La question harkie : entre mémoire sélective et ressentiments à géométrie variable

harkis ressentiments
La question des harkis reste toujours d'actualité. D. R.

Par Mesloub Khider – Il est communément admis que les ressentiments nourris par les Algériens à l’encontre des harkis sont inversement proportionnels à ceux qu’ils réservent à l’ancienne puissance colonialiste. Comme si la main qui a trahi est plus condamnable que le corps armé qui l’a mobilisée, que le cerveau gouvernemental colonial qui l’a dirigée. Paradoxalement, le génocidaire français bénéficie, depuis l’indépendance, de la clémence, de la bienveillance, de l’indulgence, tandis qu’on réserve aux harkis une démentielle haine inexpiable, inextinguible, intarissable. Les supplétifs de l’armée coloniale sont toujours voués aux gémonies, tandis que la France coloniale est accueillie en Algérie avec cérémonies. Le harki est toujours accablé pour sa collaboration circonstancielle, tandis que le pays colonisateur a été absout de ses crimes – contre l’humanité… algérienne.

Ce traitement de faveur réservé à l’ancien colon français ne s’explique pas autrement que par la perpétuation de cette mentalité de colonisé théorisée par Franz Fanon. «L’oppression opprime», a-t-il écrit. L’intériorisation de l’oppression se pérennise même au-delà de l’affranchissement du colonisé. Et le respect dû au maître s’insinue encore dans l’attitude toute de soumission du colonisé, par-delà le contexte colonial. Cette soumission est l’expression d’une mentalité de pauvre, corollaire d’une pauvreté mentale.

Le harki, pourtant lui aussi victime d’embrigadement contraint par l’armée coloniale, est devenu l’exutoire de ressentiments accumulés pendant presque un siècle et demi d’occupation coloniale.

Comment pourrait-on analyser cette complaisante commisération accordée à la France, sinon par ce complexe d’infériorité toujours vivace parmi les Algériens ? Comment expliquer cette exécration vouée aux harkis, sinon par un transfert de haine longtemps nourrie à l’encontre du colon, aujourd’hui concentrée sur les harkis, victimes expiatoires du traumatisme post-guerre anticoloniale ? Tout s’est passé comme si la libération a libéré en même temps certaines frustrations. Un trop-plein d’hostilités opportunément déversées sur une frange de la population algérienne fourvoyée dans la collaboration, pour épargner l’ancienne puissance coloniale criminelle, historiquement coupable de génocide contre le peuple algérien. Il ne faut pas oublier que la «conquête» génocidaire entreprise par les colons français a provoqué, dès le début de la colonisation, une véritable hémorragie démographique algérienne. Entre 1830, début de la colonisation de l’Algérie, et 1870, la population algérienne est tombée d’environ 5 millions à 2 millions d’habitants, décimés par les massacres de masse.

Néanmoins, comme dans une relation filiale, on n’exècre pas son père (la France). On le critique, on le blâme, mais on n’ose pas le haïr. On se rebelle contre lui pour arracher son indépendance, gagner son autonomie, mais on lui demeure toujours attaché, fidèle, dévoué. On se rebiffe contre lui, mais on n’ose pas s’en désenchaîner. Tel un enfant victime de maltraitances de la part de son père, l’Algérien demeure tiraillé entre amour et haine envers son ancien bourreau – souvent inconsciemment idéalisé, magnifié. Cela s’apparente à un syndrome de Stockholm néocolonial où la vénération portée par le colonisé à son bourreau devient un élément constitutif d’une relation fondée sur la subordination, cristallisée par l’adoption de la pensée dominante du colon, par l’identification aux représentations idéologiques de l’ancienne puissance coloniale matérialisées par l’adoption de ses valeurs, ses codes linguistiques et culturels, voire ses modèles vestimentaires.

Après la protestation, retour à la prosternation. Après les rodomontades, vient l’heure des reculades. Après la courte période de dissidence, renouement avec le tempérament d’allégeance. Pire, l’Algérien est revenu sans scrupule et toute honte bue au bercail de son père, c’est-à-dire sa résidence officielle, nommée la France. Sans éprouver aucun sentiment vindicatif ou belliqueux à l’encontre de son ancien tortionnaire, massacreur, martyriseur. Il s’est installé sans vergogne dans la résidence (la France) de l’ancien Colon dans une posture de révérence, d’agenouillement, d’aplatissement, pour exécuter sans rechigner les tâches les plus ingrates, accomplir les activités les plus pénibles, délaissées par les indigènes français. Avec une servitude volontaire devenue seconde nature à force d’asservissement. Même si le maître de la maison France persiste à réserver la même condescendance, à manifester la même arrogance, à exprimer le même racisme, à vociférer son indéfectible haine de l’Algérien.

Depuis l’indépendance, l’Algérien, à l’endroit des harkis, se dépense en gesticulations, à l’égard des maîtres de la France, il se dépasse en génuflexions.

Le sentiment de vengeance est réservé aux seuls harkis, pourtant de souche algérienne. Le harki cristallise toute l’hostilité de l’Algérien, tandis que le Français capitalise le respect qui est dû à son immortel rang de colon (inconsciemment) intériorisé par l’éternel indigène algérien. L’ancien colon est auréolé d’un capital de sympathie et d’empathie. Capital qu’il n’oublie pas de fructifier en Algérie en monnaies sonnantes et trébuchantes, pour le grand profit et bénéfice de la France néocoloniale.

Et si l’immigré algérien établi en France transfert bien sa haine sur le harki, il oublie allègrement de transférer ses économies dans son pays d’origine, qu’il préfère dépenser sur place pour le grand bénéfice de la France. Il est vrai qu’il ne fait qu’emboîter le pas des classes opulentes et dirigeantes algériennes qui investissent leur argent en France, leur vrai pays. Pays où ils disposent de plusieurs résidences principales – car leurs résidences algériennes sont secondaires, dans cette Algérie où ils se sont toujours sentis en transit, le temps de piller ses richesses, avant de rejoindre leur patrie, la France. Selon certaines sources datées déjà de 2012, parmi les 700 anciens ministres ayant occupé des fonctions importantes au sommet de l’Etat algérien, 500 d’entre eux résideraient à l’étranger, en particulier en France, leur inaltérable pays de tutelle, avec statut de résident permanent ou de double nationalité, où ils coulent une retraite dorée. Et 90% des enfants de ces ministres ont étudié dans les universités étrangères grâce à des financements étatiques algériens. Pays où ils disposent de multiples attaches, surtout financières et culturelles – ces classes dirigeantes algériennes cosmopolites n’ont aucun attachement pour l’Algérie –, de diverses cartes vitales et bleues leur permettant de se soigner dans les meilleurs hôpitaux français et de se prélasser dans les luxueux hôtels d’Europe.

Seule une analyse freudienne peut dénouer l’énigme et les ressorts psychologiques de ce passé traumatique pour permettre de mieux saisir l’ambivalence de ces comportements encore prégnants où la mentalité de vassalité à l’égard de la France le dispute à l’esprit de rancœur témoigné à l’endroit des harkis. Seule une exploration des profondeurs de la psychologie algérienne peut décortiquer les soubassements de cette posture empreinte de dévotion à l’égard de l’ancien colon et emplie d’abomination envers les harkis.

Or, comme l’a explicitement formulé l’historien Mohammed Harbi, «l’idée selon laquelle les harkis auraient été des traîtres ou des collabos devrait être dépassée» car les affrontements de la Guerre d’Algérie et ceux qui ont opposé la résistance française aux collaborateurs ne peuvent pas être assimilés».

En revanche, la certitude selon laquelle la France coloniale s’est livrée à de sanglants massacres de masse en Algérie ne devrait jamais être occultée. La conviction selon laquelle la France coloniale a, après «l’indépendance», perpétué son système néocolonial, favorisé par les vassaux, ne devrait jamais faire oublier qu’il doit cesser.

Tout comme il faut se libérer de la mentalité du colonisé. De la mentalité de pauvre.

M. K.

 

Comment (27)

    Elephant Man
    17 janvier 2020 - 12 h 47 min

    Il n’y a pas de question harkie en Algérie.
    La question harkie est purement FRANCO-FRANÇAISE.
    Je vous renvoie à votre contribution du 07/07/2019 « LA FRANCE PAYE LES HARKIS ET S’OFFUSQUE QUE L’ALLEMAGNE RÉMUNÈRE LES COLLABOS ».
    Que la France nous rende les crânes de nos chouhadas Allah Yarhmou qu’elle ose exposer fièrement au musée tel u trophée.. Si l’Allemagne érige un musée en l’honneur d’Hitler qu’en serait-il ?!!!
    La colonisation française est la PLUS BARBARE qui ait jamais existé au risque de me répéter à côté Hitler fait office de saint.
    Savoir que les enfants harkis ont des postes qui leur sont réservés des quotas spécifiques contrairement à nous bougnouls Algériens discriminés à l’embauche … Certes tous ne sont pas au stade de la fifille à son papa le HARKI À LA HACHE la Boughrab au Conseil d’État islamophobe et Sarkozyste de son État mais à la mairie de Thiers en pagaille qui m’a refusé un job d’été si si SANS BLAGUE me demandant si j’étais harkie famille de harkis ce à quoi j’avais répondu je passe l’entretien d’embauche en tant que citoyenne française je ne porte pas un écriteau INDIGÈNE mairie socialiste zaama PS parti SS ….poste à l’université de Lyon etc administrations à Clermont-Ferrand etc etc donc contrairement au Président Abdelaziz Bouteflika dans harki j’inclus y compris et surtout la descendance !!! Car ce ne sont pas des victimes loin de là mais bel et bien des bourreaux, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre !!
    Encore une énième fois @Anonyme 13/07/19 : « Un raciste restera toujours un raciste. Il est temps pour nous Algériens de changer notre politique envers cette France pour le bien de l’Algérie. Une des priorités de la nouvelle République…..est de régler le contentieux historique avec la France! La France devra ou pas demander pardon pour ses crimes, c’est son affaire : on ne peut pas exiger de la grandeur de celui qui n’en a pas.
    Mais on doit obligatoirement exiger des réparations pour 132 années de crimes et d’exploitation. C’est même une question d’estime de soi! ».
    La France reconnaît le génocide arménien de la gnognote …honore célèbre indemnise PERPÉTUELLEMENT les éternelles victimesZemmour FinkielCrotte Glucksmann et cie pour de l’antisémitisme VIRTUEL…

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      Damoh
      19 janvier 2020 - 19 h 00 min

      Vue vos idées de nationaliste attardé à votre place je ne resterai pas un instant en France ni à landier un poste dans une mairie ou université. Sauf à accepter de rejoindre le choix des Harkis comme tous ces millions d’algériens devenus français. Même leurs dirigeants qui aiment venir se soigner et vivre chez l’ancienne puissance coloniale où ils ont acquis des biens et ouvert des comptes bancaires avec de l’argent détourné.

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    Brahms
    17 janvier 2020 - 9 h 06 min

    Si Bouteflika était resté Président, il nous aurait ramené tous les anciens rapatriés (pieds noirs) en Algérie ainsi que tous les Harkis en échange d’usine, de routes et d’autoroutes, de visas et de ponts construits par l’Etat Français.

    C’est cela qui nous pendait au nez.

    Un collabo restera toujours un collabo. Il faut donc maintenant nous débarrasser des (pieds blancs) c’est à dire les colons qui sont restés en Algérie et qui bossent pour les intérêts de la France et d’Israël d’où ce sous développement malgré le potentiel du pays.

    Il faut donc éliminer tous les systèmes de fraude, de corruption, de marché parallèle de la devise et ce, dans les 48 wilayas. Contrôlez les flux financiers et surtout mettre en place des contrôles dans les services publics pour vérifier si les Maires des communes répondent aux attentes des populations.

    Il faut enfin identifier tous ces pieds blancs qui sont dans des cercles de pouvoirs via les services secrets afin de les mettre hors d’état de nuire.

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    Soraya
    17 janvier 2020 - 7 h 19 min

    Ces harkis sont-ils venus au pays se recueillir sur les tombes de nos martyrs, exprimer un quelconque regret aux descendants de tant et tant de torturés et d’assassinés, ou se solidariser ne serait-ce que moralement, avec leur pays dans ses tourmentes ?
    C’est incroyable comment la terminologie change d’un continent à l’autre: Les résistants français contre le régime nazi deviennent les terroristes algériens durant la guerre d’Algérie. Juger pour crime nazi ou collaborateur est tout à fait noble. Mais vis-à-vis d’un harki, non, c’est inhumain. Quand bien même Mohamed Harbi le signerait, non, ça ne passe pas.
    Non le peuple algérien n’est pas en train de courber l’échine devant la France néo-coloniale. Cet article généralise certains comportements qu’on pourrait circonscrire et analyser de manière plus scientifique. Et si on veut rester dans l’analyse psychologique, l’un des commentateurs l’a si bien dit:  »Oui on peut en vouloir à son frère d’avoir trahi. » Quant à l’autre, l’étranger, on sait pourquoi il est venu, on l’a combattu, on fait gaffe qu’il ne revienne pas nous coloniser. le reste, ce sont des relations d’échange avec des hauts et des bas. Et si on se fait avoir, on va se reprendre.

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    Brahms
    17 janvier 2020 - 3 h 38 min

    Ils ont quand même des têtes de vendus. Leurs visages sont pleins de tristesse, ils sont mal à l’aise. Tu vends ton voisin pour avoir un morceau de pain, une pension, un logement social. L’ancien Maire de Montpellier Georges Frêche (socialiste) avait dit publiquement, sur ces harkis, qu’ils étaient des (sous hommes). Par conséquent, se faire insulter de sous hommes c’est très bas comme niveau. La plupart de leurs enfants sont mariés ou vivent en concubinages avec des catholiques ou des juifs de sorte que leurs parents ont tout perdu (leur pays d’origine, leur âmes, leurs cultures, leurs nationalités, leurs langues et leurs enfants). Enfin, l’argent touché retournera aux impôts et leurs crimes de sang seront sanctionnés par Dieu le Tout Puissant.

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    mokrane
    17 janvier 2020 - 0 h 13 min

    Mr Khider, selon moi, votre article tend à deux choses, soit l’ une soit l’ autre. Ou bien vous demandez à l’ Algérien d’ haïr la france au même titre qu’ il haï les harkis ou bien d’ aimer les harkis au même titre qu’ il aime la france.

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      Indigene
      17 janvier 2020 - 7 h 34 min

      Pour résumer, les vrais harkis sont ceux que la France a laissé au pouvoir après la fausse indépendance et les faux harkis comme d’ailleurs les pieds noirs sont les boucs émissaires à qui on a fait croire a l’indépendance.

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      Lallakyalahmar
      17 janvier 2020 - 8 h 35 min

      Bien singulier comme raisonnement , donc , si je schématise , le voleur qui pénètre votre habitation pour vous dépouiller , vous casser la binette , voire violer vos femmes et enfants , peut être vous même , et votre frère qui lui ouvre la porte à cette fin , en connaissance de cause , c est du kif,kif …..belle démonstration de mentalité de colonisé..wella une cause plaidée en filigrane ? …

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    et Pourtant !
    16 janvier 2020 - 20 h 58 min

    ET POURTANT, Mr. Mesloub KHIDER, vous portez le nom d’un très grand MOUDJAHED : le Chahid Mohamed KHIDER qui doit se retourner, à présent, dans sa tombe !!! C’est INDIGNE de votre part.

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    Rachid
    16 janvier 2020 - 19 h 40 min

    On dirait qu’il y a un projet de » réconciliation » entre les harkis du pouvoir en plus des naturalisés au dépend des veuves et fils de chahid et contre le peuple algérien en général mis a part les descendants des harkis.
    Les harkis sont très influents dans l’administration au point de se venger des fils de chahid et leurs mères en les les excluant du logement sociale et du travail.

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    abdel 1
    16 janvier 2020 - 18 h 06 min

    curieux cet amalgame qui est fait entre l’immigré qui dépense son maigre salaire sur son lieu de résidence et le transfuge,souvent ministre,ou ex politique du systeme,qui rapatrie du pays, des fonds,souvent de provenance douteuse,pour s’offrire des résidences de préference dans les beaux quartiers,loin des banlieues ou vit la majorité des immigrés !

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    bentaleb
    16 janvier 2020 - 17 h 06 min

    Merci Monsieur Khider pour votre article plein de bon sens et d’impartialité, comme vous le savez sans doute c’est un débat qui mériterait des explications approfondies et un dépoussierage des mythes et des épouvantails de l’histoire érigées pour escamoter des pages d’histoires ou le mensonge officiel et la légende se coitoient dans le flou artistique de 1962 à aujourd’hui.
    Je n’ai jamais regardé un autre algérien comme un ennemi,mais plutôt comme un frère
    Beaucoup se créent des ennemis pour ne pas se réconcilier avec eux-mêmes et les autres
    Même un général bon ou mauvais demeure ton frère SEUL le juge suprême décidera
    C’est ni la haine et le mensonge qui feront l’Algerie de demain mais l’Amour et la Vérité qui triompheront des premiers.

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    Abdel kader
    16 janvier 2020 - 16 h 01 min

    Teboune fait le ménage
    Harka harabo
    Il y a beaucoup de harkis vont se sauver

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    DONC,.....
    16 janvier 2020 - 16 h 01 min

    DONC, …….. et si je comprends bien le fin fond de votre « profonde » pensée « intellectuelle » ya Si Mesloub KHIDER, le peuple algérien pour qu’il ne soit pas tenu pour un pauvre débile de l’Histoire, il doit « … se libérer de la mentalité du colonisé. De la mentalité de pauvre » comme vous nous le seriner, et NOUS DEVONS dans ce cas là : absoudre les harkis ? THEROUI FELLANA… ! Ainsi que la france pour tous les crimes génocidaires qu’elle a commis en Algérie depuis 1830 PAR HARKIS interposés… n’est-ce pas ? Pauvre de vous.
    Appelez aussi, à la « fraternisation » avec les harkis, non ?
    C’est dingue ! Complètement DINGUE… ce que vous dites. Même les S.A.S. françaises de l’époque coloniale ne faisaient pas mieux.
    HEUREUX LES CHOUHADAS QUI N’ONT RIEN VU ET RIEN ENTENDU MAIS SURTOUT… QUI N’ONT RIEN LU DE VOS ÉCRITS !!!
    Il n’existe qu’UNE SEULE HISTOIRE, celle de la MÉMOIRE COLLECTIVE mais jamais celle de l’ABSOLUTION… cher monsieur.

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    Remarque
    16 janvier 2020 - 15 h 59 min

    Ce n’est pas le peuple qui les recevait par les salons de l’aéroport d’honneur de l’aéroport d’Oran comme Jeanette Boughrab qui était fière de son père qui achevait les prisonniers avec une hache d’où son surnom  » le harki a la hache » par les paysans de la région de Médéa et la petite Kabylie où il a activé.
    Que Bouteflika et sa clique aillent en avec ces minables !

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    Abdel kader
    16 janvier 2020 - 12 h 31 min

    C’est pas des contrats 6 mois renouvelables comme à l’époque coloniale
    CDI avec un logement une mutuelle
    Et avantage vacances
    On comprend Pas que le Harki est tenté

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    Abdel kader
    16 janvier 2020 - 12 h 17 min

    Cela mérite un article approfondi
    En ce moment ils viennent par vague les Harkis en France
    Diplôme en poche direction chez FaFa à son service
    C pas ceux là qui défendent l’Algerie

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    Abdel kader
    16 janvier 2020 - 11 h 59 min

    Il y a le Harki malgré lui née en France
    Il y a le Harki par conviction forme en Algérie

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      Anonyme
      16 janvier 2020 - 16 h 11 min

      Il ya le Harki ayant travaillé avec la France et il ya le Harki ayant travaillé avec celui qui a remplacé la France…

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    Krimo
    16 janvier 2020 - 11 h 57 min

    M. M Khider,

    Croyez-vous opportun pareil article ?

    Vous dites  » Le harki est toujours accablé pour sa collaboration circonstancielle ».
    Si vous designez celui entre 1830 et la fin du siecle, j’en conviens mais pas celui de 1954. Ce dernier (je parle en general) a participe a deux guerres mondiales, que vous le vouliez ou non a un certain degre il connait ce qu’est un collabo version bien francaise de 1945. En temoigne la photo ci dessus, les merdailles accrochees a leur poitrail et ne me ditres que c’est la legion d’honneur.

    Ne me dites pas aussi que parmi le lot ils ignoraient les massacres du 8 Mai 45. Parmi eux bon nombre ont fait l’Indochine et de grace l’angelisme genre  » Le harki, pourtant lui aussi victime d’embrigadement contraint par l’armée coloniale …. »

    Non monsieur pour 54 la grande masse a choisi en connaissance de cause, le bachagha Boualem ne sortait pas d’un gourbi. Croyez vous que que l’armee francaise allait s’enticher de « bergers indigenes » pour mener ses operations militaires qui ont connu un succes militaire sur le terrain pour une bonne partie a la seule grace des harkis ….

    Votre ecrit  » Comment pourrait-on analyser cette complaisante commisération accordée à la France, sinon par ce complexe d’infériorité toujours vivace parmi les Algériens ?  » Vous parlez pour qui??

    Si vous pensez avoir compris la situation du HARKI, je ne vois pas comment s’expliqueraient les 57 dernieres annees de grenouillage boulitik

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    Abdel kader
    16 janvier 2020 - 11 h 22 min

    En effet ça désigne du doigt les Harkis
    Mais le sont eux même.
    Partons du postulat celui qui vit en permanence en France est un Harki

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    Non, pas en mon nom !
    16 janvier 2020 - 11 h 09 min

    @ M. Mesloub
    M. Mesloub, vous dites : «Le sentiment de vengeance est réservé aux seuls harkis, pourtant de souche algérienne.» Vous avez raison. Je parle en mon nom, je tiens à le préciser, ma haine est viscérale envers le harki parce que, justement, il est de souche algérienne. Mon ennemi est mon «frère de mon sang».
    La France est un ennemi déclaré : un ennemi, qui ne connaît rien de mes coutumes, qui est venue nous spolier, qui est venue nous exterminer, sans aucun état d’âme. Nous n’étions que des indigènes pour elle. Mais l’Algérien de souche, cet Algérien, mon frère de sang, en trahissant sa patrie, est devenu le pire ennemi. Il a trahi sa patrie, et la trahison de la patrie n’a aucun justificatif. Vous dites : «Comme si la main qui a trahi est plus condamnable que le corps armé qui l’a mobilisée, que le cerveau gouvernemental colonial qui l’a dirigée.» Comment comparer l’incomparable ? Ce cerveau colonial est venu en conquérant, est venu en destructeur. A la guerre comme à la guerre, et c’est donc «légitime» de sa part. Mais l’Algérien de souche, mon frère de sang, comment peut-il se retourner contre ses frères ? Comment peut-il vendre son frère ? Comment peut-il voir sa sœur de souche se faire violer sous ses yeux et, oserai-je dire, s’en délecter ou rester impassible ? Comment pardonner à ce frère de sang ? Comment pardonner à cet Algérien de souche ? La haine que je voue au harki n’est pas une pauvreté de l’esprit, n’est pas une frustration comme vous le suggérez. La haine que je voue au harki est justifiée par le fait qu’elle vient justement d’un «Algérien de souche», de mon frère de sang.
    Le colonisateur est «dans son rôle» de prédation, de soumission, de terrorisme… Un colonisateur ne vient pas pour fraterniser, et c’est connu de tous. Le rôle des autochtones, par contre, est de combattre ce colonisateur par tous les moyens, leur rôle est de ne jamais se soumettre, leur rôle est de sauvegarder l’intérêt général au prix même de sa propre vie. Aucun choix n’est permis à part celui de mourir pour la patrie. Je parle bien évidemment, en mon nom. L’amour de la patrie n’a aucun prix, aucun justificatif
    Vous dites : «Comment expliquer cette exécration vouée aux harkis, sinon par un transfert de haine longtemps nourrie à l’encontre du colon, aujourd’hui concentrée sur les harkis, victimes expiatoires du traumatisme post-guerre anticoloniale ?» Victimes expiatoires ? Et les victimes de son sang qu’il a données aux colons, comment les appellerez-vous ? Que Sont-elles ? Des victimes collatérales d’une guerre sauvage à laquelle ce même harki a prêté main forte ? Oublier ? Pardonner ? parce que, comme vous le dites : «Il faut se libérer de la mentalité du colonisé. De la mentalité de pauvre.» Mentalité du pauvre ? parce que je refuse d’oublier les chouhadas ? parce que je refuse d’oublier que le frère algérien de souche a vendu son frère ? a vendu son âme ? a vendu sa patrie ? Nous parlons, M. Mesloub, de la trahison de la patrie, nous ne parlons pas de trahison entre amis ou autres. Nous parlons de l’amour de la patrie et de sa trahison. Je suis désolée, Monsieur, oui je suis pauvre, et je préfère garder la mentatlité d’une pauvre et aimer mon pays. Je ne pourrai oublier la lâcheté et la trahison d’un Algérien de souche qui a vendu son pays.
    Vous critiquez les immigrés qui ne donnent pas de l’argent à leur pays, je préfère un million de fois un immigré qui ne donne rien à son pays mais qui ne l’a jamais trahi qu’un harki qui m’envoie son mandat mais qui n’hésitera pas à revendre son pays à la moindre occasion. Un harki d’un jour est un harki pour toujours. Mentalité de pauvre sommes-nous devenus ! Rien que cela. J’ai tourné la page, mais je ne l’ai pas déchirée. La France colonisatrice, si aujourd’hui je profite de ses espaces et autres, je n’oublie pas par contre ce qu’elle a fait à ma familles et à mes frères de souche. Je n’oublie pas qu’elle est l’ennemie d’hier et d’aujourd’hui. Et je suis sur mes gardes. Et le harki, de par les histoires lues et rapportées, est lui aussi mon ennemi d’hier et d’aujourd’hui. Et je ne pourrai jamais lui faire confiance à cet «Algérien de souche»

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      Ouali
      17 janvier 2020 - 0 h 10 min

      Et pourtant plus de 100.000 Harkis désarmé, ont étés assassinés en espace de six mois, après avoir subi de pires supplices digne de SS nazi malgré le cessé le feu du 19/03/1962 des accords d’Évian les accords de la honte. En toute chose, c’est la fin qui est essentiel ! Aristot

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    Lyes Oukane
    16 janvier 2020 - 10 h 57 min

     » … le harki,pourtant lui aussi contraint par l’armée coloniale …  » . Celle là c’est la meilleure !

    l’armée coloniale a contraint des Algériens à aller combattre pour la libérer des griffes teutonnes ,ça oui .
    Mais prendre les armes contre les siens , j’appelle ça trahir .

    Pour rappel :

    Les GMPR ( Groupe Mobile Police Rurale ) sont crées le 24 janvier 1955 . 12.000 hommes . Contrat 1 an renouvelable .
    Les Mokhaznis des SAS ( Sections Administratives Spécialisées ). 20.000 hommes en 1960 . Contrat 6 mois renouvelable.
    Les G.A.D ( Groupe d’Auto Défense ) Crées en août 1955 . 30.000 hommes en 1960 . Pas de contrat . Volontaires journaliers.
    Les harkis ( Militaires ) . En 1958 ils étaient 20.000 . En 1960 = 60.000 . En 1961 ,ils étaient sous contrats de 1 / 3 ou 6 mois ( eh oui , la fin de la guerre approche ,leurs maîtres commencent à les lâcher petit à petit ).

    Un contrat ça se signe et avant de signer on peut le refuser et avant même d’avoir ce choix on peut prendre le maquis et avant toutes ces possibilités on peut rester neutre . Tous les Algériens n’étaient pas à l’ALN comme tous les Algériens n’étaient pas harkis . On veut jouer à l’Homme alors on assume jusqu’au bout son choix .

    Comme je l’ai détaillé plus haut ,vos gentils harkis quelque soit leur tache étaient des mercenaires corvéables à merci . Combien de fois m’a t-on répondu  » il fallait bien qu’ils nourrissent leurs enfants  » . Oui , mais pas avec le sang d’innocents !

    ils devaient manger mais pas de là à aller voler le colon du coin . Voyons ça ne se fait pas ,c’est chez Francis et Odette . Par contre les maigres réserves du douar d’a côté . Là d’accord , on se serre gaiement et sans aucun scrupule . C’est chez Mouloud et Fatima , ça compte pas !

    Monsieur l’auteur, tu cherches à m’embrouiller avec ta France coloniale et tes harkis . Pour moi c’est kif kif bourricot ( expression typiquement française ,aujourd’hui encore utilisée) .

    Tu veux me faire plaisir . Pourquoi tu n’écris pas sur comment la France a reçu ,logé ,nourris ses harkis en métropole ? il y a de quoi raconter jusqu’en deux mille quarante douze !

    Un paysan ardéchois m’a dit un jour  » mon grand – père est mort au Chemin des Dames . Avec lui de vaillants Algériens aussi . Ça c’étaient des hommes . Par contre les harkis … traîtres un jour traites toujours . C’est pour ça que la France ne les a jamais bien considérés  » .

    Ps : Beaucoup d’enfants et d’épouse de harkis reconnaissent l’erreur de leurs maris . Aux enfants ,on ne peut et on ne doit rien leur reprocher . Par contre ,leurs pères, j’espère qu’ils ont grillé en enfer .

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    DZA
    16 janvier 2020 - 10 h 28 min

    Cela m’a l’air d’être plutôt une plaidoirie pour les traîtres qui exhibent fièrement leurs médailles françaises (photo de l’article) et leurs semblables qui n’ont pas su ou voulu se libérer du colonisateur. L’indépendance et la une nationalité Algérienne ne les ont pas affranchit pour autant. Pauvres victimes !!??

    Ces deux espèces sont presque semblables à la différence près, que certains, avant l’indépendance, avaient délibérément choisi leur camp, pendant que d’autres sont devenus harkis sous la contrainte.
    L’histoire des harkis est très délicate, chaque harki est un cas. Ce n’est pas un secret, la France coloniale le sait, les moudjahidines le savent et les habitants de chaque douar et ville le savent. Tout monde sait, qui est qui.
    La colonisation a semé la mort, la misère et la souffrance ; sur ses champs de batailles, les forces et les faiblesses des hommes ont été mises à nu.
    Avec le temps, les douleurs passent, se cicatrisent les blessures et la mémoire s’estompe laissant les portes ouvertes à toutes les spéculations.
    Il ne nous reste en mémoire que les Héros et les traîtres, alors que l’Histoire se trouve entre les uns et les autres. L’écrira-t-on un jour avec toutes ses vérités atroces ?

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    Djazaïri
    16 janvier 2020 - 10 h 23 min

    Khouya Mesloub vous venez de toucher à un point sensible. Je suis d’accord avec le constat mais la « mentalité du colonisé » ne me semble pas suffisante pour tout expliquer. Il y a 3 éléments qui me semblent importants pour tenter d’apporter une explication à ce phénomène. Le 1er est l’ignorance et la méconnaissance des détails de la guerre d’Algérie. Beaucoup d’algériens ne connaissent pas le rôle exact des harkis qui n’étaient que des supplétifs mais qui sont effectivement plus détestés que les paras. Qui a fait quoi sur le terrain? très peu de gens le savent (plus de 80% de la population est née après la guerre). Le 2ème élément, c’est l’absence de repentance de ces harkis qui ne semblent pas regretter d’avoir trahis leurs frères et qui se contentent de réclamer leurs droits toujours en tant que harkis. Beaucoup d’algériens n’aiment pas les pieds noirs. Ils les prennent pour des colons alors que ces derniers n’étaient qu’une petite minorité. Cependant, ces algériens acceptent volontiers de recevoir des pieds noirs « amis » autrement dit non partisans de l’algérie française. Même d’anciens militaires français qui sont venus demander pardon dans certains villages sont bien accueillis. Le 3ème et dernier élément est d’ordre sociologique. Il a trait à l’image du traître dans l’imaginaire collectif. On le voit avec le Hirak où le « sseraqin » passe derrière « l’Khawana » qui demeure l’insulte suprême. Merci pour vos contributions qui n’hésitent pas à aborder certains sujets sensibles.

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    Sansylo
    16 janvier 2020 - 10 h 19 min

    @Mesloub Khider,

    L’algérien , en soi, n’est pas un masochiste, ni un soumis au colon , ni un affidé du colonisateur!
    Si ceux qui avaient pris le pouvoir de force en 1962, alors qu’ils n’avaient pas tiré une seule cartouche durant les 7 annés 1/2 de guerre , avaient eu au moins, la décence de distribuer avec équité les richesses du pays,
    reconstruit le pays, les routes, les universités, resorbé le chômage etc…, nul n’aurait fui le pays et encore moins les élites, qui ne demandaient qu’à participer à l’édification de ce pays.
    Quant à ces harkis dont la progéniture ne demande qu’à rentrer au pays, il va falloir revoir tout cet embroullamini, car à ce jour encore, il y a de vrais harkis dans les rouages de l’administration, voire dans de hautes responsabilités.
    Alors…….. parlons en quand la conjoncture s’y apprêtera !

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