Non à l’amnésie !

terrorisme amnésie
Un des nombreux attentat-suicides commis par les hordes sauvages du GIA, bras armé du FIS. New Press

Par R. Mahmoudi – La diffusion par la télévision nationale d’un court documentaire rappelant la violence des années 1990 a tout d’un coup mis en émoi partis politiques et commentateurs de presse, lesquels, au nom d’une étrange idée de l’éthique, jugent incongru de montrer aujourd’hui des scènes aussi horribles, comme s’il fallait continuer à refouler un mal qui n’aurait pas dû refaire surface.

Ce serait faire une offense au citoyen que de croire qu’il serait naïf et que le pouvoir pourrait le manipuler à travers une stratégie de la terreur, qu’il aurait résumée dans un spot audiovisuel d’un peu plus de cinq minutes. L’Algérien n’est pas cet animal réagissant selon le fameux réflexe pavlovien, pour espérer le conditionner par une simple opération médiatique ou par un effet magique aussi intense soit-il.

Quant à croire que le pouvoir serait niais à ce point en voulant raviver de douloureux souvenirs pour on ne sait quel dessein machiavélique (les commentateurs ulcérés parlent d’un acte de «chantage politique»), cela relève tout simplement du fantasme. Car, si tel était la volonté des concepteurs du court documentaire diffusé par l’ENTV, ils auraient pu imaginer des émissions entières et mobiliser des moyens plus importants.

Du coup, cette soudaine levée de boucliers nous pousse à nous interroger sérieusement : qui veut occulter les atrocités commises par les sanguinaires du GIA durant la décennie noire ? Qui a intérêt à entretenir les illusions et les mensonges sur ces événements tragiques qui ont failli effacer l’Algérie de l’existence et qui ont laissé des séquelles indélébiles ? D’habitude, seuls les partisans de l’ex-FIS s’offusquaient de (re)voir les images odieuses de leurs crimes montrées au public. Aujourd’hui, nous avons bien l’impression que la culture de l’amnésie a gagné des segments de la classe politique que nous croyions immunisés contre de pareilles abjurations.

R. M.

Comment (43)

    Baltazar
    7 octobre 2017 - 7 h 34 min

    Plus jamais ça




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    Anonyme
    1 octobre 2017 - 21 h 25 min

    Certains commentaires sont plus choques par les images que par le crime lui meme
    l etat est severement critique alors qu ‘ on d attarde pas sur l agresseur
    ils condamnent  » la violence d ou quelle viennent  » _
    ca vous rapelle rien …??




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    Anonyme
    1 octobre 2017 - 20 h 21 min

    Oui un devoir de mémoire s’impose à toutes et à tous et un hommage national doit être rendu chaque année à tous ces héros qui se comptent par milliers qui ont évité à ce pays de sombrer. Les Algériens doivent honorer les sacrifices de la population , de l’armée et des services de sécurité qui ont vaincu l’hydre terroriste. Les Algériens doivent se souvenir pour toujours de la barbarie de ces hordes criminelles et antinationales.




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    le philosophe
    1 octobre 2017 - 18 h 47 min

    « Non à l’amnésie ». Un vrai « sujet-bateau ». Dans les classes terminales c’est le sujet idéal pour piéger les candidats qui ont toujours négligé les cours. Mais essayons de nous en sortir par quelques réflexions. « Amnésie » est à rapprocher et comparer à « oubli ». Les psy font une grande différence entre les deux termes: « L’amnésie n’est pas un simple oubli, il s’agit d’une perte importante de la mémoire. L’amnésie est aussi un symptôme qui témoigne d’une lésion ou d’un désordre au cerveau. Les causes peuvent être différentes : maladies ou accident » dit un célèbre animateur d’une célèbre émission « Allodocteurs ». Ceci dit, les horreurs de la décennie noire ont touché de près ou de loin tous les Algériens, sans exception.Les crimes avaient atteints leur paroxysme vers 1997et étaient même en rémission devant la résistance héroïque du peuple qui avait tout essayé: qanoun errahma; les patriotes; les journalistes , les un iversitaires, les médecins, les avocats, les enseignants et les enseignantes égorgé(e)s devant leurs élèves, les fonctionnaires de l’Etat qui ne voulaient pas abdiquer (comme ces chefs de daïra assiégés dans leur résidence du trou perdu où ils avaient pour tâche de maintenir la présence de l’Autorité, laquelle tardant à intervenir ne put que récupérer les corps étêtés de ces pauvres cadres dont les épouses et les enfants furent et restent à ce jour traumatisé) les GLD sans oublier la bravoure de notre armée dont les jeunes du Service National, à cause de leur inexpérience payèrent de leur vie. Le Premier ministre de l’époque n’hésitait à qualifier le terrorisme de « résiduel » et que les actions sporadiques ne faisaient que traduire l’agonie des hordes sanguinaires. La démission du Président et la venue de Boute’flika souleva un grand espoir de voir s’éteindre DEFINITIVEMENT cette catastrophe. Grâce au wiam et la loi qui s’en suivit, le peuple applaudit des deux mains toutes les mesures d’accompagnement des mesures courageuses prises dans ce sens. La reconnstruction du pays, le retard à rattraper dans le développement social, économique ne laissèrent guère le temps aux Algériens qui pansaient leurs blessures (profondes tant morales que physiques) de penser au passé pour se tourner résolument vers l’avenir que tout le monde souhaitait meilleur pour notre pays. La tâche était immense et les tentatives de certains renégats de nous entrainer vers un printemps douteux furent vouées à l’échec parce que le peuple ne voulait plus se laisser berner encore une fois.
    Mais, qu’on nous explique en quoi reparler de cette période en diffusant des images, presque toutes inédites, atroces, insoutenables faites de destruction, de corps déchiquetés (comme ces enfants scouts de Mostaganem tués le jour de commémoration du 1er novembre)et de corps en morceaux allongés à même le sol, vont-elles (ces images) aider à guérir de l’amnésie. Les images de ce type ont-elles réussies à bannir l’extrémisme sanguinaire en Irak; en Somalie; en Syrie; en Libye; à Ghazaen…en…. Symétriquement a-t-on vu une seule image des soi-disant victimes des attentats aux USA; en France; en Angleterre; en Allemagne? Jamais: rien que des témoins éplorés, solidaires et des ministres au garde-à-vous devant les députés tous unanimes pour marcher à Paris devant les locaux de Charlie, à Tunis et ailleurs, et dire « nous ne baisserons jamais les bras devant ces djihadistes radicalisés » mais tous, sous-tendus par l’Islam « qui porte en lui les germes de la violence » comme l’a souligné l’ancien pape Benoit 16, grand théologien devant l’Eternel.




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      MELLO
      1 octobre 2017 - 19 h 45 min

      Le Philosophe
      Vous êtes en plein dans le mil. Ces images rediffusées par la télévision d’Etat ne sont en fait que celles rabâchées durant les années de terrorismes , faisant indirectement l’apanage de ces terroristes sanguinaires, mais réduisant, par la même, les visions émancipatrices et libératrices des enfants. La violence , par cet effet, s’est incrustée dans la mémoire de nos bambins. Des années après, on se pose les questions: pourquoi la violence dans les familles, pourquoi la violence à l’école, pourquoi la violence aux stades, etc… Et aujourd’hui sous le titre  » Non à l’amnésie » nos responsables nous inondent encore de ces facteurs destructeurs de société.




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        le philosophe
        1 octobre 2017 - 20 h 29 min

        Merci de m’avoir complété. La justesse de votre analyse n’a d’égal que le désarroi des lâches qui votent « je n’aime pas » sans raison et surtout sans apporter la contradiction. Notre pays est en danger.
        -Non à l’amnésie.
        Non aux images atroces.
        Non à la récupération politique.




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    salah
    1 octobre 2017 - 18 h 27 min

    Le peuple ne veux plus du clan et de BOUTEF4 le peuple veut que l’on applique l’article 102 de la constitution et que l’on destitue le président
    Hmimide prépare le 5 mandat de BOUTEF4 vous croyez que le peuple le veux?! d’où le chantage (MOI OU LE CHAOS) mais c’est presque le chaos
    N’Oublions pas Mr ZEROUAL qui grasse e ce grand homme que l’on commencer a avoir moins d’attentats en Algérie, BOUTEF4 n’est pas le sauveur de l’Algérie et encore moins grâce a lui




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    MELLO
    1 octobre 2017 - 18 h 20 min

    Monsieur R. Mahmoud, effectivement et entièrement d’accord avec vous,  » NON A L’AMNESIE ». Nul ne peut prétendre l’ignorer, dans ce cas bien précis, le régime algérien n’a que peu à voir avec le droit et la morale. Né d’un coup de force militaire et se maintenant par la violence et la corruption, le régime est nu; il ne s’embarrasse de formes que pour complaire à ses partenaires occidentaux, soucieux d’apparences qui ne trompent que ceux qui veulent bien l’être. Plutôt qu’une évaluation critique objective du régime politique, on a préféré les campagnes de glorification et de dénonciation taillées sur mesure pour des personnes et par l’attribution de couleurs à des décennies, de sorte à masquer la nature du régime, ses pratiques et sa vraie couleur qui ne change pas malgré le changement d’hommes. Les événements qui surviennent continuellement chez nous et qui adviennent autour de nous depuis des mois évoquent ceux que le pays a vécus en octobre 1988 et des faits graves qui en ont découlé, de crise et de drames dont le peuple continue encore à avaler certaines des plus amères potions. Cette lecture erronée de la part de plusieurs parties – avec des intentions sournoises de la part de certaines autres parties – ont empêché, fort regrettablement, que les véritables enseignements soient tirés des événements d’octobre 1988. Elles ont permis aux adversaires du changement, à cette époque, d’œuvrer méthodiquement au blocage des voies menant à la solution juste qui consiste à assurer le passage vers un système politique réellement démocratique. Cela a fait perdre au pays, à mon avis, une opportunité précieuse de renouveler et de consolider sa marche vers le progrès et le développement. Dans les faits, la vie politique étant mise en situation de gel durable, les événements se réduisent à un face-à-face entre jeunes de quartiers et jeunes policiers. Cette «dépolitisation» forcée de la scène nationale – qui peut croire que les péripéties du pouvoir relèvent de la «politique» ? banalise l’émeute comme moyen d’expression habituel. Elle nourrit aussi cette forme d’autisme du pouvoir qui a tendance à ne voir que ce qu’il veut bien. Dans les faits, il suffit d’écouter les gens pour saisir que des scandales sont imputés à l’ensemble du régime. Les citoyens, interdits d’une vie politique qui aurait incité à saisir les nuances, ont un jugement global et définitif sur le système représenté comme un ensemble. Ils ont la conviction que les affaires ne sont que la partie immergée de l’iceberg. C’est à partir d’un tel jugement qu’ils évaluent leurs privations. Le bannissement de la politique, les entraves aux libertés syndicales apportent une fausse tranquillité. Il ne faut jamais cesser de le répéter : même en Algérie, une émeute n’est jamais banale. Ceux qui y ont recours ne se livrent pas à une scénarisation ludique de leurs problèmes, ils savent que cela comporte des risques et que la justice a tendance à avoir la main lourde. Quand les médiations entre l’Etat et la société sont à sens unique, elles perdent toute consistance. Elles sont socialement inutiles même si elles servent des clientèles. Elles ne sont pas aptes à envoyer un message évident : même en Algérie, l’émeute n’est pas un phénomène banal. Et encore moins à se dire que l’autisme fait le lit du populisme radical religieux. Sur un autre volet, cette décennie noire a fait que la corruption est omniprésente, dans la gestion des hydrocarbures, dans l’administration des deniers publics, dans la gestion des patrimoines publics fonciers et immobiliers. Au sommet des appareils, les contrats hydrocarbures, notamment les contrats « spot » sont, de longue date, la source de l’enrichissement phénoménal des dirigeants réels du pays, une poignée de responsables et leurs hommes d’affaires. La liste des sociétés-écrans et des « fondations » en Suisse, au Liechtenstein, à Séoul, à Hong-Kong et Rio de Janeiro gérées par des hommes de paille est interminable. Les gestionnaires de fortune genevois de grandes banques, dont certaines sont représentées à Alger, connaissent parfaitement les usages algériens. Pour le reste, il n’y a plus d’homme fort à la tête des institutions, il n’y a que des exécutants aux ordres.




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