Lutte contre le terrorisme : la CIA tentée par l’usage du sérum de vérité

CIA
Après le 11 septembre, des prisonniers ont servi de cobayes. D. R.

A en croire un rapport classé secret d’un ancien médecin chef de la CIA, rendu public hier, l’agence américaine du renseignement avait songé utiliser des «sérums de vérité» dans le cadre du programme d’interrogatoires poussés, assimilés à de la torture, mis en place après les attentats du 11 septembre 2001. Cette hypothèse avait été soulevée en raison de la résistance du Palestinien Abou Zoubeida − soupçonné d’être l’un des cerveaux des attentats contre les tours jumelles du World Trade Center − malgré des simulations de noyade à répétition, la privation de sommeil ou l’enfermement dans des boîtes en 2002. «L’intensité et la durée des interrogatoires d’A. Z. a surpris les médecins (de l’agence) et a entraîné l’examen d’une alternative, a priori plus bénigne, d’interrogatoires basés sur l’usage de drogues», soutient  le rapport en question.

Ce document de 90 pages a été mis en ligne hier par la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU, qui a obtenu sa déclassification après une longue bataille judiciaire. Selon ce rapport repris par l’AFP, des médecins de la CIA avaient étudié les précédents historiques et penchaient pour l’usage du puissant sédatif Midazolam, sans être convaincus de son efficacité. «Il semble que, si un individu peut endurer un interrogatoire intense, il pourra tenir face aux narcotiques», écrivait son auteur, tout en notant que ces drogues «pourraient servir d’excuse pour que le prisonnier se montre plus disert sans perdre la face».

Les soutiens de cette idée se sont heurtés à l’interdiction pour la CIA de mener des recherches médicales sur des prisonniers, décidée après le suicide d’une personne à qui du LSD avait été donné dans le cadre d’un programme secret dans les années 1950. Après avoir bataillé pour obtenir un feu vert du ministère de la Justice sur les autres méthodes d’interrogatoires, le service juridique de la CIA «n’a pas voulu soulever une nouvelle question auprès du ministère», selon ce rapport. Dans un décret de 2009, l’ancien président démocrate Barack Obama a mis un terme définitif à ce programme d’interrogatoires controversés, parfois assimilés à de la torture et menés dans des prisons secrètes de la CIA.

S. S.

Comment (2)

    Vroum Vroum 🤣..
    18 novembre 2018 - 1 h 50 min

    À Un petite piqure Sérum vérité pour Obama , Clinton , Hollande , Directeur de la Cia , Erdogan …Saouds..Gb….enclencher le magnéto..et on pourra vraiment lutter contre le Terrorisme

    MOMO
    14 novembre 2018 - 13 h 58 min

    WAOOOO, DIMOCRATIA WA BETAL !!!
    Permettez moi d’avoir encore des doutes !
    Ils autorisent la torture et se montre pointilleux sur ce viol « doux » ??????????????

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