Rome : «La région du Sahel a plus que jamais besoin de l’aide internationale»

Luigi Sahel
Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères. D. R.

Désignée par l’OTAN comme étant une région des plus instables et menacée par un djihadisme à l’affut, par une contrebande florissante et par des constantes en pleine évolution, le Sahel est devenu, en une décennie, terre de conquête et de rivalités internationales et un des principaux laboratoires de la lutte contre le terrorisme et des réseaux d’immigration illégale.

Ce à quoi plusieurs gouvernements ont tenté d’y apporter des solutions sécuritaires, face aux risques de déflagration multiple impactant nombre de pays, proches et lointains.

Et de par sa position géographique, l’Italie ne pouvait manquer à l’appel et se devait, selon ses experts, de participer aux diverses missions visant à pacifier la région et d’y apporter un concours substantiel, expressément requis par les Etats africains concernés.

En effet, pour Rome, cet effort participe de la sécurisation de son voisinage immédiat et s’inscrit dans une stratégie à long terme permettant d’asseoir son influence en Afrique, tant au niveau économique que politique et militaire.

De même, cette dimension politico-stratégique de l’intérêt spécifique italien pour le Sahel a été sans doute concertée aux échelons européen et atlantique et se complète d’une tentative, jusqu’ici timide, d’un volet économique diversifié et d’importance que le gouvernement de Giuseppe Conte voudrait croissant et continu.

Certes, le dossier migratoire y est pour beaucoup mais l’incapacité du gouvernement italien de 2011, présidé par un Berlusconi affaibli par les «affaires», de s’opposer à la guerre destructrice qui a déstabilisé l’allié libyen, a fait voler en éclats toute la structure de développement et de coopération que Rome avait tissée avec les pays du pourtour méditerranéen et était derrière la vague de migrants, sans précédent, qu’a connue la Péninsule, d’où l’urgence, aujourd’hui prioritaire, de tarir les sources de cette déferlante, en allant à son origine, tout en veillant à préserver le volet commercial.

A cet effet, la récente ouverture d’une ambassade italienne à Ouagadougou et la désignation au poste d’ambassadeur d’un diplomate chevronné, comme Andrea Romussi, est un message politique qui atteste de cette nouvelle dynamique et de l’intérêt grandissant pour une région qui abrite déjà une mission militaire au Niger.

Une décision, précise-t-on à Rome, qui a été prise bien avant l’attentat de janvier 2016, qui avait pris pour cible le café italien Cappuccino et l’hôtel Splendid, lieu de rencontres des Occidentaux qui fréquentent la capitale Ouagadougou.

D’ailleurs, le nouveau ministre des Affaires étrangères italien, Luigi di Maio, ne cesse de répéter que les priorités de son mandat seront «Afrique et migrants». L’Urgence sécuritaire au Sahel englobe ces deux donnes, à commencer par le Burkina Faso ; ce pays connaissant depuis quelques mois, une dangereuse dérive djihadiste, dont l’impact humanitaire tend à s’aggraver.

De son côté, l’expert de l’ISPI (Institut des études en politique internationale), Camilo Casola, est d’avis que la déstabilisation de la Libye a permis l’émergence d’une multitude de groupes qui opèrent aujourd’hui dans cette région : l’Etat islamique au Grand Sahara, dont le leader, Adnan Abou Walid Al-Sahrawi, avait prêté allégeance à l’ancien chef de Daesh, Al-Baghdadi ; Jamaat Nousrat Al-Islam wal mouslimin (affiliée à Al-Qaïda) ; enfin Ansaroul Islam, groupe autochtone qui agit, surtout, au Burkina Faso.

On le voit, cette situation aux contours imprévisibles est, selon cet expert, au cœur de l’action diplomatique de Rome, qui souhaiterait aujourd‘hui qu’on hâte une coordination des efforts avec l’Union africaine et qu’on prenne en compte les conditions propres à cette région.

Et de conclure qu’aucun résultat probant ne sera atteint sans des politiques concertées en matière de prévention de la radicalisation violente et sans un soutien accru aux pays résolument engagés dans la lutte contre le terrorisme.

Au Sahel et ailleurs…

M. R.

Comment (6)

    Algérois et en colère
    11 novembre 2019 - 21 h 42 min

    oui, d’autant plus que le cannabis du maroc et des agents-terroristes marocains devient la monnaie d’échange des terroristes au sahel. l’exclusion de l’algérie et de la tunisie de la conférence de berlin sur la libye par les russes, qui sont alliés de la france, a fortement déplu aux italiens qui voient ainsi qu’ils sont écartés par la france et les russes d’une manière très vicieuse. haftar qui est le porte parole des russes et des egyptiens compte bien à travers cette conférence remplacer l’influence italienne en libye par celle des russes et des français. je le dis et je le répète les ennemis de l’algérie sont devenus très visibles depuis sotchi et ce sont les hizb frenssa et le hizb russe. le hizb russe n’est que l’executant de la feuille de route française sur l’algérie. faites votre analyse depuis 1963!!! et le hizb russe aveugle les algériens qui nous laissent croire avec la livraison des s400 et des sous marins qui ne servent à rien d’autre que juste maintenir une dépendance certaine de nos institutions à kremlin, car nous n’avons aucune mainmise sur ces armes, qui ne serviront à rien, puisque notre diplomatie a été humiliée à sotchi, et c’est pas avec ces armes qu’on va encourager les entreprises étrangères à venir investir en algérie ou attirer les touristes. et si quelqu’un ici, peut m’expliquer à quoi ils servent dans l’état actuel de notre économie moribonde et aucun avenir radieux à l’horizon, puisque ne nous disposons d’aucune technologie. je rappelle aussi que quand nous aurions plus d’argent pour entretenir ces armes, elles vont devenir inutilisables fautes de moyens financiers. ce sont des gouffres financiers. (voir ce que rencontre l’Inde avec les sous marins russes dont la moitié sont en réparation et puis elle a annulé les nouvelles commandes, l’inde loue les sous marins, ils n’achètent pas ce qu’il leur échappe tout contôle!). et spoutnik est une agence de manipulation et de mensonges, méfiez vous d’eux et recoupez les informations et vérifier les avant d’émettre toute avis.

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    Anonyme
    11 novembre 2019 - 20 h 56 min

    La seule qui a permis à la France de s installer au Sahel Mali avec ses forces berkane et serval alors qu on l avait refuser avec Sarkozy malgres les pressions d Hilary Clinton sec d état a cette époque et qui faisait des AR à Alger et Bouteflika a accepter avec Hollande qui n ont pas tarder à nous la faire a l envers avc ce fameux G5 sans notre consentement et a démoli le cemoc force conjointes africaine encadré vpar l Algérie jugé de coquilles vides par Macron avec ses traîtres africains que nous aidons et finançons et même effaçons des dettes colossales et qui a tourné le dos en Algérie évidement une erreur stratégique de Bouteflika en 2010/2011 ou par amour de la France surement et une énième trahison e vers k Algérie son peuple et surtt son ANP . Nous leur avons appris que le seul maître à bord et ceci depuis plusieurs années bien avt que ses forces étrangères et leurs services arrivent déjà. En 2007 un responsable de la DGSE a qui on a demander mais qui et qui et qui fais koï là-bas au Sahel en parlant des puissances présentes la Chine France Usa ect .vs savez aucuns services peut avoir tt ses renseignements et savoir qui fait koï et qui est qui car le Sahel c est comme un océan et les trafics qui vont avec la drogue traite humaines terrorisme or plutonium ect ect mais un seul service a de l influence et connais très bien cette région et qui ns dépassent tous c le DRS algérien. Ceux Sont ses mots donc je comprend mieux la présence française occidental au Sahel maintenant …donc l Italie depuis qu elle est en embrouille avec la France l’ Algérie l a reabiliter et lui a permis de revenir sur le terrain qd la France avait écarter non seulement ds son ancien precarre la Lybie et au Sahel aussi..voilà l Italie et l Algérie c’est la lune de miel en ce mmt hé oui mais ns savons qu ils chassent en meutes qd un des leurs est touché ses européens….donc soyons vigilants pour l Algerie avant tout.

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    Felfel Har
    11 novembre 2019 - 15 h 54 min

    C’est l’évidence même. Les pays européens devront penser plus à financer des projets de création d’emplois dans les pays du Sahel au lieu de graisser la patte aux dictateurs qu’ils couvrent (IBK, Issouffou, Deby, Bongo, Ouattara, Wade). Ils devront veiller à ce que les fonds qu’ils versent ne sont pas détournés par ces mafieux.
    L’Africain, garanti d’un emploi et d’un salaire, ne prendra aucun risque, au péril de sa vie, pour traverser désert et mer en quête d’un travail pour vivre et faire vivre sa famille/tribu.

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      Elephant Man
      11 novembre 2019 - 18 h 17 min

      @Felfel Har
      Vous oubliez un paramètre fondamental qui constitue le biais principal à qui profite le crime….
      Gbagbo nationaliste anti-françafrique élu démocratiquement dont le palais présidentiel bombardé par Sarkozy pour placer Ouattara à la présidence de la Côte d’Ivoire et Gbagbo derrière les barreaux de la CPI.
      Qui entretient le terrorisme au Mali au Sahel….
      Imaginez un dirigeant Africain qui bombarde l’Elysée pour placer MLP à la place du Président Macron.

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    DZA
    11 novembre 2019 - 15 h 16 min

    Lorsqu’on connaît les attaques quotidiennes des partis de droites et particulièrement de la lega de Salvini avec ses discours populistes surtout depuis qu’il n’est au gouvernement, alors on comprend mieux la fébrilité et la préoccupation de Di Maio concernant le Sahel. L’Italie est le pays ou débarque 90% des immigrés arrivant d’Afrique. l’arrivée des immigrés avait été très ralentie et très limité lorsque la coalition du parti stelle et celui de la lega était au gouvernement, mais depuis l’alliance du Partito democratico et de Cinque stelle au pouvoir, les débarquements d’immigrés ont repris de plus belle. Et c’est sur le dos(sier )de l’immigration irrégulière que la lega de Salvini, les partis de la Melloni et Berlusconi construisent toute leur politique xénophobe et raciste. Les dernières élections régionales (départementales) l’Ombrie, anciennement un roc de la gauche, l’électorat a basculé à droite.
    Les appels de Di Maio sont surtout pour sauver son gouvernement d’une imminente chute.
    J’aurai tendance à penser que c’est toute l’UE qui ne va pas tarder à s’en mêler un peu plus, l’influence de l’Italie étant très faible en Afrique. D’autant plus que les États européens ne veulent pas d’un retour de Matteo Salvini aux commandes de l’Italie.

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    Elephant Man
    11 novembre 2019 - 9 h 16 min

    Hamdoullah le pays ne fait pas partie du G5 Sahel.
    Depuis l’opération Barkhane « bizarrement » les groupes terroristes pullulent dans la région et vont croissants qui va de paire avec en amont l’assassinat du Guide le Colonel Kadhafi Allah Yarhmou par la France chaos libyen et par extension sahélien avec immigration massive..
    Hamdoullah le pays ne fait pas partie du G5 Sahel.
    FRONTIÈRES HERMÉTIQUEMENT FERMÉES DE TOUTE PART BLINDAGE MAXIMUM
    VIVE L’ANP QU’ALLAH PROTÈGE LA MÈRE PATRIE ALGÉRIE SON PEUPLE ET SON ANP ET SON AP

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