Le Premier ministre italien est arrivé à Tripoli pour relancer le rôle de l’Italie

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Arrivée du Premier ministre italien à Tripoli, ce 23 décembre. D. R.

De Rome, Mourad Rouighi – Giuseppe Conte est arrivé ce dimanche matin à Tripoli. Pour le Premier ministre italien, il s’agit de sa première visite en Libye. Un voyage important aux yeux de la presse italienne, qui arrive juste après la Conférence de Palerme mais, surtout, après sa dernière entrevue avec Khalifa Haftar à Rome et la nomination de Giuseppe Buccino comme nouvel ambassadeur à Tripoli.

Durant son passage par la capitale, Conte rencontrera Fayez Al-Sarraj et le président du Haut Conseil d’Etat, Khaled Al-Meshri, deux des principaux protagonistes de la transition difficile et complexe du pays. Par la suite, il se rendra à Benghazi où il s’entretiendra à nouveau avec Khalifa Haftar. Enfin, à Tobrouk, il sera reçu par l’influent Aguila Saleh.

Pour Giuseppe Conte, ce voyage marque la volonté de Rome de renforcer son rôle en Libye.

Par ailleurs, visiter tour à tour Tripoli, Benghazi et Tobrouk est clairement le signe d’un changement de stratégie de la part de la diplomatie italienne. Certes, soulignent nombre d’experts, vu de Rome, il y a un point de départ, la Tripolitaine, et un point d’arrivée, la Cyrénaïque. Plus concrètement, il s’agit de convaincre les uns et les autres d’accepter une vision commune à même d’éviter l’éclatement du pays et de veiller à faire concourir tous à l’ébauche de solutions politiques à travers des institutions représentatives et acceptées par tous.

La stratégie italienne a évolué au gré des événements et du jeu des alliances régionales et internationales. Et cette mission de Giuseppe Conte en est la démonstration la plus éloquente. Mais elle signifie aussi que Rome prend très au sérieux le rôle qui lui est imparti, à savoir de donner de la substance aux efforts de l’ONU et concrétiser le plan de Ghassan Salame, l’envoyé des spécial pour la Libye, car, selon une source au fait du dossier, le mot d’ordre dans les coulisses à New York, Moscou ou Washington a évolué aussi, passant de concertation à dialogue, encore dialogue, toujours dialogue.

Le but, nous dit-on, est d’arriver à une transition sans gagnants qui sache préserver les intérêts et les instances de tous les acteurs principaux, en évitant ainsi un retour pernicieux à la case départ.

Et cette volonté de la communauté internationale, elle serait hautement incarnée, selon la presse italienne, par cette visite de Giuseppe Conte, arguant que le pays a été choisi par Donald Trump pour gérer en lieu et pour le compte des autres puissances influentes, la crise libyenne, à condition, bien sûr, d’exceller dans le rôle de médiateur entre les diverses factions. Une tâche des plus ardues, voire à la limite de l’impossible, car les stratèges italiens savent très bien que sont en jeu des intérêts aussi politiques qu’économiques et qu’il faudra s’armer de patience pour pouvoir contenter tous les appétits.

De même, Giuspeppe Conte sait pertinemment que sa marge de manœuvre est très étroite, partant du fait acquis que son but premier est de limiter, autant que possible, les concessions que devra consentir son gouvernement dans le domaine énergétique, véritable clef du dénouement de l’imbroglio libyen.

Cela dit, l’Italie, forte d’une sorte de placet international, se veut aujourd’hui, par la voix de son Premier ministre, à l’écoute de tous les Libyens, et veut témoigner sa proximité à ses actuels dirigeants et sa disponibilité à concourir au retour de la stabilité dans ce pays et participer avec d’autres Etats à l’édification de ses futures institutions.

Un challenge complexe que Rome est bien décidée à relever.

M. R.

Comment (2)

    Ch'ha
    24 décembre 2018 - 12 h 23 min

    L’Italie veut sa part du gâteau libyen rempli d’or noire pour l’avoir déjà écrit. Depuis quand ces pays de l’OTAN défendent les intérêts libyens si tel était le cas le Colonel Kadhafi Allah Yarhmou n’aurait pas été assassiné par la France.
    Ensuite l’Italie veut reprendre sa place de leadership en Libye avant sa destruction, Berlusconi entretenait d’excellentes relations avec Kadhafi ce qui n’était pas le cas de la France…

    Bibi
    24 décembre 2018 - 4 h 19 min

    L’ Italie fasciste vient chez les arabes. L’Italie est surendettée donc elle veut une poire libyenne pour payer ses dettes. La fortune laissée par le Colonel Kadhafi 360 milliards de dollars aiguise les appétits.

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