Juste un aller-retour

opposition politique
Qu'a laissé le pouvoir à l'opposition pour s'exprimer ? New Press

Par Bachir Medjahed – Plus on s’approche de l’échéance présidentielle, plus on remarque que le pouvoir a mis en place une véritable stratégie d’occupation de la scène politique. L’opposition est étouffée. Elle se plaint plus qu’elle n’agit. Elle est devenue commentatrice. Non homogène qui plus est. Elle s’exprime à plusieurs voix.

Le pouvoir a la capacité d’innover, d’agir, de lancer des initiatives. Il peut car il est le pouvoir. L’opposition, par contre, ne peut rien faire en termes d’action. Pour que l’opposition puisse, il faudrait qu’il existe des institutions d’Etat et non pas des institutions au service du pouvoir.

Encore faudrait-il que si le pouvoir s’effondre, il émerge un pilote. Le pouvoir ne peut s’effondrer que si les populations ne sont plus contrôlables et que l’armée soit dans l’obligation d’intervenir à nouveau, à moins que l’opposition arrive à contenter et calmer les foules.

Y a-t-il des institutions «légitimes» ? La question a sa place. Surtout en ces moments où des parties de la population ainsi que des parties de l’opposition sont à la recherche de la «place Tahrir» pour tenter de renverser le pouvoir. L’opposition aurait-elle besoin d’une «place Tahrir» si le pays disposait d’institutions légitimes ? Certainement pas. En Egypte, la place Tahrir a servi à faire tomber le régime, puis elle a servi à le ramener après un passage par l‘islamisme. Ensuite, il a été recouru une fois de plus à cette même place mais ce fut terminé : la place a parlé deux fois, soit un aller-retour.

En Algérie, il ne peut y avoir de légitimité car personne ne la reconnaît. Il en est ainsi depuis toutes les élections. L’exemple égyptien n’est pas transférable vers l’Algérie. Il fallait balayer le général Hosni Moubarak et le remplacer par l’islamiste Mohamed Morsi. Ensuite, il fallait balayer Mohamed Morsi pour ramener un autre général, Abdelfattah Al-Sissi. La place Tahrir elle-même n’y a pas compris grand-chose.

B. M.

Comment (6)

    Kamel
    20 novembre 2018 - 16 h 32 min

    « L’exemple de l’Égypte n’est pas transférable ». Détrompée vous et lourdement. Si on fait une élection libre et transparente, les islamistes obtiendront la majorité absolue y compris aux présidentielles. Le fait religieux est prédominant même au sein des universitaires.

    Anonyme
    20 novembre 2018 - 2 h 59 min

    un pays ou le pouvoir a reussi au fil du temps de corrompre 50% de la population il s’est assurer qu’il n’y aurait aucune opposition des « politiques » la seule reaction c’est la revolte populaire dont les consequences seront desastreuses et risqueraient de destabiliser tout le pays.

    Ali-Bey
    19 novembre 2018 - 13 h 38 min

    Voyant; (l’opposition )quelle opposition tout les chefs de partis ont goutés a la spécialité Bouteflikienne; les cadeaux empoisonné, le jour ou un bénéficiaire veut opposé il sera poursuivit devant la justice; le cas des huit généraux;il faut l’inventé meme la mafia Russe n’a pas réussie a le faire,il est fort notre Pharaon

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    lhadi
    19 novembre 2018 - 11 h 19 min

    Pour détrôner l’oligarchie de fait, l’opposition algerienne ne cesse de faire des clins d’oeil à l’oligarchie institutionnelle.

    Grossière erreur puisque le général major et vice ministre de la défense nationale a dit : « Je défendrai le moudjahid A Bouteflika jusqu’à la mort ». En d’autres termes, circulez, il n’y a rien à voir.

    Qu’à cela ne tienne, l’opposition algérienne est condamnée à mettre l’intelligence au service de l’action

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

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    Mouwaten
    19 novembre 2018 - 10 h 09 min

    Le système au pouvoir, est fort, bien barricadé, et bien organisé pour durer dans le temps. Il s’est arrangé pour éliminer tout ce qui lui fait obstacle, lois, institutions, opposition politique, voix discordante, etc., mais je me garderai de faire le parallèle avec d’autres places ou d’autres contestations populaires dans d’autres pays.
    Chaque peuple en colère a sa propre dynamique face à l’arbitraire. L’histoire des potentats est là pour nous prouver comment ont finit tous les régimes dictatoriaux.
    De la révolte peut tout aussi naître la révolution. Les hommes d’aujourd’hui ne sont pas moins préparés que ceux de 1954. Comme les hommes de novembre 54, ils finiront par trouver ce qui les unira pour reconquérir de leur liberté et souveraineté.

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    Zaatar
    19 novembre 2018 - 8 h 44 min

    On est bien dans l’application et la mise en place comme il se doit du « ERRACHEM C’EST H’MIDA ET ELLAAB C’EST EGALEMENT H’MIDA »… on y est alors selon Monsieur Medjahed… à vos marques les gars pour que ça ne serve à rien.

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