connaissance, il n y a que Dieu qui soit éternel!!
    notre cher pays pour lequel des milliers d’algériens ont accepté de se sacrifier et de subir la torture pour sa libération de l’occupation coloniale se retrouve aujourd’hui sacrifié pour orgueil personnel insensé et appétits de pouvoir et d’argent qui dépasse la raison.
    on ne gouverne pas un pays par la matraque et le mépris envers le peuple. tous les régimes qui ont méprisé leurs peuples ont fini par être chassés du pouvoir et jetés à la poubelle de l’histoire. les Algériens ne sont pas des moutons utiles seulement à applaudir le seigneur, ils ont des droits et des devoirs envers leur patrie et surtout de la dignité.

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    hibeche
    14 février 2018 - 8 h 43 min

    A mon avis, au lieu de sacrifier des ministres, ou la paix sociale, ça fait bcp de monde. Il vaut mieux optimiser les sacrifices. Que le président se retire et on convoque des élections présidentielles anticipées. C’est la solution la plus efficiente, économiquement et politiquement.

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      Anonyme
      14 février 2018 - 9 h 43 min

      L urgence la dissolution du FLN et du RND .dissolution de l APN et du SÉNAT se débarrasser de députés et sénateurs khobsistes et incompétents ; passez a une élection anticipee du président et surtout éviter de remettre le pouvoir a bensallah ou au président de l APN sinon rien ne changera !

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    Anonyme
    14 février 2018 - 6 h 49 min

    Au point où on en est, c’est tout le pays qui est sacrifié.
    Les intégristes gèrent le pays.

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      Didouche
      14 février 2018 - 10 h 27 min

      ce ne sont pas les intégristes,plutôt des affairistes sans scrupules avec masques de patriotes.

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    Vérité
    14 février 2018 - 5 h 47 min

    C’est encore une main étrangère jalouse de nos inventions inédite,l’exemple de l’urne magique ou elle transforme les bulletins de votes par apport aux voeux du pouvoir en place;la justice aux enchères;l’achat de diplomes et des distinctions;aussi le pays le plus beau et le plus riche du continent n’arrive meme pas a soigner ses propre malade;certainement dus a la grève des médecins

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