En Iran, un dernier adieu au cinéaste Abbas Kiarostami

Abbas Kiarostami. D. R.

Des milliers d’Iraniens ont rendu dimanche 10 juillet à Téhéran un dernier hommage au cinéaste Abbas Kiarostami avant qu’il ne soit enterré dans l’intimité à Lavasan, bourgade proche de la capitale, a constaté un journaliste de l’AFP. De nombreux cinéastes et artistes ont assisté à la cérémonie au cours de laquelle le réalisateur Asghar Farhadi a remercié Kiarostami de ne pas avoir abandonné «cette terre» d’Iran malgré ceux qui l’ont «ignoré et négligé». «Je vous remercie d’avoir ouvert le difficile chemin de la mondialisation au cinéma iranien», a ajouté Farhadi, lauréat de l’Oscar du meilleur fim étranger en 2012 pour Une séparation.

Abbas Kiarostami, Palme d’or du festival de Cannes en 1997 pour Le goût de la cerise, est décédé le 4 juin à Paris à l’âge de 76 ans, d’un accident vasculaire cérébral selon des médias iraniens. »Kiarostami part en apparence, mais le film continue. Il a fait retentir le nom de l’Iran dans le monde et le cinéma mondial», a affirmé Hojatollah Ayoubi, chef de l’organisation gouvernementale du cinéma iranien. De nombreuses personnes brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Premier accueil, dernier adieu», allusion au fait que Kiarostami n’avait pas reçu, selon elles, l’attention qu’il méritait de la part des autorités durant toute sa carrière.

«Ignorer Kiarostami, c’est s’ignorer soi-même»

Ses films étaient peu prisés du grand public iranien et ses oeuvres peu diffusées dans les salles de cinéma et la télévision. Mais «on ne peut pas ignorer l’influence de telles personnes; ignorer Kiarostami c’est s’ignorer soi-même», a déclaré à l’AFP Ebrahim Ghavamipour, 36 ans et féru de littérature. «Nous voulons que le monde sache que nous valorisons nos artistes comme Kiarostami», a estimé de son côté Helia Pakbaz, jeune étudiante en théâtre. Le cinéaste Jafar Panahi, vieil ami de Kiarostami, interdit de tournage en Iran pendant vingt ans, était également présent à la cérémonie.

Né à Téhéran en 1940 dans une famille modeste, Abbas Kiarostami était devenu l’un des cinéastes les plus en vue du cinéma iranien dans les années 1960. Il avait remporté des prix dans les plus grands festivals qui lui ont apporté une notoriété mondiale.

R. C.

 

Comment (2)

    Rachid Zani
    10 juillet 2016 - 17 h 07 min

    paix à son âme
    paix à son âme




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    Laetizia
    7 juillet 2016 - 22 h 24 min

    le fabuleux cinéma iranien
    le fabuleux cinéma iranien perd un maître mais il restera debout contrairement au cinéma algérien moribond!




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