Selon Lamiri : «L’Algérie est face à la décennie de la dernière chance»

L’économiste et expert en management Abdelhak Lamiri fait un constat sévère de la stratégie de développement entreprise par le gouvernement depuis quinze ans et estime que si rien n’est entrepris le pire est à craindre à court terme. Dans un livre intitulé La Décennie de la dernière chance, l’économiste estime que la politique de développement, basée exclusivement sur l’édification d’infrastructures au détriment d’une industrie du savoir, est vouée à l’échec. Pour M. Lamiri, la stratégie visant une croissance à travers des plans de relance et des investissements colossaux n’est pas rentable. Il en veut pour preuve la léthargie actuelle de notre économie et l’échec des politiques sociales visant à accorder plus de logements et à distribuer la rente sans industrie productive. L’expert estime que le pays «a perdu quinze ans et 500 milliards de dollars sans rien obtenir en termes de croissance et d’emplois». M. Lamiri, qui intervenait aujourd'hui au Forum du journal Liberté, a estimé que les décideurs doivent revoir leur stratégie en consacrant plus d’investissements à la formation des élites intellectuelles capables de sortir le pays du sous-développement et d’en faire un pays émergent. «Nous avons un peu de temps et des ressources, et il faut savoir impérativement les utiliser pour éviter un scénario catastrophe au cas d’une chute des prix du pétrole», déclare M. Lamiri ajoutant : «Si on continue avec la même politique et que le marché pétrolier s’effondre, on risque un scénario de la déchéance avec 40% de taux de chômage et une inflation à deux chiffres.» L’expert propose de mettre beaucoup d’argent pour rehausser le niveau de la formation à tous les échelons, en faisant appel, par exemple, à l’expertise étrangère, décentraliser les décisions de développement, débureaucratiser l’administration et créer un pôle d’experts chargé de la planification pour aider le prochain gouvernement à adopter une nouvelle stratégie permettant de relancer la croissance.
Meriem Sassi

 

Comment (10)

    Rachida
    9 janvier 2014 - 12 h 13 min

    a estimé que les décideurs
    a estimé que les décideurs doivent revoir leur stratégie en consacrant plus d’investissements à la formation des élites intellectuelles capables de sortir le pays du sous-développement et d’en faire un pays émergent. Enfin vous avez compris, je souhaite que les décideurs prennent en considération cette plausible proposition. Il n’est jamais trop tard. J’ai un grand espoir que notre pays s’en sortira.




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    Anonyme
    8 janvier 2014 - 20 h 14 min

    A.Lamiri croit pouvoir
    A.Lamiri croit pouvoir transposer en Algérie ce qu’il lit dans des ouvrages consacrés à la gouvernance nord-américaine.
    Il est dans un excès de théorie.




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    Anonymekader
    8 janvier 2014 - 16 h 52 min

    Avec tout le respect que je
    Avec tout le respect que je dois au professeur, je me vois dans l’obligation de le contredire, car l’algerie et meme si elle peut manquait de cadres de haut niveau,j’éstime que sa défaillance majeure réside dans le fait incontestable que l’environnement algerien est plus que répulsif des compétences.Ainsi l’ignorance dans son sens le plus large ne peut pas coexister avec le savoir et la competence.Nous avons des competences qui ont prouvés aussi bien leur savoir que leur savoir faire dans des sociétés aussi complexe que les U.S.A , mais ils n’ont aucune chance de faire pareille en Algerie tant qu’on n’a pas résolu deffinitivement la question du « POUVOIR ».




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    00213
    8 janvier 2014 - 14 h 32 min

    Je rejoins cet économiste sur
    Je rejoins cet économiste sur tous les points de vue.
    Son seul problème c’est de vouloir faire de l’université un business alors que ce devrait être un outil d’intérêt public totalement gratuit.
    Je pense que son discours n’est pas tout à fait altruiste car ses projets personnels d’universités privés prendront surement une part importante des 150 milliards dollars qu’il prévoit comme investissement gouvernemental.
    .
    D’autre part augmenter les salaires de salariés incompétents, réinvestir des sommes colossales dans des entreprises qui n’ont jamais été compétitives ou dépenser outrageusement dans des projets sans en maitriser le moindre savoir-faire ne créera jamais la prospérité tant attendu.
    Notre croissance est artificielle car si nous enlevons les subventions publiques, il ne reste quasiment plus rien comme matière économique.
    Heureusement qu’on soustraite pour nous, heureusement qu’on fabrique pour nous, heureusement qu’on réfléchit pour nous…
    Tant que le Club des Pins est en sécurité, l’Algérie va bien.
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    Il fut une époque où lorsqu’on demander à un gamin ce qu’il voulait faire comme boulot plus tard, il répondait « …médecin pour soigner mes parents, professeur pour enseigner à mes enfants ou ingénieur pour construire mon pays… »
    Aujourd’hui quand je pose la même question aux petits du quartier, ils me répondent « …colonel pour faire du business, importateur pour sortir du pays ou maire pour prendre la tchipa… »
    Tel est la jeunesse que nous formons et qui prendra la relève du pays demain !




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    Abou Stroff
    8 janvier 2014 - 10 h 41 min

    monsieur Lamiri est peut être
    monsieur Lamiri est peut être un bon manager (en fait, ses écrits prouvent qu’il est tout à fait au fait des dernières « recettes » avancées par les experts mondiaux en management) et peut, si les conditions sont appropriées proposer des solutions idoines à des problèmes de management inscrits dans une formation sociale où le système capitaliste (et ses valeurs essentielles) est dominant. malheureusement pour monsieur Lamiri et d’autres spécialistes du management (je pense, particulièrement, aux professeurs Aktouf et Hafsi), la crise en Algérie ne relève aucunement d’une problématique managériale puisque le système capitaliste ne domine pas la formation sociale algérienne. par conséquent, les recettes ou les recommandations des experts en management relève d’une forme d’onanisme aigu qui ne dit pas son nom. en Algérie, le système dominant est un système basé sur la distribution de la rente et tant qu’on n’aura pas compris que ce système est à la base du mouvement circulaire au sein duquel s’inscrit la formation sociale algérienne dans son ensemble (la preuve que nous tournons en rond peut être facilement présentée: il suffit de remarquer qu’à 3 mois des élections présidentielles, les « électeurs » que nous sommes ne connaissent ni les candidats ni les programmes des candidats. allons nous voter selon la gueule des candidats?), on n’aura rien compris à la nécessité de DETRUIRE le système basé sur la distribution de la rente si nous voulons avancer. quant à demander aux décideurs, c’est à dire à la marabunta qui nous gouverne, de « revoir leur stratégie en consacrant plus d’investissements à la formation des élites intellectuelles capables de sortir le pays du sous-développement et d’en faire un pays émergent », il faut être d’une naïveté maladive pour croire que nos augustes dirigeants qui s’accrochent, contre vents et marées, au pouvoir, pourraient penser un seul instant à former une élite. en fait, nos augustes dirigeants ne voudraient, à aucun prix, qu’une élite émerge (regarder la composante de l’APN). car cette dernière remettrait en cause le pouvoir de la marabunta qui nous gouverne. Lamiri est les experts en management essaient ils de demander à la marabunta qui nous gouverne de se faire hara-kiri? le fait que la marabunta qui nous gouverne accepte d’être parrainée par un malade indique clairement que la marabunta n’a aucune envie de se faire hara-kiri. moralité de l’histoire: la marabunta qui nous gouverne doit adorer la vision des choses et des phénomènes que développent Lamiri et les experts en management puisque cette vision ne remet pas en cause la système basé sur la distribution de la rente mais suggère de simples réaménagements. la vie, n’est elle pas belle pour les rentiers du système?




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    djazair
    8 janvier 2014 - 7 h 46 min

    Bonjour,
    ça me rappele le

    Bonjour,

    ça me rappele le café de la dernière chance.




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    Laetizia
    7 janvier 2014 - 22 h 13 min

    Un peuple ignorant est un
    Un peuple ignorant est un peuple fataliste et donc pas trop regardant !
    L’université algérienne a formé des analphabètes, ceux qui s’en sortent (non pas ceux qui croient qu’ils s’en sortent) sont doués d’un QI hors du commun ou bien sont dotés d’une très grande insatisfaction intellectuelle! La formation continueou même un emploi épanouissant, ça n’existe pas dans notre pays, si bien que les personnes bien formées finissent pas dégringoler un jour ou l’autre pour rejoindre la masse d’algériens sans culture, sans formation de qualité, sans expertise, sans ambition intellectuelle / professionnelle qui soit justifiée par leurs aptitudes et compétences. La diaspora algérienne, partie chercher à l’étranger le savoir et l’expertise (et pas pour faire les papiers et les courses à carouf) a le choix entre demeurer définitivement exilée ou rentrer pour rejoindre sagement le groupe de moutons ignares que nous sommes devenus. J’ai presque envie de dire que ceux qui n’ont pas fréquenté longtemps l’école algérienne (niveau brevet ou même sixième) pourraient mieux s’en sortir, s’ils tentent l’aventure de former à l’étranger, leurs esprits encore « vierges » ou presque.




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    Mohamed eel Maadi
    7 janvier 2014 - 21 h 00 min

    L’Algérie est face à la
    L’Algérie est face à la décennie de la dernière chance»

    Pas nécessairement et puis qui peut prédire l’avenir ? Dire cela c’est nous condamner a ne plus avoir d’espoir a plus long terme ,car un peuple se façonne avec le temps et les habitudes prennent énormément de temps.Le changement réel se fera dans 50 ans pas plus si la pris en charge du citoyen algérien est sincere car la mémoire ne s’efface pas et l’histoire ne se refait pas également ,mais un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre




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    anonyme
    7 janvier 2014 - 18 h 53 min

    merci monsieur LAMIRI. Je
    merci monsieur LAMIRI. Je partage parfaitement votre analyse. Seulement, il faudrait préciser que tout d’abord, il faut combattre l’UGTA, ce cancer qui affecte la vie professionnelle des entreprises, et à leur tête que des bandits, parasites et budgétivores.




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    Anonyme
    7 janvier 2014 - 18 h 35 min

    MONSIEUR LAMIRI VOTRE POINT
    MONSIEUR LAMIRI VOTRE POINT DE VUE EST RESPECTABLE MAIS SA MATÉRIALISATION N EST PLUS DE MISE CAR DÉPASSÉ L ALGÉRIE A
    FORME PLUS D UN MILLION D UNIVERSITAIRES DONT AU MOINS TRENTE POUR CENT SONT OPÉRATIONNELS POUR PRENDRE L EXPERTISE DONT VOUS
    PARLEZ C EST UN PROBLÈME PLUTÔT POLITIQUE QUE MANAGÉRIAL IL SUFFIT SEULEMENT D UNE VOLONTÉ DE RÉUSSIR PAR LES DÉCIDEURS DE CE PAYS QUI S ECHIGNENT A VOULOIR DISCRÉDITER L INTELLIGENTSIA
    DE NOTRE PAYS SANS AUCUNE ÉVALUATION ACADÉMIQUE.L HISTOIRE ÉCONOMIQUE DES PAYS ASIATIQUES ET PARTICULIÈREMENT LE JAPON EST
    LA POUR ATTESTER CE PAYS ,SES DIRIGEANTS ONT FAIT CONFIANCE A LEURS ARTISANS EN METTANT A LEUR DISPOSITION DES MACHINES OUTILS RAPPORTÉES D OCCIDENT POUR REPRODUIRE A L IDENTIQUE DANS UN PREMIER TEMPS ET LES MODIFIER ENSUITE.DU RESTE ,CE QUE VOUS PROPOSEZ C EST EXACTEMENT CE QUE PROPOSE LA FRANCE A L ALGÉRIE
    DANS LES DERNIERS ACCORDS.




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