L’exemple soudanais

Soudan-Abdelfatah
Le chef du Conseil militaire soudanais, Abdel Fattah Al-Burhane, s’engage «à transférer le pouvoir au peuple». D. R.

Par R. Mahmoudi – Qu’est-ce qui retarde l’avènement d’une transition politique sérieuse en Algérie, un mois après la démission de l’ex-chef de l’Etat ? Il est clair que les atermoiements et les incohérences sur cette question ont eu comme effet de rendre encore plus illisibles les perspectives immédiates. A telle enseigne que tout le monde était curieux de savoir si le chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah, allait encore rester à son poste ou s’il devait annoncer sa démission, pour permettre la mise en place d’une instance de direction transitoire. Mais, il ne doit pas y avoir que cela.

A bien analyser la situation, on se demande aujourd’hui si une destitution à la traditionnelle d’Abdelaziz Bouteflika n’aurait pas été plus avantageuse pour le pays, dans le sens où cela aurait mis en demeure les décideurs militaires d’assumer leur responsabilité et d’accélérer le processus.

L’exemple soudanais montre bien que les choses se passent mieux quand l’armée se pose en interlocutrice directe du mouvement de contestation populaire et de l’opposition. Les dirigeants de l’armée soudanaise sont, certes, sous la pression des instances internationales, depuis la mise à l’écart d’Omar El-Bechir, pour remettre le pouvoir aux mains des civils, mais il y a un vrai dialogue et plusieurs initiatives sont proposées et prises sérieusement en considération. Entretemps, l’opposition soudanaise se mobilise et s’organise derrière des politiques racés et crédibles.

R. M.

Comment (18)

    Anonyme
    8 mai 2019 - 8 h 07 min

    Je reste convaincu que nous vivons avant tout une crise « SOCIETALE » Nous n’arrivons pas à réellement assumer notre crise de croissance « Economique Culturelle Politique et surtout sociétale .La Révolution Algérienne qui il y a 60 ans a assuré l’indépendance du pays a réussi cette étape a voulu assurer une véritable indépendance économique avec une masse populaire convaincue que l’indépendance c’est de remplacer les colons étrangers par d’autres « Colons » locaux Nous n’avons pas su mettre en place les valeurs réelles de cette société La classe politique née de cette période qui, n’était rien d’autre que le prolongement de la période coloniale (Pas de pensée réellement nouvelle dans le contexte national mais convaincu qu’en reproduisant le schéma de l’ancienne puissance coloniale alors qu’il fallait créer une nouvelle pensée politique de nouveaux concept respectant la société sans avoir à copier les colons (Les démocrates qui ne pensent que la laïcité à la française est la seule valable) Les conservateurs restant convaincu que seule la société moyen orientale est idéale Les deux mettant à la poubelle des penseurs comme Malek Bennabi ou Mustapha Lacheref

    Abou Stroff
    7 mai 2019 - 14 h 07 min

    si nous acceptons l’hypothèse que nous sommes en pleine crise du système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation et que la crise peut être appréhendée comme le moment « où l’ancien ordre du monde s’estompe et où le nouveau doit s’imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Cette phase de transition est justement marquée par de nombreuses erreurs et de nombreux tourment. » (A Gramsci), alors nous devons admettre que nous sommes face à un « clair-obscur » d’où peuvent surgir des monstres
    en d’autres termes, je pense que gaïd ne représente pas et ne peut point représenter le monde nouveau qui ne parvient pas encore à naitre et que j’oserai même avancer que le général, profitant de la crédulité de la populace, est en train d’assoir son pouvoir et de remplacer le fakhamatouhou qu’il a servi avec zèle avant de l’envoyer au musée.
    en effet, l’entêtement apparent de gaïd à ne pas transgresser la constitution peut indiquer qu’il veut simplement cacher le coup d’état militaire qu’il dirige en se cachant derrière un bensalah aussi amorphe qu’une limace et un hirak qui tourne en rond en attendant un messie.
    moralité de l’histoire: il n’y en a aucune, à part le fait que si le modérateur laisse passer mon commentaires, les « dislikes » vont pleuvoir

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      @Réponse à Abou Stroff commt. 14h07
      7 mai 2019 - 15 h 06 min

      Moi, je mettrai bien 2 pouces levés plutôt qu’un, car je m’apprêtai à faire un commentaire dans le même esprit.
      En effet, je me disais qu’en Algérie pour mettre main basse sur le pouvoir, il faut deux conditions :
      1) Avoir l’armée de son côté et surtout,
      2) Les structures étatiques qui sont indéboulonnables
      depuis 1962, car spécialisées dans la désinformation,
      les passe-droits, la corruption et bien d’autres choses
      encore…
      3) Les clans qui s’alternent au pouvoir chouchoutent ses
      deux structures pour asseoir leur emprise sur le pays
      avant d’imposer leurs hommes, d’ou l’utilité actuelle
      des » Ben salah, Bedoui et consorts… » dans cette
      phase cruciale.
      4) Je suggère au HIRAK de se décentraliser en minis
      hirak pour parvenir à séparer le bon grain de l’ivraie
      dans les structures étatiques pour atteindre et
      affaiblir la tête indirectement. Surtout, en évitant la
      chasse aux sorcières, le rejet de l’opposition, tendre
      la main plutôt que de stigmatiser. Il faut vendre
      l’instauration d’une justice équitable et transparente,
      base de toute Démocratie.

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      Karamazov
      7 mai 2019 - 15 h 57 min

      Tovarich Abou Stroff , je te salue.

      Nous l’avions dit et maintes fois répéter même si ces mouvements de masses pouvaient prêter à confusion et laisser croire qu’ils s’apparentaient à une révolution de type idiopathique. 20 millions de personnes dehors ça eut pu nous tromper. Quoi que personnellement je suis toujours resté sceptique.

      Surtout quand on voit l’engouement de tous nos analystes et observateurs les plus avisés.

      Je pense que nos intellectuels n’osent pas prendre le taureau par les cornes si vous pouvez me passer la formule.

      Ce que nous vivons n’est pas une crise politique au sens réduit à son domaine de définition . Elle est aussi politique mais qu’accessoirement même si c’est sous cette forme qu’elle se manifeste.

      La crise , oui la crise, que nous vivons est avant tout une crise socio-culturelle. Et les soubresauts auxquels nous assistons sont des manifestations d’adaptation et des signes d’inadaptation aussi.

      L’influence de la religion dans notre société est un signe tangible cette difficulté de mise à jour bugue le processus car elle est aussi inutile que persistante.

      Cependant le sous-développement économique et institutionnel de notre société laisse de la place à la religion et à la culture arabo-musulmane qui elles correspondent à notre niveau économique.

      La crise que nous vivons n’est donc ni de nature économique car on ne peut pas appeler un système rentier un système économique dans le sens de mode de production de richesse car il ne produit rien ni de nature politique car les composantes du système sont toutes taillées dans la même veine.

      Donc Le Général oula Sidi Khlifa c’est kifkif barikou. En attendant le Dindou va sans doute mettre en veilleuse ses processions incantatoires du vendredi à cause du ramadhan au lieu de faire l’inverse

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        Abou Stroff
        7 mai 2019 - 16 h 41 min

        Komrad Karamazov, je te salue!
        voilà ce que j’écrivais bien avant que notre bienaimé fakhamatouhou ne soit envoyé au musée.
        dans le système basé sur la distribution de la rente et sur la prédation, il y a, d’une part, des couches rentières, c’est à dire les couches qui contrôlent la distribution de la rente et, d’autre part, des couches clientes qui reçoivent des miettes de rente et qui sont ainsi réduites à un ensemble de tubes digestifs ambulants amorphes. au nom de quelle logique, les couches rentières accepteraient-elles l’arbitrage des tubes digestifs ambulants (le hirak?) en ce qui concerne la question du pouvoir? et dans quel « structure » a t on vu des tubes digestifs ambulants contrôler les agissements de celui ou de ceux qui les gavent? les réponses se trouvent dans les questions posées.
        moralité de l’histoire: le système rentier, contrairement à d’autres systèmes (le système capitaliste, entre autres) ne créé pas, en son sein, ses propres fossoyeurs ou plus généralement les conditions de son propre dépassement. par conséquent, croire que ce système pourrait être dépassé par le simple jeu des élections relève soit d’une myopie profonde, soit d’une niaiserie ridicule, soit des deux à la fois. dans tout les cas de figure, la destruction du système rentier passe par la neutralisation des couches rentières et la neutralisation des couches rentières ne peut se réaliser que par le tarissement de la rente.

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      Zaatar
      7 mai 2019 - 18 h 35 min

      Cher Abou Stroff je te salue,
      A priori point de dislike. La machine s’est peut-être enrayée. Mais je m’étonne encore qu’il y ait des masses qui ne connaissent pas H’mida. Faut croire que le général a mis la sauce et bien épicée pour tromper… reste à savoir quand va t’il dévoiler ses véritables visées.

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      Zaatar
      8 mai 2019 - 4 h 08 min

      Cher Abou Stroff je te salue,

      Gaid Salah n’a pas parlé ce mardi saint, et je crois qu’il ne dira rien non plus ce mercredi. Y aurait-il un changement qui se prépare? Après nous avoir habitué aux discours de mardi qui suivis d’arrestations et de convocations au tribunal les jours d’après on ne peut qu’en demander plus… quelle fin nous prépare t’il?

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        Abou Stroff
        8 mai 2019 - 9 h 54 min

        Zaatar, je te salue!
        en effet, gaïd, après avoir inspecté des sous-marins (ghowassates en langue nationale), s’est muré dans un silence assourdissant.
        conclusion imparable: il doit nous concocter quelque chose qui nous fera hurler de joie ou gémir de douleur (probabilité de 0,5 pour chacune des alternatives)
        PS: nous avons été programmés de telle sorte à ce que nous attendons tout des démiurges qui nous gouvernent. continuons donc à « hiraker » en attendant que notre sort soit scellé.

    Karamazov
    7 mai 2019 - 9 h 53 min

    Au cas où on l’aurait oublié : Cha3bou ldjazaïri Mouslimoun wa illa el3ouroubati yantassib. C’est bien de rafraîchir nos mémoires en ce mois sacré du ramadhan par qui tout notre bonheur d’être musulmans arriva.

    On aurait pu oser la comparaison avec un pays d’Amérique du Sud , de l’Europe de l’Est, Ils ont eu aussi des généraux , des militaires au pouvoir aussi, mais non ! Le Soudan !

    Ce matin en faisant la revue de la presse j’avais complètement zappé nos petits malheurs. Et pourtant ce n’est pas les sujets d’actualités plus prenant qui nous ont éclipsés. Je penserais plutôt que nous commençons à lasser le monde après l’avoir surpris un temps.

    Et cette comparaison au Soudan n’a rien de fortuit : c’est le signe qu’en nous mêmes nous ne nous trouvons rien d’exaltant.

    Je vous parie qu’à partir de maintenant nous allons combler le vide par l’imagination .

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      Zaatar
      7 mai 2019 - 11 h 20 min

      Cher Karamazov,
      Mon pseudo a été usurpé par quelqu’un du site (Karimdz), un outrancier malveillant qui, se sentant diminué dans les idées par rapport à ce qu’il lit ici sur AP au travers des intervenants, s’est vengé sur moi car c’est à moi qu’il a eu le plus à échanger le plus. Donc ne t’étonne pas de lire des bêtises sous mon pseudo.

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        Karamazov
        7 mai 2019 - 11 h 42 min

        Ne t’inquiète pas : bon sang ne saurait mentir !

        j’arrive même à lire quand tes posts ne sont pas publiés et ce que tu ne dis pas quand ils le sont.

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          Zaatar
          7 mai 2019 - 12 h 36 min

          Cher Karamazov je te salue,

          je n’en doute pas un instant.. Merci.

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    صالح/ الجزائر
    7 mai 2019 - 9 h 36 min

    C’est ça , «l’opposition soudanaise se mobilise et s’organise derrière des « politiques racés et crédibles »» .
    Existe-t-il une opposition algérienne mobilisée et organisée derrière des politiques racés et crédibles , qui n’attend pas que l’ANP remplisse la fonction à sa place pour lui présenter ensuite le pouvoir sur un plateau en or ? .
    l’opposition algérienne , toutes tendances confondues , est peut être plus haïe que les tenants du pouvoir eux-mêmes , car il n’y a pas de différence entre la mafia politico-financière qui est déjà à la source de la rente gazière et pétrolière , et les autres hypocrites qui utilisent les mêmes moyens étatiques et les mêmes procédés et tactiques afin d’arriver au même but, c a d accéder à la même source .

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    6 mai 2019 - 20 h 38 min

    Rien n’a comparer avec le Soudan,ce pays est pris en otage par les Saoudes,presque annexe.

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      Elephant Man
      7 mai 2019 - 17 h 24 min

      @226
      Exactement c’est comparé l’incomparable.
      Al Burhane n’est autre que l’homme de main de l’Arabie Saoudite.

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    Chez-nous le tournoi...
    6 mai 2019 - 18 h 49 min

    …est plus fourni. Il y a plusieurs écuries qui doivent se départager d’abord, avant d’atteindre la finale qui va se jouer avec le peuple qualifié d’office. La grande inconnue c’est d’espérer que le match ne soit pas truqué !

      Zaatar
      7 mai 2019 - 4 h 02 min

      T’inquiète pas H’mida a acheté tous les arbitres.

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        Requiem pour les morts
        7 mai 2019 - 6 h 22 min

        H’mida Toufik était le meilleur des arbitres : on ne comptera pas les pénaltys qu’il accordait au FLN, un peu moins pour le RND, une vingtaine pour le MSP et des miettes pour le reste des oisillons.

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