Dialogue relancé ?

Bouteflika dialogue politique
Le Président appelle à "dépasser les clivages". D. R.

Par Kamel Moulfi – Le dialogue politique reprendra-t-il à l’initiative du président Bouteflika qui «invite toutes les forces vives du pays à dépasser les clivages de toute nature et à œuvrer à la réussite des réformes économiques engagées» ? Mieux, les citoyens, qui ont toujours été en marge dans l’élaboration des politiques et la préparation des activités du pouvoir, vont-ils être, enfin, associés d’une manière ou une autre à ce qu’il entreprend pour sortir le pays de la crise ? C’est le sens que l’on peut donner à l’appel du chef de l’Etat qui a «chargé le gouvernement d’accompagner ses efforts d’une communication dynamique, afin d’expliquer le sens véritable des réformes qui seront mises en route, à l’effet d’y faire adhérer la société, en cette phase où le pays est confronté à de nombreux défis».

Sans l’adhésion de la population, le coût politique des réformes sera tellement élevé qu’il leur fera perdre toute efficience. Cela concerne au moins trois lois : code du travail, loi sur la retraite et loi sur la santé. Il faut y ajouter la révision du régime de subvention des produits de première nécessité qui aura un impact sur le pouvoir d’achat d’une grande partie de la population. C’était le souci de Abdelmadjid Tebboune quand, durant son éphémère primature, il avait annoncé l’ouverture d’un dialogue «avec toutes les composantes du tissu national, qu’elles soient politiques, syndicales, académiques ou associatives». Les «partenaires» du gouvernement avaient alors donné l’impression de ne pas être pressés de se prononcer sur cette initiative.

La stabilité du pays et la cohésion sociale sont l’enjeu politique n°1 dans cette phase difficile que traverse l’Algérie. A ce jour, depuis qu’il a remplacé Tebboune au poste de Premier ministre, Ouyahia n’a encore rien dit sur l’organisation de ce dialogue qui doit impliquer l’opposition ainsi que les composantes de la société civile, notamment celles qui se disent «autonomes», à l’instar des syndicats des secteurs de la fonction publique et de certaines entreprises.

K. M.

Comment (10)

    Felfel Har
    7 septembre 2017 - 15 h 45 min

    Il faut admettre que le dialogue social permettra de lever un certains nombre d’obstacles et d’atténuer quelques réticences, mais il nécessite, condition sine qua non, la CONFIANCE. Et celle-ci n’est qu’une utopie par les temps qui courent. Le pouvoir s’est tellement fourvoyé dans des magouilles au détriment de son peuple et de ses représentants, qu’il aura de la peine à convaincre de sa bonne foi. L’appel du président peut être perçu comme un leurre (un de plus depuis son investiture), une manoeuvre dilatoire dont il a le secret, pour neutraliser l’opposition et gagner du temps (en espérant que le cours du brut remontera à $100 le baril) parce qu’il traverse une passe difficile. Pourquoi n’a-t-on pas par le passé évoqué ce dialogue, ô combien nécessaire et précieux? Le pouvoir se sentait en position de force et n’avait cure des points de vue opposés. Aujourd’hui, chacun se méfie de l’autre. S’il est sincère avec son désir de rassembler son peuple, de l’écouter et de respecter ses volontés, répondra-t-il favorablement à ceux qui appellent, depuis 1962, à une CONSTITUANTE pour rebâtir la maison Algérie sur de nouvelles bases, selon des normes et standards internationaux? le président et son clan, iront-ils jusque là? Si le dialogue que le président suggère n’est que de la poudre aux yeux, il a peu de chance d’être entendu. Echec, un de plus, et rien ne dit qu’il y en aura pas d’autres aux prochaines élections!




    7



    1
    MELLO
    7 septembre 2017 - 15 h 31 min

    Est ce que vous saisissez ce qu’il dit réellement ce fakhmatouhou ? Il vous dit ceci : » Mieux, les citoyens, qui ont toujours été en marge dans l’élaboration des politiques et la préparation des activités du pouvoir, vont-ils être, enfin, associés d’une manière ou une autre à ce qu’il entreprend pour sortir le pays de la crise ?  »
    Analysons mot à mot cette déclaration :
    – Les citoyens ont toujours été en marge , c’est clair et il l’a compris
    – les associer d’une manière ou d’une autre à ce qu’il entreprend; il veut dire , venez avec moi et c’est moi qui décide de ce que nous allons faire.
    Voilà en a b c d , ce que ce pouvoir entend par dialogue. Le problème est qu’une fois de plus le régime fait un usage purement manœuvrier des mots pour que rien ne change.
    Non , ya si fakhamatou, un dialogue c’est justement le règlement des divergences entre les participants . C’est discuter de ce qui sépare pour arriver à ce qui unit et ensemble on doit s’écouter. Les mots sont importants. Quand on parle de dialogue ou de consensus – ce n’est pas pour cogérer les crises provoquées par le régime mais pour résoudre les problèmes graves du pays. Or, le constat est établi depuis longtemps que le régime fabrique la crise, détruit les valeurs matérielles (par la corruption, la gabegie et un niveau abyssal d’incompétence) et aussi les valeurs morales. Les mots sont importants. Quand le régime abuse de la logorrhée nationaliste pour mener des politiques qui n’ont rien à avoir avec les valeurs du patriotisme algérien, il ne fait que continuer à dilapider le capital moral et politique des Algériens. Un observateur averti de la situation du pays peut voir clairement le poids de la crise multidimensionnelle au niveau de tous les arcanes de l’Etat et l’état de confusion et d’embarras qui règne au sein du régime. A l’opposé, il pourrait s’étonner de sa persistance à aller vers des solutions éphémères et les bricolages politiques face aux grands défis au lieu d’aller vers des solutions objectives, radicales, étudiées et consensuelles.




    6



    0
      Karamazov
      7 septembre 2017 - 17 h 13 min

      Mwa, j’ai une autre âne à Lyse. de cette 6 tations:
      Les citoyens n’ont jamais été associés aux décisions , cependant ils n’en sont pas moins responsables car ils ont laissé faire. Et si quelqu’un doit morfler maintenant c’est bien le peuple. A partir de maintenant nous allons lui faire payer sa passivité. Et il aura à répondre de sa culpabilité dans ce procès. C’est ça le dialogue qui est entendu.




      3



      1
        MELLO
        7 septembre 2017 - 19 h 34 min

        Circonstance atténuante pour ce peuple qui se perd dans les dédales de cette politique de désertification de l’esprit. Les Algériens, tenus totalement à l’écart de ces règlements de compte au sommet, n’en auront vu que l’écume : des polémiques ordurières dans la presse, des insultes – Le déballage ahurissant auquel viennent de se livrer les différents clans du système a levé un voile terrible sur certaines de ses pratiques. La démocratie de façade et un pouvoir autoritaire nous sont aujourd’hui présentés comme la seule solution. Ils sont au contraire le problème. Quand l’Etat est privatisé, il n’y a pas d’Etat. La priorité, le plus urgent, est donc de rendre l’Etat à la nation, c’est à dire aux citoyennes et aux citoyens.




        2



        0
        MELLO
        7 septembre 2017 - 19 h 41 min

        Circonstance atténuante pour ce peuple qui se perd dans les dédales de cette politique de désertification de l’esprit. Les Algériens, tenus totalement à l’écart de ces règlements de compte au sommet, n’en auront vu que l’écume : des polémiques ordurières dans la presse, des insultes – Le déballage ahurissant auquel viennent de se livrer les différents clans du système a levé un voile terrible sur certaines de ses pratiques. La démocratie de façade et un pouvoir autoritaire nous sont aujourd’hui présentés comme la seule solution. Ils sont au contraire le problème. Quand l’Etat est privatisé, il n’y a pas d’Etat. La priorité, le plus urgent, est donc de rendre l’Etat à la nation, c’est à dire aux citoyennes et aux citoyens. Dommage et comme partout, la seule réalité dans la vie politique est le rapport des forces, et aucun pouvoir politique ne prendra spontanément des décisions contre ses propres intérêts.




        1



        0
    GHEDIA. A
    7 septembre 2017 - 14 h 02 min

    Personnellement, je n’y vois que de la poudre aux yeux. Le président appelle à dépasser les clivages pas parce qu’il se rend compte que la crise politico-sociale est énorme et qu’elle risque, à court terme, de saper les fondements même de la République mais parce qu’on a dû certainement lui susurrer que la grogne populaire commence à monter…




    2



    0
    LE NUMIDE
    7 septembre 2017 - 12 h 02 min

    DIALOGUE DE SOURDS : Le jour où les arabisants et arabistes algériens et leurs accesoires wahabisés en Algérie , vaincront leur haine maladive et leur fixation pathologique anti- kabyle et comprendront que la Berbérité n’est pas une donnée ethnique , ni une catégorie régionale , mais une donnée Historique et une catégorie Stratégique Vitale pour la Survie de ce pays en tant que nation et d’émancipation civile pour eux-mêmes en tant que citoyens libres .. ce jour là , il y aura un vrai dialogue intelligent en Algérie .. Sinon alors c’est continuer à dialoguer sur la mort à terme de l’Algérie avec des partis qatariens et saoudiens qui ramèneront toujours le débat à la guerre civile permanente .. et à qui est le futur calife turc , roi arabe ou Suffète carthaginois importé en devises




    8



    3
    Kaci N'tizi Ouzou
    7 septembre 2017 - 11 h 34 min

    Maintenant que les recettes pétrolières s’assèchent, le président Bouteflika prend conscience que le peuple algérien existe, il nous invite à dépasser nos clivages de toute nature, à œuvrer à la réussite des réformes économiques, alors que lorsque le pétrole était à 150 dollars, le peuple algérien n’existait pas pour lui ! Il faisait ce qu’il voulait du haut de son trône, il nous méprisait et on est même devenus transparent pour lui ! Merci de prendre conscience qu’on existe depuis la baisse du prix du pétrole, «cher» Président !




    11



    2
      Kaci N'tizi Ouzou
      7 septembre 2017 - 13 h 51 min

      …de plus , malgré l’assèchement des recettes pétrolières, Bouteflika nous demande à nous pôvres citoyens algériens de nous serrer la ceinture au maximum, alors qui a accepté d’accorder un prêt de 100 millions de centimes à chaque député et le personnel de l’APN pour acheter, tenez-vous bien… des voitures ! Et connaissant le régime algérien, ces députés ne rembourseront jamais ce prêt !
      Comment écouter Bouteflika et sa clique (…) quand il y a tant de contradictions dans les décisions ! Allez vendre votre «blabla» ailleurs !




      5



      1
    Abou Stroff
    7 septembre 2017 - 11 h 01 min

    je pense que le dialogue est superflu. en effet, ayant une totale confiance pour ne pas dire une confiance totale en notre biienaimé fakhamatouhou national, je ne puis qu’adhérer à tout les mots d’ordre qu’il voudra bien clamer. je n’attends donc qu’un chose et une seule: que notre bienaimé fakhamatouhou exprime de vive voix ses recommandations et je me plierai à tous ses ordres




    10



    1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.