L’Opep retrouve son rôle de régulateur du marché pétrolier

Réunion de l'Opep à Alger. New Press

L’Opep s’est réappropriée son rôle de régulateur du marché pétrolier en conduisant une démarche visant à enrayer la chute des cours de brut, et où l’Algérie a joué un rôle clé dans la mise en place d’un consensus pour diminuer l’offre. Après presque deux années d’intenses efforts de discussions avec les principaux producteurs mondiaux sur la nécessité d’une concertation entre les pays Opep et non-Opep, l’Algérie a pu faire aboutir son initiative en septembre à Alger lors de la réunion extraordinaire de l’organisation pétrolière, donnant lieu à un accord historique de baisse de production à une fourchette de 32,5 mbj-33 mbj. Cette baisse est de nature à absorber le surplus de production généré essentiellement par un bond de la production pétrolière américaine avec l’extraction du pétrole de schiste, et le ralentissement économique en Europe et en Chine.

L’enjeu de la réunion d’Alger était de taille : aplanir les divergences au sein même de l’Opep notamment entre l’Arabie Saoudite et l’Iran pour un consensus capable de soutenir les cours, puis ouvrir la voie à l’adhésion d’autres pays producteurs non-Opep afin de mieux peser sur le marché. Le succès de la réunion d’Alger a été le couronnement de l’initiative algérienne lancée début 2015 alors que les cours du brut étaient au plus bas. C’est dans le cadre de cette démarche consensuelle que le président de la République Abdelaziz Bouteflika avait dépêché plusieurs membres du gouvernement pour transmettre des messages à l’Arabie Saoudite, au sultanat d’Oman, à l’Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Mexique, à la Russie, à la Colombie ainsi qu’aux pays membres de l’Association des producteurs de pétrole africains (Appa) qui sont le Nigeria, le Gabon, l’Angola, le Congo et la Guinée Equatoriale.

L’Algérie a également joué un rôle très actif pour sceller l’accord historique d’Alger lors de la 171e réunion ministérielle de l’Opep du 30 novembre dernier à Vienne. Présidant le Comité technique de haut niveau mis en place par l’Opep à l’issue de la réunion d’Alger, l’Algérie avait mis sur la table une proposition basée sur une réduction d’environ 1,1 mbj par l’Opep et une baisse de 600 000 bj pour les pays non-Opep. Cette proposition a été entérinée par l’Opep lors de sa réunion de novembre dans la capitale autrichienne, qui est parvenue à un accord de baisse de sa production de 1,2 mbj pour ramener son plafond à 32,5 mbj applicable dès le 1er janvier 2017 pour six mois renouvelables. Il s’agissait alors de la plus grande baisse depuis celle de 2008 annoncée également en Algérie.

Le marché pétrolier a, depuis, bien réagi puisque les cours du brut évoluent à leur plus haut niveau depuis un an et demi. Pour le ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, avec l’Accord d’Alger, l’Opep s’est réappropriée sa fonction de monitoring du marché pétrolier qu’elle avait perdue depuis plusieurs années. L’accord de baisse de production au sein de l’Opep s’est renforcé avec l’adhésion de 11 pays non-Opep, dont la Russie, qui se sont engagés à réduire leur production, dès janvier en cours, de 558 000 bj, portant à environ 1,8 mbj les volumes qui seront retirés du marché, de quoi accélérer le rééquilibrage du marché pétrolier mondial.

En effet, avec l’entrée en vigueur de cet accord, l’Opep prévoit une amélioration des cours durant cette année avec un rééquilibrage du marché vers la mi-2017. Dans une récente déclaration, M. Boutarfa s’est dit persuadé que les pays hors-Opep respecteront leur engagement de réduire leur production de 558 000 barils/jour à partir de janvier en s’associant au pacte de limitation de production conclu avec les membres de l’Opep.

L’Algérie met le cap sur l’investissement dans la pétrochimie

Sur le plan interne, l’année 2016 a été celle de l’amorce d’un vaste plan d’investissement par le groupe Sonatrach portant sur plus de 73 milliards de dollars d’ici à 2020. Même si une bonne partie de cette enveloppe financière est destinée à l’exploration-production, le groupe pétrolier compte consacrer d’importants investissements à la pétrochimie afin d’alléger la lourde facture d’importation des produits pétroliers dont notamment les carburants qui ont coûté à l’Algérie entre 2 et 3 milliards de dollars/an durant ces dernières années. L’année 2017 verra donc le lancement de la réalisation de quatre nouvelles raffineries à Tiaret, Hassi Messaoud, Arzew et à Biskra, alors que les contrats de réalisation de celles de Hassi Messaoud et de Tiaret devraient être signés avant juin 2017. Ces quatre projets permettront d’accroître la production de carburants de quelque 20 millions de tonnes. L’Algérie pourra ainsi transformer localement toute sa production de pétrole brut à l’horizon 2025 grâce aux projets pétrochimiques actuellement en réalisation ou à l’étude, après avoir atteint l’autosuffisance en carburants à l’horizon 2018, puis devenir exportateur de ces produits à partir de 2020.

En outre, Sonatrach est en discussions avec plusieurs partenaires pour réaliser cinq projets : complexe de craqueur d’éthane et GPL d’un million de tonnes d’éthylène, complexe de PDH PP d’une capacité de 600 000 tonnes, complexe de méthanol et dérivés d’une capacité d’un million de tonnes, complexe de caoutchouc synthétique et le complexe de pneus de 5 millions d’unités. Sur le plan de la production, l’année 2016 a confirmé la reprise de la production et des exportations des hydrocarbures. Sonatrach a ainsi terminé l’année 2016 avec des exportations en hausse de 11% à 109 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) contre 98 millions de TEP en 2015.

R. E.

Comment (3)

    Anonymous
    6 janvier 2017 - 11 h 47 min

    IL FAUT JUSTE ESPERER QUE LES
    IL FAUT JUSTE ESPERER QUE LES AMERICAINS NE VONT PAS DEVERSER LEUR GAZ ET LEUR PETROLE SUR L EUROPE … ET LES JAPONNAIS LEURS VOITURES ELECTRIQUES … LES HYDROCARBURES N ONT PAS D AVENIR …




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      Dezbarka
      7 janvier 2017 - 8 h 12 min

      AUCUN ESPOIR L AMI..LES USA
      AUCUN ESPOIR L AMI..LES USA VONT AUTO SATISFAIRE LEUR DEMANDE ET VENDRE AU MONDE LEUR SURPLUS. CECI A ETE ANNONCER PAR LES COMPAGNIE EXPLORATRICES ETC.. LES VOITURES ELECTRIQUE AUSSI EST UNE CERTAINTE CAR LA POLLUTION EST PROBLEMATIQUE…VOIR TESLA AMERICAINE ET AUSSI LES VOITURES JAPONAISE …DES BIJOUX. EN CONCLUSION LES HYDROCARBURE AURONT UN MARCHE LIMITER DANS LE MONDE…DONC FAIS TES CONCLUSIONS ET JE LES LIRAIS.




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    nini
    4 janvier 2017 - 21 h 07 min

    C’est du pipo! Sonatrach,
    C’est du pipo! Tant que Sonatrach, Naftal et autres entreprises nationales du secteur des hydrocarbures seront des entreprises »sociales » et non pas des entreprises productrices au vrai sens du terme et très loin des d’entreprises performantes et d’avant-garde comme peuvent l’être d’autres entreprises pétrolières internationales ou nationales européennes voire asiatiques. Productivité quasi nulle, innovation inexistante plus encore un futur incertain d’autant plus que la relève n’est pas assurée et surtout une faible qualification technique des nouvelles recrues quand celles-ci ne sont pas recrutées par connaissance ou pour rendre service à un tel ou une telle.
    Regardez le siège de Naftal ce sont de vieux bâtiments et autres cabanes de chantier datant des années 70 à l’époque de la ex-DRI. Les stations de service sont sales, mal-entretenues, avec des équipements très souvent en panne, normes de sécurité réduites au minimum (extincteur et bac à sable parfois inexistant etc…) même les nouvelles autoroutières sont dans des états lamentables tout de suite après leur mise en service. Les stations n’offrent aucun service à l’automobiliste si ce n’est le café dans gobelets. Les camions ravitailleurs sont sales et vétustes. Ce sont plutôt des monstres et rouler à leur coté fait peur. Les stations service devraient refléter l’image de l’entreprise et pourquoi pas du secteur. Pourtant les cadres de ces entreprises du secteur hydrocarbures voyagent souvent pour des missions à l’étranger, ils pourraient s’inspirer de ce qu’il se fait ailleurs pour améliorer le service et autres performances de rentabilité (élimination des longues files d’attente, service à l’automobile – vidange, gonflage=sécurité des roues; parallélisme et autre équilibrage etc…) et de-là l’amélioration de la productivité. Il fut un temps des inspecteurs sillonnaient le réseau et exigeaient le respect du service et d’une charte qualité synonyme de sécurité aujourd’hui la station service est réduite à un point de vente voir pour certaines (majoritairement) « boutega de aami Moh ».




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