Faux suspense

Par Sadek Sahraoui – La Présidence de la République n’a pas attendu beaucoup de temps après la confirmation par le Conseil constitutionnel des résultats des élections législatives pour commencer les tractations autour de la composante du nouveau gouvernement. Les premiers contacts entrepris laissent déjà entrevoir le souhait du chef de l’Etat d’élargir la base politique de l’Exécutif. Le premier parti que le locataire du palais d’El-Mouradia aimerait voir revenir au pouvoir est le Mouvement de la société pour la paix (MSP).

Abdelaziz Bouteflika a expressément chargé l’actuel Premier ministre de faire connaître à la direction de ce parti son attente. Il est fort possible que le MSP accepte l’offre de la Présidence de la République. Après tout, il n’a pas quitté l’opposition pour se contenter de chauffer quelques bancs à l’Assemblée populaire nationale (APN). Mais pour entretenir le suspense, le chef de ce parti a préféré attendre que son majless echoura débatte de la question.

Dans tous les cas, le choix du président de la République de s’adresser en premier au MSP donne du crédit à la thèse défendue par de nombreux observateurs selon laquelle il y a une volonté d’impliquer le courant islamiste dans la gestion des affaires. L’idée est peut-être de reformer l’Alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) qui a fort longtemps monopolisé les leviers de l’Exécutif. Il est certain que le MSP ne sera pas le seul parti auquel on demandera d’intégrer le gouvernement.

Mais un MSP à nouveau dans l’orbite du pouvoir constitue une sorte de plus-value puisque que le parti représente tout un courant. Un courant que le président et le gouvernement n’auront plus à avoir sur le dos. Surtout en cette période d’incertitude économique. Intégrer pour mieux neutraliser, telle paraît être la tactique suivie par la Présidence de la République. De son côté, le MPS sait qu’il gagne au change puisque les prochaines élections (locales et présidentielle) ne revêtent pas, pour lui, un caractère stratégique.

S. S.

Comment (5)

    Nasser
    11 mai 2017 - 21 h 56 min

    Et le tout ressemblera à cette grande innovation architecturale
    Et le tout ressemblera à cette grande innovation architecturale du XXI siècle! Même l’État ne trouve rien à dire :
    https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1268828036558723&set=a.1205795146195346.1073741826.100002946179200&type=3&theater




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    lhadi
    11 mai 2017 - 15 h 30 min

    Conditions pour marquer l’histoire
    Le plus difficile, dans l’exercice du pouvoir, est de se doter de collaborateurs qui osent affirmer ce qu’ils pensent à celui qui les dirige, sans craindre de lui déplaire, ni se contenter d’abonder dans le sens de ce que lui, selon eux, souhaite entendre.

    Le phénomène de cour est inhérent au fonctionnement des entourages. C’est un mal inévitable qui peut devenir fatal si l’on ne dispose pas de solides contre feux pour en limiter les effets.

    Au crépuscule de sa vie politique, le Président de la république, marqueur de la responsabilité, se doit de s’entourer de compétences au demeurant excellent antidote à cet esprit de courtisan où la servilité le dispute au conformisme.
    .
    Par conséquent, s’il veut sortir par la grande porte de l’histoire, il lui importe de nommer un Héraclès qui puisse loyalement d’une part, nettoyer les écuries d’Augias pour in fine, s’attaquer, sans état d’âme, à l’Hydre de Lerne qui obère toute chance de développement d’un Etat fort, d’une république solide, d’une Algérie moderne, une et unie dans toute sa diversité, et d’autre part mettre en oeuvre les grandes orientations qui déterminent l’avenir de la nation.

    Doté des prérogatives que la constitution algérienne lui confère, ce vélarium de la présidence aura la responsabilité exaltante de mettre l’intelligence au service de l’action pour faire entrer l’Algérie dans le troisième millénaire qui s’annonce porteur de bouleversements gigantesques qui seront probablement la source d’autant de progrès et d’innovations que de drames, de crises, de conflits et d’instabilité.

    Fraternellement lhadi
    ([email protected])




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    Felfel Har
    11 mai 2017 - 12 h 16 min

    Un non-évènement!
    Avec ou sans le MSP au gouvernement, qu’est-ce qui changera? Les islamistes ont toujours gravité à la périphérie du pouvoir. Ils ont été utilisés/manipulés à maintes reprises comme épouvantail pour envoyer un message clair: « ce sera moi ou le chaos », citation empruntée à Louis XV au crépuscule de son règne. La mouvance islamiste est connue pour être une création du FLN. Ne disait-on pas du FIS que c’était le FLN peint en vert? Le FLN cherche à convaincre maintenant qu’il est blanc, signe de la pureté. Balivernes! Le calcul qui est fait est le suivant: en incluant le MSP dans l’Alliance, il pourra faire jonction avec le FLN pour contrecarrer le RND, le frère ennemi, le neutraliser. C’est une vieille manœuvre réchauffée mille et une fois dans l’histoire. Notre futur gouvernement serait-il une sorte d’auberge espagnole?




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    Mello
    11 mai 2017 - 10 h 21 min

    Vraie solution
    Et voila qu’on nous bombarde avec une tendance qu’ils ne veulent pas avoir sur le dos. Les islamistes, toujours les islamistes, comme pour ressasser cette periode de manipulation qui nous offrait les Fissistes pour nous faire douter de nos capacites democratiques. Ce chantage macabre nous a renvoye 50 ans en arriere. Ce regime reste dans ses manipulations sordides qui ne font qu’enfoncer ce peuple dans le desarroi, la peur et le chantage. N’ a t il pas peur de tous ces cadres et intellectuels qui ne font que ruminer en leur fort intérieur, au lieu de se constituer en alternative pour sauver ce pays de la descente aux enfers?.




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    anonyme
    11 mai 2017 - 5 h 10 min

    Un gouvernement de lâches et de traîtres
    Quelle honte pour le pays des chouhadas?
    Quelle honte pour ses députés qui vont siéger à l’APN?




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