Forces et faiblesses du mouvement populaire

Peuple
le régime semble sourd aux revendications du peuple. PPAgency

Par Kaddour Naïmi – Dans la légitime euphorie et le bel enthousiasme qui caractérisent un mouvement populaire, quels que soient le pays et l’époque, il est de la plus haute importance de ne pas perdre de vue et de rappeler ce que les espérances de l’action contiennent de positif mais, également, de négatif. Rappelons-nous ce qu’avait écrit un militant totalement dédié au mouvement populaire, durant la Commune de Paris de 1871. Je cite de mémoire : «Celui qui présente au peuple des promesses illusoires est aussi criminel que le géographe qui dresse des cartes erronées aux navigateurs.»

Pour s’en tenir au mouvement populaire qui a surgi en Algérie (comme d’ailleurs pour d’autres, par exemple le mouvement français des Gilets jaunes), on constate des critiques très pertinentes du système mais elles ne vont pas jusqu’à des propositions claires, concrètes, praticables.

On lit également des revendications concernant des solutions mais elles sont tellement générales qu’elles manquent de prospective pratique. Par exemple, réclamer la démocratie, la liberté, l’égalité, une Assemblée constituante, etc. soit ! Mais comment, concrètement, les réaliser ? A ce sujet, on parle de réunion des partis politiques dits d’opposition pour parvenir à un front commun consensuel. Mais la représentativité populaire de ces partis est trop inconsistante pour la tenir en considération. Le candidat Ali Ghediri propose une «rupture», sans préciser son contenu concret de manière suffisante ; il déclare s’appuyer sur le peuple, sans indiquer de quelle manière concrète. Ce qui en fait plutôt la figure de l’habituel «Sauveur». L’histoire montre où ce genre de processus mène.

On avance, aussi, le recours à des élections réellement transparentes et démocratiques. Mais suffisent-elles ? En effet, pour que ces élections satisfassent réellement les intérêts du peuple, il est nécessaire que les électeurs sachent avec suffisamment de précision quels sont les enjeux et les solutions réels. Ce qui implique des informations et des débats les plus larges, clairs, démocratiques sur tout le territoire national. Donc du temps. Qui en est capable ?

Les propositions les plus concrètes furent formulées par le général à la retraite Hocine Benhadid (1) A ma connaissance, une seule voix, celle du PST (Parti socialiste des travailleurs) s’est élevée pour proposer clairement, en employant l’expression exacte «auto-organisation du peuple», ce qui me paraît la solution la plus en mesure de garantir la concrétisation des revendications légitimes de ce peuple. Cependant, la déclaration du PST n’indique pas, au-delà du juste principe proclamé, la méthode concrète pour réaliser cette auto-organisation du peuple. Pour ma part, je m’étais efforcé à fournir quelques propositions concrètes (2). Il me semble utile d’ajouter d’autres réflexions.

Forces

Elle se manifeste par une expression libre, spontanée et auto-organisée. Nul besoin de chef charismatique, de leader politique «génial», d’intellectuel «savant», de «révolutionnaire professionnel».

Un autre aspect de la force du mouvement populaire s’exprime par son aspect égalitaire et solidaire. Les citoyens et citoyennes en action proviennent de toutes les classes ou catégories sociales souffrant d’exploitation économique, assurée par la domination politique. Ainsi, on y trouve le chômeur, le travailleur manuel, le petit employé, l’étudiant, l’enseignant, jusqu’à une partie de la moyenne bourgeoisie, vieux et jeunes, hommes et femmes.

Enfin, la force du mouvement populaire est dans sa consistance. Elle est telle qu’elle fait trembler l’oligarchie qui domine ce peuple, au point que cette dernière menace d’employer l’ultime recours : la répression, pouvant aller jusqu’à son expression extrême. L’humanité ne présente aucun cas d’oligarchie qui, devant un mouvement populaire puissant et résolu, a consenti à renoncer à sa domination. L’oligarchie a toujours préféré entraîner le pays dans l’apocalypse plutôt que d’accepter de se voir éliminée par un mouvement populaire. Qu’on le déplore ou pas, ainsi est malheureusement l’histoire humaine.

Faiblesses

Mais tout mouvement populaire présente des carences. En premier lieu, la récupération (détournement) du mouvement populaire au profit d’une caste (ou oligarchie) nouvelle, qu’elle soit ou non liée à des intérêts étrangers impérialistes. Bien entendu, les membres de cette dernière sont les plus virulents critiques de l’oligarchie régnante, d’une part, et, d’autre part, promettent monts et merveilles au peuple, en lui garantissant de faire son bonheur, parce que ces «sauveurs» possèdent la connaissance et l’expérience pour réaliser ce bonheur du peuple.

Ajoutons à ce phénomène un autre fait. Le peuple, pour être dominé, est toujours soumis à un conditionnement continuel et systématique. Il consiste à lui faire croire, de la part de l’oligarchie qui le domine (ou qui vise à la remplacer), qu’il est totalement incapable d’autogérer ses propres affaires, sans préciser que tout est conçu par l’oligarchie dominante (ou celle qui vise à la remplacer) pour le mettre et le maintenir dans une ignorance telle qu’effectivement, ce peuple, dans sa grande majorité, finit par être convaincu qu’il a absolument besoin de «bergers», de «guides», de «maîtres», d’«experts» pour lui montrer comment réaliser son propre bonheur. Evidemment, le peuple est dépourvu de diplômes universitaires et de savoir social spécialisé. Cependant, les uns oublient, par bonne foi, d’autres occultent, par calcul, ce fait : un exploité est le mieux placé pour savoir ce qui lui est contraire et ce qui lui est favorable. Par conséquent, tout «expert» qui, prétendant «connaître», n’accorde pas la parole à un exploité parce qu’il se croit mieux capable de savoir quel est l’intérêt d’un exploité, cet expert est un manipulateur, quelle que soit sa supposée bonne intention. L’exemple le plus funeste et le plus calamiteux fut, et reste, le marxisme. Dans les efforts modernes d’émancipation sociale, l’idéologie de Marx fut, selon l’expression de Proudhon, «le ténia du socialisme». La pratique historique lui a malheureusement donné raison. Comme toujours, et selon le proverbe populaire, il s’agit de se prémunir de ses «amis» ; ils sont plus difficiles à discerner et à combattre que les ennemis.

On pourrait objecter : mais comment expliquer l’ascendant que le marxisme eut et continue (un peu moins) à avoir sur les mouvements d’émancipation sociale ? Mon hypothèse est la suivante : c’est parce que la mentalité autoritaire demeure encore prépondérante au sein des peuples. J’y reviendrai dans une autre contribution.

Dans ce cas, l’histoire humaine l’a montré à qui est capable de la voir sans lunettes idéologiques préconçues : le mouvement populaire ne sera qu’un moyen (levier, occasion) opportuniste pour une oligarchie nouvelle de remplacer la précédente. Bien entendu, quelques améliorations concrètes dans la vie sociale du peuple pourraient se voir réalisées mais la base même du système social demeure intacte : l’existence d’un peuple géré par une oligarchie qui en tire ses privilèges, et cela par la perpétuation d’un système social constitué de détenteurs (privés ou étatiques) de moyens de production, d’une part, et, d’autre part, de citoyens réduits à vendre leur force (physique ou intellectuelle) de travail aux conditions fixées par l’oligarchie dominante nouvelle.

Autre carence du mouvement populaire : le risque d’être étouffé par une répression institutionnelle adéquate.

Organisation et autorité

Les militants les plus riches d’expérience pratique et de conscience théorique sont unanimes, partout dans le monde, à faire une constatation : tous les mouvements populaires surgis dans l’histoire humaine ont échoué à cause de carences internes au mouvement, à savoir une organisation inadéquate et une autorité insuffisante.

En effet, les mouvements populaires nés de manière spontanée, parce que soucieux d’égalité, de liberté et de solidarité, ont tendance à répugner à l’existence, en leur sein, d’une forme d’organisation et d’un exercice d’autorité. Les citoyens et citoyennes craignent, et parfois constatent, que cette organisation devienne rapidement autoritaire, créant une forme inédite de domination entre une caste de chefs décidant et dictant ce qu’il faut faire à une majorité réduite à exécuter. Ce phénomène est une tendance observable partout.

Cependant, sans organisation adéquate, aucun mouvement populaire ne peut concrétiser ses buts. Et sans disposer d’une autorité pour concrétiser ses revendications, aucun mouvement populaire ne peut réussir.

Tout mouvement populaire exige donc une organisation et une forme d’autorité qui correspondent à ses caractéristiques : autonomie, égalité, liberté, solidarité. A ce sujet, les expériences historiques  montrent les difficultés et l’extrême complexité. Le problème est celui-ci : il s’agit d’affronter positivement l’adversaire, lequel dispose d’une organisation et d’une autorité hiérarchiques qui ont leur efficacité en matière de domination sociale. Il s’agit donc pour le mouvement populaire d’opposer à ces organisations et autorité, hiérarchiques parce que dominatrices, des formes d’organisation et d’autorité conformes aux aspirations populaires, à savoir égalitaires, libres et solidaires. En l’absence de cela, l’histoire enseigne : tout mouvement populaire échoue et finit par être récupéré par une oligarchie nouvelle, peut-être moins dominatrice mais, cependant, toujours exploiteuse. Ce fut le cas de l’oligarchie féodale qui a remplacé celle esclavagiste, de l’oligarchie capitaliste qui a remplacé celle féodale, de l’oligarchie étatiste «socialiste» (ou «communiste» qui a remplacé celle capitaliste privée.

Depuis l’apparition du marxisme, le problème le plus grave semble résider dans un fait. Les marxistes, qui se déclarent les plus sensibles et conscients des revendications populaires, ont le fatal défaut de toutes les castes autoritaires : au nom de leur savoir, prétendre assurer le bonheur du peuple sans sa participation directe, en se limitant à lui demander d’approuver leurs décisions puis de les exécuter. Là encore, l’histoire sociale a montré que le peuple ne fait que changer de caste dominatrice.

Evitons un malentendu. Pour le mouvement populaire, il ne s’agit pas de rejeter par principe toute aide, toute proposition, toute contribution venant de personnes se présentant comme au service des intérêts du peuple, encore moins de les ignorer ou les dénigrer. Le peuple a besoin de toutes les solidarités et de toutes les connaissances possibles. L’unique risque à éviter comme la peste c’est, pour le peuple, de perdre le contrôle absolu et total de son mouvement, en le délégant à des représentants qui ne font pas partie de lui (parce que pas exploités économiquement), et qui, donc, risquent de récupérer le mouvement en leur faveur et au détriment du peuple. L’exemple le plus funeste fut celui-ci : suite au mouvement populaire en Russie, lequel surprit le parti bolchevique, y compris son chef Lénine, ce dernier s’empressa de proclamer : «Tout le pouvoir aux Soviets.» Puis la réalité montra qu’en fait Lénine et son parti n’ont pas fait autre chose que chevaucher le mouvement pour parvenir à en prendre les commandes. Une fois Lénine et son parti parvenus à se stade, les Soviets furent transformés, par la répression militaire, en simples annexes de l’oligarchie nouvelle au pouvoir. L’appellation du pays comme «soviétique» fut une totale imposture, la première de la série, jusqu’à arriver à la République algérienne «démocratique et populaire» qui, depuis sa création, n’a rien de démocratique, ni de populaire.

C’est dire, en conclusion, qu’en présence d’un mouvement populaire, l’euphorie n’est pas de mise, à moins d’être conscient des enjeux, des espoirs et des risques en présence. Par conséquent, après avoir chanté victoire, parce que le peuple a osé manifester publiquement et en bon ordre, il reste à contribuer à la réalisation concrète de ses revendications légitimes. Ce but exige organisation et autorité efficaces, capables de garantir au mouvement populaire ses aspects autonome, libre, égalitaire et solidaire. Très difficile action mais la seule à fournir des garanties sérieuses de possible victoire du mouvement populaire.

Le mérite de surgissement d’un puissant mouvement populaire, c’est de faciliter la prise de conscience et l’exercice pratique de l’auto-organisation citoyenne libre, égalitaire et solidaire. C’est à cette action que le peuple et ses vrais partisans devraient s’atteler le plus rapidement et le plus largement possible. C’est l’unique garantie pour éviter au mouvement populaire d’être récupéré par une quelconque caste, pour lui permettre de se maintenir, de se consolider, de s’élargir, de parvenir réellement à la concrétisation de ses légitimes objectifs pour, enfin, créer une société humaine sans exploitation économique, donc sans domination politique, ni conditionnement idéologique.

K. N.

[email protected]

(1) https://www.elwatan.com/edition/actualite/hocine-benhadid-general-a-la-retraite-les-algeriens-ne-doivent-pas-croire-aux-affabulations-de-gaid-salah-08-03-2019

(2)  https://www.algeriepatriotique.com/2019/02/27/du-cri-a-lorganisation/#comments

Ndlr : Les opinions exprimées dans cette tribune ouverte aux lecteurs visent à susciter un débat. Elles n’engagent que l’auteur et ne correspondent pas nécessairement à la ligne éditoriale d’Algeriepatriotique.

Comment (9)

    Yes
    13 mars 2019 - 2 h 00 min

    La rue a besoin de porte-parole ,c porte-parole sont naturellement les partis progressistes qui militent depuis des années,chacun ayant apporté plus ou moins de progrès. Mais malheureusement des voix dénient à c partis le droit de parler au nom de ce mouvement,refusent qu’ils rejoignent ce mouvement…mettent en garde contre toute récupération etc..etc.. C voix oublient que amira bouraoui du mouvement barakat a marché contre le 4 eme mandat déjà en 2014!!! Avec la directrice du journal el fadjr hedda hzam. Que mouwatana de zoubida assoul sofiane djilali benbitour …ont marché à Alger bejaia …et chassés de Constantine…bien avant le 22 février. Mouwatana et barakat n’ont pas été suivis,n’ont pas été soutenus…. Ils étaient si peu nombreux que sellal avec mépris avait déclaré : » c gens on va les disperser avec du fly-tox!!! » Ce sont les précurseurs du mouvement du 22 février. De même les journalistes comme abdou semmar,boudiab,adlene mellah…sont aussi des precurseurs . Et curieusement c ce même abdou semmar qui recommande à c marcheurs du 22 février de rejeter tous les partis de l’opposition .. Bizarre.

    bebel
    10 mars 2019 - 19 h 27 min

    Ce qui semble avoir très bien commence le 22 février dernier à de fortes chances de se terminer en voie de garage. Qui a appelé à la grève générale. Ils Ont plus d’un tour dans leur sac. Machiavélique….

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    Tredouane
    10 mars 2019 - 18 h 53 min

    Je pense que la Nation n’as pas fait dans le vague dans l’abstrait au contraire ,la Nation a revendique des points précis et claire ,pas d’autre mondât au chef d’État en poste contrairement aux propositions de certains faussaires,le démantèlement de toute l’organisation qui à contribuer à cette mascarade ,la consolidation de l’unité Nationale …..la liste peut être longue.
    Je pense que la Nation est plus mature que l’exécutif et les pseudos politiques ,ceux qui veulent détourné ces aspirations par des manœuvres sordides vont échoués ,par des politiques d’assises dans des salons doivent d’abord marcher dans la rue avec leurs Nation c’est la moindre des choses ,celui qui ne vie pas avec ça Nation ne pourras jamais représenter ces intérêts au mieux……………

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    Les élections oui, mais pas avant de ......
    10 mars 2019 - 18 h 32 min

    Désolé Monsieur @Dz213 – 17 h 27 min , je ne suis pas d’accord avec vous car tant que les nouvelles institutions ne sont pas mises en place, on ne peut pas procéder à des élections ! Il faut dissoudre d’abord le parlement (APN, Senat), changer les membres du Conseil Constitutionnel, former une véritable Haute Institution d’organisation des élections véritablement indépendante, mettre en place un gouvernement de transition chargé de gérer la transition sur les affaires courantes du pays et de mettre en oeuvre ces institutions avec les mécanismes de fonctionnement adéquats (séparation des pouvoirs, Etat de droit, indépendance de la justice etc.. etc..) et après on va aux élections ! Pas avant !

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    Mus
    10 mars 2019 - 18 h 01 min

    A la lecture de cette contribution, j’ai cru parcourir des yeux un des pamphlets les plus rigoristes de l’école des néo-conservateurs américains avec leur anti-socialisme primitif qui n’a pour but que de justifier l’exploitation éhontée par les oligarchies bourgeoises et conservatrices des travailleurs et des nations appauvries comme la notre. ?. Naimi semble tirer hors des buts. Il s’agit de l’Algérie de 2019 et non de la Russie tsariste et des bolcheviques. Le peuple algérien qui s’est réveillé comme un seul homme un certain 22 février 2019 ne cherche rien d’autre qu’à se libérer de la bourgeoisie parasitaire (import-import) et ses alliés du régime dictatorial imposé par le président Bouteflika. Il refuse d’être pris pour un mineur auquel des ‘illuminés » viennent indiquer la voie à suivre. Pour preuve, la tenue de la première et grandiose manifestation du 22 février un vendredi et après la prière. D’aucuns y ont vite perçu une récupération intégriste du mouvement citoyen. Or il n’en pas été le cas. Le peuple vacciné de l’hydre intégriste a répondu à l’appel de la rue le vendredi parce que le vendredi est un jour férié et après la prière car nombreux sont les citoyens ne veulent pas rater ce moment de communion à la fois sociale et spirituelle. Revenir à Karl Marx et au communisme pour brandir des slogans dignes de l’Amérique du temps de la Guerre Froide, c’est mépriser le peuple et le réduite à un conglomérat de moutons de Panurge que n’importe quelle idéologie pourrait faire dévier de la voie qu’il s’est tracée pour se libérer du joug autoritaire et de l’exclusion politique et sociale. Le rejet d’un 5 ixième mandat est un sursaut de dignité d’un peuple longtemps marginalisé et méprisé et pris pour un ‘tube digestif’ qu’il suffisait de rassasier à coups de modestes crédits ANSEJ et d’appartements de qualité médiocre et non fonctionnels, pour qu’il rote de plaisir et ploie l’échine aux traîtres qui ont pris le pouvoir et tenté de le réduire à l’esclavage tout en se prétendant les ‘dignes’ continuateurs de l’oeuvre libératrice des martyrs et des moudjahidines. Non Monsieur. Le peuple n’est ni marxiste ni capitaliste. Il veut, toute idéologie mise à part, s’affranchir de la dictature et il y parviendra par sa force et la justesse de ses revendications. L’avenir appartient à ceux qui n’insultent ni le passé ni l’avenir mais ont la capacité de vivre le présent avec leur peuple.

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    Dz213
    10 mars 2019 - 17 h 27 min

    Certains croient que c’est facile de changer tout un système avec des milliers de personnes au pouvoir et en espace de quelques jours,un changement radical demande dès années de travail et surtout de patience et d’intelligence,on parle d’une pyramide ,pas d’une seul roche,je pense que la meilleur solution c’est d’aller ver lès élections et laissé le peuple décidé,le vrai changement commencera par la présidence.

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    Antisioniste
    10 mars 2019 - 12 h 41 min

    L’euphorie est tout à fait naturel et même bénéfique, surtout pour un peuple qui a endurer ce que nous savons depuis l’indépendance. Ceci dit, il nous faut rester vigilant et continuer la lutte pacifique tout en réfléchissant ensemble sur la meilleure façon de faire pour que cette magnifique mobilisation et cette formidable énergie soit bien canalisée pour répondre aux attentes et revendications de cet admirable peuple d’une part, et d’autre part à nous concerter sur quel genre de société serait meilleur pour nous tous à court moyen et long terme.
    La perfection est hors de portée de toutes les sociétés humaines existantes aussi civilisé et avancé soit-elle, mais le progrès est à la portée de ce peuple dont nous faisons partie. Certes, les faiblesses et les risques existe, mais nous devons faire partie de la solution et non pas du problème. D’ailleurs votre contribution est un pas que je considère très positif, qui je pense ne tarderai pas à être suivi par d’autre contributions sur ce site, ou ailleurs sous une forme ou une autre, et comme on dit la base des torrents et des rivières ses des goutes.
    Il nous faut juste ne pas mettre la charrue devant les bœufs, d’abord on ce qui concerne l’organisation que vous avez mentionné est un problème qui parait complexe, mais il n’en est rien, la preuve est ce que le peuple algérien n’a pas cesser de démontrer depuis le 22 février. C’est-à-dire que le consensus horizontal a été fait avec brio par l’ensemble du peuple, mais la dite « Elite » qui est sensé faire le consensus vertical afin de portée les revendications de ce peuple à montrer ses limites pour ne pas dire davantage. Nous savons tous qu’il n’existe aucune salle ni aucun stade au monde capable de contenir la moitié des manifestants qui sont sortie à Alger uniquement. Et pourtant il faut bien que de ce peuple émerge des représentants qui auront une seule tache, celle de le représenter lors des négociations qui sont aussi inévitable qu’inéluctable. Donc la question à mon avis est de choisir les personnes qu’il faut pour une telle mission. Quand on est malade on cherche un docteur pas un boulanger, dans notre cas il nous faut des juristes chevronné et des patriotes sérieux pour les accompagner.

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    Mes chers compatriotes citoyens algériens !
    10 mars 2019 - 12 h 34 min

    Bonjour chers compatriotes algériens. Appel à la raison et à l’efficacité ! Les citoyens en révolte ont besoin de repère orthonormé au sens mathématique du terme, de repaire politique quoiqu’on dise. Il faut maintenant prendre position et laisser de côté la critique, de laisser l’idéologie, le projet de société pour plus tard et se concentrer essentiellement sur la meilleure manière de capitaliser cette révolte, cette insurrection, que Said Sadi préfère appeler « un miracle » ! On est pour ou contre le changement , on est pour ou contre le pouvoir et son système, oui ou non ? Cette grandiose manifestation est en principe une opportunité unique pour aller vers le vrai changement. On a besoin maintenant de la contribution des journalistes progressistes, des intellectuels progressistes, des personnalités intègres, des vraies forces du changement pour réfléchir sur les meilleures manières, les meilleures méthodes de combattre et de mettre à genou ce pouvoir. On n’a pas le droit de mettre des doutes dans les esprits des citoyens en révolte.

    Ya el khaoua, on est à peine à l’aube de la révolte qu’on commence déjà à critiquer, à se disputer, à effrayer les citoyens, à semer le doute, à brandir des épouvantails ! On n’a pas encore commencé la bataille de la nouvelle république qu’on fait dans la critique déjà. Alors que la bataille sera rude, ya El Khaoua ! C’est pour cela qu’il faut contribuer à faire prendre conscience à nos jeunes qu’il faut garder la tête froide et réfléchir sérieusement à la suite des opérations. Est-ce qu’il faut aller vers des grèves et de quelles natures elles doivent être ? Est-ce qu’il faut des formes de protestations, de manifestations autres que les marches etc… etc…?. Si le pouvoir s’entête il faut trouver les bonnes méthodes dans la graduation de la révolte !

    De plus, pour ce qu’on appelle les partis dits d’opposition qui souhaitent le vrai changement, même s’ils n’ont pas été à la hauteur car quelques uns ont jouer le jeu du pouvoir en lui servant d’alibi démocratique, nous avons encore besoin d’eux comme relais pour la suite des événements ! Quoi qu’on disent on aura quelque part besoin de Louisa Hanoune, de Mokrane Ait Larbi, de Zoubida Assoul, de Sofiane Djilali, de Ali Benouari, de Benbitour, de Ihsane Kadi, de Abed Charef, de Mouwatana, de Said Sadi, de Boukrouh, etc… etc… et même aussi des chefs de certains partis dits de l’opposition qui sont pour le vrai changement comme ceux du RCD, du FFS, du PT, du MDS, (ex communistes) etc.. etc… combien même ils sont en pleine crise interne et qui n’ont pas su s’unir dans le passé contre la machine de guerre du pouvoir et ont été bouffés par leur ego ! On ne peut pas exclure d’emblée sans ménagement les partis de la mouvance islamique (ou même les partis qui ont encore l’esprit et le réflexe du FLN de 62 et qui ne veulent pas prendre conscience de l’enjeu) car ils peuvent aussi contribuer au changement mais à une seule condition … qu’ils aient une réelle volonté de changement, et non celui du « changement dans la continuité ». La position très récente de la mouvance islamiste n’est pas claire du tout car elle prétend que les manifestations de rue ont nécessairement des relais occidentaux étrangers (la main étrangère) vu son ampleur et que les jeunes algériens sont incapables de s’organiser eux-mêmes de cette manière, ce qui est une insulte et un manque de respect à notre jeunesse.

    Les manifestants rejettent les partis dits de l’opposition, çà se comprend quelque part, mais il nous faut utiliser tous les relais disponibles pour commencer notre « grande bataille des Ardennes » , notre « grande bataille post indépendance » sachant que des même des Kamel Daoud, des Wassila Tamzali, des Mohamed Kacimi … etc… etc.. et beaucoup d’autres encore au sein de la diaspora peuvent eux-aussi être du combat. Eux peuvent très bien le faire de leur côté, combien même on peut les critiquer pour telle et telle position, ou sur tel ou tel sujet ! Ceux sont au final des personnes qui sont contre le pouvoir et son système, et c’est là l’essentiel.

    NB : L’organisation de la riposte ne va pas être facile devant un pouvoir autiste, qui ne veut rien entendre et qui s’accroche à la besace comme des Arapèdes (*) sur les rochers du bord de mer !

    (*) : C’est mon père le pécheur (qu’il repose en paix) qui m’a fait découvrir quand j’étais adolescent ces Arapèdes sortes de petit coquillage qui vivent collés au rocher durant toutes leur vie et qui peuvent servir d’appât ! Un jour il m’a demandé, pour me juger, de lui en enlever une. Même avec un canif ou un burin c’était impossible de les décoller car ils font ventouse ! Il m’a expliqué que la seule façon de le enlever c’est de les briser avec une pierre ou un outil de maçon ou de mécanicien ! C’est pour dire leur ténacité !

    A bon entendeur salut ! L’union fait la force, union pour le projet d’un vrai changement car l’heure n’est pas au combat idéologique et politique partisan ! Cette forme de combat c’est pour après la victoire, une fois les nouvelles règles politiques et de gouvernance, les nouvelles institutions mises en place ! Lazème n’kounou S’bou’3haa !

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    Anonyme
    10 mars 2019 - 12 h 22 min

    La force pourquoi?

    Avec des »si » on peut faire tout un monde.

    La donne n’est pas dans les théories ya Si Qeddour . Elle est sur le terrain. Pour l’heure il n’y a unanimité que contre le 5 ème mandat et accessoirement contre le 6tèm.

    Les tenants , les affidés et les profiteurs ne lâcheront pas comme ça , rien que parce que le peuple le leur demande selmiyène.

    L’opposition qui n’est qu’un magma de fragments incompatibles n’arrive pas à constituer une alternative.

    Le peuple, c’est quoi déjà le peuple ? Une masse réactive activée par l’aberration du 5ème mandat.

    Si la donne est :

    Est-il imaginable que le Système parte et remette les clefs à ses fossoyeurs ?

    Si la réponse est non, quelles sont les perspectives ?

    En voici une :

    Le système ne partira pas car il laissera marcher, il annulera les élections pour jouer les prolongations.

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