Pourquoi l’ANP ne peut pas envisager une solution à l’égyptienne

AGS ANP
Le général Ahmed Gaïd-Salah, chef d'état major de l'ANP. New Press

Par Dr Arab Kennouche – La démission forcée du président de la République Abdelaziz Bouteflika a propulsé l’état-major de l’ANP sur le devant de la scène politique d’une manière inédite, et pour plusieurs raisons fondamentales. L’homme fort de l’ANP, Ahmed Gaïd-Salah, est devenu, suite à son injonction envers l’ex-chef de l’Etat de céder le siège présidentiel, un homme clé de la transition revêtant au même titre que l’ensemble de la classe politique une fonction d’arbitre incontournable dans le règlement de la crise pourtant perçue comme étant essentiellement politique. Cependant, même si le chef d’état-major s’est fait fort de revenir à la lettre constitutionnelle pour tenter une solution définitive à l’incurie de la fonction présidentielle, il n’en demeure pas moins que c’est l’option militaire du règlement politique du problème qui l’emporte actuellement sur une approche purement civile.

En appelant à l’application de l’article 102 et au respect des articles 7 et 8 de la Constitution de 1996, Ahmed Gaïd-Salah a voulu se prémunir de toute tentative de dénonciation et de dépassement des prérogatives de l’ANP dans le champ politique, tout en réaffirmant deux principes devant conduire à la résolution de la crise de l’Etat algérien en cours : respect de la norme constitutionnelle et respect de la souveraineté populaire. Dans cet esprit, une date a été déterminée pour l’élection d’un nouveau Président, soit le 4 juillet 2019. Si le principe d’une acceptation de la Constitution en vigueur semble assez partagé, le mouvement citoyen (hirak) réclamant lui-même l’application de certains articles faisant retour à la souveraineté populaire dans le choix des institutions, la date fixée par le Président intérimaire et le chef d’état-major suscite une vive inquiétude dans la population et l’opposition politique pour deux raisons essentielles.

Techniquement, elle ne permet pas l’organisation politique de l’opposition qui, depuis le 22 février, a pris une nouvelle forme jamais exprimée auparavant, surpassant en revendications celle qui agissait sous Bouteflika. Le motif est pertinent et acceptable si le chef de l’Etat intérimaire, Abdelkader Bensalah, et le chef d’état-major de l’ANP reconnaissent cette nouvelle «opposition» dans son droit constitutionnel de participer à l’élaboration de nouvelles institutions. Mais, en recourant aux articles 7 et 8, tout en promulguant une élection à très court terme, le pouvoir politique actuel tuerait l’émergence d’une nouvelle forme de combat politique, démocratique mais encore peu organisée, celle du 22 février. Que faire ? Aller aux élections maintenant ou se doter d’une année entière qui garantirait un temps plus fécond pour l’organisation de la nouvelle représentation politique ?

Au fond du problème se pose la question de la légitimité du pouvoir actuel à vouloir organiser une élection. Ainsi, au plan de la légitimité, le hirak dans son ensemble est fondé à contester l’idée d’une élection présidentielle par un personnel politico-militaire encore au pouvoir et qui prônait, il y a quelque temps, la continuité du système. Il faut cependant souligner que le chef d’état-major de l’ANP obtient la primauté et une part de légitimité supérieure à son chef hiérarchique, le Président intérimaire Bensalah, pour avoir décidé la «démission du chef de l’Etat» dans un cadre constitutionnel, faisant écho en cela à la voix du peuple. Légitimité réduite mais essentielle pour contrôler tout processus politique à terme, par la tenue d’une élection présidentielle.

Pourquoi, alors, Ahmed Gaïd-Salah décide-t-il la tenue d’une telle élection, sachant que le mouvement citoyen n’aura jamais le temps et les moyens de présenter un candidat pour le 4 juillet prochain ? Il existe plusieurs réponses possibles à cette question. Tout d’abord, objectivement, nous pouvons mettre au crédit des autorités actuelles que tout mouvement de rue même légitime nécessite un niveau de structuration que le hirak ne possède pas encore. Et attendre indéfiniment l’émergence de nouveaux acteurs politiques, de nouveaux partis, reviendrait à prendre un risque énorme de vacance perpétuelle du pouvoir, de même que cela ouvrirait la voie à toute forme d’infiltration externe. D’où la nécessité d’agir vite. Mais, en agissant vite, on condamne le hirak à la non-représentation. Il faut donc sortir du cercle vicieux : la création d’une instance neutre qui chapeauterait la restructuration de tout le champ politique algérien incluant tous les anciens partis, purgés du bouteflikisme, et de nouvelles formations politiques en phase avec le réveil du 22 Février.

Une deuxième question fondamentale émerge par voie de conséquence : pourquoi le chef d’état-major refuserait-il l’émergence d’un tel organe transitionnel apolitique qui défende les intérêts suprêmes et stratégiques de la nation, dans l’esprit d’une refondation républicaine ? Il est difficile de répondre à cette question sans évoquer le poids des contingences de l’héritage bouteflikien.

Tout d’abord, se pose la question de qui serait légitime pour désigner les membres d’un tel comité de direction. En d’autres termes, où se situe la frontière entre un bouteflikisme détesté et l’ancien système tombé dans l’opposition, entre l’ancienne et la nouvelle opposition ? Si le hirak réclame le départ de l’ancienne caste politique, qui donc pourrait se prévaloir de l’autorité légitime à créer une organisation de la transition ? Si l’on supprime l’ensemble des acteurs de l’ancien régime, comment désigner les prétendants à l’organisation de la transition d’une façon impartiale et neutre ? Quels critères d’inclusion politique retenir ? Faudra-t-il y inclure des personnalités de l’ancienne mouvance islamiste au motif d’une inclusion totale et impartiale ? C’est ce genre de questions techniques mais aussi idéologiques qui risquent d’émerger, à moins qu’une plateforme préventive ne soit votée pour spécifier les critères futurs d’inclusion des formations politiques qui fasse droit à la nouvelle opposition.

Mais il faut aussi admettre que des facteurs purement politiques pousseront le pouvoir actuel à contenir l’action du hirak. Le chef d’état-major actuel était désireux par l’idée du 5e mandat de continuer sa mission au sein des forces armées. Or, une telle volonté ne pourrait être que contrecarrée par l’avènement d’un nouveau régime présidentiel redonnant les pleins pouvoirs au nouveau chef de l’Etat. Par le contrôle d’une élection rapprochée, le chef d’état-major de l’ANP garantirait en quelque sorte sa fonction au sein de l’ANP non pas forcément pour des raisons personnelles, mais plutôt stratégiques.

Mais il n’est pas certain que celui-ci veuille véritablement rempiler. A près de 80 ans, Ahmed Gaïd-Salah se sait plus proche de la retraite. Indubitablement, il peut simplement vouloir organiser sa retraite dans des conditions honorables. Quant à l’hypothèse d’un pouvoir militaire «présidentialisé», à l’égyptienne, elle semble peu tenir la route et pratiquement impossible en Algérie. Gaïd-Salah sait pertinemment que le peuple ne suivrait pas et le défierait. Lui-même ayant rappelé la force de la souveraineté populaire, il serait inconcevable d’aller à son encontre par plus de répression. C’est plutôt l’option d’un Président en phase avec sa démarche qu’Ahmed Gaïd-Salah rechercherait. Reste à trouver le candidat charnière entre lui-même et le peuple.

A. K.

 

Comment (28)

    Sindra
    21 mai 2019 - 10 h 52 min

    De quelles URNES parlez-vous? Les mêmes urnes depuis ’62 où la voix du peuple n’a jamais été prise au sérieux et dont les résultats finals n’ont été que des quotas décidés à l’avance!
    Insulter le peuple, comme vous le faites, de hystérie collective démasque bien le camp auquel vous et une infime minorité de gens font part.

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      Citoyen Dz
      21 mai 2019 - 13 h 39 min

      Et ca recommence ! … depuis 1962 etc et patati et patata , mais ma chere Sindra , la faute incombe a  » l’opposition  » qui ne peut meme pas proteger  » ses urnes  » et qui aspire plutot reve a gouverner un pays aussi grand et anarchique que le notre ! En 1990 et 1991 , c’est bien le fis qui a gagner les élections organisées par le pouvoir , mais dit-on , il n’ya pire aveugle que celui qui ne veut pas voir .

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    Retraite bénie!
    21 mai 2019 - 0 h 36 min

    C’est vrai à l’age de 80 ans, Gaid Salah ne devrait penser qu’à introduire son dossier pour bénéficier d’une retraite; retraite dorée, mais une retraite comme même.
    Si avant de partir, il décide, en un geste courageux, de se mettre au diapason des revendications populaires, le peuple lui revaudrait cela, en lui pardonnant d’avoir été proche du clan du président sortant et d’avoir soutenu ses différentes mandatures et, aussi, pour avoir été favorable au cinquième mandat ainsi qu’au prolongement du quatrième, avant de changer d’avis, sous la pression de millions d’algériens.
    Dans ce cas là, les algériens le gratifieront de leur bénédiction et l’accompagneront dignement lors de son départ vers une retraite bénie.
    Bien entendu, les autres membres du commandement militaire,âgés,et qui seraient concernés par la retraite, recevraient le traitement similaire de la part de leurs compatriotes.

    Citoyen Dz
    20 mai 2019 - 18 h 20 min

    Si on devait attendre que l’opposition s’unisse ou que le  » hirak  » s’organise , on en a pour minimum un siecle , je dis bien un siecle , n’oubliez pas qu’on est déja a prés de soixante (60 ) ans de notre independance et on a toujours une opposition de dechra ! Il y’a une confusion terrible , les gens confondent ou melangent : election presidentielle , élection legislative , election communale . Les meneurs du hirak auront toutes leurs places dans les deux dernieres , mais absolument pas a l’élection presidentielle , c’est absurde , on est pas au USA ou en france !

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    karimdz
    20 mai 2019 - 18 h 03 min

    On peut dire que l’ANP sous l impulsion du général Gaid Salah, a empéché cette situation. Il faut savoir que si celui ci n’avait pas bougé, le clan qui gravitait autour d’un président malade et qui s’était arrogé le pouvoir, n’aurait pas hésité à affronter le peuple.

    Nous avons donc la chance d’avoir une ANP qui s’est manifesté aux cotés du peuple et décidé à l’accompagner dans sa volonté de changement. C’est la synergie peuple armée qui serait le succès de cette entreprise.

    Les situations egyptiennes et algériennes ne s inscrivent pas dans le meme contexte. L’état egyptien est sous la coupe des états unis et d israel, qui ne souhaitent pas l’émancipation du peuple egyptien, parce qu’ils craignent que leur politique criminelle ne soit remise en cause. Or, on voit bien avec sisi le sioniste, que le traitement de la question palestinienne est aux antipodes, et meme encore pire, l egypte reprime et veille au blocus palestinien.

    En Algérie, nous avons une ANP qui demeure gardienne de la souveraineté nationale, et qui n est pas soumise à une influence extérieure, quand bien meme au niveau politique, c’est moins vrai. Et je dirai fort heureusement que notre armée est indépendante, car sinon, le traitement de ce hirak, aurait été le même que celui qu’a connu le pays, en 1988 je pense.

    L’ancien système ne s’efface pas avec le départ de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Une nouvelle république, démocratique, doit progressivement reprendre ses droits dans tous les rouages de l Etat, et s’enrichir d’une nouvelle constitution qui devra nous prémunir ce ce type de crise.

    Cela dit, demeurons toujours vigilants, nos ennemis désespèrent de voir le chaos dans notre pays, hamdoulilAh, les algériens sont lucides et patriotes.

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    Abdellatif
    20 mai 2019 - 16 h 19 min

    Gaid Salah pour assurer cette opportunité contre toute ingérence de nos ennemis et Harkis internes et externes et Ahmed Benbitour pour l’option politique et un état de droit.
    Ainsi on sera les seuls je dis bien les seuls à concrétiser La démocratie dans le sens Noble du terme avec les Vertus humaines.

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    Anonyme
    20 mai 2019 - 13 h 37 min

    L’état français veut imposer, secrètement, bien sur, un nouveau Sissi …..mais cette fois,….. algérien
    Qui garantira ses interets économiques, et militaires, ainsi que ceux
    Du complexe banquier- militaro – industriel français
    Pour rappel la France a vendu à l’Egypte du « Maréchal… » dictateur sanguinaire égyptien Abdelfettah Essisi
    Pour plus de 8 milliards d’Euro d’armes, et de munitions, entre 2016, et 2018
    Passer « une alliance stratégique, et militaire secrète » pour lutter contre « Daech », « El Quaida », en Egypte,
    Et en Afrique (Libye, Sahel,…), et,…protéger, ainsi, le régime militaire égyptien, de toute « mauvaise surprise »
    (par les renseignements, les exercices conjoints, aides sous formes diverses,…)

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    Zombretto
    20 mai 2019 - 12 h 07 min

    Si Gaïd Salah avait la moindre intention de faire ce que le peuple veut, et s’il avait une once d’amour pour son pays, il aurait déclaré dès le 22 fevrier : « Frères algériens et sœurs algériennes, je suis ému jusqu’aux larmes par votre sursaut patriotique, votre pacifisme, votre maturité et votre détermination, Vous avez raison de vouloir changer de régime, et l’armée est avec vous. Vous êtes la vraie constitution. L’armée s’assurera que votre volonté soit faite. Rassemblez-vous, débattez entre vous et choisissez-vous des représentants par quartier, qui eux choisiront des représentants par ville, village ou arrondissement, qui à leur tour choisiront des représentants par wilayas. etc. Nous arriverons ainsi à un groupe assez petit pour organiser des discussions mais assez grand pour représenter tous les algériens. Ils décideront d’une nouvelle constitution et d’une nouvelle présidentielle. Ça pourrait prendre une année ou deux. En attendant, l’armée s’assurera de votre paix et de votre sécurité. Vive l’Algérie !! »
    Au lieu de ça nous avons des tergiversations sans fin et des menaces à peine voilées envers le peuple, puis des reculades, et ensuite de nouvelles menaces, nouvelles reculades, discours à double-sens, etc… Cet homme ne veut pas qu’une Algérie émerge sans que ce soit lui-même qui la façonne.

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      Digage!
      20 mai 2019 - 12 h 44 min

      Gaid Salah s’attribue le mérite d’avoir dégagé Bouteflika et sa « 3issaba » alors que c’est le peuple qui a pris son courage des 2 mains pour sortir dans la rue braver l’Omerta et la complicité de tout le Système, gaid Salah compris.
      Maintenant, il est devenu un Frein au Changement au lieu d’en être le moteur.
      Il a chassé Bouteflika pour prendre sa place.
      Arrêtons de manifester pour exiger le départ des 3B, car ils seront remplacés par les 3C et ainsi de suite.
      Il est temps de mettre Gaid Salah face à ses responsabilités et de négocier directement avec lui.
      La transition se fera sans lui et sans les apparatchiks qu’on tente de nous vendre.
      Après, Gaid Salah doit partir comme Bouteflika, il n’a pas d’autre choix.

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        Anonyme
        20 mai 2019 - 15 h 52 min

        Mon ami ce qui se passe te dépasse à des hauteurs stratosphériques…concentre toi sur la prochaine et proche rupture du jeun….dans quelques heures..

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          Digage!
          21 mai 2019 - 12 h 44 min

          A part ton avis tranché sur ma modeste personne, aurais-tu un avis intéressant à nous faire partager sur le sujet traité ?
          Tu as l’air de maîtriser les Horloges, vu ta hauteur de réflexion.

    Anonyme
    20 mai 2019 - 12 h 05 min

    La période de 90 jours est constitutionnelle, « période légale ». La nomination de Bensalah l’est aussi. Tout ce qui est dit dans cet article, est du pur fantasme. L’ANP est du côté du peuple et l’a protégé durant ce hirak. Oubliez le scénario à l’égyptienne.

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      Sindra
      20 mai 2019 - 12 h 32 min

      Elle peut-être « légale » comme vous dites mais elle n’est certainement pas LÉGITIME. Le peuple, et seulement le peuple, donne cette légitimité. Etre au pouvoir légalement mais sans légitimité (sans peuple) est la façon la plus sûre de détruire le pays.

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        Citoyen Dz
        20 mai 2019 - 17 h 52 min

        Mais c’est quoi cette hysterie collective ! le peuple veut , le peuple veut … le peuple ! oui c’est le peuple qui donne la legitimité aux gouvernants … mais a travers LES URNES , sinon c’est du tag ala man tag , comme au « bon vieux temps  » de la decennie rouge ! et la  » force  » n’est absolument pas du coté du peuple .

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          Sindra
          21 mai 2019 - 13 h 00 min

          De quelles URNES parlez-vous? Les mêmes urnes depuis ’62 où la voix du peuple n’a jamais été prise au sérieux et dont les résultats finals n’ont été que des quotas décidés à l’avance!
          Insulter le peuple, comme vous le faites, de hystérie collective démasque bien le camp auquel vous et une infime minorité de gens font part.

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      Moufok El-Wahrani
      20 mai 2019 - 16 h 46 min

      Comment peut-on concevoir la legalite de nomination de Bensalah? la personne meme qui a nomme Bensalah croupit en ce moment en prison pour avoir usurpe les prerogatives d’un president moribond.

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    Le Duc D'Alger
    20 mai 2019 - 11 h 45 min

    Ce qui a césar reste à césar, l’armée ne veut pas se séparer du pouvoir et ses prévileges, et aussi par crainte de ne plus pratiquer son sport favoris d’être au dessus des lois, l’argent et la folie des grandeur ces des gènes propres aux Maghrébins et aux Arabes

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    Argentroi
    20 mai 2019 - 11 h 01 min

    Le problème qui est posé à Gaïd Salah et à l’état major est comment mener à une transition qui assurera sa retraite. Gaïd Salah et ses pairs se sont faits beaucoup d’ennemis dans la phase actuelle. Ainsi, ils ne peuvent courir le risque d’aller à des élections qui amèneront à la réhabilitation de leurs ennemis mortels.
    Bien sûr, si aucune force politique ou mouvement politique ne donne l’assurance à Gaïd Salah et à ses pairs que leur démarche actuelle ne sera jamais remise en cause et qu’ils seront à l’abri s’ils prenaient leur retraite, il est tout à fait logique que Gaïd Salah soit obligé de rester maître du jeu.
    Mais qui peut faire siennes ces préoccupations légitimes de Gaïd Salah pour que l’ANP puisse renoncer à jouer ce rôle politique majeur et ainsi permettre une ouverture démocratique salutaire? Le mouvement populaire naissant, le hirak, peut-il assurer cette exigence de l’heure ? On voit bien que la décantation politique au sein du hirak tarde à venir du fait que les interférences et les manipulations sont criardes : on les voit aussi sur la Toile.
    Ainsi, si le mouvement populaire n’arrive pas à s’autonomiser politiquement et à prendre des positions unanimes sur les questions de fond comme de tisser des alliances, on aura alors une véritable stagnation qui ne sera pas à la longue avantageuse à l’avènement d’une nouvelle Algérie.

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      Bof
      20 mai 2019 - 11 h 32 min

      Vous êtes entrain d’insinuer que l’Algérie est privatisée comme une vulgaire SARL. Donc pour quitter le pouvoir il faut être assuré de vivre tranquille et ne pas être embêté par la justice si on a commis des délits? C’est quoi cette mentalité. Alors pourquoi on convoque Ouyahia et ses comparses ?
      Si Gaid Salah a commis des délitsau profit de ses enfants ou de ses amis il doit passer à la caisse comme tout le monde.

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        Argentroi
        20 mai 2019 - 13 h 18 min

        @ Bof
        Le débat n’est pas d’ordre moral mais d’ordre politique. On voit bien que tu t’inscris dans une mouvance qui n’a pas les moyens de sa politique puisque on peut se demander quelle est la force de cette dernière pour pouvoir ainsi traduire Gaïd Salah en justice comme tu le souhaites ? Cela sera possible si cette mouvance pouvait libérer Toufik et l’installer sur le champ chef d’état-major car il est le seul , avec la puissance et l’efficacité de ses réseaux, à pouvoir parvenir à cette difficile tâche de renverser la vapeur !
        De même, et on le perçoit, le mouvement populaire naissant n’a pas fait, et ne la fera jamais, mienne ta préoccupation morale, même si on mettrait des siècles à lui souffler ton vœu. Que reste-t-il alors à faire, composer pour faire avancer les choses ou adopter ce nihilisme que tu exposes et que tu nous invites à suivre ?

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    Zombretto
    20 mai 2019 - 10 h 56 min

    « C’est plutôt l’option d’un Président en phase avec sa démarche qu’Ahmed Gaïd-Salah rechercherait. Reste à trouver le candidat charnière entre lui-même et le peuple. »… Accepter ça serait le summum de l’absurdité. Ça voudrait dire que le président serait élu à 50% par le peuple et 50% par Gaïd Salah. 40 millions d’algériens d’un côté de la balance et un homme de l’autre côté, et c’est censé faire la mesure juste ?
    Les anciens du « Système », dont Gaïd Salah fait partie, ont ça dans leurs gènes. Ils se croient les pères et propriétaires des algériens et s’attendent à être obéis par leurs « enfants ». Ils ne perdront jamais cette arrogance. Ils ne lâcheront que ce que le peuple les forcera à lâcher.

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    dal G ri
    20 mai 2019 - 10 h 07 min

    JE ME DEMANDE OUI JE ME DEMANDE SI LES SOLDATS SONT MAÎTRE DE LEURS OPINIONS ET SIL ONT LE DROIT DE LES EXPRIMER

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    Digage!
    20 mai 2019 - 9 h 58 min

    Ça y est, vous nous avez fâché notre 3ammi Salah. Il boude dans sa caserne et refuse de nous abreuver de ses discours du Mardi. Vous êtes contents ? on va faire quoi maintenant ? On va être obligés de s’organiser des élections anticipées pour élire 3 Sages qui vont aller le raisonner et lui dire tout notre amour pour lui et son action salutaire.
    Aller je me lance :
    « 3ammi Salah reviens ! tu nous manques ! tu es le nouveau Petit Père du Peuple »
    Un peu d’amour dans ce monde de brutes.

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    saad odher
    20 mai 2019 - 8 h 38 min

    on essaie de preserver au maximum et le plus longtemps possible , les gros interets des emirats , en echange d’un exil doré jusqu’à la fin de ses jours.
    c’est tout ce qui s’etend la politique des tenants du pouvoir actuelles, manigances , larbinisme mediatique et judiciaire, menace exploitation de politiques sans aucune consistance ni personnalité .reglements de comptes , elimination et neutralisation des adversaires et ennemi potentiels,

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      Sid
      20 mai 2019 - 9 h 27 min

      Effectivement, tout porte à croire que votre lécture est juste. Gaid Salah semble n’être intéressé que par le prolongement de son règne et de son immunité.

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    Algérie nouvelle
    20 mai 2019 - 8 h 34 min

    pour répondre à votre question: « qui donc pourrait se prévaloir de l’autorité légitime à créer une organisation de la transition » je vous dirai simplement : les représentants de ce peuple!!! il ne faut pas seulement les chercher chez les politiques. De toute façon les seuls politiques neutres actuellement font l’objet de campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux orchestrées par ce régime pour faire le vide et dire qu’il n’y a pas d’autres alternatives. S’ils veulent des représentants il faudrait simplement commencer par convoquer les représentants de tous les syndicats (avocats, médecins, architectes, ingénieurs, universitaires, agriculteurs, éducation etc…) et des associations non politiques et vous aurez déja 200 ou 300 représentants de ce pays. Ce sera à ces personnes d’élire un collège de 5 personnes pour gérer la transition. C’est le meilleur moyen d’avoir des gens intègres (aucun syndicat n’acceptera d’envoyer comme représentant un corrompu). C’est juste un exemple, parmi d’autres mais ce n’est qu’une question de volonté. Si l’armée voulait transmettre les rênes du pays à des gens nouveaux elle trouverait le moyen de le faire. Le problème c’est que ce régime cherche une solution « light » avec quelques figures pas trop mouillées de l’ancien système et des figures neuves et ça le peuple n’en veut pas…

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    Abou Muppet Show
    20 mai 2019 - 8 h 26 min

    Moua, petit tube digestif et dévôt, je dis chapeau bas à 3ammi Gaid, qui tient la baraque alors qu’il se trouve confronter à 20 années de destruciton méthodique du pays, infesté de marocains et de naturalisés, pour qui servir aveuglément Bouteflika constituaient leur raison d’être ( en échange de bourses à l’étranger pour leur rejetons, qui ne reviennent jamais d’ailleurs…ou d’argents et avantages divers).
    Moua, je me dis que finalement, entre les quelques détracteurs acharnés et focalisés sur la personne de 3ammi, et la réalité, il y a un gap enornissime !
    Personne, absolument personne n’aurait pu tenir la barauqe comme 3ammi…O certes 3ammi n’est pas l’homme providentiel, le méssie, le guide, d’ailleur sje suis persuadé qu’il ne s’est jamais vu comme cela ( d’ou le parallèle avec Sissi, que quelques penseurs autorisé du fin fond d’un canapé cuir en France ou ailleurs, essayent, en vain de nous vendre, fascinés qu’ils sont par 3ammi…)

    En 2 mots, Vamos Algeria ! Vamos 3ammi Gaid ! La poursuite de la feuille de route est nécessaire et indispensable pour couper l’herbe soue le pied d’apprentis Bouteflika bien plus dangereux pour l’Algerie que les périls qu’ils inventent et greffent autour de 3ammi…

    Il faut une transition avec des femmes et des hommes sincères et reconnus du peuple algérien, il n’y en a pas beaucoup, très peu même, mais il faut faire avec dans un premier temps…

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      IhawHaw
      20 mai 2019 - 17 h 19 min

      Ya à peine trois mois il était pour le 5eme mandat;; C koi ton khorti. Il a toujours appuyé, couvert, protégé Bouteftoufa, tous les boutesrika. Qu’est ce qu tu racontés là. Il savait depuis toujours que c’était Said « lem3allam ». Et si à la fin Salah a écarté Said…..C’est parce que Said voulait mettre fin aux fonctions de Salah. C’est aussi simple que cela.

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