Tribunaux d’Alger : les gendarmes expulsent les magistrats grévistes

tribunal gendarmes
Tribunal de Bir Mourad Raïs, les gendarmes prêts à intervenir. PPAgency

Par Mounir Serraï – La situation se corse entre les magistrats et le pouvoir. En effet, les gendarmes ont, une nouvelle fois, fait appel à la force pour faire sortir les magistrats grévistes à Alger. Après le «coup» d’Oran qui a fait le tour du monde, les gendarmes, un corps militaire relevant de l’état-major de l’armée, a «chassé» de force les magistrats grévistes des tribunaux de Sidi M’hamed et de Bir Mourad Raïs.

Un nouvel épisode de ce qui s’apparente à un véritable bras de fer entre le pouvoir, incarné par Gaïd-Salah, et les magistrats qui tendent à radicaliser leur mouvement de grève. Ce qui s’est passé dimanche à Oran et ce lundi à Alger a été qualifié de dérapage sur lequel les magistrats ne comptent pas se taire. Le Syndicat national des magistrats (SNM) qualifie ce qui s’est passé à Oran de «violation du caractère sacré des juridictions, consacré par les conventions internationales en temps de paix et de guerre».

Le communiqué a considéré que l’intervention de la gendarmerie s’est déroulée «à un moment où le Syndicat répondait à des appels à la médiation en vue de résoudre la crise». Le Syndicat a estimé, par ailleurs, qu’il y avait contradiction dans le discours officiel du ministère de la Justice, tout en dégageant toute responsabilité en cas de réaction violente des juges après ce qui s’était passé dans la Cour d’appel d’Oran qu’il qualifie de «scandale».

Le SNM a affirmé qu’il se réserve le droit de prendre les mesures légales appropriées contre les responsables de cet incident. Le Syndicat a déclaré avoir décidé de rompre tous les efforts de médiation et de dialogue avec le ministère pour résoudre la crise, tout en posant le départ du ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, comme préalable à toute reprise du dialogue avec la tutelle.

M. S.

Comment (12)

    ABOU NOUASS
    5 novembre 2019 - 6 h 59 min

    En Algérie tous les services publics et autres institutions, sont sous les ordres des militaires, et c’était là que le bât a blessé !

    Je me rappellerai toujours de ce jour hivernal de 1965 de ce gendarme ordinaire illettré de surcroït qui avait giflé le maire d’une petite ville du pays, sans que celui-ci ne bronche.

    Et pourtant un Maire est Officier de l’Etat-Civil. Ce qui est tout à fait contradictoire me diriez-vous.

    Par conséquent , ces magistrats ont toujours été soumis au diktat militaire et leur lâcheté envers le peuple , ils la paient aujourd’hui.

    Moralité : il n’existe de syndicat de la magistrature que sur papier.

    9
    6
    57 ans de honte
    4 novembre 2019 - 22 h 55 min

    les résidus et leurs chef s enfoncent chaque jour d avantage dans la débâcle

    7
    7
    Zenaty
    4 novembre 2019 - 20 h 22 min

    RENDEZ NOUS LES CLÉS DE NOTRE LIBERTÉ.. VOUS CHERCHER QUOI…. UNE HUMILIATION POUR NOTRE PEUPLE… LES VRAIS RÉVOLUTIONNAIRES SONT ENCORE CEUX QUI SONT CONDUITS DANS LES CELLULES DES PRISONS… Pour Une Deuxième République Citoyennes et des Citoyens Responsables Nous Sommes des Patriotes depuis la nuit des Temps…… VIVE L ALGERIE AVANT TOUT Du Nord au Sud et de l Est à l’Ouest une NATION Unis…. Le peuple aura une troisième bataille à mener pour faire triompher définitivement la Révolution, celle de l’édification d’un Etat ou tout Algérien et toute Algérienne puissent y vivre librement, pour accomplir leurs désirs et leurs rêves

    60
    8
    Anonyme
    4 novembre 2019 - 19 h 35 min

    Le sénile, n’a-t-il pas répété à maintes reprises, que l’institution militaire n’a aucune ambition politique?. Et qu’elle ne donne pas d’ordre à la justice. Que fait alors une force MILITAIRE dans l’enceinte d’un palais de justice? C’est la preuve irréfutable que cet octogénaire a décrété la loi MARTIALE sans avoir le courage de l’annoncer publiquement!

    73
    11
    Momo
    4 novembre 2019 - 19 h 22 min

    Nous pouvons être pour ou contre les juges selon qu’ils soient soupçonnés d’avoir fait partie ou de faire partie du sytème corrompu qui régente nos vies. Ce qui demeure inacceptable, en toutes circonstances, ce sont les dépassements dont la gendarmerie fait preuve aujourd’hui contre une institution régalienne . Les gendarmes ont agit sur ordre de leur hiérarchie et se sont mis de fait au ban de la république. On ne peut malmener la justice de cette façon et demander aux citoyens de la respecter. Ces gendarmes seront traduits en cour martiale lorsque la poussière retombera avec en clé la nouvelle république.

    56
    9
    Anonyme
    4 novembre 2019 - 17 h 45 min

    Peut on faire confiance à certains de ces magistrats qui ne se sont soulevés que quand on a touché à leurs intérêts ?
    Je ne généralise pas car je pense qu il y en a des honnêtes, il faut donc faire des enquêtes et ne soutenir que ceux qui n ont pas profité du système.
    La mise en scène de l installation des nouveaux magistrats à la cour d Alger est pathétique ,à part le représentant du ministère qui jouait un rôle le reste de l assistance était pétrifié !!!
    On avait l impression qu on les a tirés pour y être présents…la hchouma se lisait sur leurs yeux…..

    27
    11
    Bibi
    4 novembre 2019 - 16 h 55 min

    A El hadj,
    Donc le peuple est avec ce pouvoir, c’est ce que vous insinuer ?

    6
    6
    Lghoul
    4 novembre 2019 - 16 h 49 min

    Le seul remède pour ces autistes anti-peuple est une grève dans l’exploration et l’exportation du pétrole et du gas. Le vieux pharaon doit payer tout ce qu’il a détruit avec son maitre boutef. Il répondra surement a la justice du peuple dans un proche avenir.

    55
    7
    elhadj
    4 novembre 2019 - 16 h 44 min

    trop de permissivité et de laisser faire nuit au bon fonctionnement des institutions de la République , l on aurait souhaite que la demande de départ d un ministre aurait du être exprimée du temps de l ex ministre de la justice ou tout était piétiné et bafoué. l opinion publique semble partager pleinement les mesures d assainissement et d encadrement dans un secteur qui en a besoin et qui devra fonctionner selon les règles de devoir et de droit qu il convient d observer en toute circonstance .
    c est déplorable d arriver a une telle situation .

    7
    55
      Lghoul
      4 novembre 2019 - 17 h 40 min

      @Elhadj – Le « bon fonctionnement des institutions de la République » aurait commencé dans un état de droit en début juillet 2019 quand tout le gouvernement actuel se trouvait dans une position illégitime et anti constitutionelle. Ajouter a cela un VICE ministre de la défense qui donne des ordres aux ministres (alors que c’est LUI qui devrait reçevoir des ordres) occupe 100 portefeuils pour devenir le amar bouzouar du pays. Ou est la loi et ou est la république de droit dans tout cela ?

      35
      4
      Rais
      4 novembre 2019 - 18 h 41 min

      Et ils n’ont pas respecte leur propre reglement!

      10
      28
    azul
    4 novembre 2019 - 16 h 32 min

    Il suffit d’ajouter « militaire » à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi la justice militaire n’est pas la justice, la musique militaire n’est pas la musique.

    43
    4

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.