Attaque de Benghazi : le secrétaire US à la Défense évoque un problème de temps et de renseignement

Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a expliqué aujourd'hui jeudi devant le Sénat les difficultés d'intervention pour contrecarrer l'attaque qui avait tué en septembre dernier l'ambassadeur et trois autres Américains au consulat de Benghazi (Libye) en évoquant un problème de temps et de distance ainsi que de renseignement. Intervenant devant la commission des Forces armées du Sénat avec le chef d'état-major interarmées des Etats-Unis, Martin Dempsey, dans le cadre de l'enquête sur cette attaque, le patron du Pentagone a déclaré qu'il n'y avait pas assez de temps pour engager les moyens militaires en place à même d'arrêter cette attaque puisqu'il n'y avait aucun renseignement ou indication précis d'une attaque imminente. Pour M. Panetta, «sans mise en garde suffisante et étant donné la rapidité de l'attaque, il n'y avait pas assez de temps de mobiliser les moyens militaires pour y faire face», ajoutant que l'armée américaine «n'est pas et ne peut pas être un service d'urgence mondial capable d'arriver sur les lieux quelques minutes pour parer à toute éventualité dans le monde entier». L'armée américaine, a-t-il poursuivi en recourant à certaines métaphores, «n'a ni les ressources ni la responsabilité d'avoir un poste d'incendie à côté de chaque installation américaine dans le monde». «Le temps, la distance, l'absence d'une mise en garde adéquate et les événements qui se sont déroulés très rapidement sur le terrain ont empêché une réponse plus immédiate», selon lui. Six mois avant cette attaque, a-t-il fait savoir, la communauté du renseignement avait reçu près de 300 rapports sur des menaces éventuelles visant les missions diplomatiques américaines, consulats et autres installations américaines à travers le monde. L'attaque de Benghazi «fut, purement et simplement, un problème de distance et de temps», a déclaré M. Panetta, ajoutant qu'il aurait fallu entre neuf et douze heures pour répondre à l'attaque. Intervenant lors de cette audition, le redoutable sénateur républicain John McCain a considéré qu'il était «bizarre» de faire valoir que l'armée américaine était assez réactive alors qu'elle ne s'était pas préparée préalablement pour prévenir l'attaque de Benghazi, étant donné que des câbles diplomatiques avaient averti que le consulat américain devenait vulnérable. «Si pour vous, la situation n'a pas permis une réponse rapide, nous jugeons, pour notre part, que les menaces qui pesaient sur ce consulat n'avaient pas été prises en compte et c'est pourquoi quatre Américains sont morts», a-t-il lancé à Panetta et Dempsey. Remettant en question l'argument du temps, le sénateur s'est demandé pourquoi il n'a pas été fait appel à l'aviation militaire américaine qui se trouvait à la base européenne la plus proche de Benghazi. Ce à quoi M. Panetta rétorqua que même si des avions ou des hélicoptères de combat étaient arrivés rapidement, le chaos qui régnait sur le lieu de l'attaque était tel qu'il empêchait d'obtenir les informations précises dont ils ont besoin pour atteindre les bonnes cibles. «Franchement, même si nous étions en mesure de déployer les F-16 ou AC-130, la mission dépend toujours d'informations précises sur les cibles qu'ils sont censés frapper. En plus, nous n'avions pas de contrôleurs aériens avancés là-bas. Nous n'avions pas de communications directes avec le personnel américain sur le sol. Et nous n'avions aucune idée où l'ambassadeur se trouvait à ce moment-là pour être en mesure d'effectuer tout type d'attaques sur le sol», a-t-il poursuivi. Mais le secrétaire à la Défense a avancé qu'il y avait des leçons à tirer de cette attaque meurtrière à travers une meilleure évaluation de la capacité des gouvernements des pays hôtes pour assurer la sécurité, l'amélioration de la sécurité diplomatique avec une plus grande présence militaire et l'amélioration de la collecte du renseignement et de la capacité d'intervention. Un autre sénateur a demandé à Panetta et Dempsey si l'incident de Benghazi pourrait être attribué à «un échec du renseignement.» Si pour le chef du Pentagone, certaines évaluations des renseignements «n'étaient pas exactes», le chef d'état-major interarmées a reconnu qu'il y avait «un déficit» dans ce domaine. Il est à rappeler que la commission américaine chargée d'enquêter sur les circonstances de l'attaque terroriste du consulat américain de Benghazi avait accusé le département d'Etat de «graves négligences» en matière de sécurité. Son rapport évoque des échecs et erreurs de jugement du bureau des Affaires du Moyen-Orient et celui de la sécurité diplomatique du département d'Etat, ainsi qu'une mauvaise coordination entre les services. Précisant que les services de renseignement n'avaient transmis aucune mise en garde précise mais qu'aucun responsable n'a manqué à ses obligations, le rapport jugea, toutefois, que certains officiels du département d'Etat ont fait preuve de manque de réaction face aux inquiétudes exprimées par des diplomates en poste en Libye au sujet de la sécurité du consulat de Benghazi.
R. I.
 

Commentaires

    Anonyme
    8 février 2013 - 3 h 58 min

    BON POUR COMMENCER ,IL
    BON POUR COMMENCER ,IL N’ÉTAIT PAS UN DIPLOMATE ,MAIS UN AGENT DE LA CIA ,AINSI QUE LES TROIS GIÀ 😛 BREF ILS MÉRITENT LA MORT ,PUISQUE C’EST DES COMPLOTEURS ASSASSINS ,QUE LEUR ÂMES SOI EN ENFER B-)




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