Le buste du CRASC remis au professeur Abdallah Messahel à titre posthume

CRASC Abdallah Messahel
Une vue de la cérémonie d'hommage à feu Abdallah Messahel. AP

D’Oran, Abdelkader Athmane – Le dimanche 30 mai 2021, dans la salle des conférences du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle  (CRASC) d’Oran, une cérémonie à la fois collégiale, intime et solennelle réunissait, autour de la mémoire du professeur Abdallah Messahel, ses anciens collègues, ses amis, ses collaborateurs, ses anciens étudiants et les membres de sa grande famille, dont Abdelkader Messahel, ancien ministre des Affaires étrangères.

Les initiateurs de ce séminaire, qui avait pour thème «Le Sahara dans les études du CRASC», avaient tenu à lui associer l’hommage à leur collègue et ami Abdallah, en tant qu’ancien chercheur et professeur à l’Université d’Oran.

Après la rétrospective des travaux et des projets de recherche sur le Sahara, à l’instar du projet de recherche intitulé «Approche des milieux urbains sahariens, wilaya de Béchar et d’Adrar», «Urbanisation et changement social des anciens ksour du Sud-Ouest algérien», «L’habitat rural entre actions publiques et initiatives privées dans le Sud-Ouest algérien», sans oublier «Le Sahara et ses marges : enjeux et perspectives de territoires en mutation», «Carrefours sahariens : vues des rives du Sahara», une thématique et des travaux dont feu Abdallah Messahel a contribué grandement, de l’avis des intervenants, à l’instar de Mme Nouria Benghebrit, ancienne ministre de l’Education, qui lui a dressé un portrait des plus élogieux, en sa qualité d’ancienne directrice du CRASC.

Au CRASC d’Oran, le départ prématuré de feu Abdallah Messahel est décrit par ses collègues comme une bibliothèque qui brûle car, déplorent-ils, il était une véritable bibliothèque, tant sa connaissance était encyclopédique et épatait ses étudiants par son inspiration et son expérience de terrain, qui leur imposait une grande rigueur.

Au CRASC d’Oran, il était, disent ses collègues, non seulement celui qui pense, de par sa formation en sociologie, mais celui dont les pensées ont un poids dans la construction du sens, notamment avec sa fameuse citation : «Il faut revoir la problématique.» Ou : «Si vous voulez travailler sur un quelconque espace, il faudra d’abord l’aimer.»

«On ne peut bâtir une maison sans fondements», disait Abdallah, «comme on ne peut éduquer une société sans une histoire propre à elle-même», d’où son penchant en faveur des sciences sociales, perçues comme le nerf des sciences, ce qu’il lui donnait, à juste titre, une longueur d’avance par rapport à ses collègues du CRASC.

Il paraît superflu de rappeler ici tous les travaux de celui que l’on honorait : Au-delà des titres universitaires, de la sociologie à l’architecture, en passant par la géographie et l’urbanisme, le professeur Abdallah Messahel travaillait essentiellement sur le monde des ksours de Boussemghoum, de Ghassoul, d’Arbaouat et du Sahara en général afin de reconstruire et de conserver notre propre histoire, mais celui que ses amis du CRASC avaient voulu lui rendre hommage, était «humble», comme son père, et cette valeur des gens du Sahara ne l’a jamais abandonnée au cours de sa longue carrière.

De sa mère, il a eu la valeur de la modestie, qui a déterminé sa vocation et insufflé son enthousiasme. Cette dernière disait d’une manière récurrente à ses fils : «Apprenez à dormir par terre, pour ne pas avoir peur de tomber du lit.»

Ceux qui ont eu le privilège d’approcher le professeur Abdallah Messahel et de bénéficier de ses entretiens amicaux n’ont pas oublié leur émerveillement quant à sa sagesse et son intelligence, qui firent l’unanimité à l’Université d’Oran et qu’il a héritée de sa grand-mère, une grande dame de caractère, qui s’identifiait, disent ceux qui l’ont connue, à Embarka Bent El Khass, une des plus célèbres princesses des Béni Amer qui, en femme de ressources et experte en art consommé dans les stratagèmes, vainquit l’encombrant sultan Lakehal du Maroc.

Aussi, ce «séminaire-hommage» fut empreint tout à la fois d’émotion et de cordialité, avec notamment les témoignages de deux anciens ministres, en l’occurrence Mme Nouria Benghebrit et Abdelkader Messahel.

Ce dernier a fait, pour sa part, en cette circonstance le portrait de son défunt frère, de trois ans son cadet. Pour lui, ce n’est pas sur le plan scientifique et académique qu’il a voulu placer cet évènement. Un hommage est avant tout un moment où l’on s’arrête, où l’on exprime les sentiments que l’on éprouve.

En grand pédagogue, Abdelkader Messahel a raconté, pour la première fois, l’histoire de son frère Abdallah et n’a pas tari d’éloges à son sujet. Il s’est confié comme jamais sur sa vie personnelle et familiale, en revenant sur des moments forts qui ont jalonné son parcours. Il y a évoqué notamment sa naissance, signe annonciateur de la modernité (Abdallah est le premier de la fratrie à être né dans une clinique et était le maître du transistor), son enfance, ses amours, sa famille, sa carrière mais aussi ses valeurs, tout en émaillant son allocution de souvenirs, d’anecdotes et en remerciant, en termes émus, les promoteurs de cette manifestation.

Abdallah est l’un des rares à avoir refusé le poste de directeur général de l’Ecotec de Saïda dans les années 1980 pour celui d’enseignant, a dit le ministre Messahel, qui ne s’attendait pas à recevoir des messages particulièrement touchant des enseignants du CRASC, qui ont fait part de leur admiration pour cette communication avec beaucoup d’émotion et de considération.

Mme Benghebrit, qui a préparé une licence de sociologie avec le défunt professeur, a présenté, pour sa part, à cette occasion, un hommage amical, en exprimant sa vivacité et son modèle et remis à la famille du défunt, à la fin du séminaire, le buste du CRASC.

Comme le rappelait un enseignant, jamais le département de la recherche n’a connu autant d’activités scientifiques comme lorsque Abdallah était à sa tête, en allant chercher lui-même les financements pour ne pas être dépendant de ce point de vue-là.

Ces marques d’estime à l’adresse du professeur Abdallah émanant de ses collègues et de ses étudiants s’expliquent par le fait que tous ceux qui ont eu la chance de l’approcher n’ont pas manqué de l’apprécier, de l’estimer et de s’attacher à lui. Aussi l’on a retrouvé lors de cet hommage des membres du CRASC, des professeurs de l’Université d’Oran, d’anciens étudiants et même des collègues étrangers. Plusieurs amis de la famille Messahel ont, en effet, suivi le séminaire par «zoom», spécialement, de contrées lointaines.

Pour rappel, Abdallah Messahel, cette icône de l’Urbanisme algérien et ce personnage exceptionnel d’esprit et d’honnêteté nous a quittés le 5 décembre 2020, très tôt, le matin, comme au Sahara.

A. A.

Comment (9)

    antar 31
    4 juin 2021 - 9 h 27 min

    adieu l’ami ! ton sourire ta gentillesse
    resteront à jamais grave dans nos mémoires ! je t’ai côtoyé pendant des moments difficiles en 1973 à cherchell tu étais là à nous encourager et remonter le moral
    adieu Abdellah on ne t’oubliera pas

    Elephant Man
    1 juin 2021 - 18 h 35 min

    Il faut faire un travail de mémoire pour les jeunes générations.
    https://ouvrages.crasc.dz
    ALLAH YARHMEK SI EL BOUARI BOUMEDIENNE ALLAH YARHMEK KASDI MERBAH
    VIVE L’ANP QU’ALLAH PROTÈGE LA MÈRE PATRIE ALGÉRIE SON PEUPLE ET SON ANP ET SA POLICE ET SON AP
    VIVE LA RÉSISTANCE PALESTINIENNE VIVE LA PALESTINE LIBRE QU’ALLAH VOUS PROTÈGE

      Elephant Man
      1 juin 2021 - 19 h 00 min

      @SCHMILBLICK psychiatrique
      Je réitère trouvez-vous un autre bouc émissaire à vos maux à savoir VOUS-MÊME.
      SO
      BE SEEING YOU 👌😉

      Elephant Man
      1 juin 2021 - 19 h 07 min

      @SCHMILBLICK troll psychiatrique makhnaz
      VIVE LE POLISARIO VIVE LA RÉSISTANCE SAHRAOUIE VIVE LA RASD LIBRE QU’ALLAH VOUS PROTÈGE

        Anonyme
        1 juin 2021 - 20 h 14 min

        Amin

        Abdou Mlt
        3 juin 2021 - 12 h 24 min

        Allah yerhamou
        Vos qualités, talent, niveau intellectuel et culturel ne peut être appréciés par les cœurs aveugles.
        Tout un monde de malades qui n’ont jamais apporté
        de bon à l’Algérie.
        Ils y a ceux qui connaissent votre valeur et qui ont mal quand l’Algérie perd un/une de ses hommes et femmes de qualité.

    Elephant Man
    1 juin 2021 - 17 h 27 min

    Allah Yarhmou
    Un puits de sciences s’est éteint mais il laisse son savoir et sa sagesse transmis à ses disciples.
    Hommage plus que mérité.
    Je rejoins @MOI DZ « Quand les Algériens étaient éduqués selon nos principes ALGÉRIENS, la sagesse et le savoir débordaient.»

    MOI DZ
    1 juin 2021 - 16 h 41 min

    Quand les Algériens étaient éduqués selon nos principes ALGÉRIENS, la sagesse et le savoir débordaient.
    Depuis que notre éducation a été importée, la stérilité déborde de partout.

    Il faut retourner à nos sources, on n’a pas le choix si on veut retrouver notre Algérie !

    PAIX À SON ÂME

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