Offensive de l’offensant féminisme misandre et inquisitorial

Me too femmes
La libération de la femme ne se réalisera jamais dans une société capitaliste. D. R.

Une contribution de Khider Mesloub – Ces dernières années, une campagne médiatique effrénée a été déclenchée pour dénoncer les agressions sexuelles et violences sur des femmes. Depuis lors, il ne se passe pas un jour sans nouvelle révélation de viols ou attouchements sexuels. La parole féministe s’est «libérée» pour vitupérer les crimes de nombreuses personnalités célèbres officiant dans le monde de la culture, des affaires, de la politique et de l’Etat. Il est à noter que cette indignation a aussitôt fait l’objet de récupération par la classe dominante, notamment la caste politique, relayée par les médias, sous forme d’une campagne de culpabilisation des hommes et d’appel à la délation opéré sur les réseaux sociaux via une application «les hommes sont tous des porcs». Disons-le nettement : cette campagne de victimisation, idéologiquement instrumentalisée par la bourgeoisie, a pour dessein de transplanter l’antagonisme social sur le champ du conflit sexuel : femmes contre hommes. Avec une exploitation sournoise des traditionnelles thématiques morales fondées sur le puritanisme et la pudibonderie comme au temps obscur des sociétés archaïques religieuses sexuellement ségréguées.

Partie des Etats-Unis, au lendemain des accusations de viol portées contre le producteur américain Harvey Weinstein, cette campagne misandre s’est exportée, tel un produit marchand judiciairement lucratif, dans de nombreux pays, notamment en France. Certaines féministes se sont engouffrées dans la brèche hollywoodienne avec un vagissant plaisir. Dans leurs délires hystériques, les féministes invitent toutes les femmes à se muer en délatrices sur le web pour dénoncer les «prédateurs», à se ruer vers les commissariats pour déposer plainte.

«Le mâle, c’est le Mal», semblent-elles penser. Le féminisme ne dénonce ainsi jamais le capital, ni le salariat, ni la guerre. Mais uniquement le patriarcat (par ailleurs consubstantiellement inhérent aux sociétés de classe, donc au capitalisme, quoique ce dernier l’ait pulvérisé).

A l’ère du foudroyant surgissement de la Question sociale sur fond de la flambée de paupérisation de centaines de millions de personnes de par le monde et de la menace d’anéantissement de l’humanité par la guerre généralisée en cours, les petites bourgeoises féministes repues viennent nourrir les populations (privées de denrées alimentaires du fait de la baisse vertigineuse de leur pouvoir d’achat, doublé du renchérissement des prix) de scandales sexuels people opérés dans les hautes sphères du pouvoir politique ou culturel.

Au reste, s’agit-il de scandales sexuels ou de scandales juridictionnels ? Car, sur le fondement du seul témoignage verbal, donc sans aucun élément de preuve matérielle, l’accusation est instruite par les médias stipendiés, ces nouveaux tribunaux inquisitoriaux. Avec ces journalistes procureurs qui instruisent de véritables procès médiatiques sur la base de simples soupçons prescrits ou témoignages anonymes, ce n’est plus la présomption d’innocence qui prime, mais la présomption de culpabilité. Nous avons affaire à de véritables entreprises médiatiques de lynchage judiciaire, autrement dit les médias stipendiés deviennent les antichambres des tribunaux qui, désormais, se bornent à juger à charge sur le seul fondement des pièces à conviction (con-fiction) médiatiques fournies par les journalistes procureurs.

Le féminisme sociétal cache-sexe du complot politique

En France, avec ces méthodes inquisitoriales employées par le néo-féminisme misandre débridé, plusieurs hommes politiques, notamment des ministres, en ont fait les frais. Inutile de citer des noms.

Sans nul doute, tout scandale sert à quelque chose. Notamment les scandales liés aux agressions sexuelles et aux violences conjugales abondamment instrumentalisés par les officines étatiques et médiatiques.

Toujours en France, par la grâce du néo-féminisme inquisitorial, métamorphosé en véritable police des mœurs, une banale baffe, comme il s’en produit malheureusement dans de nombreux couples en conflit, notamment dans des contextes de séparation conflictuelle où tous les coups bas sont lancés à la figure de l’un et l’autre partenaire, se transforme en affaire d’Etat. Dans un contexte social qui s’annonce instable et conflictuel, nécessitant un parlement croupion avalisant toutes les lois antisociales et liberticides, la dernière affaire Quatennens, député de LFI, semble avoir été ourdie par les services de l’Elysée pour briser la nouvelle encombrante coalition oppositionnelle, incarnée par la NUPES, en particulier son aile gauche frondeuse, LFI de Jean-Luc Mélenchon. Déjà, le gouvernement Macron est parvenu à déstabiliser cette factice alliance électoraliste de gauche en proie à des tensions et dissensions, préludes de la dislocation inéluctable.

Avec le néo-féminisme débridé et hystérique, bienvenue à l’érection du sociétal en instrument de combat, de débat, d’ébat. Adieu à la problématique sociale, à la Question sociale, à la revendication sociale, à la lutte sociale. L’entre-jambe est devenu la caisse de résonance des frustrations sociales et, surtout, l’arme de dissonance libertaire sociétale. Voire le réceptacle de la délation offert par la société de spectacle.

Le paradoxe de ce néo-féminisme hystériquement débridé, c’est qu’il séduit et triomphe par sa seule visibilité sur les grandes chaînes audiovisuelles des puissants, dans un espace médiatique largement coupé des rapports sociaux, autrement dit du peuple. A l’inverse du féminisme radical d’antan qui triomphait par son ancrage dans le mouvement de luttes sociales et politiques émancipatrices. Ainsi, on est passé du féminisme radical au féminisme ridicule. Quoi qu’il en soit, ce féminisme médiatiquement inquisitorial ne participe aucunement à quelque libération de la femme, à plus forte raison de l’exploitation salariée, ni de la domination et du mépris de classe, ni des violences conjugales qui n’ont, paradoxalement, jamais autant explosé que depuis l’envahissement du féminisme misandre débridé.

Le néo-féminisme débridé prône la guerre des sexes

Dans cette société du spectacle, chacun peut jouer la comédie pour mieux masquer la tragédie de sa vie. Le combat féministe est devenu ainsi une lubie petite bourgeoise étroitement clanique, portée par un ramassis de féministes hystériques misandres qui prétendent parler au nom de toutes les femmes (battues).

En quoi l’agression d’une femme, le viol d’une femme, concernerait-il uniquement les femmes ? Ces agressions et ces viols ne relèvent-ils pas plutôt d’un problème de société qui concerne tous les individus, sans distinction de sexe ? Et leur traitement ne doit-il pas prendre place dans le cadre d’une interrogation globale sur l’incapacité du système capitaliste à instaurer des rapports d’égalité entre hommes et femmes ? Ces comportements criminels ne dévoilent-ils pas l’incapacité de cette société capitaliste prétendument civilisée à protéger les femmes, à affranchir l’homme du carcan patriarcal ? D’offrir une égalité réelle entre hommes et femmes ? Des rapports authentiquement humains ? Ne révèlent-ils pas la nature encore archaïque de cette société marquée par la mentalité patriarcale, la prégnance de la misogynie, la phallocratie ? D’où il résulte qu’un siècle de luttes féministes dans le cadre du système capitaliste criminogène n’a en rien modifié les comportements des hommes.

En tout état de cause, l’indignation morale des féministes face aux humiliations et dégradations réservées aux femmes révèle leur impuissance à comprendre que le capitalisme recèle toutes les formes d’injustices inhumaines, qu’aucune instance, encore moins féministe, ne peut endiguer. Seule une transformation sociale, autrement dit une révolution prolétarienne, peut anéantir toutes les formes d’oppression et d’exploitation, avec leurs lots d’humiliations sociales des travailleurs, de dégradations comportementales des femmes. Tant que survit le capitalisme, les rapports sociaux de domination perpétuent et la subordination du travailleur et l’infériorisation de la femme et l’esprit de prédation et la mentalité belliciste.

Force est de constater que le féminisme se répand surtout en période de «paix sociale», de reflux de lutte des classes, d’amollissement politique, d’apathie militante, de fléchissement de la conscience de classe. Comme la nature a horreur du vide, les néo-féministes sectaires se sont engouffrées dans cette brèche de vacuité politique pour imposer leur agenda sociétal. Notamment celui de la dislocation des «couples normaux» ; celui de la généralisation forcée du modèle transgenre, de la normalisation de l’homosexualité et autres délires sociétaux pathologiques, etc.

Le féminisme misandre tente de culpabiliser tous les hommes

A cet égard, il est de la plus haute importance de relever que les féministes commencèrent à s’ébranler seulement au moment où des célébrités entrèrent en scène pour dénoncer les agressions et violences dont elles avaient été victimes de la part d’hommes haut placés mais aux mœurs déplacées. Elles sont de fait beaucoup moins promptes à s’émouvoir quand des femmes prolétaires anonymes sont quotidiennement agressées, exploitées sur leur lieu de travail.

Ce néo-féminisme misandre et inquisitorial milite, proclame-t-il, pour «libérer la parole des femmes», mais exclusivement de celle de l’infime minorité des femmes violées et des offensées (qu’il faut évidemment dénoncer et condamner mais d’un point de vue humain et non «réductiblement» – ridiculement – féministe). Mais jamais la parole des milliards de femmes exploitées, opprimées, chômeuses, affamées (elles sont des centaines de millions de par le monde). Pour ces femmes offensées et violées, heureusement il y a une justice qui instruit le procès des coupables. Mais pour les centaines de millions de femmes exploitées, opprimées, affamées, qui instruit le procès des coupables, autrement des capitalistes et des gouvernants ? Sûrement pas les féministes bourgeoises repues, affairées à transformer le Genre de l’humain par la déconstruction anthropologique sexuelle, et non à transformer le monde par la révolution sociale.

Osons le dire : par leur empressement à s’indigner contre les agressions sexuelles et violences conjugales commises contre ces grandes Dames du sérail médiatique, politique et culturel, ces féministes expriment ainsi inconsciemment leur solidarité de classe. A cet égard, les comportements prédateurs exposés sous les feux de la rampe sont souvent l’œuvre d’hommes des classes opulentes dirigeantes. Détendeurs de pouvoirs dans différents secteurs économique, politique et culturel, ces hommes usent et abusent de leurs prérogatives pour assouvir leurs bas instincts sexuels, exercés au nom de leur droit patriarcal de cuissage. Ces pratiques de séduction forcée sont l’apanage de cette engeance lubrique établie dans les hautes sphères, dans les entreprises privées comme dans les administrations publiques, dans les secteurs culturels et médiatiques.

Toutes les affaires d’agressions sexuelles, comme celle de Harvey Weinstein, de DSK, Bill Clinton (l’affaire Monica Lewinski), Berlusconi (qui recrutait des jeunes call girls pour des «parties fines», parfois âgées de moins de 16 ans), sont révélatrices des mœurs dépravées des classes dirigeantes. Ces mœurs se conforment à l’esprit de prédation de la bourgeoisie belliciste. Dans les hautes sphères, n’importe quel petit chef, grisé par le sentiment de toute-puissance et d’impunité, se meut en prédateur sexuel. Il profite de son pouvoir directionnel pour exiger, par le harcèlement et la pression, d’exercer son droit de cuissage.

Pour autant, avec la médiatisation extrême des affaires de violence et de viol, il est légitime de s’interroger sur les véritables mobiles de ces couvertures médiatiques. Dans les périodes troubles comme celle d’aujourd’hui, il est clairement évident que la focalisation sur ces affaires permet d’éluder les vrais problèmes sociaux, de reléguer au second plan les difficultés économiques : explosion du chômage, augmentation exponentielle de la précarité, dégradation des conditions de travail, faillite de milliers de commerces et d’entreprises, gestion criminelle de la crise sanitaire, crise orchestrée des matières énergétiques, préparatifs de guerre, etc. A cet égard, il est important de souligner que la classe dominante, pour renforcer la croyance dans la démocratie bourgeoise sénile, s’active à entretenir la propagande sur l’«inacceptabilité» de toutes les discriminations au sein du capitalisme. Aussi, pour lutter contre le racisme, la misogynie avec son corollaire de violences et de viols, il suffirait, selon elle, de s’en remettre à la justice. Or, aucune pénalisation des conduites avilissantes envers les femmes ne peut annihiler les violences et déviances sécrétées par une société fondée sur l’exploitation, l’oppression, l’inégalité sociale, la prédation, la concurrence, la répression judiciaire, la violence policière. Cette protection judiciaire offerte par l’Etat bourgeois ressemble à la corde qui soutient le pendu. Le capitalisme porte en lui la guerre comme les nuées l’orage, a dit Jaurès. De même porte-t-il en lui les maltraitances et les violences à l’égard du prolétaire en général, et de la femme en particulier.

Aujourd’hui, un certain féminisme misandre tente de culpabiliser tous les hommes. De désigner à la vindicte médiatique chaque mâle. D’abord en focalisant l’attention sur les femmes violentées ou violées. Or, il s’agit d’un problème de société global, non pas féministe. Autrement dit, un problème généré par la société capitaliste vectrice de violences protéiformes.

Le combat de la femme est lié à celui de l’homme, son égal, et vice-versa

En effet, si, dans la société, plusieurs catégories sont opprimées, ostracisées, telles que les femmes, les immigrés, les communautés ethniques, ce n’est pas en raison de leur particularisme, mais du fait de la particularité du capitalisme qui fonctionne sur la répartition des êtres humains en fonction de leur catégorie sociale, sur des rapports sociaux d’exploitation, vecteurs de concurrence de tous contre tous, d’esprit de domination et de prédation. Dans le système capitaliste, on devient toujours le «prolétaire», le «colonisé», le «Palestinien» de quelqu’un formé selon les normes de domination érigées en valeurs absolues par les structures de conditionnement de l’esprit. Une société de classe reproduit intrinsèquement des schèmes de pensée «esclavagistes», des structures mentales de domination véhiculées par les normes de socialisation dispensées par des institutions éducatives légitimant moralement l’asservissement salarial, la division sociale, l’inégalité économique, en un mot l’assujettissement d’une classe (aujourd’hui prolétarienne).

Or, le capitalisme est une société de classe fondée sur l’exploitation et l’oppression et, surtout, sur la prédation et la guerre, comme l’illustre l’actualité. Aussi induit-il infailliblement, par reproduction de son système de valeurs de domination, des injustices, des rivalités, des conflictualités sociales, des rapports de forces, notamment entre les sexes, communautés, ethnies, nations, etc.

Par l’intériorisation des représentations mentales (ensemble structuré de croyances acceptées et partagées par la société) de domination, inhérentes aux sociétés de classe, les individus perpétuent des référentiels culturels et sociétaux archaïques, même au sein des sociétés modernes «démocratiques».

Ainsi, tant que le capitalisme domine la société, il y aura toujours des femmes opprimées, des communautés ostracisées, des nations dominées. Aucun aménagement politique, ni mutation mentale ne sont possibles au sein de cette société d’exploitation et d’oppression, fondée sur l’esprit de prédation et la mentalité belliciste. Pour modifier les mentalités, il faut d’abord transformer le monde.

Cependant, il est légitime que des femmes, révoltées par l’injustice réservée à la gent féminine, veuillent lutter contre ces discriminations sociales, les violences sexistes. Mais elles se fourvoient par leur engagement sur la voie d’un féminisme étroit, mouvement axé exclusivement sur la lutte pour «l’égalité entre les sexes», au sein d’une société capitaliste par essence inégalitaire et violente. Il s’agit d’un combat infailliblement voué à l’échec. Car la condition dégradée de la femme ne peut être pensée indépendamment du système capitaliste dégradant. Aussi, pour changer radicalement la condition asservie de la femme, il faut anéantir le capitalisme.

Contrairement à la propagande distillée par le néo-féminisme sociétal misandre, la problématique capitale contemporaine n’est pas la guerre des femmes contre les hommes, mais celle du prolétariat (socialement attaquée et menacé d’anéantissement par la guerre généralisée en cours) contre la bourgeoisie mondiale, belliciste et génocidaire.

Quoi qu’il en soit, la libération et l’émancipation de la femme ne se réaliseront jamais dans le cadre de la société capitaliste. Le combat de la femme est consubstantiellement lié à celui de l’homme, son égal et vice-versa. Leur ennemi est commun : le capitalisme, l’impérialisme, les traditions archaïques oppressives, le patriarcat, les religions régressives et agressives, les comportements destructeurs, les attitudes antisociales, les valeurs marchandes, produits d’un capitalisme en putréfaction.

K. M.

Comment (13)

    lhadi
    2 octobre 2022 - 0 h 29 min

    Le mouvement de mai 1968 a exprimé d’une manière spectaculaire le surgissement d’une nouvelle génération – qui n’avait connu ni la guerre ni les privations de la reconstruction – et son « ras le bol » face au conformisme et à l’autosatisfaction de la « société de bagnole et de la télé » ; il va redonner vigueur, et pour plusieurs années, au mouvement social : mouvement écologiste et féministe, mais aussi revendications ouvrières et mouvement syndical ; il conduira, indirectement, au départ du général de Gaulle en 1969.

    Que l’on se méprenne pas sur le mot. Capitalisme, ce n’est pas un rapport social, un rapport de production opposant ceux qui organisent le travail à ceux dont le travail est organisé. Le terme désigne la propriété privée des moyens de production et, par conséquent, un mode de développement commandé par l’initiative privée d’entrepreneurs. Symétriquement, le socialisme n’est pas davantage un rapport social mais un mode de développement dirigé par un Etat planificateur qui s’est assuré de la propriété collective des moyens de production.

    Une conséquence immédiate de ces distinctions est que l’on peut parler de société industrielle aussi bien à propos de pays capitalistes que de pays socialistes. Mieux encore, l’analyse sociologique des rapports de production dans l’un et l’autre cas montre, au niveau de base de l’atelier ou de l’usine, de grandes similitudes. Lénine, parvenu au pouvoir, fut aussi l’un de ceux qui introduisirent en Union soviétique les principes de rationalisation dans l’organisation du travail, et il est connu qu’il fut un grand admirateur de Frederich W. Taylor.

    L’ouvrier de la métallurgie dans les pays de l’Est est soumis à une organisation du travail comparable à celle de son homologue en Europe occidentale ou aux Etats-Unis, et sa conscience proprement sociale n’est pas fondamentalement différente. Le mouvement Solidarnosc, en Pologne, n’a pas seulement lutté pour l’instauration de droits politiques et, au nom d’un certain nationalisme polonais, il a aussi été porté par une classe ouvrière semblable à celle que l’on rencontre dans d’autres sociétés industrielles capitalistes.

    Est-ce à dire que les acteurs sociaux, définis par leurs conflits dans les rapports de production, sont étrangers au développement, que les maîtres du travail n’ont rien à voir avec le capitalisme, défini comme un mode de développement ou que le mouvement ouvrier est totalement différent de l’action politique pour le socialisme, ou du contrôle des Etats dits socialistes. Bien évidemment, non. D’abord, parce que l’indépendance des acteurs sociaux et de l’Etat n’est jamais absolue. Les acteurs dirigeants sont aussi des acteurs dominants, et la reproduction de leur position sociale passe par l’intervention de l’Etat, garant de l’ordre, agent de cohésion de la structure sociale. Les acteurs contestataires, symétriquement, en appellent simultanément au contrôle du progrès et de l’industrie, à la direction de l’accumulation et à celle de l’Etat. Ils ne peuvent être indifférents à un contrepouvoir qui, sous le nom de socialisme, leur promet la direction politique de l’historicité. Le socialisme n’est pas seulement un mode d’intervention économique de l’Etat qui supprime, en théorie, le rôle de l’initiative privée ; il est aussi le prolongement utopique de l’action ouvrière depuis l’atelier et l’usine jusqu’au sommet de l’Etat.

    Une seconde conséquence des remarques qui précèdent est de rendre absurde l’idée que le socialisme succède nécessairement au capitalisme une fois celui-ci parvenu à épuisement ou à maturité. L’un comme l’autre sont deux modes de développement et, plus précisément, mais pas toujours, deux voies pour l’industrialisation, deux formes politiques qui correspondent éventuellement à un même type de société, industrielle, mais aussi peuvent n’avoir rien à voir avec elle puisqu’il existe des régimes capitalistes ou socialistes sans industrie, sans entrepreneurs industriels, ni classe ouvrière.

    A ce propos, le syndicalisme d’encadrement, miroir du système politique algérien, est un élément du système économique planifié.

    En effet, ce qui caractérise le syndicalisme d’encadrement par rapport au syndicalisme libéral, ce sont les liens étroits avec le pouvoir politique. Le syndicalisme libéral est indépendant de l’Etat et du patronat, tandis que le syndicalisme d’encadrement, au contraire, bénéficie d’emblée d’un statut officiel et même du monopole de l’organisation professionnelle afin de remplir les tâches que lui fixe l’Etat. C’est un organe de participation à l’intérieur de l’appareil étatique, ce qui le caractérise en terme d’agent d’une politique économique centralisée.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])

    ,

      Santa Claus
      2 octobre 2022 - 11 h 08 min

      question à un doro: quel rapport y a t il entre la problématique du féminisme en tant qu’enfumage de la populace pour qu’elle ne pose pas la question de la contradiction capital-travail en tant que matrice de l’avilissement de la femme, soulevé par K. Mesloub et les digressions de le hadi sur
      – le capitalisme qui ne serait pas « un rapport social, un rapport de production opposant ceux qui organisent le travail à ceux dont le travail est organisé » (entre nous qui oserait soutenir une proposition aussi saugrenue quand le dernier des niais sait que le capitalisme est un système dont le rapport social est la plus-value et son extorsion par la classe capitaliste)
      – sur le socialisme qui ne serait pas, non plus, un rapport social (qui oserait soutenir que le socialisme serait un rapport social? )
      – enfin, sur des histoires de syndicalisme d’encadrement et de syndicalisme de libéral?
      en termes crus le sieur le hadi ne répond à aucune des questions soulevées par K. M. mais semble se noyer dans un discours dont le seul objectif est de signaler sa présence.
      bizarre, bizarrement bizarre pour quelqu’un qui joue à l’intello.

      Elephant Man
      2 octobre 2022 - 19 h 26 min

      @Lhadi
      Avant même lecture de la contribution : je rebondis sur :
      Mai 68 je vous conseille une pure merveille DESPROGES ✌✌✌et son TRIBUNAL DES FLAGRANTS DÉLIRES et son réquisitoire contre Daniel Cohn-Bendit !!!!!!!
      Pauvre Cohn 😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂
      Et [email protected] :
      Mai 68 était la réponse sioniste à la position de de gaules sur l’agression Israélienne de 1967 contre plusieurs pays Arabes …Pour le reste , la fausse gauche manipulée était toujours là pour exécuter les plans sionistes.. ….Dans les sociétés occidentales , le sionisme n’entre jamais dans la bataille à visage découvert : à chaque période il prends un slogan …et à cette époque , ce sont les naïfs dis progressistes qui exécutent le plan .
      2. @Hakika :
      S’il y a une spécificité francaise de cette inversion des valeurs de mai 1968, c’est que l’on a vue depuis les résultats qui sont de « monter » les groups sociaux les uns contre les autres, les femmes contre les hommes et l’inverse, les blancs contre les noirs, les vieux contre les jeunes, diviser pour régner, la cerise sur le tout c’est le mariage pour tous. Ce fut un avant-propos pour l’etat délère dans lequel se trouve la France d’aujourd’hui avec pour acteurs et « serial killer », danné le rouge, bhl, fienkelkraut, zemmour etc…Des créatures d’outre-tombe qui exercent la terreur sur une société paralysée par toutes sortes de peurs.

    Bébé sacrifié
    1 octobre 2022 - 20 h 19 min

    Quel monde dégénéré où les seins n’éxistent que pour faire beau, vendre des soutifs, et surtout pas à allaiter ! Les marchands de lait en biberon sont la avant la sortie de la maternité.
    L’appareil reproducteur ne sert plus à rien , simple joujou. Quel monde nous préparent ces charlots puants du genre?
    On laisse les pays pauvres faire des bébés pour nous…
    Plan diabolique que Dieu ou la nature ont déjà commencé a combattre… Amen

    Belveder
    1 octobre 2022 - 20 h 01 min

    C est exactement le combat d eric Zemmour en France
    Comme quoi on peut ne pas s entendre sur Tout..mais rejoindre les mêmes combats

    Abou Stroff
    1 octobre 2022 - 14 h 38 min

    dans une société divisée en classes aux intérêts antagonistes (la société capitaliste en est une), la place réservée à la femme est un »mur porteur » à préserver à tout prix.
    En effet, l’oppression, la répression et l’avilissement de la femme sont à la base de toutes les autres formes d’oppression (c’est une proposition qu’a développé W. Reich dans son essai: »la psychologie de masse du fascisme »).
    ainsi, à partir du moment où n’importe quel « moins que rien » (un mâle opprimé) observe qu’il y a toujours quelqu’un, une femme, en particulier et toutes les femmes, en général, qui est moins que rien que lui même, il acceptera son sort de « moins que rien » comme un statut entrant dans la normalité. Dès lors, opprimé par son patron ou par n’importe quel autre mâle, le « moins que rien » ne pensera guère à changer l’ordre des choses (à faire la révolution) puisqu’il pourra facilement se contenter d’opprimer les femmes étant donné qu’elles lui sont, par construction sociale, inférieures.
    En termes crus, « la libération et l’émancipation de la femme ne se réaliseront jamais dans le cadre de la société capitaliste. Le combat de la femme est consubstantiellement lié à celui de l’homme, son égal et vice-versa. Leur ennemi est commun : le capitalisme, l’impérialisme, les traditions archaïques oppressives, le patriarcat, les religions régressives et agressives, les comportements destructeurs, les attitudes antisociales, les valeurs marchandes, produits d’un capitalisme en putréfaction. »
    PS: comme le suggère l’auteur, le féminisme permet de camoufler la contradiction fondamentale (la contradiction capital-travail) du système capitaliste en mettant exergue une soi disant guerre des sexes qui ne fait, dans les faits, que pérenniser la domination de la classe capitaliste.

      Jazayria
      2 octobre 2022 - 14 h 35 min

      Bonjour @ AbouStroff
      Je rejoins votre analyse sur le combat commun des hommes et des femmes contre toute forme d’avilissement et d’obscurantisme.
      Mais si vous sous entendez que l’Islam est une religion « régressive et agressive », comment expliquez-vous le fait que de plus en plus de personnes, toutes catégories sociales confondues, embrassent cette religion à travers le monde, notamment des femmes? Ont-elles toutes été contraintes par la force?
      Comment cette religion, l’islam, si malmenée à travers les médias, dépeinte comme une religion misogyne, peut toucher autant de cœurs au XXIe siècle?
      Ces personnes, en quête de spiritualité, ont été séduites par la beauté de l’Islam, à travers leur « oeil intérieur », loin des clichés et des amalgames, et leur point commun à tous est d’y avoir trouvé solace et paix.
      Il s’agit bien d’une démarche volontaire, à l’heure où l’Humanité est en quête d’apaisement, et non d’un endoctrinement quelconque. L’homme est toujours attiré par le beau, le laid est repoussant. Je ne fais pas de prosélytisme, je ne fais que constater l’ampleur du phénomène.

      Il y a quelque chose de très spirituel et d’apaisant à l’écoute du Coran, que même les non-musulmans reconnaissent. Des récitations qui font vibrer les cœurs, même des plus réticents.

        Abou Stroff
        3 octobre 2022 - 7 h 58 min

        primo, je ne pense pas que la religion musulmane est « régressive et agressive ».
        je pense que, dans les textes religieux (quels qu’ils soient), on peut toujours trouver la chose et son contraire et c’est l’état de développement de la société concernée qui détermine l’interprétation appropriée qui sert, en premier lieu, les couches dominant la dite société.
        en termes simples, les textes religieux peuvent aussi bien atténuer l’angoisse existentielle à laquelle est soumis tout être vivant (l’être humain, en l’occurrence) qui sait qu’il va mourir (d’où la quête de spiritualité pour oublier les vicissitudes de la vie réelle) qu’à servir d’instrument idéologique pour enfumer et asservir la populace pour qu’elle ne remette pas en cause l’ordre établi (c’est ce que nous observons dans toutes les sociétés -particulièrment les sociétés dites arabes- où l’islam domine en tant que religion).
        Je ne discuterai, évidemment, pas le cas de personnes, en quête de spiritualité, [qui auraient été] séduites par la beauté de l’Islam, à travers leur « oeil intérieur », loin des clichés et des amalgames…. », car les goûts et les couleurs ne se discutant pas, je ne me permettrai pas de porter un quelconque jugement sur ces personnes comme je ne porterai pas de jugement sur une personne qui serait ensorcelée par le sourire (sensuel?) de cheb khaled, par exemple.
        Ceci étant dit, je parie que vous ne vivez pas dans un pays « musulman ». en effet, dans les sociétés « occidentales », une (fausse) manière de rejeter l’ordre établi est de lui opposer une religion qui le remet, d’une certaine manière en cause, en opposant un ordre humain à un ordre soi disant divin.
        Ceci étant dit, je vous remercie de me lire, car que nous le voulions, personne ne détient la vérité avec un grand V et c’est de la discussion de jaillit la lumière, n’est ce pas ?
        PS : je pense que votre assertion concernant le nombre de plus en plus grand de personnes qui embrasseraient l’islam exige des statistiques fiables (à ne pas confondre avec la propagande puérile des chaînes de télé islamistes) pour être retenue. J’ajoute qu’il serait judicieux de vérifier le nombre d’athées et d’agnostiques qui vivent dans les pays dits musulmans et qui sont classés comme musulmans alors qu’ils ne se sont pas exprimés sur le sujet.

          Jazayria
          3 octobre 2022 - 16 h 09 min

          Merci pour votre réponse @AbouStroff .

          Je vous lis parce que je trouve vos analyses intéressantes comme celles de beaucoup de compatriotes ici.

          L’Islam en Occident est en pleine expansion, c’est un fait. Et les chiffres l’attestent, corroborés par des documentaires de chaines de télévision nationale française, suisse, … et non des chaines propagandistes.

          Dans les pays dits musulmans, Il est évident que l’islam est instrumentalisé à des fins politiques pour mieux manipuler/abrutir les masses et empêcher le développement des sociétés musulmanes.

          Enfin, je ne me permettrai pas de juger ceux qui sont séduits par le sourire sensuel? (j’en doute) de Cheb Khaled, je reconnais en lui l’artiste qui a exporté la musique algérienne à l’internationale. Mais ça c’est une affaire de goûts personnels =)

          PS: « primo, je ne pense pas que la religion musulmane est « régressive et agressive ». Ouf, ça me rassure, c’est ce que j’avais cru comprendre dans votre 1er post!😉

          Jazayria
          3 octobre 2022 - 16 h 33 min

          Une dernière chose @Abou Stroff
          Je ne peux que vous conseillez de lire René Guenon – La crise du monde moderne – si vous ne l’avez pas déjà fait, pour reprendre votre idée :  » dans les sociétés occidentales », une (fausse) manière de rejeter l’ordre établi est de lui opposer une religion qui le remet, d’une certaine manière en cause, en opposant un ordre humain à un ordre soi disant divin. »
          Un penseur très lucide, ce serait dommage de s’en priver. Bien à vous.

        Elephant Man
        3 octobre 2022 - 11 h 42 min

        @Jazayria
        Je reprends pour l’occasion mon commentaire 10/07/20 :
        L’exemple de l’Iran où des avancées technologiques et scientifiques médicales (nanotechnologies contre le cancer…) dans le domaine de l’armement (fabrication de drones d’avions etc etc) et ce malgré des décennies d’embargo.
        La Russie comme l’inscription dans la Constitution de la « foi en Dieu » et du mariage comme institution hétérosexuelle. Des principes sociaux y sont inclus aussi, à l’instar des retraites indexées et de salaires minimum garantis. Les enfants sont inscrits comme « la priorité la plus importante des politiques publiques » et l’Etat doit leur inculquer « le patriotisme, le civisme et le respect des anciens ».
        On peut dire que l’Algérie est un pays musulman, un pays qui vit selon des principes islamiques, sans pour autant penser « théocratie ».
        L’athéisme des francs-maçons est en soi une religion. Une secte, comme toutes les religions. L’islam n’est pas pire ! L’Algérie en sera jamais une théocratie, car l’Algérien, quand il rampe, ne rampe que devant Dieu.

          Jazayria
          4 octobre 2022 - 11 h 27 min

          @Merci Elephant Man
          Les exemples que vous avez cités sont très parlants.

          Deux grandes nations, la Russie et l’Iran avec une culture de l’excellence, qui placent l’éducation et la recherche scientifique au cœur de leur politique.

          L’Algérie est à des années lumières de ces pays en termes d’avancées scientifiques et d’autosuffisance. Beaucoup de matières grises algériennes ont fui vers l’étranger et font le bonheur des Etats Unis (NASA) et de l’Angleterre, pour ne citer que ces deux pays.

          L’Islam, tel qu’il est représenté aujourd’hui par les salafistes, n’est pas un moteur de progrès mais un obstacle à l’émancipation et au développement de la société algérienne.

          On est encore à se demander, à coups de fatwas, si pour une femme lécher une glace en public, est hallal ou haram et on occulte les vrais débats, les vrais problèmes de société : l’éducation, le travail, la santé. Et tout cela bien sûr arrange le pouvoir en place, pour que l’ordre établi et la prédation ne soient jamais remis en cause. En quelque sorte, ils se partagent les parts du gâteau pendant que le peuple « inculte » débat de choses futiles qui ne le feront pas avancer d’un iota.

          Ne dit-on pas qu’il faut combattre les ennemis avec leurs propres armes ? (Et ça l’Iran et la Russie l’ont bien compris).

          Mais pour jouer dans la cour des grands, il faut se donner les moyens de sa politique. Et il existe en Algérie, des potentiels humains et matériels considérables.

    Nass
    1 octobre 2022 - 12 h 38 min

    Ce féminisme carcéral se répand petit à petit en Algérie aussi.

    Personnellement, je suis enfantiste, je dénonce les violences contre les enfants (violences dont n’aiment pas parler les féministes).

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