Trafic d’armes et terrorisme en Afrique : le jeu trouble de Djibouti

armes EXX Africa
A qui profite ces réseaux de trafic d’armes ? D. R.

Par Sadek Sahraoui Dans un rapport spécial consacré cette semaine au terrorisme en Afrique, le centre de réflexion EXX Africa alerte sur le trafic d’armes dans la Corne de l’Afrique qui reste très lucratif et est étroitement lié aux groupes terroristes transnationaux, au trafic de drogue et au conflit au Yémen voisin. Où vont toutes ces armes et qui en profite le plus ?

«Le commerce régional d’armes reste concentré sur la Somalie et ses régions semi-autonomes où la demande d’armes reste inchangée malgré divers embargos et autres sanctions», explique EXX Africa. La même source signale, par ailleurs, le jeu trouble de Djibouti dans ce business.

Ces dernières années, indiquent les auteurs du rapport, Djibouti est devenue une plaque tournante de plus en plus importante pour le transbordement d’armes vers les groupes armés de la région. «Il est de plus en plus évident que Djibouti agit comme un lieu de transit stratégique pour les armes provenant du Yémen, qu’il expédie ensuite dans la région d’Awdal, au nord de la Somalie», ajoutent-ils encore.

EXX Africa fait observer que le rôle accru de Djibouti dans le trafic d’armes régional se produit parallèlement à la recherche par le gouvernement du pays de nouveaux investissements étrangers dans son important secteur portuaire et ses industries connexes. L’organisme en question soutient à ce propos que «de nombreuses entreprises djiboutiennes engagées dans le secteur maritime florissant du pays ont été impliquées dans le commerce illégal des armes, ce qui augmente les risques sur la réputation pour les investisseurs étrangers cherchant à participer à l’économie de Djibouti».

La prolifération des armes à Djibouti, ajoute-t-on encore, suscite également des préoccupations concernant les activités criminelles armées et le risque accru d’attaques terroristes dans un lieu fréquenté par des militaires étrangers. Cependant, aucun des partenaires internationaux de Djibouti n’est disposé à signaler de tels risques, craignant la perte potentielle de leurs baux sur des bases militaires stratégiques importantes dans le pays.

Une source locale citée par EXX Africa a qualifié le commerce d’armes dans le golfe d’Aden de «gâchis politique que la plupart des pays occidentaux ne veulent pas s’impliquer». «Malgré des preuves impliquant de hauts responsables djiboutiens dans le commerce des armes, aucun effort concerté n’a été réalisé à l’encontre de ces individus», regrette la même source.

EXX Africa pense que le jeu trouble de Djibouti dans le trafic d’armes régional devrait s’accroître à mesure que l’Erythrée et l’Ethiopie tenteront de parvenir à une paix durable qui aura des répercussions importantes sur la chaîne d’approvisionnement en armes dans la Corne de l’Afrique. Les groupes armés en Ethiopie, en Somalie et dans le Sud Soudan, ainsi que les Chabab, ont longtemps compté sur l’Erythrée pour fournir des armes. L’Erythrée cherchant à se rapprocher de l’Ethiopie et à réintégrer la communauté internationale, son rôle de centre de trafic d’armes se réduira considérablement.

«Djibouti, qui privilégie une Somalie faible et une Erythrée isolée, va probablement combler le vide et tirer partie de ses réseaux de trafic d’armes existants pour continuer à fournir des armes illégales aux groupes armés de la Corne de l’Afrique», estime EXX Africa.

S. S.

Commentaires

    Anonyme
    16 août 2018 - 17 h 52 min

    Il ne faut pas oublier que Djibouti autant que l’éthiopie dont l’essor économique n’étonne que les naïfs, sont tous les deux sous la coupe du mossad donc d’israël depuis belles lurettes.

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