Nezzar démonte les idées reçues sur les faits durant l’année 1992

Les circonstances de l’assassinat de Boudiaf. «Je n’étais pas à Annaba, l’information m’est venue immédiatement après l’assassinat, on a été surpris. C’était des circonstances particulières, la sécurité présidentielle n’était pas suffisante, elle a été renforcée par une section du GIS, c’est quelque chose de courant ; même la sécurité présidentielle à l’origine vient de l’armée ; c’est le chef de la sécurité présidentielle qui décide de l’emploi des éléments qui viennent en renfort. Pour Annaba, j’ai proposé deux hélicoptères, l’organisateur (Bendjoudi) a refusé. A propos de l’armée, il faut lire le témoignage d’Ahmed Djebbar, un proche de Boudiaf, qui ne tarit pas d’éloges à l’égard de cette institution.
C’est le fait qu’il n’y avait pas avec lui Larbi Belkheir, qui a conduit à l’idée que c’est un coup monté ; tout cela est faux.»
Le général Nezzar : «J’ai dit : un haut responsable (sans donner de nom mais certains en ont donné) est allé présenter ses condoléances à Mme Boudiaf et lui a dit que c’est la mafia politicofinancière qui a tué votre mari. Je ne sais pas ce que ce haut responsable voulait dire par mafia politicofinancière. Mme Boudiaf s’est mise à douter de tout et a lancé des accusations non fondées. Mme Boudiaf a ses convictions mais n’a pas de faits. Tous voulaient un bouc émissaire. J’ai répondu qu’il n’y avait aucune preuve concernant ces accusations. Ce n’est pas un acte isolé mais beaucoup de parties en voulaient à Boudiaf. Pourquoi ne cite-t-on pas le FIS ?»
Il n’y a pas eu de tentative d’assassinat de Boudiaf à Aïn Témouchent.
La bombe qui a explosé dans la nuit à la mosquée avant la prière de l’Aïd en 1992 : les éléments de la sécurité chargés de vérifier les lieux ont trouvé la bombe dans la nuit et ils l’ont faite exploser sur place.
A propos de la visite de Boudiaf au Maroc : «Nous ne savions pas que Boudiaf allait partir au Maroc et ils ne nous a pas informés de ce voyage ; le général Tewfik m’en a informé et il m’a dit qu’il faut lui rappeler qu’il y va en tant que chef d’Etat, par rapport aux relations avec le Maroc. Nous, nous ne savions pas qu’il y allait en visite privée pour marier son fils. J’avais dit à Boudiaf que le problème du Sahara lui était inconnu : laisse-moi le gérer en attendant la session de l’ONU en octobre et tu décideras. J’avais écrit un article dans El Massa en réponse aux Marocains, avec en titre "Un officier qui parle (je n’ai pas donné mon nom) la balle est dans votre camp". Le directeur d’El Massa m’a appelé le lendemain pour me dire que l’article n’avait pas été publié.»
Il n’y avait aucun différend avec Boudiaf, les relations étaient bonnes . «J’ai vu le président et lui ai dit que c’était moi qui avait écrit l’article, il était surpris. On ne savait pas ce qui s’était dit entre Boudiaf et Hassan II et on ne lui a pas posé la question. Il est fort possible qu’il attendait un moment ou une occasion pour résoudre le problème mais je ne sais pas par quelle voie.
On a entendu beaucoup de choses, même que Boumediene devait rencontrer Hassan II en Belgique pour régler le problème du Sahara Occidental. Le problème du Sahara est très complexe, sa solution est difficile.»
Boumaârafi n’a pas été victime d’une tentative d’assassinat dans la prison de Serkadji lors de la mutinerie déclenchée par les détenus du FIS. Le général Nezzar, qui n’était plus en fonction à ce moment, est allé à l’état-major voir Mohamed Lamari et tous deux ont demandé que tout soit fait pour que Boumaârafi ne soit pas tué.
A l’époque, en 1992, il n’y avait rien dans les dossiers de corruption, à part trois ou quatre dossiers qui devaient conduire à des mises en examen.
A propos de Hadj Bettou, «nous avions eu l’information selon laquelle Hadj Bettou détenait des armes à Tamanrasset. J’ai mis à la disposition de la Gendarmerie nationale un avion militaire pour transporter deux escadrons à Tamanrasset. La gendarmerie m’a appelé pour me dire qu’elle avait découvert des magasins pleins de marchandises. Mais après enquête, il s’est avéré que ces magasins appartenant à Hadj Bettou avaient été loués aux commerçants de la ville pour y entreposer leurs marchandises. Finalement, Hadj Bettou a été jugé par un tribunal militaire et condamné pour la possession de deux kalachnikov».
Lazhar Houari
 

Commentaires

    mohand
    17 août 2012 - 1 h 28 min

    on recoNnait a nezzar ce
    on recoNnait a nezzar ce mérite de prendre la tête du peloton , tout en sachant les risques qu’il encourt de la part de ses adversaires. en 1992, il ne devait pas être le seul a prendre la décision de l’arrêt du processus électorale, soutenu par une partie de la classe politique, de la société civile a travers LE CNSA( le comité national de sauvegarde de la république).
    il est temps pour tous ses acteurs d’en assumer leur position et responsabilité et de le revendiquer haut et fort devant toutes les juridictions du monde,fut-elles suisses.




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