Questionnement

police Algérie
Des éléments d'élite de la DGSN. New Press

Par Sadek Sahraoui Le récent décret exécutif fixant les attributions du ministre de l’Intérieur a fait couler beaucoup d’encre. La décision a effectivement donné lieu à de nombreuses lectures. Certaines sont techniques et d’autres sont à classer davantage dans le registre des analyses politiques.

Comme d’habitude, il y en a aussi qui sont farfelues, comme celle par exemple consistant à voir dans la décision du Chef du gouvernement de conférer au département dirigé par Noureddine Bedoui la coordination de tous les corps de sécurité dédiés à la sécurité intérieure une manœuvre politique destinée à neutraliser de prétendus «adversaires». Si tel était le cas, alors pourquoi ne s’est-il tout simplement pas attribué ces mêmes pouvoirs.

En réalité et comme Algérie Patriotique a eu à le souligner, le décret exécutif ne fait que consacrer une sorte de retour à la normale. Au-delà, la polémique ou les questionnements suscités par le texte signé par Ahmed Ouyahia ne sont pas dénués d’intérêts. Ils participent à ouvrir un débat essentiel sur les rôles que doivent être ceux de nos services de renseignement à l’orée des bouleversements que le monde a connu ces trente dernières années.

Ce n’est effectivement pas un sacrilège que d’essayer de savoir si nos structures de sécurité, services de renseignement y compris, n’ont pas besoin d’être réformées et adaptées aux nouvelles menaces. Un tel débat profite d’abord à tous ceux et à toutes celles dont la charge est de protéger le pays et qui, peut-être, sont actuellement intégrés dans un schéma qui ne leur donne pas toute latitude d’accomplir convenablement ou pleinement leurs missions.

Autrement dit, la question est de savoir s’il est juste de se contenter uniquement aujourd’hui d’un simple retour à la situation d’avant 1994, c’est-à-dire du temps où l’Intérieur était le principal intervenant en matière de sécurité intérieure ?

Bien évidemment, il ne s’agit pas de réformer pour réformer. Si la configuration dans laquelle se trouvent actuellement nos services de renseignement et de contre-espionnage est bonne alors c’est tant mieux. Mais il faut garder à l’esprit que le monde a beaucoup changé depuis les années 1990 et que ce sont les remises en cause qui font avancer.

S. S.

Comment (2)

    Felfel Har
    11 janvier 2019 - 21 h 24 min

    Je me permets de paraphraser Deng Xiao Ping pour qui « il importe peu que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape des souris » pour exprimer l’idée qu’il n’est pas important que les prérogatives en matière de contre-espionnage et donc de la sécurité intérieure relèvent du ministère de l’Intérieur ou de celui de la Défense, l’essentiel est qu’elles soient réellement prises en charge et de manière efficace. J’ajouterais qu’il est impératif que les différents services collaborent pour assurer la stabilité du pays. Toutes les autres considérations sont futiles et inutiles.
    Assegass ameggaz, Happy Yennayer, Feliz Yennayer, Joyeuse fête de Yennayer.

    MELLO
    11 janvier 2019 - 17 h 10 min

    Inventer l’eau chaude ,tel était cette vision du premier ministre vis à vis des prérogatives du ministère de l’intérieur. Les institutions de sécurité Algérienne sont bien définies par les missions des unes et des autres, le ministère de l’intérieur ne peut qu’avoir comme mission la gestion des collectivités locales appuyées par des services de sûreté nationale qui sont implantés dans chaque daira et dans certaines communes importantes. Le ministère de l’intérieur ne peut que travailler en étroite collaboration avec les services de sécurité dont les missions ont été bien définies.
    Cette intervention du premier ministre ne peut que rajouter de l’opacité et engendrer des imixtions qui risquent de diluer les responsabilités. Pourquoi une telle intervention et en ce moment précis ?

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