Diversion médiatique

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Les Français «d'en bas» dénoncent la propagande d'Etat. D. R.

Par Sid-Ali Mokhefi – ​En France, les grands débats publics ne portent pas sur les problèmes réels des citoyens. L’inflation, le logement, les services publics en crise sont relégués au second plan au profit d’un sujet qui, lui, monopolise l’attention : l’Algérie. Cette diversion est orchestrée par une poignée de groupes privés qui contrôlent la quasi-totalité des médias de masse. Derrière les titres de journaux, il n’y a pas toujours une démarche journalistique indépendante, mais une logique de profit et des intérêts politiques.

​Pourquoi ce choix ? Parce que le mot «Algérie» réveille des souvenirs coloniaux, des débats identitaires, des réflexes émotionnels. C’est une arme de distraction massive qui détourne l’opinion française de ses véritables difficultés. Dans sa vie quotidienne, le Français moyen ne pense pas à l’Algérie. Il pense à son loyer, à son essence, à son salaire insuffisant. Mais chaque soir, les écrans lui imposent un faux débat, destiné à masquer une crise intérieure bien plus lourde.

​Dans cette mise en scène, certains écrivains ou intellectuels sont mis en avant pour servir de relais. C’est le cas de Boualem Sansal, dont les prises de position sont régulièrement utilisées comme prétexte. Le choix de servir un discours extérieur à l’Algérie lui appartient, mais il doit en assumer les conséquences. L’Algérie est souveraine : elle applique ses lois, elle défend ses intérêts, et elle ne se laisse pas dicter sa conduite. Les polémiques françaises n’y changent rien.

​Car, pendant que Paris utilise l’Algérie comme un exutoire, Alger se concentre sur son développement. Agriculture, énergie, industrie : le pays investit massivement dans sa souveraineté économique et prépare son avenir. L’Algérie n’est pas un défouloir pour les frustrations françaises.

​Il est temps que le peuple français ouvre les yeux. Les médias qui saturent l’espace public avec «l’Algérie» ne servent pas l’information, mais des intérêts privés et politiques. Le véritable combat du citoyen français n’est pas contre l’Algérie, mais contre un système qui l’empêche de voir sa propre réalité.

S.-A. M.

Comment (5)

    Anouar Macta
    29 août 2025 - 16 h 16 min

    (…)
    Les relations entre Paris et Alger sont régulièrement secouées, comme si deux voisins condamnés à cohabiter ne parvenaient jamais à solder leur histoire commune. On parle de mémoire coloniale, de visas, d’énergie, de diplomatie au Maghreb… mais derrière ces tensions visibles, un verrou invisible persiste : le poids du lobby sioniste en France, qui conditionne toute éventuelle repentance française envers l’Algérie.

    (…)
    Depuis que la France a choisi d’aligner sa diplomatie sur Rabat dans le dossier du Sahara occidental, Alger a réagi par la fermeté. Pourtant, beaucoup d’observateurs estiment que Paris est allé bien au-delà de ses intérêts rationnels : fragiliser une relation avec l’Algérie, partenaire énergétique et stratégique, c’est s’amputer d’un levier majeur en Méditerranée. Pourquoi ce choix ?

    Une explication revient souvent : la pression des réseaux sionistes, qui lient toute avancée mémorielle avec l’Algérie à une condition préalable — une normalisation assumée avec Israël et une reconnaissance des revendications juives issues des pays arabes.

    (…)
    Pour Alger, les choses sont simples : la colonisation a été une violence historique, et la France doit en assumer la responsabilité. Point.
    Pour Paris, la question est plus complexe : chaque fois qu’est évoqué un « acte de repentance », surgit la question des réparations. Et c’est là que le lobby sioniste pose son veto : pas de repentance sans cadre financier qui reconnaisse également les biens perdus par les Juifs partis des pays arabes.

    Le Maroc a ouvert la voie : dans le cadre de sa normalisation avec Israël, il a accepté un mécanisme permettant la restitution de biens immobiliers ou fonciers, et a obtenu en contrepartie un paquet d’investissements stratégiques. L’Algérie, elle, refuse catégoriquement de payer un seul centime : ceux qui sont partis en 1962 avaient choisi la France, pas l’Algérie, et nul ne peut aujourd’hui exiger une dette qui n’existe pas.

    (…)
    Or, en France, les réseaux sionistes pèsent lourd dans l’espace médiatique et politique. Leur ligne est claire : pas de reconnaissance française envers l’Algérie tant que la question des biens juifs dans les pays arabes n’est pas intégrée à l’équation. Ce chantage mémoriel bloque toute initiative politique française et pousse Paris à sacrifier ses propres intérêts stratégiques pour ne pas heurter ces cercles d’influence.

    Autrement dit, l’État français se révèle incapable de traiter le contentieux algérien sur la base de son seul rapport avec Alger. La décision est parasitée par une logique extérieure, qui instrumentalise l’histoire coloniale pour régler un autre conflit — celui du Proche-Orient.

    (…)
    Mais sur ce point, Alger est inflexible : il n’y aura ni compensation financière ni reconnaissance d’une dette imaginaire. L’Algérie ne doit rien à aucune communauté particulière. Les Juifs d’Algérie, citoyens français depuis le décret Crémieux, ont fait leur choix en 1962. L’histoire est close.

    C’est pourquoi la réconciliation bute : la France officielle ne parle plus seulement avec Alger, mais avec un tiers invisible, qui fixe les conditions d’une repentance qu’Alger n’acceptera jamais de monnayer.

    (…)
    En sacrifiant sa relation avec l’Algérie sur l’autel d’une influence sioniste qui instrumentalise le dossier mémoriel, la France se prive d’un partenaire-clé au Maghreb et en Méditerranée. Elle perd un allié énergétique, industriel et sécuritaire au moment même où elle en aurait le plus besoin.

    Le problème n’est donc pas seulement celui de la mémoire. C’est celui de la souveraineté française elle-même : Paris agit-il pour ses propres intérêts ou pour ceux d’un lobby qui n’a jamais caché son agenda ?

    SAM
    29 août 2025 - 15 h 45 min

    En reponse A stroff

    À vous lire, on comprend vite : vous ne critiquez pas, vous méprisez. Ce n’est pas la première fois que vous prenez les Algériens de haut, comme si nous étions incapables de comprendre nos propres médias. Nous n’avons pas besoin de vos airs supérieurs pour savoir ce qui ne va pas chez nous.
    Mon article ne portait pas sur la télévision algérienne, mais sur la manipulation en France autour du mot Algérie. Vous détournez volontairement le débat pour éviter de répondre sur le fond. C’est exactement ce que font les médias français que je dénonce : utiliser l’Algérie comme diversion permanente.
    Vous jouez au donneur de leçons mais vous n’apportez rien, à part des clichés. On dirait un spectateur aigri qui croit briller en critiquant les autres. Continuez à vous écouter parler, ça a l’air d’être votre seule consolation.

    🇩🇿 Fodil Dz
    29 août 2025 - 10 h 49 min

    Les cercles d’influence servant de relais au cas du traitre sansal ont été actionné par le vrai pouvoir décisionnaire français. Le régime de paris a choisi délibérément la stratégie du pourrissement des relations franco-algériennes en faisant fi des règles du protocole en matière diplomatique. La mise en scène d’une pièce de théâtre médiocre où le peuple français joue le rôle de pion. L’art de la diversion médiatique …

    🇩🇿 Fodil Dz
    29 août 2025 - 10 h 28 min

    La classe politico-médiatique de la patrie d’adolfe crémieux a toujours utilisé la thématique « Algérie » pour détourner les citoyens français de ses véritables problèmes. En continuant à utiliser cette méthode, le pouvoir decisionnaire français sait très bien que son opinion publique va réagir ‘dare dare motus’ par reflexe pavlovien. Pour endormir le peuple français, il suffit au régime de paris de leur balancer un os à ronger. L’émotionnel faisant le reste …

    Abou Stroff
    29 août 2025 - 7 h 40 min

    « Diversion médiatique » titre S.-A. M..

    je pense que la diversion médiatique à laquelle se réfère S.-A. M. est une affaire franco-française qui ne concerne que de loin l’Algérie et les algériens.

    par contre, reconnaissons qu’en regardant les téles publiques ou privées algériennes, la diverson médiatique bat son plein puisque les algériens lambda ne se reconnaissent guère dans le monde de « tout le monde, il est gentil, tout le monde, il est beau et tout le monde, il est musulman que projettent ces médias d’un autre …………………. monde.

    wa el fahem yefhem.

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