Contribution – Pendant la guerre civile, le GIA algérien n’a exécuté personne…

Aujourd’hui que les clones de ces dingos du GIA, nés eux-mêmes du chaos afghan bricolé par l’Occident, tuent en Afrique, en Irak et Syrie, voilà que l’indignation grimpe dans le compte-tours. C’est parfait. Mais il faut nous expliquer pourquoi, il y a vingt ans, quand les tueurs du «califat» algérien égorgeaient dans les villes et les champs, personne ne s’en était alors indigné. Au prétexte que, pour de sombres raisons politiciennes, des Algériens se tuaient entre eux, pas un penseur n’a levé une croisade pour flétrir les monstres salafistes. A l’époque, c’est même avec une certaine bonhomie que Mitterrand, sur le thème du «il faut bien que l’islamisme passe», a apprécié avec indifférence ce qu’en temps ordinaire Kouchner aurait qualifié de génocide.
La vérité a pris du temps pour remonter depuis le fond d’un puits si creux, mais, nous en sommes certains, pendant les «années noires» qui se sont succédé à partir de 1991, les djihadistes et autres guérilleros des GIA n’ont exécuté aucun Algérien. C’est en observant les réactions mondiales, celles qu’entraînent les décapitations perpétrées par les «barbares» du califat irako-syrien, que l’on peut être aussi ferme sur la nouvelle façon dont nous devons écrire cette page tragique de l’histoire algérienne. C’est par une logique imparable que j’établis ma conclusion, quasiment scientifique. Puisque ni la France ni la «communauté internationale» n’ont jamais protesté contre les meurtres et décapitations à la chaîne perpétrés par les islamistes algériens, c’est que ces crimes n’ont jamais existé.
Revenons donc à une barbarie un peu plus ancienne que celle mise en ligne depuis le désert syrien par les troupes d’Al-Baghdadi. En Algérie, sauf s’ils ont tous rêvé et que les tombes sont vides, les citoyens, militants politiques, les militaires gendarmes et policiers ont bien, chaque matin, relevé dans les rues et au bord des routes de multiples cadavres ? Quels étaient-ils donc ? Et qui avait tué ces enfants, ces femmes et ces hommes ? La réponse est «personne», puisque, je le répète, à la surface du monde, nul ne s’est indigné de ces tueries revendiquées au nom d’Allah.
Lecteurs avisés, vous connaissez tous la réponse, ces morts avaient l’inexcusable défaut d’être des Arabes et des Kabyles. Ce qui se passait alors en Algérie ne relevait que de ce que les racistes font du fait divers : «un règlement de compte entre Maghrébins», d’un crime inscrit dans les gènes.
Mais il existait aussi une explication plus noble, plus stratégique, plus politique, celle du «qui tue qui ?». Lourde idéologie développée par des humanistes principalement français, souvent de bonne foi, qui affirmaient avec force et meeting que ces tueurs au nom de Dieu n’étaient que des agents de l’armée algérienne. Faisons court, la recette était la suivante : pour tenir le pays sous sa botte les militaires créaient et entretenaient le brasier islamiste. S’il est aujourd’hui vérifié qu’en manipulant certains groupes, des généraux ont bien joué avec ce feu, identifier le massacre de plus de 200 000 personnes à un acte de barbouzerie est indigne et inhumain.
Aujourd’hui, puisqu’ils tuent des Américains, des Anglais et un Français (justement en Algérie), les consciences endormies ouvrent l’œil sur la lame des couteaux. A titre posthume, leur éveil devrait les conduire à présenter leurs excuses au peuple algérien : derrière le «qui tue qui» se cachaient déjà des barbares.
P. S. : Aux lecteurs qui seraient sensibles à un rire qui n’existe pas, à l’humour salafiste, je recommande la consultation de la note Wikipedia sur le GIA algérien. Pour justifier la «manipulation» du GIA par l’armée, «l’encyclopédie» s’abrite derrière les travaux de Nafeez Mosaddeq Ahmed. On observera sans malice que cet «expert», spécialiste du bengali, est aussi convaincu que l’attentat du 11 septembre a été fomenté par les USA…
Jacques-Marie Bourget
Avec l’aimable autorisation d’Afrique Asie
 

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