Libéralisme et marxisme convergent après s’être opposés

Karl Marx
Karl Marx, l'idéologue d'une société égalitaire. D. R.

Par El-Hadi − Marx est, comme Kant en philosophie, un «classique» : son approche réaliste de l’économie et du conflit social est un grand acquis. Mais ceci n’enlève rien au nécessaire dépassement du marxisme : le socialisme ne doit plus s’identifier à lui, compte tenu de ses limites théoriques et pratiques. Le marxisme a connu en effet trois phases : l’étape religieuse, l’étape critique et enfin l’étape actuelle dont on peut aisément tirer les conséquences.

Le révisionnisme résulte des progrès du syndicalisme qui a amélioré les conditions ouvrières et aménagé le capitalisme. Les luttes et les négociations syndicales quotidiennes dont les marxistes se méfiaient, obligent à un réexamen. Le mouvement syndical n’a en effet retenu du marxisme que la lutte des classes – au sens large – et l’auto-émancipation du prolétariat. Son réformisme a réfuté le «catastrophisme» marxiste postulant l’autodestruction du capitalisme. D’où la révision du marxisme.

Ainsi, Bernstein a proposé, au nom de la scientificité de Marx, d’adapter la doctrine à son temps, alors que Sorel a réfuté le marxisme dogmatique au nom du «vrai» Marx qui n’était pas selon lui déterministe. Cependant, les «révisionnistes» étaient inconséquents : leur réexamen n’affectait pas seulement le marxisme dogmatique, mais la doctrine de Marx lui-même. Car c’est bien chez Marx qu’il y a une vision déterministe de l’économie niant le rôle de la volonté. Sa vision de l’homme serait, paradoxalement, celle des utilitaristes, reprenant le modèle de l’homo œconomicus de Bentham. Aussi le socialisme doit-il reconnaître l’importance des exigences morales et éducatives pour une société juste.

Aujourd’hui, le libéralisme et le socialisme, après s’être opposés, sont en train de converger. Tandis que le libéralisme, affrontant peu à peu la question sociale, n’est plus nécessairement lié à l’économie libérale manchestérienne, le socialisme, rompant avec l’utopiste et l’autoritarisme, devient sensible à la liberté et à l’autonomie. Ainsi, le libéralisme «se fait socialiste», et réciproquement : ces deux visions «très hautes», mais unilatérales «tendent» à se co-pénétrer pour le meilleur : l’amour pour la liberté, d’un côté, l’aspiration à l’égalité selon la justice, de l’autre.

La crise du marxisme conduit donc au «socialisme libéral», car «le socialisme doit tendre à devenir libéral et le libéralisme à se nourrir des luttes prolétariennes». Déjà le maître de Rosselli, Gaetano Salvemini, avait montré que la lutte des classes n’exprimait pas les intérêts particuliers, mais l’aspiration solidaire du monde ouvrier à sortir d’une dépendance illégitime. Le conflit des classes, par lequel les ouvriers luttent pour la reconnaissance de leur autonomie, loin d’être antilibéral, correspond à la philosophie du libéralisme pour qui la lutte est le moteur de l’émancipation.

Le libéralisme de Rosselli, baptisé aussi «libéralisme politique», n’a donc rien à voir avec le pur libéralisme économique, nommé «libérisme». Pour Rosselli, le libéralisme est d’abord une «philosophie de la liberté». Aussi n’est-ce plus la bourgeoisie, mais le socialisme prolétarien qui est le «dépositaire de la fonction libérale».

Le libéralisme est, en effet, la «force idéale inspiratrice» et le socialisme la «force pratique réalisatrice».

E.-H.

Comment (25)

    Karamazov
    20 octobre 2018 - 18 h 08 min

    @ Abou Stroff

    Excuse-moi de te demander de pardonner ma fureur et mon manque de retenue, cher ami , que ce désaccord exceptionnel n’aille pas te froisser, mais je n’ai pas pu me contenir .
    Il faut vraiment être un matérialiste ou pire, allah yesteur, un marxiste aveugle, pour ne pas reconnaître l’existence des idées en dehors de tout support matériel. Ne sais-tu donc pas que la conscience nous vient de l’extérieur à nous-même ? Comment peux-tu concevoir que l’existence précède l’essence ou que c’est l’être qui détermine la conscience ? Comment peux-tu ignorer que l’idée de la création a trotté dans la tête de Dieu avant qu’il passât à l’acte ?

    Alors si on te suit il existerait un substrat matériel de la conscience qui ne serait qu’un amas d’atomes ou de photons ? Que les messages envoyés par le cerveau aux organes ne seraient que de la triciti qui circule entre des neurones qui se passent le mot.

    Et comment Marx aurait-il su que tout est matière et que même la conscience de soi n’est que mouvement de la matière ?

    Irais-tu donc jusqu’à nier que la conscience nous transcende et qu’elle est stockée dans un méga-cloud céleste ? Et que la matière n’est que le produit de notre conscience qui se projette et qui nous est renvoyé. La matière que tu vois n’est qu’une illusion en vérité.

    Irais-tu jusqu’à dire que notre cerveau ne nous demande pas notre avis pour respirer ? Qu’il fait battre notre coeur à notre insu et qu’il accomplit des milliards de taches sans qu’on l’ait programmé tous les matins ou dans notre sommeil la nuit ?

    Non cher Abou Stroff, tu ne me feras pas renoncer à ma foi.

    Au commencement fut le verbe , camarade !

    1
    1
      Abou Stroff
      21 octobre 2018 - 13 h 59 min

      où sé kil est le mega-cloud? dans le méga-minaret de la méga mosquée de notre bienaimé fakhamatouhou national?
      à part ça sa va!
      PS: moua aussi je ne renonce pas à mon foie

    Souk-Ahras
    19 octobre 2018 - 16 h 13 min

    La conception matérialiste de l’histoire de Marx fait l’économie de toute référence à l’être et de toute théorie de la matière. 
    Déterrer Marx est intellectuellement inutile et moralement intolérable.

      Abou Stroff
      20 octobre 2018 - 9 h 58 min

      mister Souk Ahras, je vous salue!
      je crois que vous vous méprenez sur la conception matérialiste de l’histoire et vous semblez confondre le matérialisme mécanique de Feuerbach avec le matérialisme dialectique de Marx, ce qui semble être le cas de beaucoup de gens qui ont une appréhension superficielle du marxisme en tant que science de l’histoire (voir, sur ce point, L. Althusser).
      pour vous éviter de perdre trop de temps à vous documenter, je vous suggère de lire les « thèses sur Feuerbach ». autrement je vous suggère de lire « l’idéologie allemande » ou « la dialectique du concret » de Karel Kocik.
      ceci dit, je persiste et signe: sans l’apport de l’approche marxiste, l’histoire, en général, serait incompréhensible et et la dynamique du capitalisme serait totalement incompréhensible, à moins de …………………………faire intervenir une entité extra-humaine

        Souk-Ahras
        20 octobre 2018 - 13 h 21 min

        @ Abou Stroff je vous salue et salue en vous le marxiste honorable convaincu. J’attendais votre visite précisément. Je me veux bref et concis.
        Je ne suis pas, autant que vous pouvez l’être, imprégné de celui que je considère comme étant un prophète du capital qui avoua son « embarras » suscité par sa théorie sur la dictature du prolétariat, entre-autres.

        Son essai semi-philosophique établissant que c’est l’économie (infrastructure) qui détermine la culture (superstructure), y compris la conscience de soi, m’a toujours laissé dubitatif , encore plus aujourd’hui. En somme, si je comprends bien cette ellipse, il serait établi que nous avons seulement l’illusion de penser librement, alors que dans les faits, nous ne pensons jamais que les intérêts de notre classe sociale.
        Fichtre ! Rien que ça ! Das Capital le proclame « scientifiquement » : l’être que je suis ne serait donc qu’une denrée pétrissable et commercialisable par la volonté du seul capital.

        Voyez-vous, cher ami, je ne peux m’inscrire dans le cercle de ceux qui glorifient de façon hautement inappropriée un homme, Marx, dont les élucubrations économiques et philosophiques sur le déterminisme en histoire, la dialectique entre bourgeois et prolétaires et la fin prévisible du capitalisme ont servi de socle idéologique et pratique à des régimes dont le seul résultat vraiment spectaculaire fut d’atteindre l’accablant total de 100 millions de morts dans le monde.
        Hayek a dit dans Droit, législation et liberté : « Les fondations de la barbarie totalitaire ont été posées par d’honorables savants bien intentionnés, qui n’ont jamais reconnu leur progéniture intellectuelle ».
        Je le redis : déterrer Marx aujourd’hui, c’est intellectuellement inutile et moralement intolérable.

        Contentons-nous donc, cher ami Abou Stroff de nos commentaires sur AP et sur notre situation soumise à l’autoritarisme viager.
        En toute sympathie, sans animosité.

          Abou Stroff
          20 octobre 2018 - 13 h 53 min

          je crois que AP n’est guère l’endroit de discuter sur la pertinence ou la non-pertinence d’une quelconque approche en vue de comprendre une quelconque réalité.
          cependant je vous rappelle que le sieur Hayek que vous citez est un fervent défenseur du capitalisme dans sa version libérale et que le sieur défend bec et ongles l’idée que le capitalisme est un ordre « naturel » qu’il s’agit expressément de ne pas contrarier, en somme l’idée (une denrée prérissable et commercialisable par la volonté du seul capital. que vous rejetez.
          PS: quant la décision de déterrer ou d’enterrer Marx, ce n’est ni à moi, ni à vous de prendre cette décision. c’est la réalité concrète qui nous impose de découvrir les lunettes théorique les plus appropriées pour comprendre le monde qu’il s’agit de transformer.
          en toute sympathie.

          Souk-Ahras
          20 octobre 2018 - 15 h 37 min

          @ Abou Stroff
          Ne vous méprenez pas sur mon positionnement.
          Je ne suis pas anti-capitaliste, c’est une erreur contre nature qu’il ne m’est jamais venu à l’idée de commettre. Je ne suis pas marxiste dont le déterminisme est obvie, prétentieusement philosophique.
          J’en ai terminé sur ce fil ami Abou Stroff.

    lhadi
    19 octobre 2018 - 12 h 40 min

    Le capitalisme n’est pas un rapport social, un rapport de production opposant ceux qui organisent le travail à ceux dont le travail est organisé. Le terme désigne la propriété privée des moyens de production et, par conséquent un mode de développement commandé par l’initiative privée d’entrepreneurs. symétriquement, le socialisme n’est pas davantage un rapport social, mais un mode de développement dirigé par un Etat planificateur qui s’est assuré de la propriété collective des moyens de production.

    Une conséquence immédiate de ces distinctions est que l’on peut parler de société industrielle aussi bien à propos de pays, capitalistes, que de pays socialistes. Mieux encore, l’analyse sociologique des rapports de production dans l’un et l’autre cas montre, au niveau de base de l’atelier ou de l’usine, de grandes similitudes. Lenine, parvenu au Pouvoir, fut aussi un de ceux qui introduisirent en Union soviétique les principes de rationalisation dans l’organisation du travail, et il est connu qu’il fut un grand admirateur de Frederich W. Taylor.

    L’ouvrier de la métallurgie, dans les pays de l’Est, est soumis à une organisation du travail comparable à celle de son homologue en Europe occidentale ou aux Etats-unis, et sa conscience proprement sociale, n’est pas fondamentalement différente. Le mouvement Solidarnosc, en Pologne, n’a pas seulement lutté pour l’instauration de droits politique et au nom d’un certain nationalisme polonais, il a aussi été porté par une classe ouvrière semblable à celle que l’on rencontre dans d’autres sociétés industrielles capitalistes.

    Est-ce à dire que les acteurs sociaux, définis par leur conflit dans les rapports de production, sont étrangers au développement, que les maitres du travail n’ont rien à voir avec le capitalisme, défini comme un mode développement, ou que le mouvement ouvrier est totalement différent de l’action politique pour le socialisme, ou du contrôle des Etats dits socialistes. Bien évidemment, non. D’abord, parce que l’indépendance des acteurs sociaux et de l’Etat n’est jamais absolue. Les acteurs dirigeants sont aussi des acteurs dominants, et la reproduction de leur position sociale passe par l’intervention de l’Etat, garant de l’ordre, agent de cohésion de la structure sociale. Les acteurs contestataires, symétriquement, en appellent simultanément au contrôle du progrès et de l’industrie, à la direction de l’accumulation et à celle de l’Etat. Ils ne peuvent être indifférents à un contre-pouvoir qui, sous le nom de socialisme, leur promet la direction politique de l’historicité. Le socialisme n’est pas seulement un mode d’intervention économique de l’Etat qui supprime, en théorie le rôle de l’initiative privée, il est aussi le prolongement utopique de l’action ouvrière depuis l’atelier et l’usine jusqu’au sommet de l’Etat.

    Une seconde conséquence des remarques qui précèdent est de rendre absurde l’idée que le socialisme succède nécessairement au capitalisme une fois celui-ci parvenu à épuisement ou à maturité. L’un comme l’autre sont deux modes de développement et, plus précisément, mais pas toujours, deux voies pour l’industrialisation, deux formes politiques qui correspondent éventuellement à un même type de société, industrielle, mais aussi peuvent n’avoir rien à voir, avec elle, puisqu’il existe des régimes capitalistes ou socialistes sans industrie, sans entrepreneurs industriels ni classe ouvrière.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    7
    3
      Abou Stroff
      19 octobre 2018 - 14 h 18 min

      avec tout le respect que je dois à quelqu’un qui essaie d’animer le débat, je me permets d’avancer que vous semblez utiliser des concepts que vous ne maitrisez pas.
      en effet, quel est l’abruti qui se mettrait à définir un système (le capitalisme ou le socialisme ou le féodalisme) comme un rapport social ou un rapport de production?
      le capitalisme ou si vous préférez, le mode de production capitaliste, est un SYSTEME dont le rapport fondamental est la PLUS-VALUE, rapport qui lie et oppose la classe capitaliste d’une part et le prolétariat d’autre part. j’ajoute, en passant que, ce rapport qui matérialise l’appartenance des prolétaires à la classe capitaliste est un rapport qui n’apparait point dans l’arsenal juridique de la société « bourgeoise » (contrairement, par exemple, à la rente qui indique l’appartenance du serf au seigneur).
      quant à votre conclusion, elle dénote simplement une incapacité à comprendre que la contradiction est le moteur de l’histoire et qu’à ce titre, les contradictions (que peut observer n’importe quel quidam) du système capitaliste exigeront, tôt ou tard, leur dépassement, que ce dépassement soit appelé socialisme ou tartempionnisme, peu importe, mais le dépassement aura lieu parce que les lois de la nature et des sociétés l’exigent, parce que la contradiction est la vie.
      PS: je note que vous avancez « qu’il existe des régimes capitalistes ou socialistes sans industrie, sans entrepreneurs industriels ni classe ouvrière. » je ne puis que m’étonner de lire une telle ineptie.

      3
      5
        lhadi
        19 octobre 2018 - 15 h 17 min

        Des Etats membres des Nations Unis tels que Monaco, le Liechtenstein, Andorre, le Vatican et bien d’autres n’ont pas d’industries, d’entrepreneurs industriels, de classe ouvrière.
        Fraternellement lhadi
        ([email protected])

        7
        2
    Karamazov
    19 octobre 2018 - 11 h 08 min

    Le Marxisme ? Vaste programme. Le marxisme a échoué vive le capitalisme qu’on nous dit. Comme si le capitalisme est humainement une réussite.

    A vous lire Monsieur on dirait que vous confondez capitalisme et libéralisme et que le problème principale n’est pas la propriété des moyens de production et le service auquel on les voue mais la méthode de production. Chez Marx c’est l’Homme qui est au centre chez le Capitaliste c’est l’argent, la propriété.

    Le Marxisme est avant tout une vision du monde , une méthode analytique. Ce n’est pas le marxisme en tant qu’analyseur qui est en crise c’est le monde dans le quel il s’implique qui est en crise. Ce n’est pas parce qu’on arrive pas à la mettre en pratique qu’une théorie est fausse. Quand Pascal soupçonnait l’existence de microbes, on le prenait pour un imposteur parce qu’il n’arrivait pas à le prouver .

    Sartre à son époque disait que le marxisme est une philosophie indépassable. Mais pas qu’une philosophie , une théorie.
    Je dirais pour ma part que c’est une approche du monde la plus proche de la réalité dont elle rend compte.

    Il reste un hic ! Toutes les tentatives de mise en pratique de l’approche marxienne, ont échoué. Mais Marx ne disait-il pas lui-même qu’il n’était pas marxiste ? Il ne faut pas confondre l’échec de l’expérimentation , avec l’échec de la théorie. Je vous rappelle que Marx ne voyait pas l’avènement du communisme en Russie mais en Allemagne, la société ou le capitalisme était plus avancé. Est-ce à dire que le meilleur chemin pour l’avènement du socialisme c’est le capitalisme ? Sadipa ! Les sociétés d’aujourd’hui ne sont plus au même niveau que celles d’il y a deux siècles.

    Quand à l’opposition entre marxisme et libéralisme , libéralisme pas capitalisme, celle ci n’existe que dans les raccourcis.

    Quand on lit Marx on dirait plutôt qu’il admire le capitalisme( la bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire ) – Le manifeste.

    Est-à dire pourtant que Marx est capitaliste ?

    2
    3
    awrassi
    19 octobre 2018 - 6 h 43 min

    Pour discréditer le communisme et éloigner tout curieux, on entend depuis plus ou moins 30 ans, que le « communisme est un capitalisme d’Etat », que le « communisme est athée » ou encore que « Marx, Lénine, Staline et autres était Juifs » … Questions, une fois faites les abstractions de négateurs idiots et incultes : le capitalisme fait-il plus d’heureux ? Crée-t-il plus de paix ? L’Algérie libérale actuelle est elle meilleure que l’Algérie étatique de feu Boumédiene (alors que l’Occident nous verse des aides et que baril est 4 fois plus cher) ? A vos stylos !

    4
    2
      Anonyme
      19 octobre 2018 - 21 h 07 min

      Le capitalisme est mortifère.

    Souk-Ahras
    18 octobre 2018 - 22 h 37 min

    Une explication de type marxiste consiste toujours à aller voir quelles sont les conditions matérielles pour expliquer les modes de pensée.
    Est-ce que l’intervention théorique et politique de Marx sur la philosophie (articulation entre syndicalisme et parti de masse autour d’une vision du monde qu’il revenait à la philosophie de fonder) est encore applicable à l’ère de la mondialisation ?
    Socialisme et libéralisme convergent -t-ils ?
    Une approche immédiate moins philosophique et plus terre-à-terre nuancerait ce constat.
    Le socialisme est le passage des moyens de production de la propriété privée à la propriété de la société organisée, de l’État. L’État socialiste est propriétaire de tous les moyens de production matériels et partant, le dirigeant de la production générale. 
    Les socialistes représentent le socialisme comme étant la forme de société qui recherche le bien et le mieux-être général, tandis que le libéralisme n’a en vue que les intérêts d’une classe particulière.
    On ne peut juger de la valeur ou de la non-valeur d’une forme de société organisée, avant de s’être fait une image nette de ses résultats. 
    Or ce n’est que grâce à des enquêtes minutieuses qu’on pourra vraiment dresser le bilan des réalisations libérales ou socialistes. La prétention du socialisme d’être le seul à vouloir le mieux peut être de prime abord rejetée, comme erronée. Car si le libéralisme se bat pour la propriété privée des moyens de production, ce n’est pas par égard pour les intérêts particuliers des propriétaires, mais parce qu’il attend d’une constitution économique reposant sur la propriété privée des ressources plus abondantes et meilleures pour tous. Dans l’organisation économique libérale, la production est plus abondante que dans l’organisation socialiste. De plus, ce ne sont pas seulement les possédants qui en profitent et la lutte contre les idées fallacieuses du socialisme n’est pas une défense des intérêts particuliers des riches. Avec le socialisme, l’homme le plus pauvre serait lésé dit le libéralisme. Qu’on pense ce qu’on veut de cette prétention du libéralisme ; en tout cas il n’est pas permis de l’accuser d’être une politique ne visant que les intérêts particuliers d’une classe retreinte.
    Socialisme et libéralisme ne se distinguent pas par le but qu’ils poursuivent, mais par les moyens qu’ils emploient pour y atteindre.

    politico
    18 octobre 2018 - 15 h 36 min

    Karl Marx est un historien, journaliste, philosophe, économiste, sociologue, et théoricien révolutionnaire socialiste et communiste allemand. Il est connu pour sa description du système capitaliste.Le libéralisme est né comme une utopie au sens de Ricœur. De ce fait, utopie de la monarchie absolue, il est devenu l’idéologie du capitalisme. La pensée de Marx est avant tout une critique du capitalisme dont l’essentiel du propos porte sur les rapports sociaux au sein du capitalisme. Elle est alors plus une utopie du capitalisme que l’idéologie d’un communisme,jamais établi. Son analyse prolonge la pensée libérale en ce qui concerne la liberté de l’individu. Le stalinisme peut être alors considéré, une fois remis en perspective et dans son contexte historique, comme un avatar du libéralisme plus que la mise en œuvre de la pensée de Marx.De nombreux intellectuels, militants, citoyens se sensibilisent aux thèses de Marx et en appellent à une relecture précise et scientifique, sans répéter les erreurs du passé qui ont pu conduire à des régimes totalitaires et fascistes. Après avoir constaté la terrible misère sociale qui sévit en Europe au XIX° siècle, il en vient à s’intéresser à l’économie et plus précisément à l’économie politique d’Adam Smith et de David Ricardo, Pour justifier les inégalités et la hausse de la pauvreté à son époque, Marx montre le caractère éhonté de l’exploitation, réalisé à travers le marché, à travers un mensonge pervers, faisant croire, par le statut de salarié, que le prolétaire jouît des fruits de son travail sans vol préétabli du bourgeois. En effet, dans la société capitaliste que Marx dénonce, le propriétaire des moyens de production profite de l’obligation de rémunération pour payer le travailleur moins de ce qu’il rapporte, il y a vol du travail. Ainsi Karl Marx n’est pas un opposant au marché, il s’oppose à la société capitaliste telle qu’elle est faite, telle qu’elle s’est bâtie. Il fait confiance à la capacité du marché à se réajuster seulement s’il respecte une stricte égalité entre les acteurs. Il convient donc de lutter contre la hiérarchie historique et s’opposer aux inégalités consubstantielles au capitalisme moderne.

    6
    1
    Lghoul
    18 octobre 2018 - 15 h 05 min

    Le marxisme a échoué car il y a certains segments inapplicables pour les êtres humains car l’homme et ses capacités sont assimilés a une machine et son rendement. Quand il y a une extrapolation des capacités des êtres humains avec celles des machines, on oublit le côté humain et sentimental, donc le coté faible de l’individu. Un conflit interne de l’être avec lui-même sera alors inévitable. Il y a une analogie entre l’internationale communiste et l’internationale islamiste : Les deux systèmes oublient l’être et ses besoins naturels et personnels. Pour les deux, l’homme n’a que des devoirs car il fait parti d’un “ensemble” compact et controllé comme une machine. Le communisme interdit les inégalités pendant que l’islamisme les accèpte car elles sont conçues et décidées par Dieu. Dans les deux experiences, il est prouvé que les deux théories ne peuvent jamais être mises en pratique car elles donnent toujours un résultat sterile. Ce qui conclut qu’elles sont inapplicables sur des êtres humains. Le capitalisme est plutôt individualiste, prêche la “liberté” de créer et d’innover. La course a la richesse transforme l’individu en monstre jusqu’a devenir inhumain. Le capitalisme cultive l’égoisme, la puissance, l’arrogance et augmente les inégalités. Avec les inégalités, les conflits apparaissent et se développent. En gros la finalité des trois systèmes est la même: L’autodestruction avec le temps. Après la fin du communisme, nous sommes devant un islamisme en voie de desintégration totale. Le capitalisme suivra car la pauvreté, les inégalités et les conflits augmentent. Le seul système qui a toujours maintenu un équilbibre entre la liberté de l’individu, son autonomie de création de richesses et sa couverture sociale qui lui rappelle qu’il est un être humain, donc avec ses faiblesse, est la sociale démocratie telle qu’elle est conçue dans les pays nordiques (Suède, Norvège etc.). Ils ont marié les côtés positifs du capitalisme (innovation et création de richesses en ademttant les mérites et les bénéfices qui s’en suivent) avec les côtés positifs du socialisme (social, soins, réduction des inégalités, humanisme, etc.) en laissant la religion tranquille dans son église car elle est spirituelle donc individuelle car chacun a son propre esprit et ressent les choses a sa manière. Dès qu’on essaye de monopoliser les décisions et d’étouffer toute question et toute remise en cause de vrais problèmes, on crée des instabilités et des déséquilibres néfastes pour toute la société car contre toute action il y a réaction.

    4
    3
      Le Français
      18 octobre 2018 - 21 h 48 min

      La plupart des pays européens sont appliquent la sociale démocratie, la France par exemple en est une depuis les années 60 même si depuis Sarkozy, on essaie de la tendre vers l’ultra-libéralisme selon les anglo-saxons.

      Ch'ha
      19 octobre 2018 - 20 h 45 min

      @Lghoul
      Je vais être très pragmatique en rebondissant sur votre exemple de la Suède : le temps de travail : ils ont mis en place une politique d’aménagement du temps de travail (↓) qui fait que le noyau familial s’en trouve renforcé : les hommes éboueurs ont des horaires qui font qu’ils terminent leur journée en début d’après-midi leur permettant ainsi de s’occuper de leur famille enfants d’être plus présents etc … Leur étude a montré que les salariés de tout bord hommes femmes sont moins stressés au travail (vie plus équilibrée) plus investis dans leur travail et travaillent tout autant si ce n’est plus qu’avec un temps de travail > et à fortiori moins d’arrêts de travail…

    Med
    18 octobre 2018 - 13 h 48 min

    « …Aujourd’hui, le libéralisme et le socialisme, après s’être opposés, sont en train de converger. Tandis que le libéralisme, affrontant peu à peu la question sociale, n’est plus nécessairement lié à l’économie libérale manchestérienne, le socialisme, rompant avec l’utopiste et l’autoritarisme, devient sensible à la liberté et à l’autonomie… »

    Si l’on parle de socialisme genre PS francais, Labour party britannique ou ex. parti communiste italien (actuel parti démocrate), il est vrai que ces derniers se sont convertis (pour ne pas dire prostitués) aux valeurs du néo-libéralisme. Ce sont justement ces partis et ses ex. tendances socialistes ou communistes qui s’acharnent dans un calendrier de luttes pour les droits civils (liberté des citoyens, mariage pour tous, idéologie du genre, contre le racisme, contre l’antisémitisme etc.) délaissant totalement les luttes pour les droits sociaux. Les intellectuels de ces partis se sont alignés complètement sur les thèses néo-libéristes et sont ceux-là même qui défendent becs et ongles la globalisation, la liberté de circulation des marchandises et des personnes, la destruction des frontières nationales, la déterritorialisation des économies réelles nationales et la suprématie de la finance.
    Tout ceci rend le socialisme et le marxisme plus que jamais actuels face à l’agressivité du capitalisme.

    Kouidri
    18 octobre 2018 - 12 h 04 min

    La confusion entretenue dans cet article entre les faits et la théorie nous empêche de suivre le but de l’auteur. Je me contente du premier paragraphe ou Marx est qualifié d’un classique en philosophie et un réaliste en économie. Il suffit de rappeler que ce « classique » est le premier a donner un souffle nouveau au matérialisme du temps des grecs et qu’en économie il a fait la critique de l’économie politique à travers la plue- value où l’antagonisme de classe apparait comme une évidence et légitimes la revendication de ceux qui sont exploités. L’auteur parle d’une étape religieuse du marxisme ! Il suffit de rappeler que le matérialisme a comme base l’évolutionnisme de la matière alors que le religieux a comme base l’idée et le créationnisme. Le communisme à la prétention de dépasser cet antagonisme par les sciences et par les luttes pour l’émancipation des peuples et Bertolt Brecht qui dit à ce sujet : « Comme dit le peuple : Au changement de Lune, la jeune lune tient la vielle dans ses bras » Même dans ses bras ils restent distincts.

    Abou Stroff
    18 octobre 2018 - 11 h 52 min

    le libéralisme, l’impérialisme, le sionisme et l’islamisme ont, malgré les apparences, ont des intérêts convergents quand ils ne sont pas identiques et ceci découle d’une analyse concrète d’une situation concrète comme l’enseigne la théorie marxiste.
    quant à cette histoire de « crise du marxisme », il faut être d’une certaine mauvaise foi ou d’une mauvaise foi certaine pour ne pas remarquer que la crise frappe, d’abord et avant tout, le capital financier mondial, d’où une remise en cause de l’idéologie néolibérale véhiculée par la « mondialisation » (processus nécessaire à la reproduction du capital financier mondial, fraction dominante du capital mondial) par les mouvements dits populistes. je me permets de ne pas mentionner la crise du « monde » arabo-musulmans car, ce dernier est, jusqu’à preuve du contraire, hors histoire et n’est donc pas directement concerné par l’histoire des sociétés humaines.
    PS: je pense que, sans l’apport de la théorie marxiste, la dynamique des sociétés humaines seraient totalement opaque. sans cet apport, les mythes et les affabulations des uns et des autres feraient alors office d' »explications » et l’histoire des hommes se réduirait à conjecturer sur des fantasmes ou sur des vacuités ridicules du genre « Le libéralisme est, en effet, la «force idéale inspiratrice» et le socialisme la «force pratique réalisatrice». »

    4
    1
    benchikh
    18 octobre 2018 - 11 h 31 min

    Marx nous a dit que la religion est une drogue »opium des peuples » visant le Christianisme.Il voulait supprimer la religion et la remplaçait par un système révolutionnaire sentimental, loin de la réalité et qui va toucher la classe ouvrière pauvre.Marx voulait sauver son peuple juif de l’esclavage de la main de la bourgeoisie(usines) qu’ils étaient fidèles à leur christianité et qui accusés les juifs d’avoir trahi Jesus(que la paix soit en lui) les juifs se trouvaient comme des esclaves aux usines,il fallait une idiologie pour ramener un changement,Marx l’on trouve une, avec ses amis Engels,Lenine, staline, trostki ,Chiguivara….et le changement a réussi dans des pays qui manquaient de préparation pour un changement, comme le cas en Russie.Moi je pense que cette idiologie concerne que les juifs pour bouleverser les régimes et détruire les sociétés dominantes toute on prenant leur place et rendre le régime (royale centralisme sous un nom « magique la classe prolétariat gouverne ») comme le cas partout dans le monde .

    1
    2
      MOHAMMED BEKADDOUR
      18 octobre 2018 - 13 h 19 min

      @Benchikh
      18 octobre 2018 – 11 h 31 min
      ————————————————————————
      Il y a longtemps j’ai tiré la même conclusion que toi, j’avais même compati avec Marx, il a peut-être malgré lui travesti l’antagonisme entre Chrétiens et Juifs, par conséquent le mieux pour nous Algériens musulmans dans le principe nous attendons que se manifeste un compatriote génial pour une méthode sui generis. L’ancien président Giscard d’Estaing a dit un jour qu’il se méfiait de tous les mots se terminant par « isme », à mon avis il faudrait même n’en plus faire usage, je sais que c’est plus confortable d’en user que s’engager sur le terrain de la créativité !

      Med
      18 octobre 2018 - 14 h 56 min

      à Benchich.
      – « La religion est l’opium du peuple » est une déformation des propos de K. Marx. Marx entendait la religion plutôt comme refuge pour les classes subalternes opprimées. La religion était représentée beaucoup plus par la classe possédante.
      – Les Juifs étaient représentés tout autant au sein de la classe possédante et du pouvoir financier que parmi les non Juifs. Voir les banquiers Rothschild, Loeb & Kuhn, Warburg etc. ou encore l’entreprise IG-Farben.

    Salim Samai
    18 octobre 2018 - 10 h 58 min

    TOUT EVOLUE et CHANGE!
    C´est la tragedie de beaucoup d´exegetes Musulmans qui se FIGENT ENCORE sur une Lecture traditionnelle du Coran qu´il faut RELIRE dans son nouveau contexte comme d´ailleurs le Seigneur l´a SAGEMENT et SIMPLEMENT recommandé: Iqra & Ijtihad ! Non pas « Gal Jadi & Gali Sahbi! »

    .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.