L’Arabie Saoudite prive un imam de pèlerinage sur décision politique

Le pèlerinage n'est plus seulement une source de rente grâce aux millions de pèlerins qui font entrer 6 milliards de dollars dans les caisses de la famille royale, il est désormais un instrument de représailles politiques contre tous ceux dont les positions ne plaisent pas aux Al-Saoud, alliés des États-Unis. Le cheikh Saïd Ramdan El-Bouti, prêcheur à la mosquée des Omeyyades à Damas, vient d’en faire l’expérience. Les autorités saoudiennes lui ont refusé le visa d’entrée pour effectuer son pèlerinage aux Lieux saints de l’islam pour une raison qui n’a rien à voir avec la religion, les Al-Saoud lui reprochent sa position politique dans la guerre que la Syrie, c’est à dire son pays, subit depuis plusieurs mois. L'Arabie Saoudite – avec le Qatar et la Turquie – offre non seulement un soutien politique aux terroristes qui agissent en Syrie mais aussi des armes et de l'argent, faisant obstacle à la recherche d’une solution pacifique à la crise. Cheikh El-Bouti ne s’est pas aligné sur cette position dictée par les Etats-Unis à l’Arabie Saoudite. Anti-occidental, il refuse de cautionner le complot qui vise son pays. Ses prêches retransmis par la télévision syrienne, condamnant le terrorisme, font de lui un précieux soutien des autorités syriennes. Les islamistes l’accusent de donner une caution religieuse à un Etat laïc. Cela justifie-t-il que le visa lui soit refusé pour l’empêcher d’aller aux Lieux saints ? Oui, a décidé la théocratie wahhabite, sectaire et intolérante, dirigée par la monarchie absolue des Saoud, décrits par les spécialistes comme des «gérontocrates moyenâgeux et vassaux des Etats-Unis». Les oulémas à la solde de ce clan n’hésitent pas à produire des fatwas qui servent les intérêts de la famille royale. Mais ils ferment les yeux sur les fléaux qui gangrènent ce pays, en particulier la corruption. La population accepte de moins en moins l’injustice sociale. Dans ce pays le plus fermé et le plus rétrograde de la planète, les manifestations de protestation prennent souvent une tournure violente.
Lazhar Houari

Comment (2)

    Nazim
    1 août 2012 - 17 h 30 min

    Pour ceux qui en doutent
    Pour ceux qui en doutent encore, l’Islam est un fonds de commerce arabe et Allah appartient aux Saoudiens.
    Je me souviens du jour quand un Ayatollah d’Iran avait émis l’idée de «dé-saoudiser» les «lieux saints» et confier leur gestion à l’ensemble des musulmans. Tout le monde lui est tombé dessus, y compris notre presse.




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    Ezzine
    31 juillet 2012 - 18 h 55 min

    Dieu merci les Al-Saoud
    Dieu merci les Al-Saoud viennent de se dévêtir non seulement devant tous les musulmans mais aussi devant le monde entier. Ils monopolisent les lieux saints de l’Islam et les exploitent à des fins personnelles, politiques et pour le compte tenez-vous bien Messieurs d’Israël. C’est pas clair ?
    Qui sont-ils ces chameliers, vassaux des Etats-Unis comme vous le citer pour interdire à un musulman quelconque de visiter les lieux saints de l’Islam. Sont-ils leur propriété personnelle. Dieu les leur a loués ou vendus pour qu’ils s’en disposent à leur guise.
    Désormais avant de prier Dieu nous devons prêter d’abord allégeance à cette monarchie absolue des Saoud. Leur bénédiction nous ouvrira grandes les portes de la Mecque et Dieu ne nous châtiera point…
    Quand il s’agit de leurs intérêts ils le permettent même aux non musulmans. D’aucun n’ignore la fatwa illégale et anti religieuse prononcée il y a quelques années par des oulémas à leur solde pour autoriser un commando occidental de fouler le sol saint de la Mecque et déloger armes aux points des jeunes saoudiens révoltés qui se sont soulevés justement contre cette dictature moyenâgeuse.
    La question suivante s’impose après ce tremblement de terre religieux : Est-ce que le pèlerinage annuel à la Mecque sous la colonisation des Al-Saoud « alliés » des américains est valable ?
    Avant l’occupation il y a plus de soixante ans de la Palestine et de la Mosquée Al Alqsa comment le pèlerinage se fait-il ? Ne comprenait-il pas aussi la visite de la Première direction de la prière, de la deuxième mosquée et du troisième lieu saint des musulmans.
    Les Al-Saoud ne sont-ils pas pour quelques chose dans l’amputation de cette autre obligation pèlerine.
    Je suis en droit comme tout musulman de me poser cette question et de savoir aussi la vérité sur le silence plat des Al Saoud quant à la libération de cette mosquée des mains des sionistes.




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