Par-delà l’islamisme et le berbérisme

FIS Algérie
Des extrémistes du FIS dissous adeptes de dogmes fanatiques importés. New Press

Par Mesloub Khider – Dans une précédente contribution traitant de la question identitaire, nous avions mis en lumière l’aporie dans laquelle s’est engagée l’Algérie depuis son indépendance. Notamment sur la question de la construction de son identité nationale. Deux courants antagonistes et irréconciliables se sont affrontés pour assoir la légitimité historique de l’Algérie.

Jusqu’à présent, le courant arabo-islamique est parvenu à s’imposer. A dicter et imposer son paradigme en matière historique, au plan de la définition de l’identité culturelle algérienne. Aujourd’hui, la vision berbériste s’affirme. Elle est parvenue même à convertir les dirigeants du pouvoir algérien, autrefois ennemis déclarés de l’amazighité, à la nouvelle conception historique berbériste.

Par-delà ces deux approches rétrogrades, l’Algérie doit s’atteler à la redéfinition de son identité nationale sur des fondements résolument modernes. Il en va de la survie de l’Algérie prise en tenaille par ces deux forces obscurantistes. De surcroît, nul n’ignore que ces deux mouvements identitaires sont réciproquement des ennemis irréductibles. Les islamistes vouent une haine farouche à l’endroit des berbéristes considérés comme des mécréants. Pareillement, les berbéristes nourrissent une détestation proverbiale à l’encontre des islamistes (désignés sous le vocable arabo-baâthistes) qualifiés d’ennemis impénitents de l’identité amazighe. Avec ces deux forces respectivement religieuse et ethnico-linguistique antagonistes fortement répandues en Algérie, porteuses de revendications radicalement antinomiques pour la stabilité de l’Algérie, le pays s’expose à l’éclatement.

La première force ne jure que par l’islam fondamentaliste, salafiste, qu’elle s’acharne, au prix d’une propagande outrancière et violente, à imposer à tous les Algériens. La seconde composante, pétrie d’un berbérisme doctrinaire revanchard et vindicatif, se livre à un prosélytisme conquérant dans le dessein de convertir tous les Algériens à ce nouveau dogme chauviniste linguistico-culturel amazigh envahissant. En effet, quoique le mouvement berbériste se pare d’un vernis moderniste, notamment dans sa rhétorique pompeusement démocratique, il n’en demeure pas vrai qu’il véhicule une vision archaïque et fantasmagorique quant à l’identité de l’Algérie. Et donc en contradiction avec les postulats culturels contemporains identitaires, novateurs, censés favoriser la modernisation et la démocratisation de l’Algérie.

Prisonnier de sa vision antiquisante de l’Algérie, il s’escrime néanmoins à nous vendre son antiquité identitaire culturelle sous un emballage modernisé. Mais personne n’est dupe de la caducité de sa marchandise : ce vestige culturel auréolé aujourd’hui de tous les prestiges, au point de provoquer parmi certains Algériens le vertige. Mais  il ne faut pas être dupe : on ne bâtit pas un pays sur les ossements identitaires depuis longtemps ensevelis, et exhumés de leur enfouissement à la faveur d’une époque plongée dans une crise sociale, économique et politique inextricable.

L’exhumation des reliques identitaires passéistes pour définir la nation algérienne doit être dépassée pour laisser place à l’adoption de caractéristiques identitaires nationales modernes. Les controverses habituelles sur la caractérisation de l’identité algérienne doivent disparaître.

Avec leurs critères identitaires anémiques, l’Algérie est vouée à une survivance anomique, et inexorablement à une désintégration fatidique.

Aujourd’hui, l’Algérie est confrontée à une situation critique. Sa viabilité est menacée par les forces centrifuges. Après l’assaut avorté porté par les islamistes au cours des années 1990, forces neutralisées au prix de milliers de morts, de nouvelles forces irrédentistes, sous couvert de revendications linguistique et culturelle, s’affirment sur la scène nationale.
Pour neutraliser ces deux tendances réactionnaires à l’œuvre, l’Algérie doit unir ses forces pour endiguer ces constellations fossilisées, foncièrement désagrégatrices.

L’Algérien de Kabylie est libre de cultiver et de vivre librement son «amazighité», aussi bien au plan linguistique qu’au niveau culturel. Comme je l’ai défendu dans ma précédente contribution, la langue amazighe doit être librement enseignée dans les régions berbérophones. Tout comme la culture amazighe doit être sauvegardée dans ses territoires naturels d’implantation. Mais le Kabyle ne doit pas imposer à la majorité des Algériens arabophones et sa langue et sa culture. Encore moins imposer sa conception berbériste archaïque et anachronique de l’identité algérienne à la société dans son ensemble. Tout comme l’islamiste ne doit pas imposer à tous les Algériens sa pratique salafiste de l’islam, ni sa conception islamiste moyenâgeuse de l’identité algérienne.

L’islamiste, avec sa vision religieuse moyenâgeuse, à la faveur de l’expansion planétaire de l’islamisme au cours de ces quatre dernières décennies, s’acharnait à transformer l’Algérie en une vaste mosquée à ciel ouvert, annexe d’une oumma fantasmagorique. Le berbériste, avec sa conception tribale archaïque, profitant du discrédit et du déclin de l’idéologie arabo-islamiste, s’échine aujourd’hui à transfigurer (défigurer ?) l’Algérie en une immense tribu berbère culturelle, ressuscitée de ses cendres antiques.

La citoyenneté transcende l’identité particulière. Le particulier se dilue dans le général. Et non l’inverse. Les particularismes culturels et religieux frondeurs et séditieux sont dangereux pour l’unité d’un pays.

Le défi de l’Algérie est de transcender ces deux approches archaïques pour s’atteler à bâtir sur des fondements modernes une Algérie algérienne résolument tournée vers l’avenir, profondément ancrée dans la modernité. De l’adoption de conceptions modernes dans la construction de l’identité du pays dépend l’avenir progressiste de l’Algérie.

Les forces du passé doivent s’effacer. Les forces de l’avenir doivent advenir.

M. K.

Comment (31)

    Anonyme
    28 mars 2018 - 15 h 33 min

    La première génération berbère, devenue musulmane par la simple volonté du vainqueur, ne subit que superficiellement l’empreinte islamique ; elle conserva intactes sa mentalité et ses traditions ; elle continua à penser et à agir, moyennant quelques sacrifices de façade à l’Islam, comme elle en avait l’habitude. La langue officielle étant l’arabe, elle s’exprima en arabe, mais elle pensa en grec, en latin et en berbère La deuxième génération élevée dans le dogme musulman, mais subissant l’influence des parents, manifesta encore quelque originalité, mais les générations suivantes, complètement islamisée, tombèrent vite dans la barbarie. On constate cette déchéance rapide des générations successives sous le joug musulman dans tous les pays soumis à l’islam, en Syrie, en Egypte, en Espagne. Après un siècle de domination musulmane, c’est l’anéantissement de toute culture intellectuelle.

      Chargui
      25 septembre 2023 - 17 h 27 min

      Ne pas confondre l’arabo-islamisme avec la Berbérité du pays.
      l’arabo-islamisme c’est une maladie orientale (ou Coran-overus incurable), quand ce n’est pas le terrorisme.
      La Berbérité c’est une grande civilisation nord africaine millénaire, victime aujourd’hui du Coran-overus justement.

    lhadi
    27 mars 2018 - 11 h 55 min

    Gardons nous des idées empoisonnées qui agissent comme le ferment d’une crise identitaire sur laquelle a pu naitre ce vieil ennemi de l’intérieur : le rejet de l’autre, le racisme et l’affirmation, crue et vulgaire, qu’il serait bien légitime de céder à l’égoïsme.

    Ce chemin n’est pas le notre.

    Ce qui nous rassemble c’est un sentiment d’appartenance à des valeurs transmises de génération en génération et cette conviction que nous avons des devoirs particuliers les uns envers les autres.

    Faut-il pour autant nier les tensions ethniques, culturelles ou religieuses qui nous traversent ? Non !

    Il faut leur apporter des réponses fortes, mais des réponses qui nous rassemblent. Nous devons nous rassembler dans un double refus : celui du racisme et du communautarisme qui sont des injures au coeur et à la raison. On ne peut pas construire une communauté nationale sur l’acceptation voire l’indulgence vis-à-vis de ces sentiments et de leur traduction : les discriminations.

    Refus du racisme, primauté des devoirs sur les droits. Respect absolu des lois. Tout est dit et éclaire le chemin du modèle de vie en commun qu’il nous faut continuer à bâtir pour être forts dans ce monde de globalisation politique et économiquement injuste.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    ZORO
    27 mars 2018 - 7 h 08 min

    Dans ce conflit arabo berbere,dans une région spécifique du pays ,quelqu un parmi les érudits intervenants pourrait il me dire un mot sur le rôle des pères blancs ??sont ils aussi blanc dans cette affaire qui vise à noircir les arabes et les musulmans ? ???
    Je ne verrai aucun ,je le parie!
    Signé ZORO. ..Z…

    Mohand Ouidir
    26 mars 2018 - 21 h 53 min

    Tous ces noms se terminant par « …..isme » ME FONT PEUR !!! Car ils ont TOUS, UN SEUL ET MÊME MAÎTRE QUI LES MANIPULE… A bon entendeur, salut !

      Anonyme
      27 mars 2018 - 1 h 46 min

      Comme le « modernisme » si cher à monsieur mesloub Khider ?

    Kahoui
    26 mars 2018 - 21 h 35 min

    Tout a fait d’accord avec cet article. Il est temps pour notre pays de dépasser ces problèmes de definition de notre identité. Nous sommes algériens, un point c’est tout. Imaginons un pays comme la France qui a été le creuset d’invasions de peuples germaniques (les Francs) et celtiques (Europe centrale) s’ils s’étaient avisés de définir leur identité sur cette base ethnique? Ils n’auraient jamais pu fonder une grande nation. De même si nous voulons devenir une grande nation il faut arrêter avec ces histoires d’appartenance à l’arabite ou à l’amazighite pour en faire des « socles » culturels et politiques. Il se trouve que des millénaires sont passés depuis les migrations des peuples qui sont venus dans ce pays depuis les phéniciens qui soit dit en passant ont amené la première langue « officielle » du pays qui était le punique, synthèse du phénicien et du berbère utilisé par les rois des états berbères. Cette langue punique a donné la langue algerienne. Tous les autres peuples qui sont venus ensuite ont laissé leurs traces dans notre culture, y compris les derniers arrivés, à savoir les Turcs et les Français. Notre identité est plurielle. Il ne sert à rien de vouloir l’enfermer dans une deux ou trois composantes, elle est aussi indivisible et doit être l’algerianite seule.

    Quebec
    26 mars 2018 - 21 h 01 min

    Les berberistes n’ont pris les armes a date que pour chasser le colonisateur frnacais au prix de lourds sacrifices des regions berberopjones (kabylie et Aures)….Alors que les isalmistes n ont pris les armes que pour tuer leurs concitoyens (policiers-journalistes-intellectuels-militaires -femmes et meme enfants)…..le citoyen algerien sait faire la part des choses …..

    LOUCIF
    26 mars 2018 - 20 h 54 min

    Bien à vous , cher Monsieur Mesloub Khider

    Qui peut vous croire quand vous mettez le combat des berbériste au même plan que le combat des islamistes ? Qui va vous croire quand vous parlez du berbérisme comme d’une approche rétrograde de la vie ? Qui vous a enseigné que le dessein des berbéristes est de convertir tous les Algériens à ce nouveau dogme chauviniste linguistico-culturel amazigh envahissant ? Quelle exagération, quelle disproportion, oh mon Dieu, de mettre le berbérisme dans le même sac que l’islamisme fondamentaliste !

    Remarques :

    1/- A aucun moment vous ne montrez du doigt « l’arabisme » comme vous les faites pour le berbérisme et l’islamisme. Vous n’êtes pas sans savoir, vous qui connaissez bien l’histoire de notre pays, que le berbérisme est né avec l’arabisme envahissant (ou l’arabo-islamisme envahissant) brandit comme idéologie par une frange du mouvement national (notamment les Ouléma) dès les années 30-40, avec une accentuation de la provocation en 1962 par les Ben Bella and Co. Cette frange s’abreuvait de la culture des pays du moyen orient , et ne voyait que l’arabe et l’islam comme seules et légitimes identités de l’Algérie en oubliant que l’Algérie est africaine et méditerranéen avant tout. A mon humble avis, sans l’idéologie politique arabo-islamique, le berbérisme n’aurait jamais existé dans sa forme actuelle.

    2/- Si vous parlez des islamistes fondamentalistes, ce ne sont pas les berbéristes qui sont leurs seuls antagonistes, mais il existe aussi des « arabistes » algériens qui le sont aussi envers eux !

    3/- Puisque vous décrétez que la langue amazighe doit être librement enseignée mais dans les régions berbérophones seulement, alors les berbères peuvent aussi décréter que l’arabe ne doit être enseigner que dans les régions arabophones. Et donc, pour paraphraser à l’envers ce que vous écrivez, les arabistes ne doivent pas imposer à la majorité des Algériens berbérophone et leur langue et leur culture. Eh, oui logique, non ???

    4/- Il est étrange que dans toute votre contribution, vous qui êtes à la recherche de la vraie identité algérienne, à aussi moment vous ne parlez « d’algérianité » qui, à mon avis, est la vraie identité qui peut réconcilier TOUS les algériens sans exception ! Vous parlez de citoyenneté, mais vous oubliez que chez beaucoup de musulmans (algériens ou autres) la Constitution vient hiérarchiquement bien en dessous de la loi Coranique. La Constitution est faite pour « fabriquer » un citoyen alors que le Coran (ou la loi Coranique) est fait pour « fabriquer » croyant, un fidèle. Comme le croyant croit avant tout à la loi divine (ou la charia) et la sunna, le citoyen (ou la citoyenneté) est reléguez loin, loin, loin derrière ! Est-ce que c’est ce qu’il explique le manque flagrant de « citoyenneté » chez nous ??? Je me pose la question !

    Salutations et sans rancune . ( PS : je remercie infiniment AP de me publier !)

    MELLO
    26 mars 2018 - 19 h 54 min

    Pourrait on aller au delà d’une racine ? Cette racine commune, nous la partageons tous- que nous de l’arabisme, de l’islamisme ou du berbérisme. De par le monde la notion des « isme » dénote un extrem »isme » de tout bord. Or que s’est il passé juste après 1962 ?. Quand on prive un individu de tout moyen et lieu d’expression, comment peut-il exprimer autrement son ras-le-bol que par la violence? D’autant plus qu’il a le sentiment que seule, la violence est payante. Cette violence si bien , maniée par ce pouvoir jusqu’à remettre en cause l’un des fondements de l’ Algérie indépendante , je veux citer le GPRA. La responsabilité du pouvoir est totale : dès l’indépendance, il a confisqué le droit à l’autodétermination des Algériens. Il en découle, sans coup férir, une éradication programmée de la vie publique et des forces démocratiques. A l’exemple des « Pouvoirs Spéciaux » qui ont marqué la guerre de reconquête coloniale, la dictature a fait d’un régime d’exception – un Etat d’Urgence illégitime illégal et éternellement prolongé . L’Algérien vit un malaise profond, dont les causes sont objectives, renvoyant à la crise profonde et globale du lien social, perceptible dans la violence politique, et aussi dans les formes brutales des rapports entre individus dans la rue, dans l’entreprise, entre fonctionnaires et administrés, dans les familles, entre frères, entre frères et sœurs, bref une crise dont l’origine est à rechercher dans la formation des classes sociales et la naissance de l’individu. Justement c’est ce vide politique consécutif à l’extinction des libertés d’expression et d’organisation autonomes, qui a rabattu l’opinion vers les mosquées. C’est ainsi que l’Algérie est devenue une société hétéroclites ou une juxtaposition d’espaces domestiques en concurrence pour les biens de subsistance. Ce qui s’est passé en 1978, à la mort du président Houari Boumediene, le système politique franchit une étape importante : les centres de pouvoir de l’armée ne parvenant pas à s’entendre sur la désignation d’un successeur, ils nomment à la tête de l’État un homme écran (Chadli Bendjedid). De là s’instaure une dichotomie entre le titulaire formel du pouvoir institutionnel et les décideurs militaires de l’arrière-scène, détenteurs du pouvoir réel. Trop pressés de substituer leur agenda à celui de la société, ils ont voulu profiter de quelques confusions médiatiques soigneusement entretenues pour semer encore une fois le trouble. A trop vite oublier que les peuples ont une mémoire, que cette mémoire structure leurs adhésions et leurs rejets, les régimes finissent par perdre tout lien avec leurs sociétés.
    Tous les peuples ont soif de liberté.
    Tous les peuples ont soif d’égalité, de justice et de dignité.
    Tous les peuples mènent des combats et les paient horriblement cher avant de les voir aboutir.
    Il est plus que jamais temps de mettre à nu les pratiques de dépolitisation et de désarmement moral propagées par les tenants de la violence. Des décennies plus tard, il est non seulement impératif de rappeler que le sang des algériens n’a que trop coulé, mais il est aussi impératif de rappeler que c’est aux institutions politiques qu’il appartient de veiller à ce que le recours à la violence ne soit plus la seule option laissée aux algériens. Ce sang qui a coulé , justement, est l’oeuvre de cette tendance nommée ISLAMISME. Il se trouve, justement, que ces courants au sein de la société se sont construits exclusivement sur l’apologie de l’exclusion et de la violence. Quel que soit le lourd soupçon de manipulation par le pouvoir réel qui pèse sur ces courants, il n’en demeure pas moins qu’une clarification de leur part demeure indispensable pour signifier clairement un saut qualitatif dans la formulation du sacré en politique. A chaque moment-clé de notre histoire nous, Algériens, avons été mis en demeure de choisir entre les instruments du politique et les illusions politiques. A chaque fois nous avons dit non aux illusions et avons mis en avant les instruments du politique.
    Un Etat de droit, des institutions fortes de leur légitimité, une justice indépendante, des contre – pouvoirs efficaces, une vie politique DEMOCRATIQUE réglée par un contrat national, social et politique qui garantisse les libertés individuelles et collectives au même titre qu’il se porte garant de la justice sociale. a Ce sont là , les vraies revendications du mouvement berbère des années 80 et des années qui s’en suivent. Un terrain sur lequel la tendance ISLAMISTE ne peut pas évoluer. Mais pour autant il serait vain de se mentir et de ne pas voir que le mur de la peur a été remplacé et aggravé au plus profond de la société par un mur de lassitude et de dégoût devant la vénalité et la vassalité des fausses élites imposées à l’ombre de la terreur, de la mafia politico-financière, des élections truquées, des médias sous haute surveillance. Il manque pourtant à toutes ces résistances à l’injustice, à la violence et à l’oppression un ancrage social plus large.
    Il leur manque l’aide et le soutien de médias libres et crédibles
    Il leur manque de se voir et de savoir ce qui les lie et ce qui les sépare et comment ne pas tomber dans les pièges de la division, de la dispersion et de la diversion. L’Algérien ne peut plus, ne veut plus de cette juxtaposition d’étiquettes qui le maintient dans ce cadre mineur d’indigène, il a droit à son Algérianité sans connotation diabolique, et pour ceux qui ne l’ont pas compris, il faut lire ce qu’en disent Imusnawen que sont Ibn Khaldoun, Mohammed Arkoun et Mouloud Mammeri dans leurs analyses de deux composantes essentielles de notre culture: l’amazighité et l’Islam.
    Il semble qu’il faille rappeler à certains qu’il n’y a pas que des bandits d’honneur dans notre culture,dans notre identité mais il y a aussi des hommes de culture d’honneur, des hommes de religion d’honneur et des hommes politiques d’honneur. L’homme d’honneur est un homme qui ne s’engage pas à la légère et qui n’engage pas les siens à la légère. A bon entendeur.

    Anonyme
    26 mars 2018 - 14 h 21 min

    Tous les Algériens ont émergés de racines communes. Nous vivons une crise politique, et tout le reste c’est du pipeau. Diversion et faux problème. Les extrémistes de tout bord ont pour but de diviser le pays. Tous Algériens.

    Anonyme
    26 mars 2018 - 13 h 24 min

    Mass mesloub j’ai beau chercher de bonnes lampes pour éclairer mon chemin afin de suivre votre chemin par votre (prestigieuse contribution )j, avoue mon égarement .
    Comme disait un poète. Dis moi tout simplement qui tu es

    Adel
    26 mars 2018 - 12 h 20 min

    Héhéhéhé, prenez votre Tamazight, prenez votre Arabe, prenez votre islam, et laissez nous nous …r avec le Français et l’Anglais.

    Zombretto
    26 mars 2018 - 11 h 39 min

    …. Les notions dont il rêve, « citoyenneté » et « liberté » individuelle sont nées avec l’essor du capitalisme industriel et post-industriel et ne peuvent exister que dans un système capitaliste pour le moment. Et même dans ces systèmes capitalistes super-industrialisés, c’est à coup de matraque idéologique de la part des classes dominantes que l’illusion de ces notions est entretenue. Dans un système de rente sans appareil productif, sans classes productives, ces notions ne sont qu’une chimère.

    hakim
    26 mars 2018 - 10 h 41 min

    Encore un produit du wahhabisme …….

    Abou Langi
    26 mars 2018 - 10 h 24 min

    Par-delà la schizophrénie!, oui!
    Jtijore ! Doumage que le ridicule ne tue pas !
    Je ne savais pas que ce sont les Kabyles qui ont imposé bessif le berberisme pour éradiquationner l’identité arabo-islamique originelle des autres algériens. Depuis 62 ils ont rendu la langue Kabyle obligigatwar et l’ont enseigné bessif aux enfants d’Algérie qui eux n’en voulaient pas. C’est surement un kabyle qui a dit : nous sommes des kabyles, nous sommes des kabyles, nous sommes des kabyles.
    Comme disait Ma3toub : wlech chiya nesswav madhi madhi. Il n’y a pas une once de raison.
    Ow, selon vous si on avait pas imposé la langue arabe aux Kabyles , si on leur avait laissé un autre choix ils auraient accepté d’apprendre la langue arabe à leurs enfants ? Même les autres algériens ne l’auraient pas accepté wech !

    Après 62 l’Algérie n’avait même pas de quoi arabiser . Et c’est Benbella qui a été supplier Nacer de lui envoyer des enseignants et quand Nacer lui répondit, en kabyle tellement il n’en revenait pas qu’on lui demandât des enseignants en arabe : awi thenyoufène i imanis ( mais je n’en ai pas pour mwamim) . Alors, Benbella lui dit : envoyez nous ne serait-ce que vos cordonniers . Et c’est ce que Nacer fit.

    Tous les algériens devraient avoir le choix de la langue qu’ils souhaitent faire apprendre à leurs enfants. Et Thouma idin touhadithou akhbaraha !

    Ouqsimou billeh, ouqsimou billeh, ouqsimou billeh, que loukène matchi bessif , je n’aurais pas appris l’arabe même à mon chat !

    Alors, ni langue arabe ni langue kabyle. Anglais pour tous dans le système éducatif national et chacun idebar rassou avec la langue de son choix !

    Et république laïque byensour !

    Salah Ait-Moussa
    26 mars 2018 - 9 h 43 min

    Mesloub Khider le nec plus ultra de la pensée chauvine, le moderniste qui sait où il va mais qui ne veut pas savoir d’où il vient.
    En excellent narrateur de son temps, MK renvoie dos à dos les islamistes et les berbéristes. Si, pour les premiers, il est inutile de les nommer, leur CV, comprenant la décennie noire qui vu des milliers de familles endeuillées, mené le pays au chaos, qui, sans l’intervention des forces vives de la nation, aurait sombré dans les ténèbres, parle amplement pour eux. S’agissant des berbéristes dont sans doute a fait partie Mouloud Mammeri, pour ne citer que lui, Mesloub Khider entretient volontairement l’ambiguïté, mieux, l’amalgame, considérant, toutefois, d’archaïques toutes celles et ceux, par amour à l’Algérie, dont MK ne détient ni le titre de chantre du nationalisme, encore moins le monopole du patriotisme, se sont sacrifiés pour une Algérie fière de son histoire trois fois millénaires.

    Mesloub Khider, l’intellectuel moderniste-extrémiste pour qui il est interdit de penser autrement que lui, un péché d’aimer l’Algérie que par la tendresse de son propre coeur, et, surtout, de ne penser l’Algérie que par le prisme de sa vérité, la seule qui vaille.
    Moi, Salah Ait-Moussa, je préfère être berbériste que Mesloub Khider, le chantre de « la fatwa moderniste » dont le message n’est autre que d’attiser la haine, de semer la division et d’exacerber le ressentiment.

      kaci
      26 mars 2018 - 10 h 34 min

      Le régime a besoin de relativiser les indigènes pour asseoir l’arabislamisme comme synthèse des peuples. L’Algerie par defaut

    Borfayor Lewwel
    26 mars 2018 - 9 h 30 min

    « Prisonnier de sa vision […] il s’escrime néanmoins à nous vendre […] Mais personne n’est dupe… »
    Personne n’est dupe ? L’auteur prend ses désirs pour des réalités, ou alors je comprends mal le sens de « personne », car il me semble bien au contraire que des millions d’algériens y croient, et je ne veux pas utiliser le mot « dupe. » A moins que par « personne » l’auteur n’entende lui-même exclusivement, auquel cas en voilà donc encore un autre qui parle au nom de tous les algériens sans en être mandaté.

    Karamazov
    26 mars 2018 - 8 h 51 min

    Il est vrai que les berberistes kabyles ont toujours eu une conception hégémoniste de l’amazighité je vous l’accorde. Je me suis toujours opposé à cela et j’ai été opposé à la création du MCB. J’avais fait la remarque à Ferhat quand il a crée son MCB rassemblement national, je lui ai dit pourquoi pas un MCK ? A l’époque il était encore dans sa phase nationaliste , il m’a rit au nez. Par la suite il a préempté l’idée d’autonomie , et vous connaissez la suite.

    Mais quand vous dites : « Mais le Kabyle ne doit pas imposer à la majorité des Algériens arabophones et sa langue et sa culture ».

    Vous lui donnez raison. Car cela signifie que les kabyles n‘ont de choix que d’accepter que la majorité des algériens leur impose sa langue et sa culture.
    Si c’est le cas c’est donc Ferhat qui a raison.

    Et à ce que je sache ce sont les Kabyles qui ont subit le totalitarisme arabo-islamique et non l’inverse.

      Kouider
      26 mars 2018 - 18 h 38 min

      Kabyle n’est qu’un mot, si cela ne tenez qu’ à cela moi aussi alors je suis kabyle dans pour autant appartenir ou venant de la région de la Kabylie. Pour l’histoire nous sommes Amazigh faisant partie du territoire algérien . Bon soir, raison de de se définir des Berbères peuplant le territoire de l’Afrique du Nord, s’exprimant en langue Amazigh, pour certains et pour d’autres en langue arabe. Les Arabes ont leur soit de nous avoir présenté ou légué la religion musulmane

    taharulhadj
    26 mars 2018 - 8 h 47 min

    le déracinement de l’Algérie remonte à l’époque coloniale et tout projet pour bâtir le pays sur des bases solides est anéanti par le pouvoir mis en place après l’indépendance. pourquoi vous n’avez pas parlé de l’imposition d’une langue et d’une culture étrangeres au peuple amazigh ?

    Anobyme
    26 mars 2018 - 8 h 19 min

    En mal d’assise et voyant la rente s’amenuiser le pouvoir en place tente le tout pour le tout avec entre autres; diviser pour régner

    Salim
    26 mars 2018 - 7 h 37 min

    Cher M.k, « Les forces du passé doivent s’effacer. Les forces de l’avenir doivent advenir. » j’ajouterais, un peuple qui ne connaît pas son histoire, ne pourra jamais honorer son avenir

      Nourdine
      26 mars 2018 - 9 h 07 min

      D’accord avec vous. L’auteur nous propose l’amnésie comme panacée. Il rêve d’une Algérie sans passé … génération spontanée !

    kaci
    26 mars 2018 - 7 h 27 min

    Confus cet article outre que repetitif, il confond identité et religion. La berbèritè est une donnée constante, on peut etre berbère judaique islamique et Chretien, mais la matrice reste la berbérité.
    L’islamisme est une ideologie passagère, jusqu’en 80 meme les arabisés d’algerie ne se consideraient pas à partir de l’islam.
    Au pays où l’identitè est choisie par l’Etat les journalistes s’evertuent à mesurer notre adhèsion au devoir -etre arabes et islamiques.
    Je ne suis ni musulman ni arabe ni j’entends le devenir. …

      Rani Zaafane
      26 mars 2018 - 8 h 31 min

      @Kaci :Vous confondez entre musulman et islamiste, car ne pas être musulman comme vous le dites c’est tout simplement être athée et cela veut dire ne pas croire en l’existence du créateur.J’espère que ce n’est pas ce vous voulez dire,si c’est le cas j’implore Allah de vous guider dans le droit chemin.Maintenant, si vous croyez en l’existence du créateur « Allah » et vous ne suivez pas le prophète Mohammed salla Allah alaihi ou sallam, vous tombez encore une fois dans la confusion entre musulman et croyant!!!.En un mot l’islamisme est un concept politique crée pour faire face à la laïcité et à l’athéisme.

        kaci
        26 mars 2018 - 12 h 19 min

        L’islamisme est l’islam c’est une question de temperature et de temps. Les musulmans « modérés » révent de l’Etat islamique, l’islamisme le veut réaliser tout de suite. Mais les deux partagent la meme aspiration. Sur le plan civilisationnel ils sont kifkif

    Chaoui
    26 mars 2018 - 5 h 57 min

    Sur les forces antagonistes, ne dit-on pas que les contraires se rejoignent toujours !
    Pour contraires que sont islamistes et berbères, ils finiront par se concilier les uns dans le respect des autres. Il suffit juste de leur trouver sinon un dénominateur commun un idéal du vivre ensemble qui transcende leurs différences.
    Les islamistes ne sont pas plus Algériens que les berbères et vice et versa, l’Algérie étant UNE et indivisible.

      Rani Zaafane
      26 mars 2018 - 7 h 19 min

      Le dénominateur commun entre les Algériens est la citoyenneté.

        Zenaty
        26 mars 2018 - 9 h 37 min

        Algérie Algérienne , Africaine mais aussi Libre de voir L Avenir dans une Démocratie Moderne et non contrainte a des Fanatiques Religieux Séparation du Pouvoir et des Religions …mais Aussi Contre Aussi un Nationalisme Fascisant ….Comme les Droites Réactionnaires de L Europe et des Etats Unis ….Un PATRIOTISME ALGÉRIEN
        Avec Une Consciences Humaines et Universelles sans Avoirs Peur de L Autres …

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