Une contribution du Dr Arab Kennouche – Les services secrets algériens «otanisés» ?

Amar Saïdani, alors président de l'APN, reçu à Matignon en 2007. D. R.

Les attaques répétées contre l’ancien responsable mythique du DRS, le général Toufik, ne seraient-elles que la partie émergée de l’iceberg d’un vaste plan de reconfiguration du système de sécurité nationale en Algérie qui augure, sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, d’une nouvelle ère de dépendance à l’égard d’autres services de renseignement ? On ne peut, en effet, s’empêcher de voir dans le nouveau «DRS» actuel, les mêmes procédures que celles qui, dans l’Hexagone, et suivant un livre blanc bien particulier, établi en 2008, avaient liquidé le Comité interministériel du renseignement français (CIR). Cette entité était anciennement placée sous la coupe du ministère de la Défense et du Premier ministre pour l’intégrer sous la responsabilité du président de la République, avec, à la clé, une nouvelle dénomination, le Conseil national du renseignement (CNR) et un nouveau personnage clé, le coordonnateur national du renseignement. En France, le livre blanc de la défense avait suscité à l’époque de grandes polémiques dans un contexte particulier d’intégration à l’Otan, conduite et décidée par Nicolas Sarkozy contre les derniers vestiges idéologiques du gaullisme encore en cours au sein de l’armée française.

L’«otanisation» des forces armées françaises devait mener à des réductions budgétaires drastiques et à un reformatage des grands corps militaires au profit de troupes réduites mais capables d’être projetées en un temps record, avec l’appui décisif du renseignement satellitaire. En taillant un nouveau costume sur mesure aux armées françaises, présentable pour réintégrer l’Otan, Nicolas Sarkozy, sous le couvert d’une «rationalisation» et d’une «professionnalisation» accrues, n’avait pas manqué de mettre sous verre les grands services de renseignement français, comme pour mieux s’assurer de la fin de l’autonomie gaullienne, dans le style le plus pur des services scandinaves agissant toujours «just behind», juste derrière la centrale américaine. Coordonateur en France, placé sous les ordres du Président, coordonateur en Algérie… placé sous les ordres du Président, également : la lettre de mission envoyée par le président Sarkozy le 23 juillet 2008 à l’ambassadeur Bernard Bajolet comporte des termes qui ne déplairaient pas aux idéologues de l’Etat civil («vous serez placé sous l’autorité du secrétaire général de la présidence de la République»). Etrange coïncidence qui devrait normalement nous interpeller, tout un chacun, sur les probables enjeux et conséquences d’une reconfiguration symétrique des services de Washington, Paris et Alger.

Autonomisation ou présidentialisation

Que l’on considère les questions de sécurité nationale comme étant du ressort d’un Etat profond déconnecté des joutes partisanes, des idéologies et des intérêts particuliers semble, a priori, tout à fait normal. Normalité que l’on explique par l’exigence d’un intérêt supérieur de la nation, d’où l’avantage à dépolitiser au maximum le fonctionnement de services de sécurité qui seraient mis à l’abri, de tout mandat électif, de toute incitation à la trahison nationale et internationale. Ce que l’on présente à tort très souvent comme un dysfonctionnement ou déficit démocratique sous l’appellation d’«Etat dans l’Etat», se révèle n’être, à la longue, qu’une nécessité absolue : plus le service est enfoui, dissipé dans l’Etat, et moins il a de chances de subir des pressions ou des attaques, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur.

Autonomie ne signifierait donc pas, péjorativement, émergence d’une police politique échappant à tout contrôle, mais préservation et optimisation des intérêts de défense nationale. C’est en enracinant la sécurité de l’Etat là où elle ne peut jamais être atteinte que l’on garantit l’immunité des grands systèmes de sécurité contre les aléas du pouvoir politique, dont les élections et les nominations, présentent le désavantage de donner corps à l’ennemi. Or, on assiste aussi bien en France, depuis Sarkozy, qu’en Algérie, depuis Bouteflika, a l’émergence d’une nouvelle forme dite «démocratisée» du fonctionnement des services de sécurité, qui viserait à une plus grande visibilité de leurs organes, soumis à un contrôle présidentiel par le biais d’un coordonnateur.

Livre blanc du renseignement ou Etat civil à la Saïdani, peu importe la formule consacrée, le modèle franco-américain semble avoir inspiré la présidence de la République algérienne qui voudrait ainsi mettre fin à la fameuse Sécurité militaire (SM) comme on avait tenté de liquider un jour la Stasi dans l’ex-RDA et la Securitate en Roumanie. Néanmoins, une telle architecture faisant du pouvoir politique mandaté le détenteur ultime des grandes fonctions de sécurité nationale n’est pas sans présenter de gros risques pour un pays comme l’Algérie, en voie de développement, et pièce fragilisée dans le grand jeu des puissances internationales habituées à manipuler des élections de l’extérieur.

La fin de l’Etat profond et l’alignement sur Paris et Washington

La décision de réformer le DRS pour des besoins fonctionnels cache le véritable enjeu politique d’une refonte qui n’en est pas une, puisqu’elle soumet directement la sécurité nationale aux diktats étrangers et aux turbulences de la scène internationale. Il suffira désormais qu’un Etat étranger puisse influer directement sur une élection présidentielle en Algérie pour que tout le système de sécurité en pâtisse durablement par la nomination de personnes rendues civiles et politiquement correctes, mais dont les attributions seraient énormes en termes d’impact sécuritaire. Et, en Algérie, comme ailleurs, il ne sera pas aisé de se soustraire à des obligations de désignation de coordonateurs de sécurité nationale qui répondent à un agenda étranger dès lors que la désignation du président de la République emportera conséquence sur toute l’architecture de la défense du pays.

En attribuant des fonctions exorbitantes à des personnes désignées par le fait de leur simple couleur ou allégeance politique, on ne fait finalement, sous couvert d’Etat civil, que placer les services sous orbite international, dans la pure tradition du commandement intégré de l’Otan qui, en définitive, place la CIA au-dessus du chapeau européen. L’enjeu n’est plus celui d’une simple synchronisation des activités des services occidentaux, mais bel et bien celui d’un chapeautage définitif, comme le sous-entendaient un groupe de généraux français dissidents en 2008, lors de la réintégration à l’Otan.

A ce titre, les sorties enragées du secrétaire général du FLN, Amar Saïdani, ne représenteraient que le préambule psychologique à une réduction forcée des appareils du DRS dont le laminage permettrait un couplage complet et définitif avec les grands services occidentaux, sous la bannière de la «lutte antiterroriste». Il ne serait donc pas improbable que le rôle de la France s’insère dans le cadre des grandes élections à venir en Algérie, législative en 2017 et présidentielle en 2019, dont on sait pertinemment qu’elles détermineront par le biais de mandats électifs présentés comme étant «démocratiques», la nomination du nouveau coordonnateur à la sécurité nationale algérienne, comme l’ont été en France Bernard Bajolet, Ange Mancini et d’autres dignitaires du renseignement «réformé» d’origine sarkozienne.

Serait-on donc en présence d’une forme préliminaire d’«otanisation» des services algériens ?

Dr Arab Kennouche

Comment (50)

    kaddour chikh mohamed
    28 octobre 2016 - 14 h 09 min

    Là l’analyse claire entraine
    Là l’analyse claire entraine vers la faisabilité réelle du contrôle de l’OTAN sur toute l’armée Algérienne qui est rebelle à toute tentâtive de soumission étrangère .malgré la nomination d’un ministre jouer avec les services de sécurité c juste pour un temps mais la roue tourne toujours et les valets se rendent toujours visible la baraka d’Allah veille sur l’Algérie




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    Anonymous
    25 octobre 2016 - 19 h 25 min

    il faut que les SG des partie
    il faut que les SG des partie politiques, fonctionnaire de l’êta, présidant, ministres, walis et chef daira soient interdit de quitter le pays durant leurs mandat, et interdit de ce faire soigner a l’étrange. si il y a un partie politique qui accepte cela je vautrait pour lui, et j’invite mes compatriote de le soutenir. il y a que comme ça qu’on va couper le cordon avec la France et ses harki. ses pas trop demander pour un politicien patriote, et sa les obligent a vivre avec le peuple donc de faire de bon hôpitaux et tout le reste. sa serait déjà un bon début. alors adhérant du FLN RND… et autre imposer ça dans vos parties respective ou quitter les si vous aimé votre pays. j’invite mes compatriotes a réfléchir comment on peut faire une sélection de nos politiques pour gardé que les vrai patriote, sans violence bien sur. allez au boulot 🙂




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    Algerie
    23 octobre 2016 - 23 h 51 min

    Algérie, prochaine cible 

    Algérie, prochaine cible 

    Si cela ne marche pas d‘un côté, on passe de l’autre. Ainsi, il est probable que l’Algérie soit le prochain pays sur la liste. Il ne fait aucun doute que ce pays approche de la guerre. Leur Président Bouteflika décédé, les USA et l’UE préparent en secret la guerre civile. Un gouvernement de transition a même déjà été créé en France il y a de cela trois ans. Le pays est par ailleurs encerclé par l’OTAN. Un commandement avancé des USA a été construit à la frontière avec la Libye, des GI ont pris place en 2013 à la fois dans le sud de l’Espagne et dans le sud de l’Italie. Les pions positionnés, il ne reste qu’à attendre… Mais pas trop longtemps, cela coûte cher.

    Le gazoduc en question est la SOURCE des évènements dans le nord-Afrique et en Syrie.

    La France, qui espère ne pas se laisser prendre la « nouvelle merveille » qui est le gazoduc, a pris ses marques au Mali. C’est évidemment pas demain que les soldats français quitteront ce territoire islamisé par la France elle-même, car c’est bien le Qatar qui a importé ces islamistes au Mali, en les payant pour déstabiliser la contrée et permettre l’envoi d’hommes tricolores.

    Les USA au nord, les français au sud, l’Algérie est sur la sellette.

    USA, Europe, Arabie, Qatar sont de faux amis, s’ils font la route ensemble grâce à l’OTAN d’un côté, grâce à la main d’œuvre et l’argent de l’autre, chacun voudra sa paie, reste à savoir comment se fera le partage.

     

    En politique, rien n’est hasard, tout est stratégie, la manipulation des masses pour patrie.

     

    Joseph Kirchner pour WikiStrike.




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      Alilapointe59
      24 octobre 2016 - 13 h 38 min

      Est-ce un rêve ou ou un
      Est-ce un rêve ou ou un souhait!!!




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    Anonymous
    23 octobre 2016 - 18 h 23 min

    Une contribution du Dr Arab
    Une contribution du Dr Arab Kennouche – Les services secrets algériens «otanisés» ?
    L’A.N.P, des services de sécurité, et des services secrets algériens
    Ne sont pas des institutions d’aventuriers,d’aventuristes, et de pacotiles
    Les expériences qui les ont accumulé ne les permettent pas de passer sous la coupe de l’OTAN,…….et,…….
    La France, non fiable, pro-marocaine, militairement zélée, ambitieuse, impulsive, interventionniste, dominatrice
    En position dissimulée, et d’embuscade, qui cherche à prendre pied , dans le marché , par tout les moyens Légales, mais aussi illégales (lobby secret pro-français dans les ministères, et directions centrales algériens, Agents, pions, espions, « experts », qu’ils soient algériens, franco-algériens, italiens, espagnols,
    Mais surtout libanais, et syriens souvent corruptibles, et intermédiaires pour les commissions
    Et pour les sales besognes pour le complexe militaro-industriel français)
    dans les fournitures des équipements militaires, et des formations pour l’armée algérienne, l’A.N.P
    (culturellement pour etre fidèle, aliéné, et pro-français, par la culture, la langue,
    et le Mode de vie,…..de l’art culinaire, » french way of the life,…..?! »

    L’autonomie, et l’indépendance de l’armée algérienne, et des services secrets sont des principes
    Et une stratégie pour le long terme, murement réfléchie,
    Pour avoir assez, et confortables manoeuvres de sécurité, d’avance, où de repli stratégiques dans l’avenir

    La Russie, est un partenaire fidèle, à nous de saisir les occasions des meilleures formations de haute qualité,
    Et nous préparer pour les transferts des techniques, et des technologies, par la mise d’une organisation
    Et des structures de formations, de recherches-développements, de fabrications, et de sous-traitances
    Industrielles
    Quand aux U.S.A, et la France, peu fiables, ils essaient de jouer aux échecs avec l’Algérie,
    Avec un pion en avance cherchant à damer,……le très ambitieux, et expansionniste,….. Maroc
    Soyons, prudents, réservés, et vigilants, pour l’avenirr de l’Algérie




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    dr.moi
    23 octobre 2016 - 17 h 20 min

    Ohhh la cigale je vous
    Ohhh la cigale je vous attends depuis midi 14h . Le rendez vous est suspendu jusqua nouvelle ordre .juste parceque juste cause. Perdu chose due .




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