La LADDH révèle de graves maltraitances contre des enfants handicapés mentaux

Par Houari A. – Le bureau de M’sila de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a adressé une lettre au président de l’Organisation internationale pour la défense des enfants suite à un «incident traumatisant», suite à des violences qu’aurait subies un enfant souffrant d’une maladie mentale. «L’enfant Islam, handicapé mental âgé de 14 ans, a été victime d’humiliation et de coups violents au moyen d’un tuyau d’arrosage par une aide-éducatrice au centre psychopédagogique des enfants handicapés mentaux à M’sila», dénonce le représentant local de la LADDH.

«Des enfants handicapés mentaux comme Islam, Yahia et Abderrahmane refusent de rentrer en classe en réaction à la méthode antipédagogique que cette aide-éducatrice utilise», précise la LADDH dans un communiqué adressé à notre rédaction. «La maltraitance entraîne des souffrances pour les enfants et leurs familles et peut avoir des conséquences à long terme, elle provoque des situations de stress extrême qui font que ces enfants maltraités sont davantage exposés à divers troubles comportementaux et à des souffrances post-traumatiques très lourdes à supporter», indique le militant des droits de l’Homme Layachi Amroune.

La LADDH précise qu’à ce traitement inhumain s’ajoute la sanction décidée par la directrice de l’établissement contre l’assistante sociale qui a révélé ces maltraitances et l’a licenciée. La LADDH souligne qu’elle a adressé une correspondance aux autorités administratives et sécuritaires locales et nationales et qu’«aucune d’entre elles n’a bougé le petit  doigt», en ajoutant que l’administration du centre «nie les faits», accusant l’assistante sociale d’être motivée par de «mauvaises intentions».

Le père du jeune Islam a déposé plainte après que l’enfant eut révélé avoir été flagellé à l’aide d’un tuyau d’arrosage. «Ses cicatrices sont visibles sur le côté gauche de la partie inférieure de son corps», précise la LADDH. Un médecin consulté par le père de la victime a certifié qu’Islam «a été soumis à des violences physiques». La victime a également été auscultée par un médecin légiste à l’hôpital de M’sila. Ce dernier a «observé des ecchymoses à la suite d’agressions physiques».

«Trois enfants handicapés mentaux ont été battus, agressés et insultés», note la LADDH qui affirme que l’assistante sociale s’est déplacée au siège du ministère de la Solidarité nationale et a remis aux responsables un rapport concernant la situation d’Islam. «Une commission ministérielle s’est rendue au centre du M’sila, mais aucune mesure n’a été prise», selon la LADDH, tandis que la personne à l’origine de la dénonciation «a été soumise à une sanction du quatrième degré et traduite au conseil de discipline qui a décidé son licenciement pour divulgation du secret professionnel».

H. A.

Commentaires

    ferial
    16 février 2020 - 18 h 24 min

    Aucune compassion, aucune humanité tout est à l’image de ce que vivent la majorité des algériens au quotidien .
    Le comble c’est que la personne qui a révélé ces dysfonctionnements a été licenciée et non pas l’auteur des maltraitances contre des enfants vulnérables et l’indigne directrice de cet établissement !
    Honte à nos dirigeants et à l’organisme de tutelle de cet établissement indigne

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