L’exemple d’Iguer-Ammar

Par Kamel Moulfi – Le communiqué du comité de solidarité du village Iguer-Ammar (Sidi-Aïch, Béjaïa) annonçant la réussite de la collecte organisée pour venir en aide à un malade (voir article d’AP) a l’effet d’un magnifique rayon de lumière dans la sombre atmosphère créée par toutes ces informations qui parlent de l’argent sale et de l’argent pourri «investis» dans la course aux sièges en cette veille d’élections législatives.

Deux situations aux antipodes l’une de l’autre se côtoient : il y a les manœuvres des uns, à coups de milliards «sonnants et trébuchants» pour acheter une place sur une liste de candidats, et de préférence «en tête», et il y a le geste de solidarité des autres pour secourir un concitoyen et «sauver une vie».

Le communiqué a beau être laconique, il traduit parfaitement «l’élan de solidarité» qui dort dans la société algérienne. Finalement, celle-ci est loin d’être pourrie. La chkara débordante, omniprésente, conquérante même, quand il s’agit de magouilles de toutes natures, n’a pas réussi à terrasser l’humanisme, la dignité, l’esprit solidaire, le sens du devoir et, en résumé, le courage des Algériens qui résistent pour maintenir intactes leurs valeurs qu’ils révèlent toujours au moment crucial. C’est la principale leçon donnée par les villageois d’Iguer-Ammar.

Ce qui est mis en évidence également par cette action exemplaire, ce sont les multiples défaillances de notre système de santé publique que chacun peut constater, aggravées par certains mécanismes «informels» qui rendent inéquitable le fonctionnement de la sécurité sociale. Heureusement, dans le cas du malade d’Iguer-Ammar, des associations humanitaires et des comités de villages ont su se mobiliser et faire appel au réflexe de solidarité des Algériens pour suppléer cette carence.

Le mot de la fin : voilà un comité de solidarité créé spontanément et sans arrières pensées politiques ou autres, animé par des bénévoles ; le comble serait qu’aucun d’eux ne figure sur une liste de candidats aux prochaines élections législatives.

K. M.

Comment (2)

    Djamel BELAID
    27 février 2017 - 6 h 08 min

    L’ALGERIE DES POSSIBLES
    Ce beau geste montre toute la force de l’action citoyenne. Il a une portée qui dépasse le seul cadre local et celui du malade en question. Il ouvre des possibles, car il n’y a pas que la solidarité envers un malade il y a aussi l’action commune pour de micro-projets générant des bénéfices pour la communauté d’un village, d’un quartier, d’une entreprise (exemples: micro-projets socio-économiques). Dépassons les pleurnicheurs!!! Djamel BELAID. Ingénieur agronome.




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    MELLO
    19 février 2017 - 13 h 47 min

    on revendique
    Jamais les conditions socioéconomiques des Algériens ne se sont détériorées aussi gravement et de manière aussi accélérée que durant les trois décennies écoulées, période au cours de laquelle, paradoxalement, le pays a connu une amélioration exceptionnellement favorable de ses ressources financières. L’immense majorité de nos concitoyens vivent aujourd’hui dans la précarité et la misère, l’exclusion, l’insécurité et l’incertitude du lendemain. L’économie nationale a été bradée, les entreprises publiques sacrifiées, la classe moyenne laminée, et le chômage ne cesse d’enfler et ce, dans l’indifférence totale des autorités. L’illégitimité des gouvernants,leur incompétence, leur mépris du citoyen, l’arbitraire institutionnalisé, l’impunité et la corruption généralisée sont à l’origine de cette catastrophe sans précédent. Des gouvernants qui, en l’absence d’institutions démocratiques véritables pouvant constituer un contre-pouvoir réel, se comportent en potentats. Totalement indifférents aux souffrances de leur peuple, leur seule préoccupation est de se maintenir au Pouvoir coûte que coûte même au prix de la destruction du pays, la dislocation de la cohésion sociale et de l’aliénation de la souveraineté nationale.




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