Abdelaziz Rahabi : «Le but de la justice n’est pas de limiter les libertés»

Drareni Rahabi
Abdelaziz Rahabi. PPAgency

Par Mounir Serraï – L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi réagit à la condamnation du journaliste Khaled Drareni en dénonçant ainsi cette confiscation de la liberté qui frappe à chaque fois des militants politiques.

«La confiscation de la liberté des militants politiques dans le Hirak ou dans tout autre cadre par un jugement de justice, relevant d’une époque révolue, est inacceptable à l’heure actuelle et ne sert pas la recherche d’une sortie pacifique et consensuelle de la crise multiforme que traverse l’Algérie», écrit Abdelaziz Rahabi pour qui la politique d’emprisonnement de tout citoyen avant que la vérité ne soit révélée et que l’accusation soit prouvée tout en offrant des garanties juridiques de respect de la décision et ne représentant pas une menace réelle pour l’ordre public et la sécurité nationale ne fera pas de l’Algérie un pays plus fort, juste et grandiose.

«Le but de la justice n’est pas de limiter les libertés individuelles et collectives, mais plutôt de protéger les droits et libertés fondamentaux contre toute violation. Son essence est de protéger les citoyens des excès et des pressions du pouvoir exécutif et des divers groupes d’intérêt et d’influence», souligne-t-il.

«Malheureusement, notre système judiciaire n’a pas encore été en mesure de se libérer du fardeau des pratiques du régime précédent dans sa tentative d’instaurer une justice véritablement indépendante, qui, sans elle, ne saurait aboutir à une transformation démocratique. Et la justice en Algérie doit aujourd’hui prendre conscience de sa part de responsabilité historique dans le succès ou l’échec de la transition souhaitée vers la gouvernance démocratique», conclut Abdelaziz Rahabi.

M. S.

Comment (14)

    Kahina-DZ
    12 août 2020 - 14 h 22 min

    Oui, Mais la liberté d’expression ne doit pas virer vers la trahison et l’anarchie.

    mahboul
    12 août 2020 - 11 h 35 min

    depuis que vous n avez plus de poste vous vous faites douvent rappeke zu souvenir des décideurs..je ne sais pas qui distribue kes titres df démocrate mais il semblerait que voys n etes pas objectif puisque vous faites l impasse sur un élément non negligeable du dossier et qui a justifie la mise sous mandat de depot n en déplaise aux prétendu démocrates cameron qui serait un dictateur a dit que lorsqu’il il s agit de la sécurité de mon pays ne me parler ki de démocratie ni de droit de l homme a bon entendeur salut

    La semantique est importante
    11 août 2020 - 17 h 51 min

    Cet homme emprisonné est un activiste politique bras armee d »officine étrangère et non un journaliste de surcroît accrédité !!!!

      Anonyme
      11 août 2020 - 23 h 08 min

      Arrêtes ton khorti, il n’a pas été condamné pour ça!!

    lhadi
    11 août 2020 - 17 h 49 min

    L’ordre est le garant des libertés !

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

      Pedro
      13 août 2020 - 8 h 06 min

      Tant que vous y êtes « craindre le général c’est le début de la sagesse » et pour la route si longue mais SÛREMENT vers la démocratie « wali El amr (le décideur) est exempt de critiques »
      58 années de néocolonialisme STOP!!

    cheikh
    11 août 2020 - 17 h 22 min

    très déçu par cet écrit ,oubliez la casquette de diplomate,la liberté de la presse est étranglée et tout ce que vous avez a dire ses mots mielleux ,et nous rabâche avec cette histoire de régime précédent quel régime ,pour vous il a changé ?changez de lunette Mr l’ambassadeur.

    Anonyme
    11 août 2020 - 17 h 11 min

    Peut-on «tout» dire, y compris ce qui est blessant, violent ou faux?
    Pour garantir la paix sociale, il faut des bornes à la liberté d’expression, argumente Thomas Schauder, professeur de philosophie, dans sa chronique bimensuelle. Car en chacun de nous réside une tendance à devenir « esclave de sa propre faiblesse ».

    Tout d’abord, le statut même de la liberté d’expression varie en fonction des contextes. Dans l’esprit de la plupart des gens, elle apparaît comme une valeur, presque sacrée, au point que lorsqu’on demande aux gens d’illustrer ce qu’est la liberté, ils prennent presque invariablement l’exemple de la liberté d’expression. C’est comme si la liberté d’expression se confondait avec la liberté elle-même.
    Pour garantir la paix sociale, il faut des bornes à la liberté d’expression. Ces bornes sont inscrites dans la loi. Elle est souvent associée à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse. Plus d’un siècle avant la Révolution française, Baruch Spinoza écrit dans son Traité théologico-politique que nul ne peut agir contre la loi du souverain, « mais il peut avec une entière liberté opiner et juger, et en conséquence aussi parler, pourvu qu’il n’aille pas au-delà de la simple parole ou de l’enseignement ».
    Si je pense qu’untel est idiot, ou laid, untel l’ignore. Et par conséquent s’en fiche. Mais si je le lui dis, je peux le blesser. Si je le lui répète quotidiennement et que j’amène d’autres personnes à se joindre à moi, je le harcèle.
    Pour garantir la paix sociale, il faut des bornes à la liberté d’expression. Ces bornes sont inscrites dans la loi : respect de la vie privée, interdiction de diffamer, de faire l’apologie de la violence, d’injurier, etc.
    Spinoza, encore une fois, nous apporte un éclairage précieux sur l’équilibre à trouver, dans une démocratie, entre la liberté d’expression et l’intérêt général. D’un côté, explique-t-il, le but de l’État est la liberté, c’est pourquoi la démocratie est le régime politique le plus naturel. Mais la liberté ne consiste pas à faire ou dire tout ce qu’on veut : c’est « vivre de son entier consentement sous la conduite de la raison ». C’est-à-dire ne pas se laisser aveugler et dominer par ses passions comme la colère, l’envie ou la haine.
    C’est exactement ce que les exemples récents démontrent : que des journalistes très respectables se permettent « pour rigoler » d’insulter, de menacer et d’humilier des femmes, c’est la preuve que réside en chacun de nous une tendance à céder à ces passions antisociales, à devenir esclave de sa propre faiblesse.
    Chronique bimensuelle.
    Thomas Schauder, professeur de philosophie

      wiki
      11 août 2020 - 21 h 44 min

      Merci pour ce cours magistral.
      Vous nous avez facilité la compréhension car des fois sur wikipédia c’est assez laborieux.
      Encore merci.

      Pedro
      13 août 2020 - 12 h 18 min

      Le peuple souverain est unique source de pouvoir
      Article sept seven seb3a siete de la constitution actuelle EN DZLAND

      Pedro
      13 août 2020 - 17 h 27 min

      Avoir une vie publique c’est s’exposer au publique sinon autant cultiver son jardin et mener sa vie privée pépère
      La nuance est de taille cher filouzof

    Belveder
    11 août 2020 - 16 h 05 min

    IL rejoint la logue liste des «  » »indignés » » » on mouille le doigt on et on laisse venir le vent pour savoir «  »ou tourné » » jusqu au prochain croisement quand les cartes seront redistribuées

      Rahabi aussi ?
      14 août 2020 - 13 h 25 min

      Lui aussi il est manipulé?

    à l'attention de Monsieur Rahabi
    11 août 2020 - 15 h 37 min

    Merci beaucoup pour votre article très précis et digne d’un grand démocrate républicain ! Merci pour votre solidarité active envers Drareni et beaucoup d’autres prisonniers politiques et détenus d’opinion. Dîtes nous juste Monsieur, pourquoi dans votre proposition et vos observations sur le projet de Constitution que vous avez adressé à Tebboune, vous avez ré proposé l’article 2 « l’islam religion de l’Etat » ! ?? Est-ce que vous le démocrate impénitent, l’intellectuel très connu, vous n’avez pas peur qu’un article de ce genre ne soit pas utilisé par un gouvernement quelconque qui arriverait au pouvoir par les urnes pour nous mettre au dessus de nos têtes cet épée de Damoclès et qu’on puisse nous coller un chef d’inculpation du type « insultes et offense envers l’islam » , rien que parce que vous êtes un opposant , et parfois sans même un jugement digne de ce nom, c’est arrivé dans le passé et même récemment avec Amira Bouraoui, c’est l’honorable Maître Bouchachi qui nous l’a révélé !

    Est-ce que cela ne va pas encourager le caporalisme, l’autoritarisme ou l’autocratie au nom de cet article là ! Vous parlez de liberté, c’est honorable pour vous, c’est à votre honneur, mais pourquoi avez- vous donc peur de demander la non utilisation de la religion à des fins politiques, puisque la religion est un acte de liberté, un choix individuel privé entre le croyant et son créateur !? Mes respects.

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