La faille

président question
Aucune élection n’a fait bénéficier le candidat élu d’une légitimité qui n’est si tôt pas mise en débat. PPAgency

Par Bachir Medjahed – Une question majeure se pose pour le lendemain de la future élection. Avons-nous atteint le pire moment qui met en danger réel toute légitimité qui devrait en être attendue ? Une extrême urgence et un cafouillage monstre qui verront se mettre en place la pire des solutions ? Pour le moment, aucune élection n’a fait bénéficier le candidat élu d’une légitimité qui n’est si tôt pas mise en débat.

Au regard de l’incapacité et de l’impossibilité du Président élu à combattre la corruption, on en déduit qu’aucune solution n’a conféré à celui-ci le pouvoir de gagner la lutte contre ce phénomène. Encore faudrait-il réellement accepter de s’engager dans cette lutte quand ce sont ses proches amis qu’il faudrait «sacrifier» pour sauvegarder les institutions.

Une faille est à constater dans la Constitution, en ce sens que seul le Président est obligé de prêter serment et non son gouvernement. Les ministres doivent prêter serment et jurer qu’ils se doivent de gérer l’avenir du pays en concevant le leur en Algérie. Ils doivent accepter de se soumettre à tout contrôle en deçà et au-delà des frontières.

Tous les observateurs remarquent que quand il y a une élection qu’ils considèrent «décisive», ce sont les islamistes qui «bougent» beaucoup et non les démocrates. Il est vrai que les démocrates reculent dans le champ politique et qu’ils risquent même par finir de sortir du champ. Les démocrates oublient qu’il faut être en permanence sur le champ, surtout par temps de paix électorale. C’est en temps de paix qu’il faut se préparer à la guerre.

Mais il est vrai aussi que les démocrates paient pour leur non-reconnaissance par le pouvoir pour une raison très simple. Le pouvoir considère que, d’un côté, il y a les islamistes et que, de l’autre, il y a lui-même comme seul démocrate. Il ne reconnaît que lui-même comme chef de file des démocrates. Accepter de reconnaître que l’opposition est démocrate revient à renoncer pour lui-même au statut de démocrate, ce qui poserait le problème de sa propre identité politique.

B. M.

Comment (7)

    Karamazov
    30 janvier 2019 - 9 h 42 min

    On s’improvise démocrate pour les besoins du spectacle. La majorité des partis, si ce n’est pas la totalité, fonctionne comme des sectes avec des présidents à vie. Non seulement leurs chefs sont d’indétrônables potentats mais on leur voue un culte de Guru et ceux-ci s’y croient. Ces gens-là se croient intemporels alors qu’ils ne sont qu’anachroniques. en témoigne la sortie de Hamrouche, pour ne pas y revenir constamment.

    La preuve que ces partis dits démocrates et qui ne se doivent ce surnom qu’ à faute d’avoir exercé le pouvoir, ou des bribes seulement, c’est qu’ils fonctionnent comme des sectes incompatibles les unes avec les autres.

    Le mal de cette opposition réside dans sa fragmentation qui est due essentiellement au manque d’humilité des gurus qui dirigent ces sectes. Et bien entendu, les militants de ces sectes fonctionnent comme des bigots qui leurs vouent un culte fanatique.

    Quant au Pouvoir et aux islamistes amounavi c’est plus une question de sociologie que de manipulation , même si l’un n’exclut pas l’autre, évidement !

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    Réseau 16
    30 janvier 2019 - 8 h 02 min

    Nous avons plus le choix,nous venons de toucher le fond et si y’a pas de vrais patriotes honnête et de bonne famille,on va exploser avec quarante millions de victimes, espérant que la famille Bouteflika soit à la hauteur et dire ça suffit maintenant vingt ans de destruction, laisser la place a d’autres et essayer de reconstruire le pays tous ensemble, réveillez vous nous sommes les derniers ou monde sauf pour les voleurs les opportunistes,les traîtres et pileurs tout va à la merveille, nous n’avons pas d’autre Nation, Alors il faut la sauvegardée

    Tredouane
    29 janvier 2019 - 18 h 19 min

    J’estime qu’il ne devrais y avoir ni Islamistes ni démocrates, je suis pour l’option du Nationalisme,et la réduction des partis politiques serais un facteur de consolidation des opinions en tendances représentatif dans notre Nation.
    Certainement utilisé le mot « guerre » pour évoque les élections n’est pas indique à mon humble avis ,ne serais t il mieux indiqué de contribuer tous ensembles à l’instauration d’une culture du respect des opinions et des choix dans un climat de débat d’idées et de programmes,de bonne gouvernance en un mot.

    MELLO
    29 janvier 2019 - 18 h 09 min

    Anonyme plus, 8h29. Vous venez de toucher du doigt toute la problématique de cet État. Un État privatisé de haut en bas. Le simple secrétaire général d’une APC dépend du système , donc du clan présidentiel. Ce sont des millions d’agents , dans toutes les institutions , qui sont rattachés au clan présidentielle. L’Algérie , État et Nation , reste verrouiller par ce système qui ne reconnaît comme opposition , qu’il a délibérément créée, que les partis islamistes. Toutes les mosquées, toutes les zaouias et toutes les facilités leurs sont accordées. L’opposition démocratique tente, vaille que vaille, à survivre au vu de tous les espaces qui leur sont fermés. Hélas, dans l’état actuel des choses , l’élection à venir ne concerne que le régime et ses satellites. Il ne peut y avoir que deux scenarios possibles : si Bouteflika est candidat , le scrutin sera plié , sans surprise, ni suspense. Dans le cas où il n’est pas candidat , le pouvoir en place fera tout pour que sa succession se fasse en interne. Ceci dit, cette élection présidentielle ne représente aucune solution à la crise.

    anonyme
    29 janvier 2019 - 17 h 04 min

    Ce président est « hors champ » c’est le clan qui a fait main basse sur le pays

    Même Allah .... !!!!
    29 janvier 2019 - 12 h 48 min

    Comment voulez-vous que Bouteflika ou l’armée ou le gouvernement ou amar bouzouar arrive (ou cherche) à éradiquer la corruption et le détournement dans un pays régi par la … rente ! Une économie rentière est ce qu’elle est!

    Tout le monde sait qu’une bonne partie de la rente algérienne est une sorte cagnotte, une besace , une musette où le pouvoir peut puiser à volonté, sans contrôle aucun, soit pour servir le personnel de ces différents clans, soit sa clientèle politique ! Cette partie de la rente est une propriété privé du pouvoir et personne ne peut contrôler son utilisation, même Dieu s’tafillah !!

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    Anonymeplus
    29 janvier 2019 - 8 h 29 min

    La crise n’est pas dans le choix de l’homme ou des hommes pour diriger l’Algérie, la crise est dans les institutions de la république qui sont tous rattachées à la présidence.
    Ce système empirique est très mauvais pour le fonctionnement de la démocratie, aucune institution, aucun ministère ne peut fonctionner sans l’aval d’un obscur bureau cogitant autour du président.
    Ce chevauchement de responsabilité a tout naturellement amené l’Algérie vers l’impasse institutionnelle, l’Algérie est malade de son système politique, un régime ultra présidentiel qui ne laisse aucune place à la normalité, tout est fait dans l’opacité, aucune transparence n’est possible.
    Il faut impérativement changer de régime politique mais également changer la constitution pour qu’elle soit en adéquation avec les dits ajustements.
    Sans cela, l’Algérie continuera son plongeon institutionnel vers les profondeurs obscurs de l’inconnu et de la médiocrité.
    De 1962 à nos jours, l’Algérie ne cesse de reculer à tous les niveaux, jusqu’à quand !

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