Google rend hommage au peintre algérien M’hamed Issiakhem

Google Issiakhem hommage
Le plus grand moteur de recherche au monde a affiché un portrait du peintre. D. R.

Google a rendu hommage ce dimanche 17 juin à l’artiste peintre algérien M’hamed Issiakhem, à l’occasion de son 90e anniversaire. Le plus grand moteur de recherche au monde a affiché un portrait du peintre décédé en 1985 à Alger.

M’hamed Issiakhem est né le 17 juin 1928 au douar Djennad, à Azeffoun, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. A partir de 1931, il passe son enfance à Relizane. En 1943, il manipule une grenade volée dans un camp militaire qui explose. Deux de ses sœurs et un neveu meurent. Hospitalisé pendant deux ans, il est amputé du bras gauche.

De 1947 à 1951, il est à Alger élève de la Société des beaux-arts puis de l’Ecole des beaux-arts et suit les cours du miniaturiste Omar Racim. En 1951, il rencontre Kateb Yacine. De 1953 à 1958, il fréquente l’Ecole des beaux-arts de Paris où il retrouve Kateb Yacine – les deux artistes demeureront inséparables. En 1958, Issiakhem quitte la France pour séjourner en RFA puis résider en RDA.

En 1962, boursier de la Casa Vélasquez de Madrid, Issiakhem rentre en Algérie. Il est alors dessinateur au quotidien Alger républicain. En 1963, il est membre fondateur de l’Union nationale des arts plastiques ; de 1964 à 1966, chef d’atelier de peinture à l’Ecole des beaux-arts d’Alger puis directeur pédagogique de l’Ecole des beaux-arts d’Oran. Il illustre alors plusieurs œuvres de Kateb Yacine.

De 1965 à 1982, il crée les maquettes des billets de banque et de nombreux timbres-poste algériens. En 1967, il réalise avec Kateb Yacine un film pour la télévision, Poussières de juillet ; en 1968, les décors du film La voie de Slim Riad. En 1971, Issiakhem est professeur d’art graphique à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’Alger et crée les décors pour le film Novembre.

Il voyage en 1972 au Viêt Nam et reçoit en 1973 une médaille d’or à la Foire internationale d’Alger pour la décoration du stand du ministère du Travail et des Affaires sociales. De 1973 à 1978, Issiakhem est dessinateur de presse. Il dirige en 1977 la réalisation d’une fresque pour l’aéroport d’Alger.

Le ministère du Travail et des Affaires sociales publie à Alger une plaquette dont Kateb Yacine écrit la préface sous le titre «Issiakhem, Œil-de-lynx et les américains, trente-cinq années de l’enfer d’un peintre». En 1978, Issiakhem séjourne quelques mois à Moscou et reçoit en 1980 le Premier Simba d’or (Lion d’or) de Rome, distinction de l’Unesco pour l’art africain. Il meurt le 1er décembre 1985 à la suite d’une longue maladie.

R. C.

Comment (5)

    Le Patriote
    17 juin 2018 - 18 h 31 min

    Merci @ AP de nous faire REdécouvrir cet immense artiste, un vrai patriote, que certains semblent « découvrir » aujourd’hui.. Voici une anecdote sur lui. En 1984, lors du dernier découpage, laes autorités de la wilaya de Khenchela nouvellement créée, entament des travaux d’aménagement d’une voie de sortie de la ville vers Batna juste au piémont de la chaîne montagneuse des Aurès. pendant la guerre de libération et dès 1954, cette zone fut déclarée par l’armée française « zone interdite » jusqu’en 1962.
    Les bulldozers dès les premiers centimètres de déblaiement mirent à jour ce qui allait se révéler être le plus vaste charnier laissé par la France. Plus de 1000 corps furent dégagés. devant l’ampleur de la tâche, le président Chadli, dépêcha une commission pluridisciplinaire pour superviser les opérations en même temps qu’était ordonner d’ériger un musée et d’agrandir le cimetière aménagé 7 km plus loin dans la zone historique de In Silane où se tint la réunion des moudjahidine la veille du 1er novembre 1954.
    Parmi les visiteurs qui vinrent sur les lieux, Issiakhem. malgré son état de santé, il resta de longues heures sur les lieux puis repartit à Alger où il composa un tableau qu’il intitula « Le Charnier de Khenchela ». Pendant toute la durée des travaux du musée, l’immense tableau était accroché dans le salon de honneur de la wilaya. Nous étions nombreux, peu inspirés par les arts plastiques, à regarder poliment sans la voir cette composition jusqu’au jour où un cadre supérieur de SNS, en mission à la wilaya, s’exclama dès qu’il vit le tableau: « mais c’est une peinture de Issiakhem ». Le wali, ancien (vrai) moudjahed lui-même (il était l’adjoint du patriote Kasdi Merbah) n’était pas peu fier de la remarque. L’invité se mit alors à expliquer aux cadres réunis qu’il connaissait personnellement le peintre, qu’il s’intéressait beaucoup à la peinture, mais qu’il ne se souvenait pas que l’artiste, vu son état de santé, avait composé ce tableau qu’il s’appliqua à nous expliquer.. Le wali lui demanda alors comment il avait aussitôt reconnut l’auteur. Là, l’assistance resta médusée quand il se leva, se dirigea vers le tableau et nous montra dans le coin en bas à droite l’empreinte d’un pied et dit: Si M’Hamed à l’habitude de signer ses tableaux en y apposant son pied préalablement badigeonné de peinture.
    Le tableau est toujours au musée de Khenchela. Paix à son âme.

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      Anonyme Patriote
      17 juin 2018 - 23 h 03 min

      @Le Patriote
      Merci de votre commentaire.
      Franchement quand je pense à la dernière exposition que je suis allée voir en France d’un artiste français d’origine algérienne : quelle honte et indigne pour la majorité de ses « oeuvres » puisqu’il s’agit d’art comptant pour rien 😉

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    Kenza
    17 juin 2018 - 15 h 12 min

    Pourquoi faut-il que ce soit toujours les autres qui rendent hommage à nos grands hommes ( artistes, intellectuels, scientifiques…).
    Par exemple, pourquoi ne pas rendre hommage à ces grands hommes et femmes de notre histoire en les mettant sur nos billets au lieu d’y mettre que des animaux comme si on manqué de Grands Hommes…..
    Et d’ailleurs, après l’officialisation de la langue Amazigh, on devrait commencer, et pour mieux consolider notre identité berbère, par enfin rendre hommage à nos Jughurta, Massinissa, El kahina….qui ont toujours combattu l’envahisseur du moment..

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    BabElOuedAchouhadas
    17 juin 2018 - 14 h 23 min

    Très bonne nouvelle pour cet authentique Algérien dont on à toujours été fier pour ses oeuvres.

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    Anonyme Patriote
    17 juin 2018 - 12 h 57 min

    Merci à AP de me faire découvrir cet artiste, Allah Yarhmou.
    Car il n’y a pas que la politique dans la vie.

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