Djezzy : comment l’ARPT a fait perdre deux milliards de dollars à l’Algérie

A son arrivée en Algérie, l’opérateur de téléphonie mobile Orascom Telecom Algérie (OTA) s’est vu ouvrir grand les portes d’un marché vierge pour s’y placer. L’Etat, motivé par un choix politique impulsé par Bouteflika – celui d’encourager les investisseurs arabes –, a donné un coup de pouce à l’Egyptien Sawiris qui s’est retrouvé, en un temps record, à engranger des bénéfices colossaux grâce à des prix de loin supérieurs aux normes internationales. Avantagé par la longueur d’avance prise sur ses deux concurrents, l’opérateur historique Algérie Télécom et Watania Telecom Algérie (WTA), Orascom se maintenait en tête grâce à un parc d’abonnés qui explosait littéralement. Cette situation a créé une position dominante sur le marché des télécommunications qui, bien que constatée par l’autorité de régulation, l’ARPT, en 2007 déjà, n’a jamais donné lieu à une mesure coercitive applicable dans ce genre de situations. Cette absence de réaction de l’ARPT a généré deux effets aussi néfastes que contraires aux règles de la concurrence : elle a permis l’émergence d’un opérateur puissant disposant de parts de marché et d’une surface financière anormale, et privé les deux autres concurrents de tous leviers légaux et réglementaires pour lutter contre les abus constatés.

Un limogeage suivi d’une complaisance intrigante
L’Algérie disposait, jusqu’à il y a quelques mois, d’instruments légaux qui lui auraient permis d’atteindre ses objectifs de rachat de l’opérateur OTA dans les meilleures conditions financières, mais elle les a perdus parce qu’une décision de l’ARPT qui aurait pu avoir un impact direct sur le prix de Djezzy, dont la valeur allait baisser systématiquement de deux milliards de dollars, n’a pas été appliquée. Plusieurs zones d’ombre entourent cette complaisance de l’Autorité de régulation depuis le limogeage de Mohamed Belfodil et son remplacement par la présidente actuelle. En effet, la décision 06/SP/PC/ARPT du 6 février 2007, qui dispose expressément que «l'opérateur Orascom Telecom Algérie est en position dominante sur le marché du service de la téléphonie mobile au public de type GSM», aurait, si elle avait été suivie d’effet, soumis Djezzy à une série de contraintes réglementaires destinées à ramener ses parts de marché de plus de 60% à 45%, conformément aux lois en vigueur. Un calcul simple démontre, en effet, qu’une telle sanction aurait réduit, en toute légalité, la valeur de l’opérateur de 36%, laquelle serait descendue à un peu moins de 4 milliards de dollars. Le non-sens ne s’arrête pas là, nous explique notre source. Orascom a fait en sorte de sortir sa filiale M-Link du processus de vente avec Vimpelcom pour lui éviter de se faire auditer par le cabinet conseil choisi par l’Algérie, en l’occurrence Sherman & Sterling, et, de ce fait, camoufler l’ensemble des irrégularités et fraudes à la législation algérienne commises par cette entreprise depuis le début des activités de Djezzy en Algérie. S’ils l’avaient fait, les responsables de cet opérateur frauduleux se seraient enfilés les menottes eux-mêmes, déjà que son PDG, Tamer El-Mehdi, a écopé d’une peine de deux ans de prison ferme et fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire national depuis plus une année.
M. A.-A.
(*) Excédent brut d'exploitation ou revenu avant intérêt.
(Voir tableau détaillé dans rubrique Documents)
 

Commentaires

    Africain
    15 avril 2012 - 8 h 39 min

    Djezzy possède 16 millions
    Djezzy possède 16 millions d’abonnés; le nombre d’abonnés du mobile est de 35 millions d’abonnés; simple calcul: sa représente 45% de parts du marché!
    NB: j’espere qu’aprés plusieurs tentatives, vous decideriez a publier mon commentaires!!!




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