Mort du soldat emprisonné pour avoir dit la vérité sur la Guerre d’Algérie

guerre Guyotat
L'écrivain Pierre Guyotat. D. R.

Par Nabil D. – L’écrivain Pierre Guyotat est décédé à l’âge de 80 ans. Peu d’Algériens connaissent cet ancien soldat du contingent de l’armée française qui a fait le cachot pour avoir révélé aux Français une vérité qui fâche, au point où le sanguinaire général Massu a censuré son livre Tombeau pour cinq cent mille soldats, considéré comme une «œuvre majeure de la littérature française du XXe siècle, peut-être le plus grand livre sur la Guerre d’Algérie».

Appelé sous les drapeaux en Algérie en 1960, Pierre Guyotat révèle dans son livre le nombre réel de soldats morts en Algérie. Il sera arrêté en 1962, interrogé pendant dix jours par les services du renseignement militaire et inculpé d’«atteinte au moral de l’armée, de complicité de désertion et de possession de livres et de journaux interdits». Après trois mois de cachot, il est transféré dans une unité disciplinaire.

Grand ami de l’Algérie, l’écrivain engagé se rend fréquemment en Algérie, notamment dans le sud du pays, entre 1967 et 1975. En France, il se mobilise, dans les années 1970, pour la défense des immigrés à une époque où le racisme et la xénophobie avaient atteint leur summum. En 2018, il édite un récit autobiographique intitulé Idiotie, décrit comme un «âpre récit de sa jeunesse : ses années de grande misère à Paris à la fin des années 1950 et, surtout, sa guerre d’Algérie».

De nombreux appelés de l’armée française, envoyés de force en Algérie pour y mener la guerre malgré eux, ont dénoncé les crimes contre l’humanité commis par le colonialisme français. Benoist Rey, auteur du livre Les Egorgeurs, réédité en Algérie par les éditions Marinoor, écrit : «Nous étions des bêtes commandées par des salauds.» Il décrit avec dégoût des actes barbares qu’il qualifie d’«orgie criminelle», dénonce ses supérieurs qui fermaient les yeux sur les viols et les tortures et raconte comment une fille de quinze ans avait été violée par sept soldats et une autre de treize ans par trois sauvages en treillis. L’auteur des Egorgeurs confiait qu’il était rentré en France «avec une blessure inguérissable au cœur».

Pierre Guyotat est l’auteur de très nombreuses œuvres, fictions, essais et recueils de poésie, dont Sur un cheval, Progénitures, Joyeux animaux de la misère, Coma, Arrière-fond, Littérature interdite, Vivre, etc.

N. D.

Comment (14)

    Kahina-DZ
    12 février 2020 - 14 h 09 min

    Ce qui me surprend le plus est le fait que ses textes sur la guerre d’Algérie sont introuvables dans le programme scolaire Algérien.

    Salim Samai
    9 février 2020 - 17 h 22 min

    Allah Yarhamou & Yarham tous les Chouhada d´El Haq! Quels MALHEUR & BETISE!
    On ne le connaissait pas! Ce sont ces ICONES qui FORMENT et INSPIRENT les nations et leur apprentissage de la Justice!

    Puissions nous, nous aussi, avoir le Courage de CONTREDIRE NOTRE MERE SI elle etait aveuglee par la Betise et la MALEDICTION de l´Arrogance du Pouvoir!

    Les parents de tous les SOLDATS US sacrifiés sur l´autel de la guerre du Vietnam DEVRAIENT intenter un proces á leurs dirigeants pour MENSONGE, BETISE, Faux et Usage de Faux et Homicide Involontaire.
    Cette guerre etait CONTRE « Le communisme » qui n´existait pas! Ce ne fut á la fin qu´une Maison/Femme violee qui simplement se defendait contre son Violeur aveuglé/Agresseur!

    Secret Défense
    9 février 2020 - 9 h 17 min

    L’amnésie de nos gouvernants succéssifs dénote on ne peut mieux leur soumission inénarrable envers le,pouvoir français qui , à ce jour , dénie encore aux algériens le droit à l’indépendance et la liberté .

    Un long combat nous attend , pour rétablir la vérité.

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    Rebel
    9 février 2020 - 3 h 43 min

    May God put his soul in peace.
    French people accused the Germans about how savages they were during tbs second world war. But they never mentioned they are similar to the Nazis savages like humans during the stone age.
    It is, after all, a big shame about the silence of the Algerian government somehow didn’t push hard the French to admit their own crimes. They have been busy with corruption. But as people, the war has left a ghost of pains and blood.
    They couldn’t digest the shame and the horror they left in. Algeria.
    I believe many French soldiers we’re against the war but the French governments are kinds of idiots when it comes to clarifying the history.
    The more they hold the shame the more is holding it.
    It won’t any ease in a relationship between both countries until they accept their own crimes.

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    Felfel Har
    8 février 2020 - 18 h 15 min

    Ne sont reconnaissants envers tous ces étrangers qui ont pris fait et cause pour l’Algérie que les authentiques moudjahidine qui, les armes à la main, dans les montagnes et maquis, ont réellement combattu l’ennemi. Hélas, ils ont abandonné le terrain conquis à des aventuriers aussi incultes qu’ingrats qui ont pris les commandes du pays.
    Ceux-là ne connaissent pas l’histoire de notre révolution puisqu’ils ne l’ont pas faite ou alors seulement de loin. Et puis, n’ont-ils pas tenté de s’inventer des exploits et des épopées pour nous convaincre que c’étaient eux, et eux seuls, qui nous ont libérés du colonialisme pour justifier leur « coup d’État permanent ». Pourquoi voulez-vous qu’ils admettent le sacrifice de tous ces jeunes soldats français que leur patrie considèe comme des traîtres?
    A la suite de Denis Diderot, je m’insurge contre cette suspecte amnésie qui entoure une énorme injustice ,
    une inquiétante ingratitude:  » Je puis tout pardonner aux hommes excepté l’injustice, l’ingratitude et l’inhumanité. ». Nos dirigeants cumulent hélas, les trois défauts.

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    Le Légume
    8 février 2020 - 16 h 12 min

    Sans oublier d’abord, de rendre hommage à la mémoire du feu écrivain Pierre Guyotat, Qu’il repose en paix.

    Certes, il faut donner du temps au temps et aujourd’hui l’heure est venue de regarder d’un air détaché et la tète froide, la guerre d’Algérie. Je ne suis ni historien, ni analyste en la matière, un simple commun des mortels et cela ne m’empêche pas de donner mon humble point de vue, non pas des causes mais des conséquences de certains acteurs ou spectateurs de cette terrible tragédie.

    Dans une guerre il n’y a ni vainqueurs ni vaincus : il n’y a que des victimes, a dit Michel del Castillo, donc sans rentrer dans les « qui à raison ou tord » et le « pourquoi du comment », je me penche avec affliction sur uniquement ces cas :
    – Que dire d’une France bercée dans son rêve de grandeur, se réveille dans la honte d’un colonisateur ?
    – Que pensait le soldat du contingent ramené de la métropole pour le conduire à l’abattoir sans lui laisser le temps de dire que cette guerre ne le concerna pas ?
    – Quelle est la perception du pied noir de 2eme, 3eme génération que le pays de sa naissance qu’il considère comme sa terre, son asile, son amour, sa patrie … devienne brusquement pour lui, un lieu de passage, une colonie de vacance ou séjour éphémère … ?
    – Que doit-on dire du harki, victime de sa vision et son sens de raisonnement, piétiné dans sa foi, abandonné ou enfermé dans un camp de l’oubli ? Refusé par sa nourrice et rejeté par sa mère.
    Enfin,
    – Que déduire d’un peuple qui a souffert, que de morts et de larmes, que d’attente et d’espoir … pour s’apercevoir qu’un oppresseur est parti, mais un autre le remplace ?

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      chaoui40
      12 février 2020 - 21 h 00 min

      En vérité, toutes les personne que vous citez sont les victimes de la IIIe république et des francs-maçons qui dirigent la France depuis 1870. La France, ce n’est pas les Français. Ce ne sont pas les Français qui nous ont colonisé, mais leurs plus riches marchands en quête de nouveaux débouchés. Quand on analyse l’Histoire, un regard marxiste s’impose … La guerre est l’instrument de conquête des mégalomanes et le moyen d’enrichissement des marchands.

    Anonyme
    8 février 2020 - 15 h 49 min

    Celui qui dit la vérité , bien souvent ne parle qu’a lui meme.

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    Le Berbère
    8 février 2020 - 15 h 44 min

    Si j’avais le pouvoir de le faire, je nommerai une rue ou un lieu ou un édifice au nom de défunt écrivain Pierre Guyotat dans notre pays, mais malheureusement on est gouverné par des ingrats et des politiciens illégitimes pro arabes et pro França depuis 1962..Pour la mémoire, l’ex malfrat à chaise roulante à fait venir de France un célèbre comédien de confession israélite pour l’enterrer à Alger , le déroulement de ses funérailles été digne d’un grand héros national alors que le défunt n’a jamais tiré une seule cartouche contre l’occupant français ni lui , ni sa famille . Wal Al Fahem Yefhem sans faire un clin d’oeil.

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      Anonyme
      8 février 2020 - 17 h 50 min

      Pire encore,un maire inculte d,oran, a débaptisé des rue d,européens militants du FLN historique,par des noms d,islamistes .

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      Houari
      9 février 2020 - 8 h 49 min

      Pro-arabe dis-tu?
      On est des arabes. L’islam est notre avancée et la Coran est notre suivi. Les algériens sont arabes sauf bien sûr, toi et tes semblables. Si ce pays ne te convient, va vivre en Libye. Les amasigh comme toi courent les rues. Tu trouveras certainement ton bonheur.

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        Ashtough
        11 février 2020 - 4 h 32 min

        @houari
        Quand on put l esclavagisme, et que derrière un écran on s échine à semer une propagande de bas étage en espérant que elle le maximum de dégât mais qu on oublis qu entre ses lignes on sent la haine de l Algérie , on finit par être plus que ridicule,on ressemble à ces enfants de maquerelles utilisés à longueurs de journée à cirer les chaussures des clients consommateurs de prostitues et qui a la fin de journée ont la certitude d avoir accomplis des miracles , c est peut être un trait de caractères génétique chez vous d etres à ce point sans honneur.
        Sire Alla Halek, ici c est l Algérie pauvre bougre, dès que tu ouvre ton bec, on sait à l avance f ou tu vient.
        Tu perd ton temps , tu te mélange les .Pinceaux.
        Et juste une petite dernière , en lubie , puisque tu veut y foutre ton nez , vous allez recevoir une grosse déculotté , mais c est pas grave remarque , vous êtes de grands habitués aux déshonneurs à l indignité
        L Algérie ,algerienne te donne de grands
        Et c est pas conseillé pour la santé.

    DZA
    8 février 2020 - 11 h 42 min

    Dire la vérité a un prix, il a payé son tribut dans le pays des droits de l’homme, là, où la justice est également élastique.
    Il est certainement parti la conscience tranquille et légère.
    Paix à son âme.

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    Zyriab
    8 février 2020 - 11 h 36 min

    Le plus étonnant c’est cette découverte 50 ans de silence de la presse algérienne et de tous les médias algérien Personne (Aucun journaliste n’a pensé à l’interviewer de son vivant ) Quand RFI annonce sa mort les Algériens le découvrent et on viendra me dire que nos journalistes sont indépendants Ils attendent toujours l’aval des français pour nous informer Profitant de cette Occasion j’aurais bien voulu que quelqu’un aille interviewer Ali Laidi Voilà plus de deux ans que ses ouvrages circulent à travers le monde (Première traduction En Chinois et en Coréen) La guerre économique Le droit

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