Le peuple était mature

La commémoration du 1er Novembre 1954 donne chaque fois lieu à nombre d’écrits publiés dans la presse consistant en souvenirs personnels d’acteurs encore vivants, entretiens avec des historiens confirmés et articles de journalistes ainsi que des émissions et documentaires à la télévision. L’objectif est de maintenir le rayonnement du message de Novembre, particulièrement vers les jeunes soumis à un matraquage idéologique qui ne dit pas son nom, amplifié par les technologies envahissantes de la communication. Le 1er Novembre n’est pas n’importe quelle date sur le calendrier ; il symbolise la renaissance de l’Etat algérien et nous rappelle le génie dont a fait preuve un groupe de militants qui avait compris que l’heure de la libération avait sonné. Il est vrai qu’il y eut, avant, le 8 Mai 1945, qui fut le prélude à l’action décisive engagée le 1er Novembre 1954. La revendication de l’indépendance était déjà dans l’air. Entre le 8 mai 1945 et le 1er novembre 1954, ce fut le temps que les enfants et adolescents témoins des horreurs de l’armée coloniale gagnent en maturité. En 1952, une première tentative de créer un large rassemblement à travers le Front algérien pour la défense et le respect des libertés (FADRL) n’avait pu aboutir. Mais elle traduisait bien le grand potentiel de mobilisation au niveau du peuple algérien qui était mûr et prêt pour une action décisive. Le travail politique obstiné et titanesque a fini par faire émerger la génération qui a senti qu’elle pouvait porter le coup fatal au colonialisme. C’est elle qui déclencha la guerre de Libération, menée ensuite jusqu’à la victoire finale, essentiellement par les jeunes. Le choix du moment n’était pas du tout fortuit. Rappelons-nous le contexte : trois mois avant, la France avait subi à Dien Bien Phu, au Vietnam, une défaite qui est restée, depuis, dans l’histoire comme un haut fait de la lutte d’émancipation des peuples. C’était également le mouvement du non-alignement, force anticoloniale par excellence, qui commençait à voir le jour. Dès leur premier texte, l’appel du 1er Novembre, les dirigeants de la révolution algérienne ont donné à leur action un contenu humaniste qui explique l’adhésion de nombreux Algériens d’origine européenne, non seulement à l’action politique, mais aussi directement à la lutte armée. 58 ans après, beaucoup de promesses du 1er Novembre 1954 sont devenues réalité, mais nous sommes encore loin d’honorer le sacrifice de nos martyrs.
Cherif Brahmi
 

Commentaires

    Ezzine
    2 novembre 2012 - 14 h 21 min

    C’est bien beau tout cela
    C’est bien beau tout cela mais quand faut-il faire apprendre réellement à nos enfants à l’école l’histoire de l’Algérie. Le sacrifice de nos martyrs ne sera honoré que lorsque la présente génération aura accompli sérieusement son devoir national. La France coloniale, elle, continue, par l’intermédiaire de ses appendices, depuis l’indépendance, à falsifier l’histoire de notre pays sans aucune réaction de notre part.




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