CPI : le Kenya engage une procédure de retrait

Siège de la Cour pénale internationale à La Haye. D. R.

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a fait part aujourd’hui de l’intention de son gouvernement de réfléchir à un éventuel retrait du Kenya de la Cour pénale internationale (CPI). «Notre expérience avec la CPI démontre un manque flagrant d’impartialité au sein de cette institution. Certains (pays, ndlr) se sont retirés, d’autres  y ont pensé», a déclaré Kenyatta lors d’un discours prononcé à l’occasion  de la Fête nationale kényane.         

«Nous avons cherché à effectuer les changements qui permettraient à la CPI de respecter la souveraineté nationale, mais ces changements n’ont pas eu lieu», a soutenu encore le président Kenyatta. «Nous allons dès lors devoir réfléchir sérieusement à notre adhésion», a-t-il ajouté.  Depuis son entrée en fonction en 2003, la CPI a ouvert dix enquêtes, dont neuf dans des pays africains. Le Burundi a été, en octobre dernier, le premier pays à quitter la CPI. L’Afrique  du Sud, en octobre, puis la Gambie, en novembre, ont suivi le mouvement, faisant craindre un exode massif de la part des pays africains. Le Kenya avait déjà menacé de quitter la CPI, et son Parlement a adopté deux motions à ce sujet, sans que cela soit suivi d’effet.  

Les dirigeants africains reprochent le «deux poids, deux mesures» d’une cour «néocolonialiste». Ainsi, récemment, la Gambie avait demandé à la CPI de poursuivre les pays occidentaux pour la mort de milliers de migrants en Méditerranée. En Afrique, la contestation gronde depuis longtemps. Mais c’est surtout à partir de 2014 que la propagande africaine anti-CPI prend un tournant, avec la mise sur le banc des accusés d’Uhuru Kenyatta, le président kényan accusé d’avoir joué un rôle dans les violences postélectorales qui ont coûté la vie à 1 300 personnes en 2007. La défense du chef de l’Etat a été celle d’un «procès de rupture» : il a accusé la CPI de concentrer ses enquêtes uniquement sur les dirigeants africains et demandé une réforme du statut de Rome. Les charges ont été abandonnées faute de preuves.

vant lui, le Soudanais Omar El-Béchir avait contesté la compétence de la Cour. L’Union africaine elle-même a ouvertement critiqué la CPI. A l’issue d’un sommet en 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, avait dénoncé une «chasse raciale». «Elle ne devrait pas pourchasser des Africains», avait-il ajouté. L’éventualité d’un retrait collectif des trente-quatre Etats africains signataires du statut de Rome a une nouvelle fois été évoquée, fin janvier 2016, à Addis-Abeba.

Il n’y a pas que les pays africains qui veulent quitter la CPI. En novembre dernier, la Russie avait également annoncé le retrait de sa signature du traité établissant la cour. Le ministère russe des Affaires étrangère avait reproché à la CPI son coût, faisant valoir qu’en quatorze ans d’activité elle «a seulement prononcé quatre verdicts, en dépensant malgré cela plus d’un milliard de dollars». La diplomatie russe lui a reproché également de se focaliser sur les crimes supposés commis par les milices ossètes et les troupes russes en Géorgie lors de la guerre qui opposa les deux pays en août 2008, passant, selon elle, sous silence ceux commis par les troupes géorgiennes. «Dans de telles circonstances, on ne peut guère parler de la crédibilité de la Cour pénale internationale», avait argué le ministère. La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, avait, par ailleurs, résumé que Moscou n’a «désormais plus aucune obligation» envers La Haye.

Khider Cherif

Comment (3)

    Raouf
    14 décembre 2016 - 10 h 00 min

    Il n’y a que les dictatures
    Il n’y a que les dictatures qui veulent quitter la CPI Kenya,Soudan,Gambi,Russie…etc.




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    5colonne
    13 décembre 2016 - 11 h 56 min

    vous croyez qu ils vont je
    vous croyez qu ils vont je juger eux meme faut pas rever le tpi a été créer pour nous j espere que tout le monde va suivre




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    anti mondialiste
    13 décembre 2016 - 5 h 23 min

    un autre outil de la
    un autre outil de la gouvernance mondiale , la CPI tout comme l’Otan , FMI , Onu …etc
    juste pour asservir les 7 milliards de moutons entre les mains des quelques centaines de loups affamés !




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